Patois Normand

A

A : ce, cette. A matin : ce matin. L.
A : elle. Vient-a ? Lit-a ? Vient-elle ? Lit-elle ?
A QUANT ET : Avec.
A SEULE FIN ; A CELLE FIN QUE : Afin que. On ne trouve
A celle fin que dans nos vieux auteurs.
ABAISSE : table
abaissée ; tablette d'un buffet. Du qualificatif ou adjectif bas. Ce mot n'a pas de rapport avec l'abaisse de la pâtisserie qui est la base des substances culinaires qui composent un pâté.
ABAT : désordre qui met les choses ü bas. B.
ABATER : embaucher ; raccrocher. A.
ABATTRE DE L'OUVRAGE : faire beaucoup d'ouvrage. Par allusion au travail des bûcherons qui abattent beaucoup de bois.
ABAUBER (corruption d'
ébaubi : étonné, surpris). Voyez BAUBE. Abauber, c'est, à proprement parler, étonner quelqu'un, au point de lui rendre la parole difficile, comme il arrive aux bègues. (Baubes, en patois.)
ABAUMIR : affadir. De l'effet que produisent certaines substances odorantes, comme le
baume. C.
ABELLIR. MM. Du Méril assurent que ce verbe est usité dans le département de l'Orne. Je ne l'y ai jamais entendu. Suivant eux, ce mot signifierait : « trouver beau, plaire ». C'est le sens que Roquefort lui donne dans son
Glossaire de la langue romane. En italien abbellire signifie embellir.
ABET : appât, amorce. Suivant MM. Du Méril,
abet est tiré de l'islandais beita, nourriture. Il est plus vraisemblable que c'est par métaplasme qu'on a dit abet pour appet, du verbe français appéter, désirer vivement.
ABÊTER : amorcer ; par extension, tromper.
ABIBOTER un enfant : lui faire boire du lait, au lieu de l'alaiter.
ABIÉNER : mettre en
bon état une culture, une récolte, une préparation. En roman, abienneur : « l'homme préposé à un bien ; qui mettait à bien un héritage », dit Roquefort dans le Supplément de son Glossaire. L.
ABIMER : gâter. Ce verbe appartient aussi au patois Walon et au patois Rennais. Au surplus, c'est dans ce sens figuré que Boileau a dit : Abîme tout plutôt : c'est l'esprit de l'Église.

ABITER A : toucher à. On écrivait autrefois habiter : témoin ce passage, cité par l'abbé Carlier dans son Histoire du duché de Valois : « Le prêtre disait aux lépreux : Je te défends que tu ne habites à aultre femme que à la tienne. »
ABLET : piège. Roquefort dit que l'
ableret, mot roman, est un « filet pour la pêche des petits poissons », tels que les ables ou ablettes.
ABLETTER (verbe réfléchi) : se laisser aller, céder. C'est, à proprement parler, tomber dans le piège. V.
ABLOT : petite pièce de bois, chantier que le charpentier place sous l'arbre abattu qu'il équarrit, pour l'élever au-dessus du sol.
ABOFFRER : déprécier,
mésofrir. C'est l'opposé de surfaire. B.
ABOLIR : humilier ; anéantir. ,L.
ABOMINER : détester. on le trouve dans Nicot et dans les Psaumes de Marot. Du verbe latin
abominari.
ABOT : sorte de cadenas que l'on attache au paturon d'un cheval pour l'empêcher de s'éloigner.
ABOTER : attacher un
abot. Par métaplasme, du grec πούς, pied ; en changeant le p en b.
ABORDER : toucher, heurter. L.
ABOULER : apporter, envoyer. De
boule, par allusion à la boule du jeu de quilles qu'on renvoie en la faisant rouler rapidement.
ABRIER : abriter, mettre à l'abri. Roman.
ABRE : arbre. Par syncope, le roman a dit
abre pour arbre. On lit dans le roman de Blanchandin :


La pucele descent sos l'abre ;
Si le trova froit tome mabre.

Un proverbe du moyen-âge, reproduit par M. Le Roux de Lincy, disait :

Pour l'amour du buisson va la brebis à l'abre.

ABREAU ou ABROT : petit arbre enduit de glu pour prendre des oiseaux.
ABROUTOUT : qui brise tout, qui brouille tout, mauvais ouvrier.
ABSOLUTEMENT : absolument. Ce mot est roman.
ACA ; ACARD ; D'ACARD : très-abondamment. La pluie tombe d'
aca. De l'islandais kat, averse, inondation. On trouve aca en composition dans acabasser, ci-après, et dans les verbes accabler et accravanter, mot roman. Voyez CRAC. A.
AÇA : faites attention à cela. En roman, aqa, que Roquefort tire du grec άγάω.
ACABASSER : accabler. Le drapier dit dans la Farce de Pathelin, p. 75 :

Mesmement les bergers des champs
Me cabassent ; ores le mien
A qui j'ay toujours faict du bien.

L'auteur de cette Farce emploie plus loin, p. 82, le verbe cabasser dans les vers suivants :

L'aignelet ! maint aigneau de laict
Tu as cabassé à ton maistre.

ACAGNARDIR (S') : devenir paresseux. L'Académie écrit s'acagnarder. En patois Lorrain on dit, comme en Normandie, s'acagnardir.
ACANCHIER : avoir du succès, de la
chance. Usité dans la Manche, comme le verbe suivant.
ACATER : acheter.
ACAUCHIER :
causer avec quelqu'un ; l'appeler. A.
ACCESSEUR : assesseur. L.
ACCIPER : escroquer, prendre, dérober. Roman. Du latin
accipere, d'où on a tiré aussi, par aphérèse, le verbe chiper qui a la même signification.
ACCLAMPER : attacher, fixer. De l'islandais
klampi : agraffe, cheville. Voyez CLAMPIN. A.
ACCLASSER : s'assoupir,
clore les yeux. Dans le patois Provençal, aclusar a le même sens.
ACCOINTER : fréquenter. Roman.
ACCORGER : accoupler, réunir deux objets. A.
ACCOTE-POT : petit meuble en fonte de fer que l'on place derrière un
pot pour le soutenir, l'accoter. Roquefort s'est évidemment trompé en donnant à acote-pot la signification d'accoudoir. L.
ACCOUER : attacher à la queue (en vieux français
coue de cauda ), en parlant des bêtes de somme que l'on attache à la queue les unes des autres. Voyez CODÉE. A.
ACCOUFLER (S') : s'accroupir. A.
ACCOUPLÉE : linge, bas, ou autres effets assujettis par 
couple ou même en plus grande quantité, pour être blanchis. L.
ACCOUPLER : mettre en accouplée.
ACCOURSER : achalander.
Accoursé, celui qui est en cours de bonne vente. A. Du roman accoursier, accoursin : chaland.
ACCOUT : appui sur lequel ou s'accoude. Voyez COUTE.
ACCOUTER (S') : s'accouder. L.
ACCOUVER (S') : s'accroupir comme l'oiseau qui
couve. On dit en patois Troyen s'écouver.
ACCRAVANTER : écraser, accabler. Roman.
ACCRUCHE (Madame Sainte-) : femme qui a l'habitude de dérober, d'attirer les choses à elle. L.
ACCRUCHER : attraper subtilement quelque chose. D'
accrocher. Voyez AGRIPPER. L.
ACERTAINER : affirmer, certifier. L.
ACHÉE : ver de terre. A. On dit
ache, à Blois.
ACHOCRE : difficile à vivre ; hargneux ; obstiné. Usité dans le patois Rennais. Dans la Manche. il a le sens de
maladroit.
ACHOPPER : heurter. Voyez CHOPPER.
ACHUQUETÉ : obstiné; entêté. B.
ACCLABOT : acclamation. De
clabauder. B.
ACCLAS : clas ; barrière. Du latin
claudere : clore. O.
ACCOMICHER : faire en commun. B. Voyez SOUATER.
ACLUFER : accroupir.
ACMODER : accommoder. C'est une syncope, comme
racmoder pour raccommoder. L.
ACO : encore. On dit
aico dans le patois des Vosges. Voyez CO.
ACONDIRE. Ce verbe qui, suivant Oberlin, veut dire dans le patois Messin « mettre obstacle aux publications », signifie, à Alençon,
éconduire. C'est un simple métaplasme.
ACOQUETÉ : rouge comme la crête d'un
coq. Voyez ÉCOQUETÉ. B.
ACQUITTOIRE ; ACQUITTOURE : travail dont on s'
acquitte à la hâte et sans soin. L.
ACRACO : adverbe.
D'occasion; de hasard; de raccroc. B.
ACTONNER. Voyez HAQUETONNER.
ACUCER : mettre
à quia.
ACULER : éculer, en parlant des souliers.
ADELAISI : fainéant, qui prolonge trop son loisir. A. Se trouve aussi dans le patois Rennais.
ADENS : sur les dents, en parlant d'un vase mis sur son ouverture, sur
ses dents. On dit aussi d'une personne : elle est tombée adens. C'est le mot roman adanz, adens, adent.
ADENTER un vase : le placer sur son ouverture. En roman,
endenter.
ADET : entièrement. A.
ADORÉMUS (faire des) : faire des révérences multipliées.
ADOULER : rendre plus
douloureux ; être souffrant.
ADOUS : parures ; ornements. Roman. On lit ce vers dans la Chevalerie Ogier de Dannemarche :


Tos lor adous furent à or battus.

Du verbe islandais at dubba : décorer, disposer, apprêter.
ADRECHIR : adresser. B.
ADRET, adverbe : vis-à-vis. Du substantif endroit. Voyez LENDRET.
ADREUGER : arranger mal.
ADROGER : ce verbe a la même signification que le précédent. Du roman
aréger, arroier : arranger, disposer. A.
AFFAIRE : quantité. J'ai eu une bonne affaire de grain, de fruits , etc. , etc. On retrouve ce mot avec le même sens dans le patois Lorrain.
AFFAUTURER : priver. De faillir, faire faute. V.
AFFECTER : s'appliquer; se forcer. B.
AFFETTEMENT : assaisonnement d'un mets. L.
AFFETTER : assaisonner. Dans quelques cantons ce verbe signifie embellir, nourrir, etc. On trouve ce verbe employé par Wace, dans le
Roman de Rou :

Haubers et helmes afaitier.

AFFICHE ; AFFIQUE : branches de clôture sèche que l'on fiche en terre et que l'on assujettit au moyen de certaines gaules appelées liures, serrées par des harts.
AFFICOT : petit instrument de buis tourné et troué, dans lequel on appuie ou
fixe une des aiguilles à tricoter. L.
AFFISTOLER. Voyez RAFFISTOLER.
AFFLATRER : renverser. terrasser. Du roman
flatir , dérivé du latin flectere. M.
AFFLUBER : affubler, envelopper. Du latin
infulare, dans la basse latinité, affibulare. On lit dans le Roman de Rou :

La Est d'un mantel afluber.

AFFOLER : devenir fou. Roman. On lit dans le Roman de la Rose :


Il m'a faict, pour mieux m'affoler,
La tierce flesche au corps voler.

Rabelais emploie souvent ce verbe dans le sens de rendre fou. A.


AFFONGRER : briser, défoncer. Altération du verbe
effondrer : enfoncer. O.
AFFOUER : enflammer, exciter. Du roman
affoer : faire du feu. M.
AFFOURCHER : enfourcher. Ce verbe, en roman, signifiait : « se mettre à cheval sur un bâton pour aller au sabbat », dit Roquefort.
AFFOURRÉE : fourrage. De feurre,
fodrum, dans la basse latinité.
AFFOURRER : donner l'affourrée aux bestiaux.
AFFRAI : effroi. Du français affres.
AFFRANCHIR : châtrer. Affranchir, affranchissement, affranchisseur sont des mots romans.
AFFRANCHISSEUR : celui qui exerce la profession de châtreur.
AFFRIBOURDIR : engourdir de froid. A.
AFFROC (s. m.) : fréquentation. Voyez HANT. Ces substantifs masculins se prennent en mauvaise part.
AFFRONTER
une fille : lui faire l'affront de la séduire.
AFFROQUER (S') : se mettre en
affroc avec quelqu'un.
AFFURER : voler, dérober. Du verbe latin f
urari ; en roman, furt signifie vol, comme furtum en latin.
AFFUTER ; RAFFUTER : ajuster, disposer. L.
AFRION : parcelle de pâte qui reste aux doigts en pétrissant. O.
AGA, interjection, comme : bon ! da !
AGALI , sorte d'interjection ou d'exclamation pour se moquer de quelqu'un. Ordinairement on prononce ce mot, en se frottant avec l'index droit le creux de la main gauche. En roman,
agali signifie dur. Dans certains cantons de la Manche, agali signifie regarde-le.
AGENOILLONS (A) : à genoux. Roman.
AGER ; AGIER : suppléer l'
âge ; émanciper.
AGET : petite coulisse dans une porte que l'on ouvre pour faire le
guet. Ce mot s'emploie, à Vire, dans le sens d'habitude, de manière d'agir.
AGETER : acheter. L. Se trouve dans le patois Lorrain.
AGIOS (s. m. pluriel) : répétitions ennuyeuses, comme dans les litanies grecques où le mot άγιος, saint, est toujours répété, ainsi que le mot latin
sancte l'est dans les litanies de l'Église romaine. Les agios signifient aussi dans le patois normand, des façons d'agir cérémonieuses et affectées.
AGOBILLES : menus meubles et ustensiles de peu de valeur et d'utilité. Le rouchi emploie ce mot dans le même sens.
AGOGONNER : amadouer. Voyez GOGON. A.
AGOHÉE ; GOHÉE : accueil joyeux et bruyant. Du latin
gaudium, joie. Du verbe grec Λωγ, conduire.
AGONIR DE ; AGONISER DE: accabler, en parlant d'injures, de mauvais propos. De la basse latinité
acanizare, injurier ; acaner, roman.
AGOSER : se repaître outre mesure. De
gosier. On dit dans le Calvados s'en mettre jusqu'au noeud Gabriel.
AGOUCER : exciter contre quelqu'un. Du verbe latin
acuere. Corruption d'agacer. Agoucé signifie aussi refrogné.
AGOUT : assaisonnement propre à aiguiser l'appétit, à relever le
goût. Du latin gustus.
AGOUTER : donner de l'agoût, l'opposé de dégoût.
AGRACOT (d'). Voyez ACRACO (d').
AGRAT ; AGRAP. Voyez ÉGRAT.
AGRATIER : se rendre agréable. Du latin
gratus.
AGRIOCHES : mines pour se rendre agréable.
AGRIOTTE : griotte., sorte de cerise.
AGRIOTTES : caresses. B.
AGRIPPER ; AGUCER ; ACUCHER :
aiguiser l'appétit. On dit plus souvent ragucer. Voyez ce mot. D'acuere.
AGUIANNEU ; AGUILANNEU : étrennes. Des mots :
au gui l'an neuf, au gui de l'an nouveau. D'origine gauloise. L'expression aguianneu, avec plusieurs variantes, appartient à la langue romane. Dans une lettre de 1473, citée par D. Carpentier, on lit : « Trouva des varlets qui alloient querant aguillenneu le dernier jour de decembre. » Suivant une lettre de Grentemesnil, rapportée par Moisant de Brieux dans ses Origines de quelques coutumes anciennes, on disait à Rouen hoguignettes pour haguignettes, termes qui sont une altération d'au gui l'an neuf. Voyez HAGUIGNETTES. On a donné une étymologie bretonne, très-vraisemblable, d'AGUIANNEU.
AGUILAN. C'est , par apocope,
au gui l'an neuf. M.
AHAN : effort qui essouffle.
AH-ÇA ! interjection. « Ah-ça ! voulez-vous venir. » Assa en roman. L.
AHEURT : heurt.
AHONNIR : honnir. Ces A sont là par épenthèse.
AHOQUER : accrocher, heurter. La Fontaine emploie le mot
hoquet pour heurt, pierre d'achoppement, dans la fable intitulée : Le Pot de fer et le Pot de terre :

L'un contre l'autre jetés,
Au moindre hoquet qu'ils treuvent.

