L’incapacité dans l’enseignement
"Il devient indispensable que l'humanité formule un nouveau mode de pensée si elle veut survivre et atteindre un plan plus élevé."
Albert Einstein
Le diagnostic officiel
Les échecs dans l'enseignement secondaire
L'introduction des mathématiques modernes
Le plan informatique pour tous
Le coût par élève
L'absenteisme des enseignants
Les universités
Le Ministère de l’éducation et de la recherche est la plus grosse administration au monde, après l’armée rouge en terme d’effectifs. Ce Ministère absorbe une part très importante du budget de l’État. Et pourtant les résultats sont décevants :
L’OCDE a publié un classement des systèmes éducatifs qui place la France au 20 ème rang sur 25 avec l’appréciation suivante : plus de 20 % des effectifs sont nuls ou quasiment en France.
Nous conseillons la lecture du livre "Le scandale de l'éducation Nationale" aux éditions Robert Laffont, à tout lecteur qui souhaite approfondir ce sujet.
Nous reprenons quelques informations données dans ce livre.
L'OCDE définit l'illéttré de la façon suivante : un illettré est un adulte incapable de lire et de comprendre un texte d'usage courant de 25 lignes et d'en faire un résumé de 5 lignes.
Selon l'OCDE, en 1955, le pourcentage d'illéttrés adultes dans quelques pays serait le suivant :
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Pays |
Nbre d'illéttrés en pourcentage |
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Suède Pays-Bas Allemagne USA France |
7 % 10,5 % 14,4% 20 % 40,1 % |
En 1996, l'armée française a effectué un test sur les conscrits : sur 394 400 jeunes de 18 à 24 ans, il y aurait 13 % d'illéttrés.
Ce pourcentage est considérablement supérieur au pourcentage d'illéttrés des années 50.
Depuis les années 50, le nombre d'heures d'enseignement a été réduit. Dans cet horaire réduit, on a placé des activités d'éveil, de sport, etc. au détriment des enseignements de base : calcul, lecture, français.
On a supprimé ou réduit le travail à la maison qui a été remplacé par la télévision, des jeux vidéo ou des activités sportives.
Le résultat n'a pas tardé à se faire sentir : chute des connaissances aussi bien sur le français qu'en calcul.
Selon le Figaro Magazine, 20 % des enfants entrant en classe de 6 ème, sont illettrés. Ces enfants, après avoir vivoté quelques années dans l’enseignements secondaire, seront de futurs chômeurs.
En dictée, les élèves d’aujourd’hui commettent en moyenne 2,5 fois plus de fautes que ceux des années 20. En calcul, près de 70 % des élèves de 1920 proposaient une démarche correcte et complète pour résoudre les problèmes contre seulement un tiers des élèves de la meilleure moitié de 1995.
Selon Liliane Lurçat, la principale cause de cet échec est la pédagogie utilisée et enseignée à l’IUFM[1]. Liliane Lurçat dénonce la méthode globale, l’absence de lecture à haute voix, l’absence de calcul mental, etc.
La volonté de permettre à tout jeune d'entrer au CES a conduit à supprimer l'examen d'entrée en 6 ème, examen qui existait dans les années 50. Il n'est donc plus nécessaire que les parents encouragent leurs enfants à travailler puisqu'ils rentreront de toute façon en 6ème. Conséquence : des élèves ayant de grandes difficultés pour lire et comprendre un texte entrent en 6 ème. Cela joint aux difficultés de rendre obligatoire les redoublements pour les mauvais élèves a conduit à un nivellement par le bas.
Le niveau en orthographe du certificat d'études primaires, dans les années 1920-1950, était nettement supérieur au niveau de nombreux reçus au baccalauréat des années 1990-2000.
En géométrie, les cas d'égalité des triangles sont enseignés en classe de seconde alors que dans les années 50, cet enseignement se faisait en classe de 4 ème.
Tout le monde finit par porter des lunettes en vieillissant à cause de la presbytie. En outre, on utilise des appareils photos, certains utilisent des loupes, des jumelles, des longues-vues, des microscopes. Tout cela fait appel à des notions d'optique géométrique. Les notions de base étaient enseignées en classe de 1ère et donnaient lieu à des problèmes lors de la première partie du baccalauréat. On a purement et simplement supprimé les cours d'optique et le baccalauréat en 2 parties.