AHOURDI DE FROID : engourdi de froid. M.
AHUBIR ; HUBIR : honnir, huer.
Crier sur quelqu'un hu ! hu !
AIGRAS : verjus. D'
aigre, employé pour vinaigre.
AIGREDON ; AIGLADON : édredon.
AIGRE : vinaigre.
AIGUILLE A EMPAINTER : aiguille d'emballeur.
AILETTE : partie du rouet à filer, appelée ailleurs volier. Les deux ailettes de la tête du rouet sont comme deux petites ailes tournantes qui portent le fil sur le fuseau. Roquefort a considéré le mot
ailette comme roman.
AIMER (S') : se plaire. On trouve cette façon de parler dans Molière (Mélicerte ; acte Ier. , scène Ire.). Éroxène dit à Tirène :


Je m'aime où tu n'es pasr

AINCHI; AINCHIN : ainsi.
AINDE : aide ; AINDER : aider.
AINGUE , s. m.: hameçon. Voyez HAIM.
AIRAGE : air, ressemblance.
AIRAI, AIREZ, AIRIEZ : aurai, aurez, auriez.
AIRE : planche de jardinage. C'est aussi la place vide, soit des appartements de la maison, soit de la grange. D'
area.
AIRER : aérer.
AIRETTE : petite planche de terre dans un jardin , diminutif d'
aire.
AIRGALÊTE ou ERGALÊTE : raboteux. A Vimoutier, on dit
un chemin airgalête. Du radical celtique arg. Voyez ERGALÊTU.
AIRIE. Voyez AIRE. C.
AIRIÉE : quantité.
Airiée de toux, accès de toux.
AIRIÈRE ou ERRIÈRE : arrière.
Airier, en patois messin a la même signification. Consultez l'Histoire de l'Académie des Inscriptions, t. I et V.
AIRSES. Voyez ERRUSÉE et ERSE. MM. Duméril se sont évidemment trompés sur l'orthographe et l'étymologie de ce mot, qui ne vient ni de l'
azers des troubadours, ni du latin erigere.
AIRURE : façon donnéé au labour. Du latin
arare. C.
AJAMBÉE : enjambée. L.
AJAMBER : enjamber. L.
AJEU : enjeu. A.
ALEINIER : mauvais sujet.
ALÉMONE : anémone.
ALERME : alarme. Ces six expressions sont de simples métaplasmes.
ALIPAN : soufflet. D'
alapa. Voyez JAFE.
ALISE ; ALISÉE : bourbier, ornière fangeuse. V.
ALLÉLUIA : oxalide (
oxalis acetosella ). Ainsi appelée parce qu'elle fleurit à l'époque où l'Église chante alleluia. D'autres plantes tirent aussi leur nom de l'époque de leur floraison, comme la Pâquerette, la Pentecôte. Voyez ces mots.
ALEU. Voyez ALOU.
ALLUCHER : nourrir, élever. D'
alere. En roman , ce verbe signifiait planter, semer. On lit dans le Testament de J. de Meung :


Nul ne doit aluchier mal arbre ne male herbe.

ALLURE : nom donné à une marche particulière du cheval, dans laquelle il fait entendre quatre battues, et qui diffère du trot et de l'amble. Ce genre de locomotion, fort usité au moyen-âge pour les chevaux de route, s'est conservé plus long-temps en Normandie qu'ailleurs, et paraît même être spécial à cette contrée. (Note communiquée par M. Éphrem Houël, inspecteur des haras.)
ALUMELLE : lame de couteau. Du latin
lamella. En roman alemelle et alemiele :


Et l'alemele d'un poitevin acier.

dans la Chevalerie Ogier de Danemarche.
AOEUVRÉ : actif. D'œuvre, ouvrage. A.
ALOGNE ; ALOIGNE : retard. Du verbe éloigner.
ALOGNER : alonger. Dans le roman,
alogner, différer, prolonger.
ALOSEMENT : louange. Du latin laus; en vieux français les. L.
ALOSER : louer. On lit dans le roman de toute Chevalerie (Biblioth. imp., ms. 7,190) :


Jerosme le dict et Solin l'alosée.

On dit aussi éloser, loser.
ALOU : travail du journalier, donné à l'entreprise.
ALOUER : donner ce travail à l'entreprise, à forfait.
ALOURDIR: ennuyer, étourdir. A.
ALOUVI : affamé comme un loup. En patois vendéen
aloubri. L.
ALOVIR (S') : s'endormir. De l'allemand. A.
AMADOUE ; s. f. : amadou.
AMAIN. Être placé à son amain, être commodément placé pour l'exercice de la
main.
AMALADIR ; EMMALADIR : devenir malade. Du roman. En patois du Berry,
amalader, emmalader.
AMBRON : essor. Des verbes latins
ambire, ambulare.
D'AMBRON : sans réflexion, tout à coup, de dépit.
AMBRONCHER : prendre son ambron.
AMÊCHES ; AMÈGUES : cerises acides. On comprend sous le nom générique cerises ce fruit et les griottes, les guignes ainsi que les bigarreaux.
AMELETTE :omelette. L.
AMENIVÉ A : empressé à.
AMEUILLANTE ; AMOUILLANTE (vache) : vache avancée vers son terme de gestation et dont la mamelle se développe.
AMEUILLER ; AMOUILLER  (v. n.) : faire de la mamelle, développer sa mamelle.
AMICE : ami.
AMIDONER : disposer dans l'amidon, empeser.
AMIGNONER : caresser. C'est à peu près l'
amignarder, l'amignoter de la langue romane. De mignon. L.
AMIGRANER ; bouillir à petits bouillons.
AMIN : ami. M'NAMIN : mon ami. M.
AMOMI DE : fou de, épris de. De
Momus, dieu de la folie. Voyez MOMON. A.
AMONTER :gravir un coteau, un mont ; arriver à un endroit élevé.
Admont, en langue romane : plus haut. ROQUEFORT.
AMOROCS, camomille romaine. Voyez AMOURETTE DES CHAMPS. L.
AMORPHOSÉ : absorbé dans ses pensées, au point d'être immobile, comme ces personnages des contes de Fées qu'elles
métamorphosent en statues.
AMOURETTE DES CHAMPS : camomille commune. (
Anthemis arvensis).
AMOURETTE DES PRÉS (
Briza media).
AMPRÉS ; ENPRÉS : près,    auprès. Cette    préposition signifie aussi en comparaison de.
AMUSER ; muser. L.
ANCHIAS :enfant de mauvaise mine, qui n'acquiert pas de forces. A.
ANCIAN : ancien.
ANGINES (Guignes d') : mérises noires, propres à faire des ratafias. Ce nom vient d'
Ancines, commune du département de la Sarthe, voisine de la ville d'Alençon, où l'on transporte la plus grande partie de ces fruits. A.
ANDAIN : intervalle entre deux pas. Du verbe italien
andare, aller, marcher. Dans la basse latinité, andena signifie l'espace que contiennent entre elles les deux jambes écartées. Consultez Nicot, Monet, Mage et Furetière. A.
ANDAIN : foin mis en rayons sur le pré où il passe la nuit. Voyez ONDIN. L'Académie définit l'andain « l'étendue de pré qu'un faucheur peut faucher à chaque pas qu'il avance.» Cette définition semble peu exacte.
ANDOUILLE : fusée de terre et de foin que l'on dépose et assemble pour former un plancher.
ANEMI : ennemi. Alexandre de Bernai a dit, dans le XIIe. siècle :


Des anemis grever...

ANEMI QUE : à moins que.
ANERTER : défricher, essarter. D'iners : oisif. C'est, en effet, rendre à la culture et à la production un terrain oisif.  A.
ANGARIER (v. réfl.) : s'égarer. C.
ANGE: papillon de nuit, du genre pyrale. B.
ANGE-CHRIST : Antechrist. R.
ANGELOT : sorte de fromage. Dans le moyen-âge, on appela
angelon, puis angelot, un fromage fabriqué dans le Pays-d'Auge. C'est angelon pour augelon et même augeron. On lit dans le roman de la Rose :


Ou de tartres ou de flaons,
Ou de fromages angelons
Qu'aussi est se moult bel jouel.

ANGLAGE : côtes et rades d'Angleterre. B.
ANGOISSER : faire éprouver des
angoisses et en éprouver. Montaigne l'emploie dans le premier sens, et la Chronique de saint Denis dans le second. M.
ANGOLA ; CHAT ANGOLA ; LAPIN ANGOLA. Corruption d'
angora : en effet, ces animaux à poils longs et soyeux viennent d'Angora (l'ancienne Ancyre), ville d'Asie, et non pas d'Angola, en Afrique.
ANH : ah ! L.
ANHUI ; ANI ; ANIEUT. En roman
anuit. Voyez ENNUI.
ANILLE : béquille. Du latin
anus : vieille femme. Anille se trouve dans le roman.
ANNELER : attacher un fil de fer dans le groin d'un porc pour l'empêcher de fouir.
ANOUILLÈRE ( vache) : vache que l'on n'a pas fait saillir, on qui n'a pas conçu et qui continue de donner du lait.
ANSERÉE , s. f. : plantin,
plantago lanceolata.
ANTENAIS : poulain d'au moins un an,
natus ante annum.
ANTIVEILLE : surveille. Anti pour
ante.
AORÉ; BLÉ AORÉ : blé dont l'épi
se dore et mûrit.
AORIBLE ; AVORIBLE : précoce. L.
APIÉ ou APIER : ruche. D'
apis : abeille.
APIÉGER (S') : prendre
pied, s'établir.
APIPER : attirer subtilement, par ruse.
Piper, tromper. L.
APOLON : taille, corsage, camisole. M.
APOS ; APOUS ; APEUR : ennui, anxiété, D'
aporia de la basse latinité, qui a la même signification. Peut-être faudrait-il écrire appeaux, et le dériver de ces canards attachés et placés pour appeler les canards sauvages sur les marais où le chasseur est à l'affût dans une loge. L. On dit dans la planche
« Il m'en fait apous ou apeur » pour  « Je regrette d'en être privé. »
APPARAISSANCE : apparence.
APPÉTISSÉ : qui a de l'appétit.
APPÉTISSER : exciter l'appétit.
APPLET : sorte de filet. D'
aploidum qui a le même sens dans la basse latinité.
APPLOMER : écraser comme sous une masse de
plomb. On dit, au figuré, applomé de sommeil pour accablé de sommeil.
APPOINTER ; APPOINTER : faire la pointe d'un pieu, d'un piquet, d'une aiguille épointée.
APPONÉ : rassasié. Du mot patois
pone : ventre.
APPRÉCHER : approcher. S. I. APPRÉCHIR. M.
AQUETER : acheter. L.
AQUIAULÉE : longue et désagréable suite, file, série. Une aquiaulée de.... Il se prend en mauvaise part. De
queue.
AQUINABO, s. m. :
inclinaison de politesse excessive. Du latin acclino, au futur acclinabo.
AR, en parlant des chevaux, signifie nu. C'est un animal sans harnois. Dans l'arrondissement de Lisieux, on dit monter un cheval à
nar pour à cru. Au reste, ar, nard ont la même origine que haras , haridelle , etc.
ARASER : enrager.
ARAGNÉE ; ÉRAGNÉE : araignée ; autrefois aragne.
ARAIÉ ; ARAGIÉ : enragé.
ARAMIE : ordre, arrangement. D'armoire, meuble dans lequel on mettait en ordre et en sûreté les armes et autres objets. C.
ARASER : couper
à rase, rez le tronc.
ARBITRER : s'opposer à une chose raisonnable. A.
ARBRE ; BOIS D'ARBRE : bois de pommier, l'arbre par excellence, qui produit en effet un très-bon chauffage, et qui, avant d'être usé, donne en abondance des fruits pour le pressoir et pour la table.
ARBRE A PRESSOIR : le bélier qui sert à presser la motte du marc.
ARCA : arrière! arrière d'ici ! M.
ARÇONNER (en parlant des sabots) : fixer dessus, pour les fortifier contre les efforts que fait le coude-pied en marchant, un cercle ou
arc de fil de fer ou de laiton. A.
ARDE (s. f. ) partie des ridelles d'une charrette. On lit dans Du Cange, d'après des lettres de grâce de 1408 : « Julian prit une
arde ou baston d'une charrette à beufs. »
ARÉ : tiens ! vois ! Sorte d'explétive.
ARESTISON : délai, retard. Du saxon
hrestan : se reposer.
AREUNER : mettre en route, mettre en train d'aller. Dans l'Orne, on emploie
areuner dans le sens de mettre en train. Ce mot vient du celtique ru : ruisseau, eau courante. Il a bien le sens de sa racine. A.
ARGAIGNE, ou plutôt HARGAIGNE : hargneux. Voyez HAIRGANE, et HERGNE.
ARGANCIER : églantier. C'est la corruption du mot français églantier, qui autrefois, avec raison, s'écrivait
aiglantier, et que Ménage, comme Périon, fait dériver du latin acanthus. Je préférerais tirer le mot aiglantier d'aigle, parce que les aiguillons de ce rosier ressemblent au bec retors des aigles. A.
ARGÉLATRE (s. f. ) : argile. A.
ARGENTÉ, ARGENTU : pourvu d'argent, riche.
ARGOUÊME : repu , rassasié. B.
ARGUILLE et ERGUILLE : argile.
ARGUILLON : ardillon. L.
ARISMÉTIQUE : arithmétique.
ARJETOURE : reginglette, repenelle. D'
arc qui jette l'oiseau dans la boucle de la ficelle où il se trouve pris par les pattes.
ARMELLE : alumelle.
ARMENA : almanach. Ce mot se retrouve dans le patois Troyen.
ARODIVER : ennuyer. En islandais,
at reida signifie irriter, fâcher. V.
ARQUELIER. Voyez HAIREQUELIER. A.
ARREGARDER : regarder. Brantome s'exprime ainsi dans ses
Dames galantes : « Parmi les grands, on n'arregarde pas à ces règles et scrupules.  » A la fin du XIVe. siècle, on disait agarder pour regarder.
ARRÊT : durée. Les jours d'hiver n'ont pas d'arrêt, ne s'
arrêtent pas dans leur marche, n'ont pas de durée sensible.
ARRIAS : embarras, tracas, obstacle. Dans le
Roman de Rou, Wace dit :


Pur li grant arias kil reciet.