On constate qu'il est possible d'obtenir son baccalauréat sans savoir faire la fameuse règle de 3 qui était, dans les années 50, enseignée à l'école primaire. On pourrait continuer cette critique longuement. la conclusion est consternante : le niveau du baccalauréat a beaucoup baissé. En outre on n'a pas su faire comprendre, notamment aux parents, que les métiers manuels n'étaient pas déshonorants et qu'un bon artisan pouvait beaucoup mieux gagner sa vie qu'une profession intellectuelle médiocre.
Il est aujourd'hui possisble d'obtenir son baccalauréat sans savoir faire une règle de 3. Or la règle de 3 faisait partie des connaissances que tout élève d'école primaire devait acquérir.
Dans les années 50, un bachelier qui ne voulait pas poursuivre ses études était sûr de trouver du travail. Aujourd'hui, un simple bachelier, s'il ne poursuit pas ses études, a de grandes chances de devenir chômeur. De nombreux diplômés de l'Université éprouvent des difficultés à trouver du travail.
La conséquence économique est catastrophique : plus de 3 millions de personnes sans emploi alors que des entreprises et des artisans cherchent en vain à augmenter leurs effectifs.
Selon le Ministère de la défense[2], un conscrit sur 10 ne sait pas lire et 30 % des 18-25 ans ne peuvent pas comprendre le sens d’un article de journal portant sur un sujet simple.
Dans les grandes écoles, il y a, en général, un comité (dont le nom est conseil de perfectionnement ou conseil scientifique) composé d’enseignants et de personnalités du monde industriel et scientifique qui se réunissent au moins une fois par an pour discuter de l’évolution des programmes d’enseignement.
Pour l’enseignement primaire ou secondaire, le ministère décide tout seul de ce qu’il faut faire. Les deux erreurs suivantes sont des exemples d’inepties produites par cette attitude.
Dans les années 70, ce Ministère a introduit l’enseignement des mathématiques modernes, sans se préoccuper de leur utilité, puis devant les échecs que cela a entraîné, s’est enfin résolu à les supprimer. Si ce Ministère avait demandé l’avis des scientifiques travaillant dans le secteur économique, une telle bêtise n’aurait jamais été faite.
Dans l’enseignement secondaire, l’enseignement des mathématiques n’est pas lié à celui de la physique et il n’y a pas d’enseignement de la technologie.
Le fait que les universitaires vivent dans leur tour d’ivoire explique en partie que les programmes de mathématiques et de physique soient très éloignés des produits couramment utilisés et que cet enseignement soit jugé pénible par les élèves.
Une autre explication : Des amis ont suggéré que
l’introduction des mathématiques modernes aurait pu être décidée dans l’esprit
suivant : ces mathématiques n’ont pas été apprises par les parents qui ont fait
des études supérieures et ils ne pourront donc pas aider leurs enfants. Ainsi
les enfants sont totalement dépendants des formateurs.
Ce serait donc une
manière de lutter contre les inégalités sociales : plus de fils à papa dans les
écoles !
De même, dans l’enseignement primaire (cours préparatoire), le Ministère avait introduit la méthode globale pour l’apprentissage de la lecture avant de faire marche arrière.
La France est le seul pays civilisé où les élèves de l’enseignement secondaire reçoivent un enseignement de philosophie. Il serait certainement souhaitable de se demander pourquoi des pays comme l’Allemagne, la Suisse, le Japon, etc. n’ont pas jugé bon d’insérer cette matière dans l’enseignement secondaire et ont préféré accentuer leur effort sur d’autres disciplines.
Quel serait la réponse à la question suivante qui serait posée aux parents d’élèves :
Préférez vous avoir un enfant ayant suivi un cours de philosophie, mais qui devient chômeur ou avoir un enfant nul en philosophie mais qui trouve du travail ?
L'affectation des enseignants se fait selon des critères complexes qui ne satisfont pas les jeunes enseignants qui sont trop souvent nommés dans des lieux géographiques qui ne leurs conviennent pas. On peut se poser la question suivante : l'appartenance à un syndicat du type FEN ne constitue-t-il pas un avantage pour obtenir une bonne affectation?
Le cas de Madame HS
Madame HS, après avoir obtenu le diplôme d’Ingénieur de Sup Télécoms Paris, prépare le concours de l’agrégation de mathématiques et est brillamment reçue à ce concours. Elle suit donc la période de formation à la pédagogie dans l’enseignement à l’IUFM (Institut Universitaire de Formation des Maîtres). Après cette période, elle est nommée professeur en classe de 6 ème. Elle a préféré donner sa démission et le secteur privé l’a accueilli avec plaisir : un fonctionnaire qui a le courage de quitter un poste de fonctionnaire pour prendre les risques du secteur privé !
Ainsi, le Ministère, en nommant un jeune professeur à un poste dévalorisant pour un agrégé, a dépensé de l’argent inutilement et se prive d’une personne compétente. Ce gâchis témoigne en outre de la sclérose et de l’incapacité psychologique du Ministère. En effet, cette jeune battante aurait bien pu affronter les élèves de terminale ou de préparation.
Ce plan avait été lancé par Laurent Fabius et consistait à introduire, dans des établissements de l’enseignement secondaire, des micro-ordinateurs de conception Thomson : des TO7 et des MO5. Ces micros étaient reliés par le réseau local "nanoréseau" non standard, de conception française à un serveur. L'éducation Nationale faisait en outre la promotion du langage LSE, langage purement franco-français avec lequel des applications d'EAO ont été développées, évidemment aux frais du contribuable.
La mise en œuvre de ce plan et sa supervision avait été confiée à Gilbert TRIGANO qui n’avait aucune expérience de l’enseignement de l’informatique.
L’échec a été cuisant : tout le matériel a été abandonné. L’analyse de cet échec est intéressante :
plan conçu au niveau gouvernemental sans consulter les professeurs qui se sont montrés peu enclin à utiliser ce matériel,
Finalement, tout a été mis à la poubelle.
La décision politique de placer, dans les CES et lycées, des machines permettant l’accès à Internet pourrait conduire à un échec comparable.
Selon l'IFRAP, outre une meilleure qualité de l'enseignement, l'école privée serait moins onéreuse que l'école publique :
coût moyen annuel d'un élève : 35 900 dans le public et seulement 20 000 Francs dans le privé. Cette différence de coût s'explique en partie par l'absentéisme, une mauvaise gestion (des enseignants payés pour ne pas enseigner) et certainement des salaires supérieurs.
Les milieux moyens et défavorisés se tournent de préférence vers l'école privée. Cependant des grands défenseurs de l'école publique ont soin de mettre leurs enfants dans le privé. Selon l'IFRAP, c'est ou cela a été notamment le cas de :
Ségolène ROYAL, Martine AUBRY, Robert BADINTER, Jean-Pierre CHEVENEMENT, Pierre JOXE et même François MITTERRAND pour Mazarine.
Selon l'IFRAP, l'absenteisme des fonctionnaires coûterait environ 140 Milliards au contribuable, alors que si le taux d'absenteisme était le même que celui du secteur privé, c'est à dire environ 2 fois moins, il ne coûterait que 70 milliards.
Par certains aspects, les universités sont le parent pauvre de l’État :
Cela est caractéristique d’un manque de prévision patent : dans les années 70, comme le nombre de bacheliers augmentait et, par voie de conséquence, le nombre d’étudiants, on s’est mis à construire des universités dans de nombreuses villes et à agrandir les universités existantes. Il semble qu’on ait simplement oublié de prévoir que le fonctionnement correct d’une université est coûteux chaque année.
Comme les écoles d’Ingénieurs et les grandes écoles de commerce (comme HEC, l’ESSEC, etc.) fonctionnent en général mieux que les universités et que leurs élèves trouvent plus facilement un emploi que ceux qui sortent de l’université, le gouvernement de Lionel JOSPIN s’est attaqué aux grandes écoles en saisissant le prétexte du bizutage et cela en faisant des déclarations mensongères.
L’une des raisons de la désaffection des entreprises pour les universitaires est que ceux-ci vivent coupés du monde économique, contrairement aux enseignants des écoles d’Ingénieurs (conseils de perfectionnement).
Jean-Marie Albertini, dans son livre « les rouages de l’économie Nationale » présente le tableau suivant :
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Pays |
taux de scolarisation des jeunes de 21 ans en 1991/92 |
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France Allemagne Belgique Danemark Espagne Royaume Uni USA |
30,4 % 15,1 % 27,2 % 18,5 % 23,4 % 12,5 % 27,8 % |
Taux de scolarisation des jeunes de 21 ans
Ce tableau montre que nous avons le taux de scolarisation le plus élevé des différents pays et que cependant le taux de chômage des jeunes de 20 à 30 ans est particulièrement élevé. Cela conduit à se poser les questions suivantes :
L'échec de l'état dans l'éducation est certainement l'échec le plus cuisant et le plus grave. Il y a certainement plusieurs raisons à cela :
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A LIRE ABSOLUMENT
( L'histoire réelle de la réponse d'une directrice d'école envers un parent d'élève.)