Arrayé, dans l'ancien français, signifiait occupé. D'arrie. Arrias se trouve aussi dans le patois Lorrain.
ARRIE : crête de fossé, talus de fossé. D'
orée, vieux mot qui a la signification de bord, rebord, comme le substantif latin ora. Arrius, que nous dérivons d'arrie, signifie obstacle, empêchement , qui s'oppose au passage. Suivant Du Cange, l'aria de la basse latinité est un lieu qui n'est ni labouré, ni cultivé. Roquefort dérive arrie du mot latin restare : s'arrêter, résister. On retrouve le radical celtique art dans le nom de la ville basque de Biarritz (double roche).
ARROCHER. Voyez RUCHER. A.
ARROLE : arroche. A.
ARROQUER : accrocher. Corruption d'accroquer.
ARROSSIR, en parlant d'un cheval ou de toute autre bête de travail : en faire une
rosse, en l'excédant de fatigue. A.
ARROUSER , ENROUSER : arroser. L.
ARROUSSE (s. f.) : vesce. Voyez JAROSSE.
ARROUTÉE : quantité de chanvre mise au
routoir.
ARROUTER : mettre en train de marcher, de faire
route. Dans le patois Walon, roter signifie marcher. Froissard emploie arrouter dans le sens d'acheminer.
ARROUTER : mettre au routoir.
ARROUTOIR : routoir.
ARROUCHER. Voyez RUCHER. A.
ARRUNER : mettre en ordre ; arranger. Ce verbe se trouve encore dans Nicot.
ARSEI pour ARSOIR : hier au soir.
Arser en provençal.
ARSELET : vairon, espèce d'able. Voyez DARSELET. V.
ARSOUILLE : femme très-malpropre. Par aphérèse, de garse et de souiller. Ce mot est rouchi. En patois du Berri,
garsouiller signifie gâter.
ARUSUÉTIQUE : arithmétique. L.
ASPERGÉS : goupillon ; arrosoir. Du verbe latin
aspergere. Clément élarot dit :


Il y avoit dedans
Pour aspergès une rose fennée.

ASSAISONNER ; ENSAISONNER : mettre à la saison qui convient, en parlant des terres labourables. En parlant d'une vache, c'est la faire saillir en saison convenable. Dans la première de ces acceptions, ce mot appartient aussi au patois du Berri.
ASSASIN : assassin, et assassinat.
ASSAUTER : attaquer. D'
assalire. Ancien verbe du substantif assaut, qui est resté dans notre langue.
ASSAVER ; FAIRE ASSAVER : faire savoir; informer.
ASSÉGRIR : se tranquilliser. Du latin
securus.
ASSEI : ce soir. M.
ASSEMBLEMENT : réunion. Roman.
ASSENS ; ASSENT : raison, bon sens. B.
ASSICHER ; ASSIÉCHER : asseoir. S.-I.
ASSIESSER (S') : s'asseoir. Je m'assiesserais ; s'assiessant ; assisez-vous ; qu'ils s'assisent. Assiessous, pour assiessez-vous.
ASSOIRANT : approche du
soir. L.
ASSOLEILLER : exposer au soleil. Antoine Baïf a dit :


Orangers soleillés fleurissans y fruitissent. A.

ASSOT ; ASSOTEMENT : ennui propre à rendre sot. En roman , asotie et asotememt signifient folie, sottise et même débauche. L.
ASSOTER : ennuyer profondément. L.
ASSOTIR : même sens ; et, dans le sens neutre: devenir
sot. L.
ASSOUIR : assommer; étourdir. On dit
assabouir dans les patois du Berri et du Nivernais. B.
ASTHEURE : maintenant. Par contraction, pour
à cette heure.
ASTICHER; ASTIQUER : taquiner.
ASTICOTER : tracasser, tourmenter, piquer sans relâche. D'
astic, os creux rempli de suif, dans lequel les cordonniers enfoncent fréquemment leur alène. A.
ATACHER : donner un travail à la tâche.
ATELLE. : bûche. Du celtique breton,
asteil ; en roman, attelle, estelle. Il signifie aussi bâton ; d'où le proverbe maigre comme une âtelle.
ATIGNOLE : boulette de viande hachée que vendent les charcutiers.
ATORI : taché, moisi. B.
ATOUCHER : toucher. L'auteur du Testament de Pathelin fait dire à cet avocat :


Jamais à telz gens n'attouche. L.

ATOUT : avec.
ATOUT : coup, blessure.
ATRA :
à travers. Roman. Roquefort écrit atras, qu'il définit derrière, et dérive de retro. C'est une simple apocope.
ATTÉDIER : affliger. De
toedere, et non pas de tepescere, comme le dit Roquefort. Employé par Basselin , vaudev. 39°. Nous avons, à ce sujet, dit dans la note 224 de notre édition de 1821 : « Ce verbe, dans Nicot, est défini ennuyer ou fâcher..... Bourgueville de Bras l'emploie pour signifier fâcher (part. I , p. 113 ). »
ATTENDIS (EN) : en attendant. On disait en roman :
entandis ou entendis, pour cependant, pendant ce temps-là. L.
ATTENTIONNÉ : attentif. A.
ATTICHER : agacer, exciter. On trouve en ce sens
atticier dans le Roman de la rose. Voyez ASTICOTER.
ATTICOCHER : corruption d'asticoter.
B.
ATTINCHER : agacer.
S.-I.
ATTITONNER : caresser, dorloter. A.
AU : avec. Voyez O.
AUBET : aubier. Voyez AUBEUR.
AUBETTE : le point du jour, le commencement de l'aube. Du latin
albus : blanc.
AUBEUR : aubier. D'
albus, parce que l'aubier est plus blanc que le coeur de l'arbre.
AUBOUFEIN : bluet, aubifoin. De la couleur blanchâtre de son feuillage : album fenum.
AUCHE. Voyez OCRE.
AUDIVI : autorité. Se trouve aussi dans le patois de la Corrèze.
AUGERON, NE : habitant du pays d'Auge.
AULIÈRE ou OLIÈRE : oreille. L.
AULUE : promesse qu'on ne réalise pas, retard.
AULUER ou OLUER : tromper, faire attendre, différer.
AUMAILLES : animaux, bestiaux. D'
animalia. En roman alméle et amaille.
AUMIA pour AUMEAU : jeune boeuf. M.
AUNE (Sainte-) : Sainte-Anne.
AUQUEMENTER : augmenter.
AUTE : autre.
AUVARE : avarie.
AUVEC : avec. On trouve
awech dans la langue romane, témoin ce vers du Chevalier du Cisne :


Aweeh li ert un des enfans remés. L.

AVALASSE : inondation ; grande averse. Du substantif français lavasse. En patois walon, walai signifie ondée, grosse pluie. Dans le patois des Vosges, laivasse et laivesse ont aussi cette signification.
AVALER ; DEVALER : descendre. On lit dans les Essais de Montaigne : « Jusqu'à ce qu'un, homme de cheval l'alla saisir au corps et l'
avalla par terre », liv. III, chap. 6 ; et dans la 1re. scène de l'Iphigénie de Rotrou :


Quelle prompte frayeur dans le sein me devale !

AVANGER (v. n.) : fournir avantageusement. Les légumes avangeront, produiront beaucoup. En roman, avenger et avangier signifient avancer, arriver.
AVAS : le long de. Avas le chemin. L. A Bayeux, on dit
avau. En roman, avault, avaux signifient parmi, dans. En français, aval. Nous avons cité, à la fin de notre édition de Basselin , p. 233, une ancienne chanson normande dans laquelle on dit :


Passementée avaud les gambes
D'un biau nerfil.

A VEINDRE : atteindre.
AVENAT : balle d'avolue; paille d'avoine.
AVER : avoir, fortune. bien.
Avé, en roman. Avei, en patois de Grenoble. L.
AVER ou AVET : porc. Du latin
aper. A.
AVÉRAS : volailles de basse-cour. D'
avis : oiseau. En roman, avers s'entend des bestiaux et des instruments aratoires. Du substantif de la basse latinité averium, averia.
AVERLAND : grossier, brutal. En roman,
averland signifie maquignon. De l'allemand, haverling.
AVERNANT : agréable à voir. D'avenant.
AVERNON : surnom, sobriquet.
AVERON ou HAVRON :
avoine stérile.
AVERSAT : fou, dont la cervelle est
renversée. Du roman, avertie : épilepsie, folie.
AVETTE : abeille. Ancien français. Du latin
apis.
AVEUC : avec. Roman. S.-I.
AVEUR : précoce. Voyez AORIBLE. On dit proverbialement : « L'aveur ne doit rien au tardif. - L'aorible n'a rien à demander au tardif  ».
Aveur vient d'avant heure, avance.
AVIAS ; AVIAUX : oiseaux. D'
avis. B.
AVISION : invention, bonne idée.
AVISOURE : invention, etc. Du roman
avisoire. On lit dans les Heures perdues d'un Cavalier François : « Pardy, je m'avisis hier au soir d'une bonne avisoire !  » L.
AVOLÉ : aventurier. Qui a pris sa volée d'un pays vers un autre. Froissard dit (t. I, ch. 39) : « Et ceux qui estoient ainsi bannis se tenoient à Saint-Omer le plus, et les appeloit-on Avolez ». B.
AVOUER : faire effort pour lancer loin ce qu'on envoie.
S'AVOLER : prendre son élan. M.
AVOMES (NOUS) : nous avons. Roman. A.
AVONDER ou AVONDIR : gorger d'aliments en
abondance, engraisser.
AVORIBLE : précoce. Voyez AORIBLE, et AVEUR.
AVOU : où. D'AVOU : d'où.
AVOUER : épuiser. A force de bouillir, cette eau s'est
avouée.
A VOUS : Avez-vous ? Dans la Farce de Pathelin, p. 88 :


Avous mal aux, dents, maistre Pierre ?

AVRILLER (v. n.), IL AVRILLE : il tombe une pluie fine et tiède comme en avril.
AVRONER : apostropher insolemment.

 

B

BABINOUX. Voyez BOBINOUX.
BABOTIER : babillard.
BABOUIN.
Ce mot se prend en mauvaise part, comme qui dirait.: mine de singe. De babine : lèvre.
BABOUIN : sorte de statue en neige, que les enfants pétrissent dans les rues.
BACHEROLLE : vaisseau de bois pour porter de l'eau. Du roman
bachoue, bachole, tine ou vase de bois propre à transporter la vendange.
BACHEAU ou BACHOT : petite bâche pour pécher les écrevisses. En roman,
bagou. — Dans les marais du Cotentin, un bachot est une petite barque.
BACON : porc salé. De la basse latinité
baco, cochon.
BACOUETTE : hoche-queue ; lavandière. De
bat, et de coue, dont le diminutif est couette. C'est la même signification, en termes équivalents, que hoche-queue.
BACUL : traverse de bois pour attacher par derrière les chevaux attelés. Ce mot, dans l'arrondissement de St.-Lo, employé pour désigner une personne qui a les cuisses et les jambes courtes, doit s'écrire
bas-cul, et n'est pas l'exact homonyme de bacul (bat-cul).
BACULOT ; BAGULOT : petit bâton qui sert à jouer. Du latin
baculus.
BADER (SE) : mouiller ses vêtements par le bas ; se crotter.
Badé, e, crotté et mouillé. De bad (bois, eau), expression celtique, de laquelle sont venus les noms des villes de Baden en Allemagne, et de Bash en Angleterre, qui, toutes deux, ont des bains célèbres ; et même le mot badaud appliqué aux Parisiens, parce que leur ville, naturellement humide, était fréquemment enveloppée dans les brouillards de la Seine et des marais. En islandais, bada, se baigner.
BADINOUX : petit rouet dont le travail très-facile n'est qu'une sorte de
badinage. B.
BADOCHET (s. m.) : entremetteur ou entremetteuse de mariages. On l'appelle aussi
rouche-croûte, parce que ce sont ordinairement de vieilles femmes (pouvant à peine ronger leurs croûtes) qui se chargent de ce ministère officieux et lucratif. A.
BAFFE : tape, soufflet. Roman. Du mot
paf.
BAFRE et BAFRÉE (s. f.) : régal ignoble de gourmands.
Bafrée se dit également en patois Lorrain.
BAFRER : faire une bafre. Se trouve aussi dans le patois Troyen.
BAFREUR : qui aime la bafre ; goinfre.
BAGLE : bague.
BAGNE (SUER A) : suer abondamment , comme dans un
bain chaud.
BAGOU ou BAGOUL : fécondité de paroles stériles. Ce mot existe aussi dans le patois du Berri. De
gula, gueule, goule.
BAGOULARD : bavard.
BAGOULER : bavarder.
BAGUER (v. n.) : se dit d'une couture qui fronce désagréablement.
BAHUYER : bahutier.
BAICHIN, NE : nigaud. De
Baissin, parce que les Baissins sont regardés comme moins civilisés que les habitants de la Haute-Normandie. Voyez BAISSIN.
BAILLE-LA-GOULE : bavard, sujet à manquer de parole. C'est ce que la Farce de Pathelin, p. 110, appelle


Des bailleurs
De paroles en payement
A rendre au jour du jugement. L.