Parent de l'élève -- Comme mon fils est né en fin d'année et qu'il a un retard par rapport à ses camarades nés en début d'année, je vous demande de le faire redoubler afin de reprendre le niveau en rapport avec sa classe de CE1
Directrice -- Non ! Je ne peux pas car ça nuirait à ma classe et à mon enseignement par rapport aux statistiques de mes collègues.
" No comment "
*
Le mois de naissance des élèves pèse sur la réussite scolaire
( Ce texte écrit par Luc Bronner Journaliste au Quotidien "Le Monde" n'est pas sans faire bondir les représentants de l'enseignement scolaire car ce serait mettre en porte à faux leurs statistiques inter-classes.)
Plus mature parce que plus âgé, un enfant né en début d'année réussit mieux qu'un enfant né en fin d'année, révèle une étude réalisée dans l'académie de Poitiers. L'éducation nationale a du mal à prendre en compte cette diversité à l'intérieur de mêmes classes. Faites des enfants mais visez plutôt une naissance au printemps ! C'est l'enseignement que pourront tirer les parents les plus stratèges, et les plus habiles, de l'étude réalisée auprès de 40 000 élèves de l'académie de Poitiers, confirmée par les statistiques nationales, qui montre que la qualité des parcours scolaires est aussi déterminée par le mois de naissance des élèves.
La différence d'âge, donc de maturité, entre un élève du début et un autre de la fin de l'année se retrouve en effet sur le plan des connaissances acquises par les élèves à l'école primaire. En petite section de maternelle, alors que se joue l'entrée dans la vie scolaire, trois ou quatre trimestres d'écart représentent entre un quart et un tiers de la courte vie de l'enfant.
Au cours préparatoire (CP), où les élèves apprennent à lire et à écrire, trois ou quatre trimestres de différence correspondent encore à 15 % de la vie de l'élève.
Pour réussir sa scolarité, dont on sait qu'elle est largement déterminée par les "premiers pas" au primaire, mieux vaut donc être né au début qu'à la fin de l'année. "Ce résultat s'explique facilement, à des âges où les enfants sont en pleine évolution, par la différence de maturation des processus cognitifs et du système nerveux central", soulignent Jean-Pierre Jeantheau et Fabrice Murat dans une note d'information de la direction de la programmation et du développement (DPD) sur les acquis des élèves de CP.
Cette constatation n'est pas une surprise, complète Rémi Brissiaud, psychologue cognitiviste à l'IUFM de Versailles. Pour la lecture, on ne peut pas seulement dire à un enfant : "Apprends !" Les progrès relèvent autant, sinon plus, du développement de l'enfant que de l'apprentissage."
Certains enfants peuvent avoir besoin de plus de temps pour décoder le b-a ba, et donc accéder à la lecture. "Au CP, un élève peut ne pas avoir compris avant Pâques. Or, s'il est dans une classe où beaucoup d'enfants ont compris il risque de le vivre difficilement et de le ressentir comme un échec."
Sans être automatique, l'impact est significatif, comme le signale Jean Ferrier, inspecteur général de l'éducation, dans son étude sur "l'effet du sexe et du mois de naissance sur l'avance et le retard scolaires", réalisée à partir des résultats d'élèves de l'académie de Poitiers. Au CE2, en français, 6,3 points sur 100 séparent les élèves du début de l'année de ceux de la fin d'année ; en mathématiques, cet écart atteint 7,6 points. En sixième, l'écart se réduit : 3,1 points en français et 3,9 points en mathématiques.
"C'est loin d'être négligeable dans la mesure où de nombreux élèves de la fin de l'année, considérés comme plus faibles, ont déjà redoublé", explique l'inspecteur général. Car la différence de réussite se retrouve au niveau des redoublements : les élèves de la fin de l'année sont plus souvent "en retard" que leurs camarades du début de l'année.
Dans l'académie de Poitiers, le nombre d'enfants en retard d'une ou deux années en sixième est presque deux fois plus élevé parmi ceux nés en décembre que parmi ceux du mois de janvier.