BAILLOUX : fainéant et maladroit, qui semble bâiller toujours et ne donner aucune attention à son ouvrage. B.
BAINS (s. f.) : mauvais cabaret, où l'on ne peut se procurer que de mauvaise
boisson. A.
BAISEUL : partie de la croûte d'un pain qui, dans le four, a touché un pain voisin (l'a
baisé). Dans plusieurs cantons de la Manche, on dit du baisé dans le même sens.
BAISSE-MINE : sournois; décontenancé.
BAISSIN : habitant du
pays de Bas, du Bas pays. Ce sont des manoeuvres qui viennent du Bas-Maine et des arrondissements normands contigus, pour travailler dans la Haute-Normandie. Ce mot baissin n'a nul rapport avec le Bessain ou Bessin (le territoire de Bayeux) : il a la même origine
que
baissière, liqueur qui reste au bas d'une futaille.
BAITE : ivre. A.
BAITER (SE) : s'enivrer. A.
BALÈQUE : bavarde. De
bat et de langue.
BALIATTE ; BALIETTE : petit balai.
BALIER : balayer. Se dit aussi dans le patois Lorrain.
BALIURES : balayures.
BALLANNER : rôder, ne rien faire.
BALLANT, TE : pendant,, les bras ballants. Au figuré, fainéant. B.
BALLAS (s. f.) : commère, fainéante.
BALLER : être pendant. Du roman
baller, danser. En italien, ballare.
BALLIÈRE : sorte de paillasse remplie de
balle d'avoine. Se trouve aussi dans le patois Lorrain. Voyez PAILLOT.
BALVAUDER : rester les bras ballants. Ce verbe signifie aussi faire mal un ouvrage ; galvauder.
BAMBOCHER : faire des bamboches, de mauvaises farces ; se livrer à la débauche.
BAMBOLER ou BANVOLER : gesticuler et se balancer d'une manière désordonnée, comme les cloches que l'on sonne à toute volée.
BANCELLE (s. f.) : petit
banc.
BANLOCHER : balancer, branler.
BANNE (s. f.) : grand banneau. Du celtique
benna. En français, la banne est une sorte de panier.
BANNEAU : tombereau ; petite
banne.
BANNELÉE ce que contient un
banneau.
BANNELER charrier en
banneau.
BANNIE enchère publique. De
ban.
BANNIR publier solennellement, louer en bannie.
BANON : cuvier pour recevoir le cidre dans le pressoir. On l'appelle aussi
bêleron.
BANON (DE) : en liberté de paître après la récolte. Se dit des bestiaux qui ont cette faculté après le
ban, ou simplement après l'époque déterminée par l'autorité. Ce terme de l'ancienne Coutume de Normandie s'emploie en parlant des bestiaux qui paissent sans être attachés, à l'abandon.
BANON : enfant pleureur.
BANONNER : pleurer comme un enfant.
BANQUE élévation de terre en forme de
banc ; Crète de fossé.
BANQUÉ E : celui ou celle dont les
bans de mariage sont publiés.
BANVOLE : sorte de girouette, d'étendard, de petit moulin à vent, pour jouet d'enfants.
BAQUER : céder, plier.
BAR ou BARD : forte pièce de bois sur laquelle on assujettit un arbre, pour le scier en madriers ou en planches.
BAR : civière. B.
BARAI ; BARRIS : baillerai, baillerais. S.-I.
BARATTÉ : babeurre , liquide qui reste au fond de la baratte, quand le beurre en est extrait. A.
BARATTON : sorte de pilon, avec lequel on fait le beurre dans certaines barattes. L.
BARBACROC : moustaches qui font le
crochet ; homme qui les porte.
BARBAUDIER : bavard.
BARBELÉE (GELÉE) : frimas qui couvrent les plantes d'une sorte de
barbe.
BARBISTRAL : barbier.
BARBOT : bourbier.
Barboter en vient.
BARBOTTEAU : caparaçon.
BARBOUILLER : bredouiller.
Babouï, dans le patois Walon.
BARÈTE : baratte. L.
BARETÉE : mesure de cinq décalitres, demi-hectolitre. Ce mot vient de ce que le demi-hectolitre offre à peu près la contenance de la baratte commune, que le peuple appelle barète.
BARETER : baratter ; agiter dans une baratte la crème que l'on veut convertir en beurre.
BARGE (s. f.) : foin ou paille empilée en forme de cône.
BARGOUILLARD : babillard importun.
BARILLER : barbotter. Valognes.
BARILLIER : fabricant de barils ; tonnelier. Ce mot se trouve dans la nomenclature des métiers du commencement du XIVe siècle.
BARRACAN : bourracan, étoffe de poil de chèvre. Expression de l'ancien français, prise de la basse latinité
barracanus.
BARRETEL. Voyez BARATTON. A.
BARRETOUX : querelleur, tapageur. De la basse latinité
barra, bâton.
BARRIQUE (AVOIR LA) : être ivre. L.
BASSE : servante. De
bachelette, jeune fille. B.
BASSÉE : basque d'habit. C.
BASSETILLE : basque d'habit. Valognes.
BASSICOTER ; BACIQUOTER ; BACHICOTER : marchander d'une manière mesquine. De
bassicot, cage en charpente, au moyen de laquelle on élève les ardoises du fond de leur carrière. Au propre, bassicoter signifie tirer à soi ; au figuré, c'est attirer un objet en l'agitant, en le tiraillant. C'est ainsi que tribulation, peine morale, souffrance de l'âme, vient du latin tribulum, machine à battre le blé. Suivant Borel, baciquoter signifie tromper.
BASSICOTIER, ÈRE : celui ou celle qui bassicote.
BASSIN : renoncule des prés (
Ranunculus pratensis), parce que la couleur de cette fleur ressemble au poêlon de cuivre jaune qu'on appelle bassin.
BATACLAN : attirail, meubles, ustensiles, bruit confus.
Pataclan dans le patois Troyen. Sorte d'onomatopée.
BATIAUX : vieux meubles ; vieilles pièces de mauvais
bois.
BATIÈRE : bât. De Bαστάζω, porter.
BATTAISON : pente ou inclinaison donnée à une construction pour la rendre plus solide. Roman. Val.
BATTELESSIVE : hoche-queue ; lavandière.
BATTERIE : lieu où l'on bat les céréales.
BATTONER manger avidement.
BATTU (lait) : caillé égoutté, puis écrasé avec du lait frais et de la crème. C'est cette préparation que, dans d'autres parties de la Normandie, on appelle de la piquette.
A.
BAUBE : bègue.
Du latin balbus ; du verbe grec Bαμδαίυω, balbutier.
BAUBER : bégayer.
BAUCHIER : ouvrier en
bauge ou pisé. On lit, dans les Chansons Normandes que nous avons recueillies à la suite de notre édition des Vaux-de-Vire de Basselin, p. 182 :


A la compaignye d'un bouchier
Venus sommes du Vau de Vire.

BAUDE : engourdi par le froid. Il a les mains baudes, comme on dit à Lisieux : il a les mains pottes. C'est le B pour le P, et le P pour le B.
BAUDOUR : joie ; réjouissance. Roman.
BAUME : menthe coq (
Tanacetum balsamita). Par extension, toute plante aromatique.
BAVE (s. f) : bavardage. Villon dit, dans ses
Repues franches :


Qui sçavez si bien les manières,
En disant mainte bone
bave,
D'avoir du meilleur de la cave.

BAVE DE COUCOU : cercops écumeuse, insecte. B.
BAVER : bavarder. Le juge dit au drapier, dans la
Farce de Pathelin :


Paix, par le Dyable ! vous
bavez.

BAVERESSE : bavarde.
BAVERETTE : bavette au-dessus du tablier.
BAVETTE : petite bavarde.
BAVOL (adv.) : filer bavol, filer négligemment, inégalement. Voyez BAVOQUER.
BAVOLETTE : bavolet ; femme qui porte cette élégante et riche coiffure du village.
BAVOQUER : filer un fil inégal. C'est à peu près le verbe bavocher, qui signifie imprimer grossièrement.
BAVOT : partie du fil où il est grossier et inégal.
BAVREULE ; BAVROLE : bluet.
BAYON ; BÉION : cuvier du pressoir, dans lequel on recueille le cidre que la pression du marc fait couler. Cette cuve s'appelle aussi béron et bélon. Du celtique-breton
béol, cuve.
BÉ : bien. De
bene. Les Basques disent bey.
BEAUBELLE (s. f.) : hypocrisie. Faire la beaubelle, agir en tartufe. De
beau, belle, qui affecte d'être beau de caractère.
BEAU-PERDU (OEIL) : oeil qui n'y voit pas, mais qui a une belle apparence.
BÉBÉS; BÉBÊTE (s. f.) : bête malfaisante. Mot enfantin.
BEC DE CORBIN : renoncule des champs (
Ranunculus arvensis). B.
BÉCAILLER : bavarder. De bec. Voyez BEQUERELLE.
BÉCANCIÈRE : bavarde revêche qui, comme on dit, a bec et ongles.
BÉCANETTE : sorte de chantepleure de bois, ordinairement en sureau ; petite cruche, vase à
boire. De bec.
BÉCARD : jeune mouton d'un an, dans le patois Bayeusain ; de deux ans, dans le patois de l'Orne.
BÉCASSON : oiseau le dernier éclos de la couvée. Voyez ÉCLOCU.
BÊCHEVÊCHE : en sens contraire. Voyez BÉJUEL et TÊTE-BÊCHE.
BÊCHEVÉCHER ; BÊCHEVÉLER : mettre en sens inverse, en sens opposé. A.
BÉCLÉ , en parlant du lait : caillé.
Clé pour clair. Voyez TRUTER. A.
BÉCO (DE) : de plus ou de moins d'un nombre déterminé ou proposé. Un gant de béco : un gant dépareillé. Voyez ÉTIPE. Dans le celtique-breton,
besk signifie la privation d'un membre.
BÉCOT : baiser sur la bouche, le
bec. L.
BÉCOTER : donner des
bécots. L.
BÈCU : maladroit , malavisé. De
besk, écourté.
BÉDANGOUX : bègue. M.
BÉDANGUER : bégayer.
BEDÉE (DE) : tout à coup ; étourdiment.
BEDEIN : jeune veau. Peut-être du latin
bis et dens, qui a deux dents. A.
BÉDIÈRE (s. f.) : lit, couche. De l'islandais
beder, de l'anglais bed. Pont-l'Évêque.
BEDONDON (s. m.) ; BÉDONDAINE (s. f.) : bedaine. L.
BÉDOT ou BÉDROT : le dernier né.
B.
BÉDOU : rouge-gorge.
BÉGAS : sot, qui ne sait que dire. De bègue, sans doute, parce que celui qui bégaie a l'air d'un niais, par l'effet de la difficulté qu'il éprouve pour s'exprimer. — On appelle begas, dans la Manche, cette pièce de bois portative, où l'on suspend la lampe pour les repas du soir ou pour les veillées ; et grand begas, métaphoriquement, un grand garçon, immobile par bêtise ou par maladresse.
BÉGAUD : nigaud. Roman.
BÉGAUDER : dire des niaiseries ; balbutier.
BÉGAUT : chandelier de bois avec une bobèche de fer-blanc, à ressort. A.
BEGUË ; TRUITE BEGUË : truite saumonnée.
BEGUER : bégayer.
BEIGE, en parlant des laines : de couleur mélangée de noir et de blanc.
BEILLÉE ou BAYÉE : ventrée à pleins boyaux. De
boille, gros ventre ; panse. Beil, ventre, dans le patois Vendéen.
BÉJUEL ou BÉJUET : en sens inverse. Être couché béjuet se dit des personnes qui, dans le même lit, sont couchées en sens opposé l'une de l'autre, comme il arrive chez les paysans pauvres, dans certains cantons, où l'on établit dans une même couche les garçons et les filles de la maison.
Béchouet, en patois du Jura. Voyez BÊCHEVÊCHE et TÊTE-BÊCHE. A.
BÊLE : berle, ou ache d'eau. Du celtique-breton
beler, cresson d'eau, parce que la berle a un peu l'apparence de cette crucifère (Sium latifolium).
BÉLIANE : canard tadorne. B.
BELIN : bélier.
BELLEMENT : grandement. L
BELOSSE ou BLOCE : fruit du prunellier. A.
BÉLUETTE : bluette ; étincelle.
BELZAMINE : balsamine. Id. dans le patois Lorrain.
BEN : bien. De bene. C'est une simple crâse qui supprime l'i de l'adverbe bien, comme ren est celle de rien dans plusieurs patois. A.
BÉNAMEN : assurément. C'est approuver, en disant
bien ! amen !
BÈNE : ruche ou panier. De
benne ou banne, hotte de vendangeur. Avranches.
BÉNÊQUE : oie sauvage. De
bernache, oie du Nord.
BÊNI : escargot. Avranches.
BÊNIR, en parlant du linge : sécher un peu ; cesser d'être complètement mouillé.
BENOM : surnom, sobriquet.
De bis nomen. B.
BÉQUERELLE : bavarde acariâtre et querelleuse. Du roman
becquerelle, mauvais propos.
BÉQUET : petit clou que l'on met sous la semelle des souliers
BER. Voyez BERS.
BÉRAT : bec d'un vase , par où l'on verse le
bère.
BÉRANGUIER : marchand de fromages et de fruits.
A.
BERBIS : brebis.
Du latin vervex.
BERCA : brebis.
BERDAILLER ou BREDAILLER : bredouiller ; faire un bruit importun, en parlant d'un rouet.
BERDALE : femme de mauvaise conduite. V.
BERDANCIER : inconstant
BERDANSER (SE) : se balancer. De
danse. A.
BÈRE : boire. Je bérai, tu béras . etc. De même pour les autres modes de ce verbe. Je bés, ils bèvent.
Bès ou beu, à l'impératif. Appartient également au patois du Jura.
BÈRE : cidre ou poiré. Corruption de
boire. C'est une sorte d'euphémisme. Maitre bère, gros bère : cidre pur et fort.
BEREAU : tuyau de bois ou de métal , dont on se sert pour dépoter le cidre et le tirer du tonneau ; - broc. On lit ce vers dans Basselin :


Les pipes, les bereaux pleins de liqueurs vermeilles.

BÉRÉE (s. f.) : frigilla , sorte d'oiseau. Au figuré, petite bérée, jolie petite fille, bonne et gracieuse. L
BERELLE : dispute entre buveurs.
BERGE : estomac des oiseaux. B.
BERGEAS : moutons, brebis. A.
BERLAN : brelan. Id. patois Lorrain.
BERLANDE .: cuillère de bois.
BERLICOQUET : jeune coq ; cochet
BERLINGUETTE : petite sonnette. Onomatopée.
BERLOQUES : breloques. Id. patois Lorrain.
BERLOT : coq-d'Inde. Onomatopée tirée de son cri, lorsqu'il fait la roue.
BERLUETTE : bluette, étincelle.
BERNE : berme de chemin.
BERNICLES : besicles
BERNOUSER ou BRENOUSER : salir par des excréments. Du celtique
brenn, son, la partie du grain qui enveloppe la farine. A.
BERNOUX : brenneux.
BEROUASSE ; BROUASSE : bruine, pluie fine qui brouille le temps.
BEROUÉE : brouée; brouillard pluvieux. Dans le patois du Jura, brouée signifie une ondée. Du latin
pruina ; du celtique-breton brumen, brume, brouillard épais.
BÉROUETTE : brouette. En patois Walon ,
berwette.
BERQUE (s. f.) : vieille brebis. Voyez GERCE.
BERQUER : berger. S.
BERQUERIE : bergerie. S.
BERQUIGNOT : homme mal bâti.
BERRICHON : femme dont la toilette est en grand désordre.
BERRUCHON ; BERRICHON : roitelet.
BERS : berceau. On lit dans Cretin :


Car soubz l'enfant gisant au bers.

Wace avait dit dans le Roman de Brut, v. 13, 895 :


Enfans em bers esboeler.

BERTELLES ; BERDELLES : bretelles.
BERZOLE : femme étourdie, qui ne songe qu'à se divertir. Du celtique-breton
berza, défendre, chômer une fête. Voir le Dict. de Le Gonidec.
BESCOCER : se troubler. Ce verbe est employé dans le même sens par Froissard (
Poésies, p. 338).
BESEAU : l'oiseau dernier éclos d'une nichée. Voyez ÉCLOCU.
BESER en parlant des vaches en rut : courir çà et là.
BESIN : demi-ivre. B.
BESOT ( porter) : porter malheur. Parce que le besot, le double-as, est le plus faible point que puissent amener les dés.
BESTIAL : bétail. On a conservé en français le pluriel
bestiaux.
BESTOURNER : déranger, renverser. De la basse latinité
bistornare.
BÊTAS : même sens que
bêta : bête  sot ; imbécille.
BÊTASSE (s. f.) : grosse bête, imbécille. De l'italien
bestiaccia.
BÉTELER (v. n.) : cailler sur le feu, en parlant du lait. Voyez CALEBOTTER, et TRUTER.
BÊTISER (v. n.) : dire des niaiseries, des bêtises.
BÉTON : petit sot, petite bête.
BEUCHONNIER : ivrogne qui fréquente les mauvais cabarets, les bouchons. B.
BEUCLÉ. Voyez BÉCLÉ. A.
BEUGUER : roter. M.
BEURGUER ; BURGUER : pousser. B.
BEURRÉE (soupe à la beurrée) : panade. L.
BEZOT : le dernier né d'une couvée. S.-I.
BIANC : blanc. C'est l'
i pour 1'l, comme en italien après A,B, P, V.
BIANCHET : blanchet, sorte de corset. A.
BIARD on BLARD : sorte de civière pour transporter les morts. De
Bière.
BIAU (DE) : Mettre ses chaussures de biau. C'est les mettre au pied, auquel elles ne sont pas destinées.
BIAUCOUP : beaucoup.
BIBE : bube, petite tumeur survenue à la peau. Du grec βουβώυ, tumeur.
BIBERONNER (v. ne ): faire biberonner un enfant, lui faire boire du lait avec un biberon.
BIBELLE : petite bube à la figure.
BIBET : moucheron. L'auteur d'une des
Chansons Normandes, que j'ai recueillies à la fin de mon édition de Basselin, dit, p. 210:


L'araigne, qui tous les ans
Fesoit son nid au dedans,
Avec mouches et bibets
Qu'elle prenoit dans ses rets.