Les résultats obtenus dans la région de Poitiers sont confirmés par une enquête nationale réalisée par la DPD sur des élèves de CP. Au cours préparatoire, cette différence se retrouve notamment sur les capacités d écriture. La reconnaissance de messages écrits, la capacité à mémoriser ou à reproduire des signes en temps limité, l'écriture de chiffres ou de suite de nombres (0,1,2,3...) sont mieux maîtrisées par les plus "anciens". Cette différence peut atteindre 8 % entre un élève du premier trimestre et un autre du dernier trimestre.
L'impact est, certes, moins important que l'origine sociale des élèves, qui demeure le noud gordien des inégalités scolaires en France. Un élève issu d un milieu dit favorisé (cadres supérieurs et enseignants) obtient en moyenne entre 10 et 14 points de plus (sur 100) qu'un camarade issu de milieu défavorisé (ouvriers, retraités, inactifs, chômeurs). Mais le mois de naissance se révèle plus déterminant que le sexe, la nationalité (française ou étrangère) ou le fait d'avoir été scolarisé dès deux ans, politique pour laquelle l'Etat consacre des moyens financiers importants chaque année.
La DPD en conclut que les effets des écarts d'âge sont "connus mais parfois mésestimés". Hormis en petite section maternelle, où les différences sont flagrantes, les méthodes pédagogiques restent souvent identiques. "La différenciation pédagogique fait partie de ces rengaines qui sont dites et redites. En pratique, je ne crois pas que la différence d'âge soit considérée comme un facteur important dans les classes. Ce critère n'est pas formulé tel quel", indique Lucile Barberis, présidente de l'Association générale des instituteurs des écoles maternelles (Agiem), qui fédère 7 000 enseignants.
"Il n'y a pas de réel débat autour de cette question, reconnaît Nicole Geneix, secrétaire générale du SNUipp, principal syndicat du primaire. C'est vrai d'ailleurs, plus largement, pour la prise en compte par le système scolaire des différences de maturité : faut-il, par exemple, continuer à proposer le même volume horaire pour des CP et des CM2 comme aujourd'hui ?", interroge la syndicaliste.
L'organisation pédagogique aurait pourtant dû intégrer cette dimension. Selon la loi d'orientation de 1989, qui constitue la référence législative en matière d'éducation, la mise en place de cycles (petite section et moyenne section ; grande section, CP, CE1 ; CE2, CM1 et CM2) devait permettre d'organiser l'enseignement sur deux ou trois ans, et non plus sur une année scolaire. Dans la pratique, la loi n'est pas appliquée, sinon à la marge, lorsque les maîtres choisissent, par exemple, de créer des classes intermédiaires (petits-moyens, moyens-grands) pour intégrer les différences d'âge.
Cette carence de l'école se greffe sur l'angoisse des parents, inquiets dès lors qu'il s'agit de "classes à enjeux". "Si on propose à un enfant de rester un an de plus en maternelle, les parents se disent souvent : on veut faire redoubler mon enfant. Et ils refusent", note Nicole Geneix. Amenés à comparer les résultats de leur enfant avec ceux de leurs camarades légèrement plus âgés, ils traduisent la crainte que leur enfant puisse être en retard". Il faudra, un jour, qu'une étude mesure les effets de l'angoisse des parents sur la réussite des élèves.
Luc Bronner
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La lutte contre l’illettrisme
Lutter contre l’illettrisme, c’est d’abord prendre les mesures les plus urgentes pour prévenir l’illettrisme, c’est-à-dire avant tout améliorer l’apprentissage de la lecture à l’école primaire. Les actions conduites depuis dix ans n’ont pas empêché la situation de s’aggraver : au-delà des querelles de chiffres, on s’accorde généralement à estimer que 20 % environ des enfants présentent à l’entrée en 6ème des difficultés de lecture et d’écriture.
Ce doit être notre priorité absolue pour deux raisons : d’abord, parce que c’est la première porte d’entrée dans le monde des adultes et que si les enfants sont en difficulté de ce côté, ils le sont partout ailleurs dans notre système scolaire. C’est le premier et principal facteur d’échec. Ensuite, parce que cet échec génère très tôt chez les enfants ce qu’il faut bien appeler du malheur, un sentiment insupportable de ne pas être tout à fait comme les autres, d’être perdu au sein de l’école. Ce n’est donc pas seulement un problème « technique » mais d’abord et avant tout un problème « humain » auquel nous avons le devoir absolu de répondre.
Il serait vain et irresponsable de nier que nous sommes désormais confrontés à un déclin de la maîtrise de la langue. Mes prédécesseurs dans ce ministère ont fait depuis dix ans le même diagnostic. L’action n’a pas encore suivi, les faits ont souvent été déniés et les causes mal analysées.
La redoutable question des causes de ce déclin doit en effet être résolue pour que l’action soit efficace. On évoque généralement pour expliquer le déclin de la maîtrise correcte de la langue cinq causes. Aucune d’entre elles n’est totalement convaincante et leur ensemble lui même ne suffit pas à rendre raison du phénomène. On met ainsi en question :
- la massification/démocratisation de notre système d’enseignement. Mais à l’évidence, le phénomène ne touche pas au premier chef l’école primaire, obligatoire pour tous depuis bien longtemps ;
- la méthode globale. Mais elle est aujourd’hui très largement abandonnée au profit de méthodes mixtes ;
- le manque de moyens. Mais les moyens étaient-ils vraiment plus nombreux dans les années 20 ? ;
- la concurrence des écrans contre l’écrit. Il y a sans doute une part de vérité mais, même dans ce cas, compte tenu du fait que les élèves sont chaque jour dans les classes pendant des heures et ce durant de nombreuses années, n’est-il pas possible dans le temps imparti de leur apprendre à tous du moins à lire, à écrire et à compter ? ;
- la formation des maîtres. Dans les instituts universitaires de formation des maîtres (IUFM), elle est parfois, il est vrai, insuffisante en la matière pour les jeunes enseignants sortant des concours mais ils trouvent en vérité un appui auprès des maîtres chevronnés au sein des écoles et, là encore, l’explication est trop courte pour rendre raison d’un phénomène de cette ampleur historique et internationale.
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Démagogie
( Témoignage d'une Enseignante )
Tout d'abord, je tiens à dire que j'ai été bouleversée par les témoignages des jeunes présents sur la plateau. J'ai eu mal de les voir si fragiles, si désabusés, si dignes dans l'expression de leur mal-être. Je me suis sentie vide, mal, et en même temps je voudrai leur dire que tout redémarre un jour, après longtemps, après des nuits, des jours qui s'étirent sans fin. Un jour le siphon s'arrête. Et on réapprend à vivre. C'est facile à dire mais c'est vrai. Jeune ou vieux ( j'ai 32 ans) un jour, on réussit à sortir du gouffre.
Bravo pour les témoignages, bravo pour l'émission qui a apporté différents "éclairages" sur le thème et qui - je pense - a pu aider à mieux comprendre ce "phénomène". Sauf ... pour la conclusion de l'émission, arrivée de Monsieur Cohn-Bendith. Propos lancés bien haut, bien fort.
Alors, oui, je le dis tout de suite, je suis enseignante. Encore une enseignante qui ne supporte pas la critique. Si, critiquer c'est vivre libre. Mais là, franchement, j'ai eu mal. L'école réussit la performance de dégoûter de tous les domaines qu'elle enseigne. L'école ne doit pas faire d'éducation sexuelle afin de ne pas en dégoûter les générations à venir ... Et ce monsieur s'étonne du public de jeunes si nombreux qui l'applaudit ...
Parle-t-on des enseignants qui se bougent pour essayer d'apporter peut-être pas des solutions clés en mains, mais qui recherchent des moyens pour aider leurs élèves ? Parle-t-on des enseignants qui dénoncent l'hypocrisie et la frilosité du système ? Parle-t-on des enseignants qui demandent à ce que l'école change, à tous les niveaux ? Si peu...
Je caricature ? Je ne le crois pas.
C'est facile de s'asseoir face à un public de jeunes et d'essayer de les faire réagir en désignant un responsable unique face à leurs difficultés individuelles. C'est moins facile de chercher à savoir comment les aider individuellement, comment le faire. C'est facile d'essayer de faire un trait d'esprit et de ne réussir qu'à faire de la démagogie. Ce monsieur m'a paru tellement décalé par rapport au reste de l'émission, tellement caricatural, tellement inutilement provocateur.
Tout cela n'est pas bien grave face aux problèmes de ces jeunes. C'est on ne peut plus vrai. Quoi que ... ça se discute...
(Rien n'est plus facile que de faire un bon mot... pas si bon que ça.)
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