Voyez GUIBET.
BIBETTE : petite bube. Diminutif de
bibe. B.
BIBI : bobo ; mal léger.
BIBRETEUX : rouge. A.
BICACOIN : en zig-zag; de côté et d'autre. A.
BICLE ; BICLESSE ; BIGLE ; BIGLESSE : louche. Le poète normand, Elis de Bons, dit à Camus, évêque de Séez :


Que son renom sera universel
Malgré l'effort de la biglesse envie.

L'Académie a conservé bigle et bigler.
BIGLER : regarder du coin de l'œil.
BICOIN : de côté et d'autre ; en zig -zag. Voyez BICACOIN.
BICOQUET : sorte de coiffure de femme, favorable à la
coquetterie.
BIDAILLON : mauvais bidet ; petit cheval de peu de valeur. L.
BIDOCHE (s. f.) : cheval de bois ou de carton, pour les amusements populaires. Nous en avons parlé dans nos
Archives Normandes (année 1826, p. 374), à l'art. Cérémonies des Mariages dans la partie occidentale de département de l'Orne.
BIDOQUE (s. f.) : vieux cheval, mauvais
bidet. V.
BIE : cruche ; par extension, toute sorte de vase. De
buie ou buire, espèce de broc pour les liqueurs de table. Ces mots, ainsi que burette (contraction de buverette), busse, botte, que Du Cange dérive du grec, viennent du primitif celtique banc et baot, qui signifie antre et généralement tout ce qui est creux. Bocal, boucaut, et (suivant Bullet) bouteille, ont la même origine, de même que bouche et poche, le dernier mot ayant changé le b en p ; ce qui est fréquent dans ces sortes de dérivés et de composés. A.
BIEF : biez , canal qui conduit l'eau au moulin.
BIENVENUE. Voyez VENANTISES.
BIÈRE : fantôme échappé de sa bière. Val.
BIEU : biez ; ruisseau.
BIEU : bleu. L'
i pour 1'l, comme on a vu ci-dessus dans bianc , etc.
BIGARNOISE (A LA) : coiffé à la bigarnoise ; d'une ma‑nière effrontée.
BIGNE : tumeur ; enflure produite par un coup. Dans le patois Lorrain on dit
beugne, et geugne. En roman bugne, buigne.
BIGNET : beignet. Patois Lorrain.
BIGNOCHE. Voyez BIGORGNE.
BIGORGNE (s. f.): partie d'un arbre, ou morceau de bois
biscornu, raboteux. En français, la bigorne est une sorte d'enclume qui a deux pointes ou cornes (de bis et de cornu). Au figuré, on dit des lettres bigorgnes, pour des lettres mal conformées.
BIGRE : bougre, juron grossier. Du latin
apiger (qui regit apes) on a fait biger, bigrus, garde forestier, chargé du soin des ruches. Plusieurs chartes du moyen-âge offrent ces biger, bigrus et bigre. Un aveu, rendu en 1479 par le seigneur de Bémécourt au comte de Breteuil, s'exprime ainsi : « Ai droict... , quand on met des mouches en la dite forest de Breteuil, d'envoyer mon bigre avec les bigres du roi, lequel doit être juré devant le chastelain de Breteuil de bien et fidellement querre les abeilles et le miel pour en faire mon besoing. » On trouve aussi ce qui suit dans un aveu de la seigneurie de Neaufle, rendu également au comte de Breteuil en 1465 : « Et du dict fief d'Auvergni despend un hostel, appellé l'Hostel de la Bigrerie ou Hostel aux Mousches. »
BIGUENETTE : dévote acariâtre. De bigotte. A.
BIHAN : rouet. A.
BIHORAGE (s. m.) : plantation en désordre ; terrain mal cultivé. A.
BIHOT. Voyez BUHOT.
BIHUTTE : mauvaise cabane. De butte. L.
BIJAUDER : faire le plaisant. Orne.
BIJUDE. Voyez BIHUTTE.
BILANDIER : être bilent. V. ce mot. A.
BILANGE (s. f.) : bande étroite d'étoffe. De
lange ou linge.
BILENT : lent, très-lent, fainéant. De
bis et de lentus. En Roman bilant.
BILLOT : « C'est comme la noblesse du
Billot ; va te cou‑cher, tu souperas demain ! » parce que les gentilshommes de cette petite contrée de l'arrondissement de Lisieux étaient en général fort pauvres, par comparaison avec la noblesse nor‑mande.
BINDER : s'impatienter. S.-I.
BINEL : guignon. Jouer de binel. Orne.
BINET. Voyez BIGNET.
BINGOT : stalle de lavoir. Val.
BINGOT : panier en paille nattée.
BINOT : monceau ; tas. B.
BIOCHE (s. f.) : petite bie ; petite cruche. A.
BIONNER : travailler avec redoublement d'efforts. De
bis. En vieux argot, bier signifie aller. A.
BIQUETTE : petite chèvre ; jeune bique, qu'en patois de Courtisols on appelle
bica.
BIRETTE (s. f.) : verge d'enfant. Du latin
veretrum. A.
BIRINGUE : rosse ; mauvais cheval. A.
BIROQUE : rosse. B.
BIROU ; BIRUCHET : roitelet. A.
BIS (s. m.) : recoupe de blé.
BISCANTINE ou PISCANTINE : boisson mauvaise et plate. Voyez CLACUSSE. L.
BISET. Voyez BISEUL. A.
BISETÉ (éaillou) Voyez BISEUL.
A.
BISETTE (s. f.) pain
bis.
BISETTE : macreuse (Anas nigra).
BISEUL : gros caillou ; bloc de silex brut. Suivant Bochart, biset, pour bisec, vient du grec βιζάπιον qui signifie une petite pierre. Meursius le prouve au mot Bιζάπιον. Les Chaldéens disaient
biseca. A.
BISIEUTRE (s. m. ) : calamité, malheur. Orne.
BISQUE ( s. f.) : poiré fait avec des poires jetées simplement avec de l'eau dans une futaille ; par extension, mau‑vaise boisson. A.
BISQUE (s. f.) : haridelle, mauvais cheval. A.
BISQUE ET DE COIN (DE) : de travers. Voyez BICACOIN.
BISQUER : éprouver du dépit Comme celui qui boit de la bisque ou bien est monté sur une bisque.
BISSAQUET (Bourgeois) : paysan décrassé qui fait le fier, et semble oublier qu'il a porté le
bissac.
BITER A : toucher à. L
BITOT : bientôt. L.
BLAGUE (s. f.) : bavardage de fanfaron. Parce que la blague, proprement dite, paraît une bourse bien garnie, et ne renferme qu'un peu de tabac.
BLAGUER (v. n.) : bavarder pour se vanter, hâbler.
BLAGUEUR, SE : celui ou celle qui blague.
BLAIS (St.) : St.-Blaise. A Alençon, le peuple dit le fau‑bourg St. -Blais.
BLANC : on ne dit plus que six blancs. Le blan ou blanc valait cinq deniers. Nos six blancs représentent donc 2 sous 6 deniers, ou 12 centimes et demi.
BLANC-MUGUET : aphtes qui surviennent à la bouche des petits enfants, et ressemblent à la fleur du muguet dont ils ont la couleur.
BLAUDE (s. f.) : espèce de blouse. Se trouve aussi dans le patois du Jura. On disait dans notre ancienne langue
bliaud, de la basse latinité blialdus, bliaudus, blisaudus, et même blidalis dans Du Cange. Les Lyonnais en ont fait blauda, les Picards bleude, les Normands blaude et plaude, les Troyens biaude.
BLEC ; BLÈQUE ; BLÈCHE : mou, molle, en parlant de fruits. En patois Rennais,
blet. Ce qualificatif est dérivé du grec βλάξ qui signifie mou. Blèque en roman.
BLÉCHIR (v. a.) : mollir, en parlant de fruits, tels que la poire, la nèfle, la corme. Les Lorrains disent blessir et blettir.
BLÉRIE ou BLAIRIE (s. f.) : champ couvert du blé qu'on y a semé.
BLESSE (s. f.) : blessure produite par l'effet d'une chûte, d'un coup violent ou d'un effort.
BLET (s. m.) : image. Avranches.
BLÊTE ou BLÊTRE (s. f ) : motte de gazon.
Bleite en roman signifie toupet, touffe de cheveux, comme notre blête est une touffe de gazon de graminées. Dans la langue romane, dit Roquefort, on désigne par blotte et bloutre « une petite motte de terre renversée par le soc en labourant. »
BLETTER (v. n.) : rester immobile comme une
blête. Val.
BLEU-BLEU : barbeau,
bluet. B.
BLEUS (s. m. plur. ) : linges de couleurs qu'à la lessive on établit sur le cuvier pour les laver les premiers, parce qu'ils n'ont pas besoin d'y séjourner aussi long-temps que le reste du linge. C'est ce qu'à Alençon on appelle
la tournée. L
BLOCHE ou BELOSSE. Voyez BLOSSE.
BLOQUE (s. f.) : pièce de 2 sous (10 centimes).
Bloquer signifie vendre dans l'argot récent. A.
BLOQUET : souche, pièce de bois, billot. Manger au bloquet , manger sur le billot.
BLOQUET : fuseau de dentellière. C.
BLOSSE : prune sauvage , fruit du prunellier des haies. De roman
baloce, belloche.
BLOSSES : yeux.
BLOUQUE : boucle. C'est une métathèse qui n'est pas particulière à la Normandie.
BOBAN : luxe,
bombance. De pompa.
BOBILLON, NE : minutieux, méticuleux. En patois Ren‑nais ,
bobillon signifie bavard. A.
BOBINETTE : loquet , cheville qui ferme la porte. Employé par Perrault, dans le conte du
Petit Chaperon Rouge.
BOBINOUX : dévidoir qui sert pour les bobines.
BOBON : bonbon. L.
BOCAIN: paysan du Bocage.
BOCHE: bouche. Puer la bôche, avoir l'haleine fétide. Valognes.
BOCHER (v. n.) : paraître volumineux , comme s'élève une
bosse. Voyez BOSSER.
BOCHET ou BOCHETTE : élévation ou
bosse que fait le fil sur le fuseau. En roman, bochette. L.
BOCHU : bossu. Dans le XIIIe. siècle, on disait bochu pour boçu on bochu :


On m'appelle bochu , mais je ne le suis mie,

dit Adam de La Halle, poète d'Arras , qui, vers 1250, donna la première comédie française et la première pastorale (Le jeu de la Feuillée, et Le jeu de Marion et Robin). Voir M. Paulin, Paris, Cabinet de lecture du 24 janvier 1836.
BOE : boue. Roman. Gautier de Coinsi dit :

Boe et venin tout environ
De totes pars en sailloit fors.

BOEL ( s. m.) : cour près de l'habitation.
BOÊME : il a l'air d'un boême, d'un boêmien (bohémien) ; il a l'air noir et sale d'un sorcier. En roman,
boem, signifie sorcier ; boêmé, ensorcelé ; boesmien, vagabond. Les Bohé‑miens du XVe. siècle sont, suivant le baron de Bock, originaires des Grandes-Indes, et appartenaient à la caste méprisée des Sudders. Le mot bohème est passé récemment dans la langue française, où il désigne une portion notable de la jeunesse parisienne, dont ce mot indique métaphoriquement les moeurs relâchées.
BOGUE (s. f.) : hérisson ou enveloppe de la châtaigne. La bogue tire son nom de sa conformation : elle s'ouvre comme les paupières sur un œil. Roquefort n'a pas connu ce mot ni les deux acceptions qu'il a. A.
BOGUES (s. f.) : les paupières, et, par extension, les yeux. Du grec βοώπις, qui a de grands yeux. Le poisson que l'on nomme bogue ne porte ce nom, suivant l'ichtyologue Rondelet , qu'à cause de la grandeur de ses yeux, du mot grec βόωψ. A.
BOGUÉYE : chassie. P. R.
Boguille. A.
BOGUÉYEUX, SE : chassieux, se. P. R.
Boguilleux. A.
BOILLE ( s. f.) : gros ventre. Du vieux substantif français
boel, boyau. En roman, beuille signifie le nombril , et, par extension, ventre ; d'où boillu, ventru. A.
BOIRAILLER : boire à tort et à travers. A.
BOIRE (s. m.) : petit boire, cidre mêlé d'eau.
BOIRE (s. f.) : abreuvoir. A.
BOIS-DOUX : réglisse. A.
BOIS A FUMER : clématite des haies. B.
BOIS-JAN : ajonc, jonc marin (
Ulex Europœus).
BOIS DE MARAIS : reine des prés (
Spiroea ulmaria).
BOIS-PIANT ou PUANT : cornouiller, parce que sa sève a une odeur désagréable. L.
BOIS-PUANT : douce-amère (
Solanum nigrum). Dans le patois Lexovien, le bois-puant est le cornouiller (Cornus mas).
BOISE : pièce de bois. En roman,
boise signifie bûche ; rondin. De la basse latinité boisia.
BOISETTE : petite boise.
BOISSON (s. f.) : cidre pressuré avec mélange d'eau, dont on fait la boisson habituelle. L.
BOISSON (s. m.) : poignée ou
bouchon soit de paille, soit de foin, dont on se sert pour fourbir. L.
BOISSONNER (SE) : s'enivrer. BOISONNÉ : ivre.
BOISSONNIER : ivrogne d'habitude.
BOÈTE, et non pas BOUÈTE : mangeaille pour les co‑chons, laquelle est presque toujours plus ou moins liquide. Du verbe
boire.
BOITE : ivre. Patois Rouchi. En Roman,
être en boiteêtre ivre.
BOITON ou BOUETON : gros sabot, peu évidé, arrondi par le bout. Les
bouêtons sont convenables pour garantir de la boue.
BOL (s. m.) : boulette de viande hachée. L.
BOLUMÉ (s. m.) : couvre-feu. Sonner le
bolumé. L.
BON (DE) : sérieusement, tout de bon.
BONDAS : bouchon,
bondon. En roman, bondail.
BONDER : bondonner.
BONDERÉE (s. f.) : femme trapue et courte comme une bonde.
BONE-BONE : Colin-blaillard, jeu où l'on se couvre les yeux , où l'on se
bône.
BONER : masquer, couvrir le visage ; à proprement parler, c'est couvrir les yeux. Du grec βόωψ. A.
BONIAU : sorte de machine en bois tressé, pour barrer un ruisseau ; pour
bôner l'iau (l'eau).
BONIER : fermer. Corruption de bôner. Vire.
BONNE (adv. ) : chèrement, beaucoup. Cet objet m'a coûté
bonne, je l'ai payé bonne. L.
BONNE-DA : exclamation , comme bon ! dame ! A.
BONTIF : bonasse, débonnaire. On lisait dans l'épitaphe de l'évêque Jean Hennuyer , en 1578, ce vers alexandrin qui emploie en bonne part le qualificatif
bontif appliqué à ce prélat :


Envers Dieu et chascun
bontif et amiable.

BONTIVEMENT : avec simplicité.
BOQUE : coquille de noix , de noisette. De
bois. Voyez BOGUE.
BOQUET, TE : bocager, non cultivé. Des pommes bôquettes. C'est à tort que MM. Du Méril écrivent banquet. Ce mot vient de
boscus, bois.
BORAN ou BAURAN : rebord de fossé, relevé en talus ; crête de fossé.
BORD : ruban de fil ou de laine qui sert à border un travail de couture. Voyez LISETTE.
BORDAGE : petit domaine champêtre. Du vieux mot
borde, habitation à la campagne. On lit dans le Dictionnaire de Trévoux que bordage, en terme de coutume, était un « droit seigneurial dû sur une borde, loge ou maison baillée pour faire les vils services du seigneur. » Dans la basse latinité, boaria, borda, bordellum, etc. A.
BORDAGER : qui occupe un bordage A.
BORDER : heurter. Voyez BOURDER.
BOS ou BOSC : bois. On lit le vers suivant dans le
Dict du Cerf :


Le cerf estoit par bos, par prés, par plaine.

Bos appartient aussi au patois des Vosges. Nous retrouvons bos et bosc dans la dénomination de plusieurs communes.
BOS : bah ! S.-I.
BOSCO : bossu.
BOSQUIER (v. a. ) : pousser.
BOSSELER : bossuer un vase de métal.
BOSSER : paraître volumineux, faire saillie comme une bosse, — bossuer. Voyez BOCHER.
BOTTER : en parlant de la neige qui s'attache aux pieds, comme une botte, et embarrasse la marche. C'est évidem‑ment de ce verbe et de cet accident que vient le substantif pied-bot.
BOU : bouleau. B.
BOUJOU : bonjour ! C'est par l'effet de cette tendance à changer
on en ou, que nous disons mouceau pour monceau, la commune de Mouceaux pour Monceaux, couvent pour convent
BOUAILLE : anneau , bague. De
bouel, boyau (creux et rond ). Bouailles se dit aussi pour entrailles. M.
BOUBANE : perruque. Bernai.
BOUBIQUE (adj.) : hermaphrodite, qui est à la fois bouc et bique, mâle et femelle. A.
BOUBIQUE (s. f.) : cidre fait d'un mélange de pommes et de poires. Voyez HALBI.,
BOUCAN : mauvais lieu, tapage. Le boucan est un lieu dans lequel les Sauvages et les Flibustiers fumaient leurs viandes pour les dessécher et les conserver. C'est, par conséquent, un lieu sale, enfumé et bruyant.
BOUCANER : gronder sans mesure ni raison.
BOUCHAS : bondon. Du verbe boucher. A.
BOUCHILLON : pommier ou poirier sauvage. De
boscus, bois. Voyez BOQUET.
BOUCLE : baie. La
boucle de Port-en-Bessin. B.
BOUCLÉ : se dit en parlant du lait. Voyez BÉCLÉ. A.
BOUDE : bouderie. Faire la boude , bouder.
L.
BOUDE : vessie.
A.
BOUDIN : boyau, intestin. Du roman
baudan ; en provençal, baoudan. Du latin botulus.
BOUDOUFLÉ : boursouflé d'orgueil blessé. A.
BOUDRE : bouillir.
BOUDRE : bougre ! S.- I.
BOUERQUIN : sorte de muselière que l'on met à la
bouche des moutons pour les empêcher de brouter.
BOUESSON : bouchon ou poignée, soit de paille, soit de foi , dont on se sert pour frotter.
BOUESSONNER : brouiller, mettre en désordre. B.
BOUESSONNIER : brouillon. B.
BOUFFAILLER : abondance de grosse viande.
BOUFFARD : gourmand.
BOUFFE-LA-BALLE : gourmand qui, à force d'emplir sa bouche, rend ses joues bouffies comme une balle.
BOUFFER : manger avec avidité. En roman, bouffard signifie gourmand. Du grec βονφύγος. Dans notre ancien fran‑çais, bouffer signifie enfler ses joues en soufflant. Ainsi notre verbe patois bouffer voudrait dire : manger à pleine bouche, de manière à ce que les joues en paraissent enflées. Au reste, bouffer pourrait bien être l'altération du verbe brifer : manger avidement.
BOUFFON : gros morceau de pain qui fournit de quoi bouffer.
BOUFFON : sorte de Lychoris dont la fleur rose, très-double, forme des touffes
bouffantes.
BOUFRE : bougre.
BOUGES : culottes.
BOUGIE  : vessie. Mortain.
BOUGON : morceau de bois gros et court. L.
BOUGUENETTE (s. f. ) : maraude, pillage. R.
BOUGUES : terrain sablonneux et mouvant sur le bord de la mer. De l'anglo-saxon
bog, marais. Manche.
BOUTAS : boyaux.
BOUILLE (s. f.) : boucle faite sur un noeud, soit de fil, soit de ficelle.
BOUILLON : boue liquide, l'eau qui tombe en abondance et qui fait, pour ainsi dire, bouillonner le sol.
BOUILLONNIÈRE (s. f.) : ornière, passage rempli de
bouillon ou boue liquide.
BOUL : poignée de verges de
bouleau pour fouetter les enfants.
BOUL-BOUL : taureau. De l'anglais
bull.
BOULE : tête. Perdre la boule : perdre la tête.
BOULEMENT : vertige, qui fait tourner la
boule, la tête. L.
BOULER : pousser comme une
boule, déprécier, mal traiter. Envoyer bouler : envoyer promener. L.
BOULET : bouleau. L.
BOULEUX : gros sabot, dont le bout est rond comme une boule. Voyez BOITON.
BOULEVARI : tumulte , désordre où tout est
bouleversé. On dit en français hourvari, Voyez HOULEVARI. Boulevari se trouve dans le patois Lorrain.
BOULIEUX : mangeur de bouillie, comme les villageois de cantons pauvres. Se prend en mauvaise part.
BOULICOT : petite pelotte de fil ébouriffée. Du substantif
boule et du qualificatif gâté : petite boule gâtée, difforme. Ce substantif signifie aussi morceau de bois gros et court.
BOULOIR : terrain disposé pour jouer aux quilles, sur lequel doit rouler la
boule.
BOULOT : gros et rond comme une
boule.
BOULOTTER : équilibrer à peu près sa dépense avec sa recette. Vulgairement on dit en ce sens : parvenir à joindre les deux
bouts. L.
BOUQUET (s. m.) : grosse salicoque.
BOUQUETÉ (adj.) : paré d'un beau bouquet.
BOUQUETS : plantes de parterre, qui produisent des fleurs propres à faire un bouquet. L.
BOUQUETTE houpette. L.
BOURBIQUET voyez BROUBIQUET.
BOURBITON (s. m.) : plante crucifère à fleurs jaunes, qui se multiplie dans les blés. Voyez SENVRE.
BOURDE : sorte de tourte aux poires ou aux pommes. Voyez BOURDELOT ; BOURDIN ; DOUILLON.
BOURDELOT : tourte aux fruits. Ce mot, comme bourdin, est roman.
BOURDER être arrêté par un obstacle. Cette voiture est bourdée.
BOURDIN tourte aux fruits, cuite au four. On dit aussi chausson, doufflon, etc.
BOURE : cane, femelle du canard. En roman,
bour, bourette, bourotte, signifient aussi bien le canard que la cane. Du vieux français bour, boue, parce que cet oiseau aime à barboter dans la boue, afin d'y chercher des vers pour sa nourriture.
BOURET ; BOUROT : caneton.
BOURETTE : petite boure, jeune cane.
BOURETTE : sorte de gâteau ou de petit pain. Probable‑ment parce qu'il avait la forme de l'oiseau appelé boure, bourette. Manche.
BOURGAUT : mauvais sujet. De la basse latinité
burgator, voleur, brigand.
BOURGEOLEINE : bourdène (
Rhamnus frangula). B.
BOURGOGNE (s. f.) : sorte de coiffure des filles du Bessin. B.
BOURGUELÉE (s. f.) : feu de joie. C'est ce que dans le Dauphiné on appelle bordalunéiri, et dans le Jura beurdifaille.
BOURGUIGNOTTE (s. L) : sommet de la coiffure des filles du Bessin. Suivant Roquefort, la bourguignotte était autrefois « une sorte de calotte à oreilles, un ancien casque fort léger. »
BOUROT ou BOUREAU : petit canard.
BOUROTER : marcher à petits pas pressés, comme font les bourots ou canetons. L
BOURRELLE : cruelle. De bourreau. L
BOURRETTE : étoupe. De bourre.
BOURRI : hamac. Manche.
BOURRI : âne. Abréviation de bourrique, qui vient de l'espagnol
borrico.
BOURRIER : plantes parasites que l'on enlève par le sar‑clage. Du latin
burra, employé par Ausone pour signifier des riens ; d'où sont venus bourre, mauvais poil, et bourrée, fagot fait de branches de peu de valeur. Par extension, ordures : c'est dans ce sens qu'on l'emploie en Bretagne. Dans une de ses stances, Regnier place ainsi le mot bourrier :


Et cependant tu vas dardant
Dessus moi ton courroux ardent,
Qui ne suis qu'un bourrier qui vole. A.

BOURROCHE : bourriche. Roman. L.
BOURROT : flocon de laine qui se forme de celle que les épines des champs arrachent aux moutons.
BOURSETTE ; BROUSSETTE : mâche (
Valeriana locusta).
BOURSICOT; BOURSIQUET : petite bourse. Il se trouve également dans le patois du Berri et du Nivernais.
BOURSICOTER : se cotiser, tirer de sa
bourse. S.-I.
BOURSILLER. Même sens que BOURSICOTER.
BOUSÉE : fiente du gros bétail faite en une fois.
BOUSER : faire une ou plusieurs bousées.
BOUSET : bouse consistante.
BOUSIN : mauvais lieu, tripot. Patois Lorrain.
BOUSINE : musette. De
buccina, ou de βοϋς, bœuf, parce qu'elle était faite, primitivement du cuir de cet animal. En roman, bozine signifie trompette.
BOUSSACRE : mauvais ouvrier.
BOUSSACRER : exécuter mal un travail.
BOUSTOC : homme ou enfant gros et court. On dit communément un gros boustoc. De
buste.
BOUT (Être sur bout) : être debout.
BOUTE-TOUT-CUIRE : prodigue.
BOUTICLE : boutique. S.-I.
BOUTIFAILLE (s. f.) : profusion d'aliments.
BOUTIQUER (v. a.) : mettre dans un mauvais ordre, déranger.
BOUTRE (v. a.) : placer, poser. De bouter mettre. Se trouve aussi dans le patois Troyen.
BOUVARD : jeune
bœuf. Du latin bovellus.
BRAGUE ; BRAGUETTE : culotte. Du celtique
braya ,
d'où est venu le substantif latin
bracca. La Gaule Narbonnaise était appelée par les Romains Gallia Braccata , c'est-à‑-dire la Gaule culottée, à cause de cette sorte de vêtement dont se servaient les habitants de cette ancienne province. Brage et braie viennent aussi de bracca.
BRAGE ; BRAIE (s. f.) : instrument pour
broyer le lin. Corruption de broie. A.
BRAIHAUD ou BRÉHAUD : braillard.
BRAIHAUDER : brailler, crier fortement et mal à propos.
BRAIRE : pleurer fort, crier haut, brailler comme fait un âne. Patois des Vosges. En patois Walon,
breïa signifie brailleur.
BRAN : son du blé. Du celtique
bren. Pline (1. XVIII, c. 7) dit que les Gaulois appelaient brance une sorte de farine de froment.
BRANGÉ : bête à cornes dont le poil est rayé de fauve et de noir ou de brun foncé.
BRANLE ; BRANLOURE ou BRANLOIRE : pièce de bois du pressoir, qui sert à en mettre les roues en mouvement, en
branle.
BRANNÉ : taché de rousseurs qui ressemblent au
bran ou son. Voyez SONNU. B.
BRANNÉE : ration de son mouillé pour les animaux de la ferme, quelquefois avec addition d'herbes, de feuillages, etc.
BRASILLÉ (s. m. ) galette, cuite au four ; elle se fait principalement sur le littoral du Calvados.
BRASILLER : cuire dans la
braise ardente du foyer ou du four. Basselin emploie ce verbe.
BRASQUER ; BRASSETIQUER : bâcler; faire à la hâte et sans égard à l'ordre.
BRASSAGE : pressurage de fruits, soit à cidre, soit à poiré.
BRASSAISON : temps du brassage.
BRASSE-CORPS (À) : à bras-le-corps.
BRANCTIQUER : Voyez BRASQUER.
BRASSEYER : marcher les
bras pendants.
BRAUDER : enduire de choses sales. L.
BRAVE : bien paré ; bien habillé. Du celtique-breton
brav , beau , gracieux.
BRÊCHE (s. f.) : lie, sédiment.
BRÉDALLER : promener. S.-I.
BREHAIN : stérile. Il n'est plus usité en français qu'au féminin. On trouve
brehains dans Wace (Établissement de la Conception).
BREHAINE : perdrix qui n'a pas encore couvé.
BREBOLIÈRE (s. E) : mauvaise bruyère , mauvais terrain. L.
BRÊLE (s. f.) : bricole pour les bêtes à cornes. Voyez BREULE.
BRELETTE (s. f.) : rosse. Val.
BREMAN : porte-faix faisant partie d'une association, sur laquelle M. de Formeville a écrit un mémoire curieux. De l'islandais
ber, porter, et man, homme.
BRENÈCHE (s. f.) : petite ordure. De bren ou bran. A.
BRENÉE. Voyez BRANNÉE.
BRÈNES ou BRANNES : mamelles de la truie. Du cel‑tique-breton
brennid.
BRESI ou BRESIL : bois de Fernambouc. Sec comme bresil. Dans cette locution,
sec s'est changé en salé, et l'on dit souvent : salé comme bresi. Dans le Jura, on donne ce nom à de la « viande de vache que l'on fait boucaner pour la conserver » , dit M. Monnier, dans le Vocabulaire de la
langue rustique et populaire du Jura
.
BRESILLER (v. a.): mettre en pièces, écraser, pulvériser comme du bois de Brésil. En picard,
bersiller ; en languedocien, brésilla.
BREUIL : nom de plusieurs communes de Normandie. De l'ancien français
broil (broilum , dans la basse latinité), qui signifie bois, broussaille. Le vieux poète Alexandre de Bernai disait, dans le XIIe. siècle :


El val de Josaphat y est un brouil foillu.

Thibaut, roi de Navarre, emploie dans ses Chansons le mot broil. En roman, breuil et ses synonymes signifient un bois, un buisson. Brogilus est employé dans un Capitulaire de Charlemagne (De villis, cap. 46) dans le sens de bois ou bocage.
BREUILLE ( s. f.) : duvet des oiseaux nouvellement éclos. Expression métaphorique tirée de breuil. B.
BREUILLER : rôdet dans les bois , les
breuils. A.
BREULE : bricole. Voyez BRÊLE.
BREUME : obscurité. De
bruma. C'est eu pour u, comme preune pour prune, eune pour une , etc.
BRICHE (s. f.) : ordure , excréments, être ou objet de nulle valeur et méprisable. Roman.
BRICHET; BRUCHET : creux de l'estomac, le sternum. En roman,
brechet.
BRICOLI : brocoli , jets de choux montés en fleurs. Du celtique-breton
caul ou col, chou.
BRICOLIQUE : ramas d'objets divers. Corruption du mot bucoliques.
BRICOLA : mauvais sujet. En italien,
bricone. Dès le XIIIe. siècle, Wace avait employé ce mot dans son Roman de Rou : (v. 4184) :


Blasmez en seriez, et tenu por bricon.

BRIDESAVIAU (s. m.) : ruban étroit de fil écru. Nicot définit par nugae, bagatelles, le vieux mot brides-à-veaux, dont Piron s'est servi dans une de ses épigrammes.
BRIE : machine de bois pour
broyer la pâte.
BRIÉ (Pain) : pain de pâte ferme,
briée (broyée) et fortement maniée. Brieu en patois Bourguignon. Dans le patois du Jura, brier signifie presser en foulant aux pieds. En effet, pour brier le pain dont il s'agit, un homme en presse dans le pétrin la pâte sous ses pieds couverts d'un sac de toile.
BRIÈRE : bruyère (
erica), lande.
BRIFFONNIER : marchand de volailles et de menues denrées. Du celtique
dibrif, manger, ou de brifa, manger avec avidité ; mots d'où l'on a tiré briffer, briffaud, débrider. Ainsi le briffonnier est un marchand de comestibles, tels que volailles, œufs, etc.
BRIGANDINE (s. f.) : planches minces dont on fait ordinairement les cercueils. B.
BRIGANT : banneton, mans. Manche.
BRIMBALLER : tramer çà et là. Du vieux mot
baller, danser, sauter. Voyez TRIMBALLER.
BRIMBORIONNER : écrire ou parler sans raison. S.-I.
BRIN (s. m.) : petite quantité, un petit brin ; donnez‑ m'en un brin.
BRIN (adv.) rien, pas du tout. Je ne vous en donnerai brin.
BRINCANDER : remuer minutieusement
brin à brin. Orne.
BRINDELLE : brindille, menue branche.
BRINDESINGUES : ivresse gaie.
BRINGE : petite branche. L
BRINGÉ : même signification que BRANGÉ. B.
BRINGÉE : bon nombre de coups de bringe. L.
BRINGER : fouetter avec des
bringes. Ce verbe est roman, ainsi que le substantif bringe.
BRINGUE (s. f.) : brebis. A. Voyez BIRINGUE.
BRINGUES : morceaux, pièces brisées menu. Mettre en bringues : mettre en pièces. Id. en patois Lorrain.
BRINGUET : boeuf de couleur bringée. Voyez BRANGÉ.
BRINOTTER : mâcher lentement,
brin à brin.
BRISAS : qui
brise tout , maladroit. L.
BRISCOT : canard.
Mortain.
BRISÉ (s. m.) : jachère récemment brisée par le labou‑rage. B.
BRISION (s. f.) : grand
bruit.
BRISTONNER : divulguer,
ébruiter.
BRIT : bruit. L.
BROCHE : aiguille à tricoter.
BROCHER : se faire jour, pénétrer à travers une haie ou des
broussailles. De l'ancien français brocer, parcourir les bois, les broussailles. Roman. En patois Walon, broki signifie fondre sur, foncer.
BROCHON: bourgeon, bouts de jeunes branches garnis de leur feuillage, qui tombent brisés sous les coups de gaules, lorsqu'on cueille les fruits.
BROCSON (s. f.) : femme grossière et malpropre. Voyez TOCSON.
BRODER : tricoter.
BRODURE : broderie. M.
BROB ; BROUE (s. f.) : écume de la bouche.
BROIL Voyez BREUIL
BROILLE (s. f.) : gros ventre. Hydropisie chez les animaux, surtout chez les lapins domestiques. Voyez BOILLE.
BROILLU : qui a un gros ventre.
BRONBRON : rouet. Onomatopée. A.
BRONCHAS ; BRONCHIOUS : hanneton.
Onomatopée, à cause du bruit que cet insecte fait en volant
BRONDIR : brandir ; faire bruire une pierre qu'on lance avec la fronde.
BRONFIOUS : hanneton. De
brou, feuilles, parce qu'il dévore le feuillage des arbres.
BROQUE : broche.
BROQUETTE : pénis d'enfant. M.
BROTER : écumer, jeter de la
broue.
BROTILLON : broutille.
BROU : feuillages que l'on donne à
brouter aux bestiaux ; jeunes feuillages des arbres.
BROUBIQUET : chèvre-feuille. C'est la même idée, puisque
brou signifie feuille, et biquet, chevreau.
BROUE : écume à la bouche.
BROUÉE : brouillard épais. A.
BROUER écumer de la bouche, jeter de la
broue.
BROUER ; BROUIR : roussir, briller. En patois Walon,
brouter : brûler , havir.
BROUETTEUX (s. m.) : mésange à longue queue. B.
BROUSSE (s. f.) : terrain inculte, couvert de broussailles.
BROUSSETILLES ou BROUSTILLES : menues branches
brisées. Roman. Du celtique
broust, hallier , buisson.
BRUCHET. Voyez BRICHET,
BRULE-BOUT ; BRULE-TOUT : binet sur lequel on
brûle les bouts de bougie ou de chandelle.
BRULIN : brûlé. Sentir le brûlis, avoir goût de brûlin.
BRUMAN : nouveau marié. En roman, ce mot signifie gendre. Étymologiquement, c'est l'homme de la bru.
BU : bouleau. Falaise.
BUAN : brouillard épais. Roman. Du celtique
Bu.
BUCAILLE (s. f.) : fourré de bois, bocage.
BUCHER : tailler, couper dans une pièce de
bois. L'Académie n'emploie ce verbe que dans le sens de faire des bûches.
BUÉE : vapeur de l'eau
bouillante. Lessive. Ménage déraisonne longuement sur l'origine de ce substantif, que Huet fait avec raison venir du grec βύω, d'où est tiré le verbe latin imbuo et le mot français imbu. En effet, le linge est imbu par la lessive qui l'abreuve. Dans une de ses ballades, Villon dit :


La pluye nous a buez et lavez.

Bua en patois du Jura. Bouaie en patois des Vosges.
BUETTE : bûchette. Manche.
BUFFE : coup ou soufflet qui fait enfler ou
bouffir la joue,
BUFFET DE SERVICE : buffet. L..
BUHOT : sorte de tube en bois pour prendre les taupes. Il est un autre buhot dont les faucheurs se servent pour placer et humecter la pierre à aiguiser la faulx. A Vire, on appelle buhot un gros sabot qui ressemble un peu au buhot du taupier. L
BUHOTTE (s. f.) : petite limace.
BUNÉE : caprice. B.
BUVETTE (s. f.) : fauvette traîne-buisson ou fauvette d'hiver (
Motacilla modularis). Bunette, probablement pour brunette , à cause de sa couleur. Dans le patois Troyen, la buvette est la mauviette.
BUOTTE : piège à taupes. Voyez BUHOT.
BUR ou BURE : habitation de village. De la base latinité
burum.
BURAS : sorte de bure, étoffe.
BURET : porcherie. De
bur. En Auvergne, on appelle une vacherie buron. Le bure, en français, est un puits profond dans les mines. B.
BURET ou plutôt BURRET : première mue des jeunes oiseaux dont la plume n'est alors qu'une sorte de
bourre.
BURGUER : heurter brutalement,
brusquer, pousser rudement. Raynouard (Lexique roman, II, 27) dit que les troubadours employaient le mot burs dans le sens de choc ou coup.
BUSOQUER : agir en buse, oiseau stupide ; perdre son temps à de niaises et sottes occupations.
BUSOT : poil follet, plumes naissantes ; brin de paille, fétu.
BUSSE : petit tonneau. En basse latinité,
bossex ; en roman bosse.
BUTAS : homme grossier, lourdaud. En roman,
butau.
BUTÉE : butte, côte, chemin montueux et rapide.
BUTER : broncher, comme lorsqu'on heurte avec le pied une petite
butte.
BUTILLÉE (EN) : en masse. De butte. B.
BUTILLON : panier à tissu clair, et allongé en bouteille. V.
Butiglionus dans Du Cange.

 

C

CABAGETIS : CABAJITIS : dépôt désordonné de vieux effets, de vieux cabas sans valeur, jetés dans un cabinet. En patois du Jura, cajabiti, cajibiti. De cage : cavea. A.
CABARET : avant-toit. A.
CABAS : vieux meuble grossier.
CABAS : tromperie. Employé en ce sens par Jean Joret.
CABASSER : tromper. Ancien français:
CABIET : chat.
CABIN : petit cabinet malpropre. A.
CABINE : ravin.
CABINET : petite armoire. A.
CABLER : fermer bruyamment une porte ou toute autre ouverture. En roman,
cable signifiait un arbre ou une branche que le vent a cassée. On dit dans le patois du Bessin : « Cette porte ou fenêtre cable », c'est-à-dire est agitée bruyamment par le vent.
CABOCHE (s. f.) : tête de vieux clou. De
caput, tête.
CABOT : ancienne mesure contenant un demi-boisseau. Du grec χάβος, mesure. Aux environs de St.-Lo, de Bayeux, etc., cabot signifie tas, monceau. Mettre le foin en cabots, c'est le réunir en petits monceaux.
CABOT ; CHABOT : petit poisson de rivière à grosse tête. De
caput.
CABOURE : mauvaise maison délabrée. B.
CABOUSSAT : soupe au babeure. O.
CABRE : bruit. A. Voyez CABLER.
CABREUX : conducteur de bestiaux. B.
CACAPHONIE : cacophonie.
CACHARD , DE : qui aime à dissimuler ; paresseux ; qui ne va qu'à force de coups. Bête cacharde.
CACHE : chasse. S.-I.
CACHE-PUCHE (chasse-puce) : menthe poivrée (
Mentha piperita).
CACHER : chasser devant soi. En roma,.
cachier. Dans la Dance aux aveugles on emploie l'expression cacher pour chasser. L.
CACHEUX : celui qui
cache ou chasse devant lui les bêtes à cornes aux marchés. L.
CACHOTTER : faire des
cachotteries, faire un mystère de choses peu importantes.
CACHOTTIER, IÈRE : qui fait des cachotteries.
CACOUARD : frileux, souffreteux. B.
CACOUE ( s. f.) : roseau à balais (
Arundo phragmites). B.
CADELER : soigner avec grande affection. En roman,
cadeler, chadeler, signifient conduire ; cadeau et cadel, jeune chien. Ainsi cadeler un enfant, c'est le traiter comme un petit chien chéri.
CAFOUIN : café faible et léger, mauvais café.
CAGÉE : plein une cage. Une cagée de volailles grasses.
CAGNARD : sorte de réchaud en fonte. L.
CAGNET : paille de sarrasin. O.
CAGNOLLE : nuque. La
Muse Normande désigne sous ce nom la mort. En islandais, kenni signifie mâchoire.
CAGNON (de morue) :
chignon de la tête de ce poisson salé. Roman, comme cagnolle. Roquefort pense que ces mots viennent du latin catena, chaîne, « parce que la nuque ressemble à un chaînon. » L.
CAHUHAN : chat-huant.
CAIAMAN : grand coquillage spirivalve. Voyez CALIN. B.
CAIGNOT : petit enfant. De
canis, chien. On dit, par mignardise, caignot pour mon petit chien , comme d'autres disent : mon petit chat, mon minet. A.
CAILLE : mêlé de blanc et de couleur foncée. Un boeuf caille, une vache caille ; qui a le poil tacheté par masses de blanc et de fauve, ou de noir et de blanc. A Bayeux et dans la Manche, on dit
cailli et caillé.
CAILLES ; CAILLEBOTTES : grumeaux de lait caillé.
CAILLOU : noyau d'un fruit tel que l'abricot, la cerise, etc. L.
CAIMAND , DE. Voyez QUÊMAND. Roman.
CAIN ou CAHIN (LA SEMAINE) : la semaine-sainte. B.
CAINE : chaîne. Id., dans le patois Picard.
CAINGEON. Voyez CAIGNOT. A.
CAIGNOT : jeune chien.
CAIR : clair. A.
CARAILLER : ne boire que le bouillon de la soupe, que le cair (le clair) du potage. A.
CAIRÉE : curée. De
caro, chair. A.
CALAMISTRER : ajuster, parer avec recherche. Dans la basse latinité,
calamistrare.
CALARD, DE : paresseux, poltron. B.
CALEBOTTER (en parlant du lait) : cailler. V. TRUTER. Ce verbe, en parlant des sauces, signifie se coaguler sur le feu en grumeaux, comme les caillebottes du lait caillé.
CALÉ : bien établi; solidement riche et remarquablement habillé. De
cale.
CALÉE : grande quantité. Valognes.
CALEHEAU : caniveau. La lettre
h s'aspire. L.
CALENGER : discuter un prix, stipuler dans un marché avant de conclure. En roman, disputer, quereller. Autrefois challengier, que M. Paulin Paris fait venir de
calumniari, chicaner, et M. Pierquin de Gembloux de l'anglais to challenge, prétendre, réclamer, verbe qui plus vraisemblablement fut porté en Angleterre par les Normands (1). Roquefort dit que le verbe calenger, en Normandie, signifie barguigner, et, avant M. Paris, il l'a dérivé de calumniari.
CALER: refuser un défi. C'est ce que l'on appelle (figurément aussi) saigner du nez.
CALESENIER : nonchalant, fainéant.
CALEUX : paresseux. R.
CALIBARAUD : entre deux vins, à demi-ivre. Evreux.
CALIBAUDÉE : feu de fagot ardent et clair.
CALIBORGNETTES : lunettes. Valognes.
CALIBORGNON : qui a la vue très-basse. L.
CALIBREDA (A) : à califourchon. A.
CALIFOURQUETTE ; CALIFOURCHETTE (A) : à califourchon. L.
CALIMAÇON et CALIMACHON : colimaçon.
CALIN : petit coquillage spirivalve que l'on mange cuit. B.
CALIN et CALUN : suite d'éclairs sans tonnerre, qui illuminent l'horizon. De
calor, chaleur. B.
CALINER (v. n.) : éclairer. B.
CALINER : dorloter. L.
CALOBRE : sorte de robe, vêtement de drap grossier. De la basse latinité
colobium, employé par Orderic Vital, t. I, p. 233. En roman, calobe : vêtement long sans manches. Le substantif roman caltre signifie draperie.
CALORET : petit bonnet de mauvais goût. De calotte. A.
CALORGNE : louche.
CALOT : petit trésor, magot.
CALOT : morceau de bois, provenant de débris des arbres employés à faire des sabots.
Calots : gros copeaux. Bale ou son du sarrasin.
CALOT : sorte de bonnet d'enfant. De
calotte.
CALOTIN : terme de mépris, en parlant d'un prêtre qui n'a de recommandable que sa
calotte.
CALOTTE (s. f.) : coup de la main sur le derrière de la tête, sur la partie de l'occiput, où les ecclésiastiques placent leur
calotte.
CALOTTER (v. a.) : donner un coup sur le derrière de la tête. Le sens de ce mot s'est étendu aux claques sur la figure.
CALUCHOT : mauvais bonnet. A.
CALVET : sommet de la tête, qui est le plus exposé à la
calvitie. Valognes.
CAMAIL: travail à l'extérieur. Cette domestique est peu propre aux travaux de l'intérieur du ménage, mais elle est bonne pour le
camail. L.
CAMBOT : petit enfant débile.
CAMBOTTES ( s. f. pl. ) : espèce de paniers qu'on place sur les côtés du bât pour porter le fumier. A.
CAMBRE : chambre, chanvre.
CAMBROUSE : mauvaise
chambrière. Ce mot appartient à l'argot ancien.
CAMELOTTE : pacotille, marchandise. Argot récent.
CAMIÉRE : camomille (
Anthemis). B.
CAMIOLÉE, ou plutôt CAMIONNÉE: charge d'un camion.
CAMIONNER: charrier dans un
camion, petite charrette à bras, dont le nom vient du roman.
CAMPOUSTAIN, NE : affecté dans sa marche, et qui se cambre pour se donner bonne grâce.
CAMPUNELLE : clochette d'église. De
campana, cloche. Voyez TINTENELLE. En roman, campanelle, campenelle.
CANAILLON ; QUENAILLON : enfant.
CANCHELER : chanceler. Roman. S.-I.
CANCHIÈRE (s. f. ) : « sillon transversal par lequel on entre dans le champ. » Pluquet.
CANCHON : chanson. S.-I.
CANEBOTTE : chenevotte. De
cannabis.
CANEÇON: caleçon. Appartient au patois Lorrain.
CANEHOTTE : oie sauvage. Valognes.
CANESRE (s. L ) mélange d'eau et de jus de réglisse, dont se régalent les enfants.
CANET : caneton , jeune canard. D'
anas.
CANETTE : petite boule de marbre avec laquelle jouent les enfants.
CANI. Voyez CHANI.
CANISSURE. Voyez CHANISSURE.
CANIVIÈRE : chenevière.
CANIVIEUX : chenevis.
CANIVOTTE : chenevotte.
CANJON : petit enfant. A.
CANNE: cruche. Roman. Voyez CHANNE. L.
CANNE-PÉTOIRE et CANNE-PÉTOUSE : sorte de tube en sureau, pour lancer soit de l'eau, soit de menus projectiles.
CANNÉE : contenu de la canne.
CANNETTE : bobine à rebords sur laquelle on enroule, avec le dévidoir, le fil pour les toiliers. Du celtique
kanel
CANT : côté,
champ. Dans ce sens, l'Académie appelle champ le côté le moins large des pièces carrées, soit charpente, soit briques, soit pierres de taille. De l'islandais kant, côté.
CANTER : pencher sur le côté.
CANTET. Voyez CHANTEAU.
CANVERSER : renverser sur le côté.
CAPE ; TÊTE DE CAPE : chaperon noir que les femmes portaient autrefois, avant que les parapluies fussent devenus communs, et qui couvrait la tête et les épaules. De
caput, tête. Peut-être de capella, chèvre, parce que ce vêtement était fabriqué avec du poil de cet animal.
CAPENDU : court-pendu. Sorte de pomme très-bonne à manger.
CAPER : se renfrogner sous cape. Valognes.
CAPET et CAPIAU : chapeau. De
caput.
CAPET-TAGNEUX : bardane (
Arctium Lappa), parce que les enfants en jettent dans les cheveux les graines qui s'y attachent comme la teigne.
CAPIFAUT : Colin-Maillard, sorte de jeu qui, couvrant les yeux, fait
faillir la tête. S.-I.
CAPINE-CRUCHE. Voyez CHAPIN.
CAPOGNER (v. a.) : donner des coups de
poing sur la tête de quelqu'un. En patois walon, k'pougn'té signifie gourmer, battre à coups de poing. Voir le Dict. de Cambresier.
CAPON : poltron. De
chapon, coq rendu lâche par sa mutilation.
CAPONNER : agir en poltron, reculer devant tout défi.
CAPRICORNE (s. m.) : le scerambix musqué. B.
CAPUCHER. Voyez CAPOGNER. B.
CAPUCIN : c'est l'insecte appelé
Oryctese nasicornis. B.
CAQUETOIRE (s. f.) : larynx, la luette, qui produit le caquet.
CAQUEUX : couteau pour ouvrir,
écaler les huîtres, lea extraire de leur caque. B.
CARABAS : mauvaise voiture, vieux carrosse.
CARABIN : sarrasin (
Polygonum fagopyrum).
CARAPON : sorte de bonnet d'homme, fabriqué avec une peau de renard, de chat , etc. B.
CARAS : sorcier, déguenillé. De la basse latinité
charogus et charogius : sorcier.
CARCAN : mauvaise bête, homme méchant qui mériterait d'être mis au carcan.
CARDON : nom donné, sur le littoral de Caen , à une espèce de crevette qui s'y pêche en abondance.
CARDON-LANIER : chardon à foulon, à bonnetier (
Dipsacus fullonum).
CARETTE : charrette. Voyez QUERETTE. S.-I. CARÊME-PRENANT ; CARÊME-PRENANT : crêpe de farine de blé que l'on fait aux Jours-Gras, lorsque le
carême va prendre ou commencer. L.
CARI : rosse. Manche.
CARIMALOT : charivari. Du patois Rouchi
caramara, masque. B.
CARME : vers, poésie. Du latin
carmen. Employé par Basselin qu'il ne faut pas citer comme le pseudonyme de Le Houx. On trouve carme pour vers dans le Trésor de Nicot.
CARNASSIER, IÈRE : avide ; friand. L.
CARNE (s. f.) : mauvaise viande, mauvais cheval, charogne. De
carnis, génitif de caro, chair. L.
CAROU : lâche , corps sans âme. De
caro, chair. L.
CARRE (s.f.) : angle d'un carré ; bûche fendue et présentant des carrés ou angles aigus, droits ou obtus.
CARRÉE:
quartier d'une localité.
CARRELET : petit carré de papier. Vire.
CARRIER (v. a.) : charrier. S.-I.
CARROSSE : stalle dont se servent les laveuses. Voyez BINGOT ; CASSOT. C.
CARRUÉE : quantité de terre que la
charrue peut labourer en un jour. De la basse latinité carrucata. Pont-Audemer.
CARRIEUR : carrier, ouvrier qui travaille à l'exploitation d'une carrière.
CARSOGNE : demi-boisseau.
CARTE : pinte, quatrième partie de l'ancien pot. Vire. A Caen, c'est la pinte, d'un litre environ.
CARTELÉ ( Pain ), pain d'élite, coupé en le pétrissant de manière à offrir au four plus de croûte sur sa surface divisée en quatre. B.
CARTER : faire place, s'écarter. En patois du Jura,
se carer.
CARTEYER : c'est le même sens que carter. A.
CAS : chose, affaire, avoir.
CAS : chaud. S.-I.
CAS : fêlé. Sonner le
cas, en parlant d'un vase fêlé. L.
CASCARINETTES : cliquettes. Se trouve dans le patois Lorrain. De l'ancien français
cascagnettes, dont on a depuis fait castagnettes.
CASSE ; CASSE A ROT : léchefrite. Dans le patois Troyen, la casse est un poëlon de cuivre. Du latin
capsa et cana. Voir Du Cange. A.
CASSEAU : étui pour déposer les aiguilles, les épingles. Du celtique
caezed, cassette. Dans le patois du Jura, on dit cachet, cachot. A.
CASSE-MUSEAU : sorte de petit gâteau, fait avec de la farine, des neufs et du lait caillé par la présure. Dans le département des Vosges, le
casse-museau est un pâté fait avec despommes cuites. Cache-musiau, dans un ancien réglement des juges de la cité de Metz. En Roman, cachemuseu. A.
CASSER : fendre. Casser du bois, le fendre en bûches. En bon français, casser signifie briser, rompre.
CASSERIAU : petit ravin. A.
CASSET et CASSETIER : même signification que CASSEAU. Voy. ce mot.
CASSINE : maison de peu de valeur. Roman. De la basse latinité
cassina. Ce mot se trouve dans nos vieux poètes :


Or voilà le trésor de ma pauvre cassine.
Belleau.

CASSOT : stalle en bois dans laquelle s'agenouillent les laveuses et qui a l'air d'une caisse.
CASTAFOUINE : excréments humains.
CASTARAT : écervelé, étourdi. Quel castarât ! L.
CASTILLE : petite groseille ; groseille à grappe. Ménage dit qu'en Anjou on appelle castille la petite groseille qu'à Caen on nomme gade. Voyez GADE ; GARDE et GRADE. Rouchi.
CASTILLIER : groiseiller à grappes.
CASTONADE : cassonade. Se trouve aussi dans le patois Lorrain et dans le patois Rouchi.
CASTROLE : casserole.
CASUEL : fragile. Du verbe
casser.
CAT ; CATTE : chat, chatte. De la basse latinité
catus. Du celtique-breton caz. Roman.
CATAU (s. f.) : femme de mauvaise conduite ;
catin. De quelque femme, nommée Catherine, qui se comportait mal. A.
CATAUD ; CATAS : dissimulé, sournois.
CATÉCHIME ; CATICHIME : catéchisme.
CATÉFUT : souricière.
CATELINETTE : le grèbe huppé. B.
CATERRE (s. m.) : convulsions et coliques des enfants. A.
CATICÈME (s. m) : catéchisme.
CATIGNER ( v. a.) : serrer,
cacher dans un coin. O.
CATINER (v. a.) : flatter comme fait un chat. B.
CATIS : doucereux,
calin. Manche.
CATONNER : marcher à quatre pattes, comme le
chat vers la souris. L.
CATONS (marcher A). Voyez CATONNER. L.
CATRE (s. m.) : cadre.
CATTIR (SE) : se pelotonner, se blottir, comme font les
chats. L.
CATUNE (s. f.) : sourcil. B.
CATUNER et SE CATUNER : froncer le sourcil et baisser la tête. B.
CAUCHE : bas. Corruption de
chausse. Roman. D'où caucher, chausser.
CAUCHER : chauler. De
calx, chaux.
CAUCHIN : sable de chaussée. Du latin,
calcare.
CAUCHON : chausson. Roman.
CAUCHURE : chaussure.
CAUDELÉE : restes de laitages, conservés dans une barrique, pour faire de la soupe. De
chaudeau, bouillon. B.
CAUDIOT (s. m.) : feu de joie. De
gaudium.
CAUFFER : chauffer.
CAUFFETTE : chaufferette.
CAUMONI : fané, flétri.
CAUNIR : flétrir. Un visage
cauni est un visage devenu livide. De canus, blanc. En Roman, caurit signifie trépassé.
CAUQUE-SOURIS : chauve-souris. Voyez SOURIS-GAUDE.
CAUSER (v. a.) : blâmer. A.
CAUSETTE : petit entretien familier, sans conséquence.
CAUT : artificieux, rusé.
Cauteleux. Roman.
CAUTÈLE : ruse, perfidie. Ancien français.
CAUTON (s. m.) : tige principale d'une planche. Du latin
caulis, tige. MM. Du Méril.
CAUVET : espiègle, malicieux, dont il faut se défier. De
cavere.
CAUVETTE : petite corneille. Au figuré, femme babillarde. Du celtique-breton
kavan ; du roman kawe ou kauwe.
CAVEL : dévidoir.
CAVÉREAU (s. m.) : entrée de
cave recouverte d'une trappe. A.
CAVIN (s. m.) : fossé. De
cavus, creux, comme le français cavée. MM. Du Méril.
CÊME (s. f. ) : première crême du lait, crême fine.
CÉMITIÈRE : cimetière. En Roman,
semetière; en patois walon, simitière.
CEMPLE ; métier à temple : métier à fleurir l'étoffe. S.-I.
CENAS : grange, grenier : par extension, chambre, cabinet ou lit mal tenus. De
cellarium, d'où est venu cellier, celle. En Roman, chenail. En patois walon, sinat signifie un fenil. A.
CENELLE (s. f.) : fruit de l'aubépine, du houx ; fruit en baie ; prunelle. On lit dans les fabliaux cynelle, sanelle et cenèle.
CENGLES ou SENGLES. Suivant Pluquet, on appelait ainsi de « petites rues qui formaient une ligne de circonvallation autour des faubourgs de Bayeux. On disait : les sengles de St.- Patrice, les sengles de St.-Floxel , etc. ». De
cingulum, ceinture. B.
CENSÉMENT. Il y a
censément une douzaine d'œufs : il est censé qu'il y a une douzaine d'œufs. L.
CENTINE (s. f.) : centime.
CÉPIAU. Voyez SEPEAU.
CERGE (s. f.) : charge, fardeau. S.-I.
CERNEAU : sorte de couperet recourbé par le bout.
CERSIFIS : salsifis (
Scorzonera purpurea).
 CÊTRES (s. m. pl.) : gestes, façons affectées, manières ridicules.
CETTE-LA ; CETI-LA : celle-là; celui-là. L.
CETUI-CI ; CETUI-LA : celui-ci; celui-là. Roman. Voyez STI-LA.
CHA : ça. S -I.
CHABERNALE : négligence. Valognes.
CHABERNAU : savetier. Valognes.
CHACOUTER : coudoyer. L.
CHACOUTER : parler bas,
chuchotter. En anglais, to chawter signifie murmurer. B.
CHAI : chair, viande. On dit proverbialement : « La chai nourrit la chai », pour dire : la viande nourrit l'homme mieux que tout autre aliment.
CHAI : cher, d'un prix élevé.
Pu chai, plus cher.
CHAIRE : chaise. Id. dans le patois du Jura.
CHAIRE ou CHÊRE : tomber, choir.
CHAIRU : charnu.
CHALETTE : pantoufle.
CHALIT : bois de lit.
CHALOINE : chanoine. Patois Lorrain. L.
CHALON : chalan, sorte de petit bateau plat. Roman. De la basse latinité
chalonnium. A.
CHALUMIN : couteau d'enfant. A.
CHALUT : sorte de filet. B.
CHAMBRE (s. m.) : chanvre.
CHAMBRILLON : petite servante de peu de service, petite chambrière. Roman.
CHAMPÉIÈRE (s. f.) : sillon transversal. De champ.
CHAMPLEURE ; CHAMPELURE : chantepleure. Roman.
CHANDELEUR (s. f.) : la galanthe des neiges (
Galanthus rivalis) ; - parce qu'elle fleurit en hiver, vers l'époque de la Chandeleur, 2 février. L.
CHANDELLE (s. f.) : pistil, en forme de battant de cloche. Du Pied-de-Veau (
Arum maculatum). L.
CHANGLER : sangler. De
cingulum. S.-I.
CHANI :
chanci, moisi. On dit aussi cani. De canus, blanc.
CHANIR : moisir.
CHANISSURE ; CANISSURE : moisissure.
CHANNE : cruche. Roman. Dans le Jura, la
channe est une mesure de deux litres, ce qu'en Normandie on appelait un pot. Voyez CANNE.
CHANNÉE : ce que contient une
channe.
CHANTERONNER : chanter sans soin, ou fredonner quelque refrain. L.
CHANTUSER : chanter désagréablement quelques vers d'une chanson.
CHAOLORE : paresseuse. Voyez CHOULE.
CHAPE (s. f.) : garniture de cuir pour le fléau.
CHAPEAU : écume qui a pris quelque consistance et qui se forme dans le tonneau sur le cidre. L.
CHAPER (v. n.) : marcher en allant et en revenant fréquemment sur ses pas, comme font les
chapiers pendant l'office religieux.
CHAPON ; CHAPINE-CHAUSSE et CAPINE-CAUCHE (adv.) : à bas bruit, tout doucement. B.
CHAPLEUSE ; CHARPLEUSE ; CHARPELEUSE : chattepeleuse. C'est à tort que MM. Du Méril tirent ce nom de chair velue : il vient de
chatte poilue, parce que la chenille dont il s'agit ici ressemble à une chatte à longs poils. En zoologie, on appelle chatte-peleuse la calandre qui ronge les blés.
CHAPON DE LIERRE : hibou. B.
CHAPPES ; BAISSER SES CHAPPES : tirer ses chausses, tirer ses grègues. A.
CHARABIAH : langage inintelligible. On dit :
parler charabiah. Cette expression vient, suivant M. Pierquin de Gembloux, « du nom de Scharakiah, ville d'Arabie, qui donna son nom aux Sarrasins.
CHARAIE : puérilité, bagatelles. D'où est venu peut-être
charade, dont on ne trouve pas l'étymologie. Roman.
CHARBONNETTE (s. f.) : braise.
CHARDRONNET : chardonneret.
CHARGEAGE (s. m.) : action de charger. Id. en patois Lorrain.
CHAROUET (s. m.) : charrier. De
charrée.
CHARPI (s. m.) : charpie. Id. en patois Lorrain. L.
CHARRÉE : femme dissolue.
CHARRER : babiller, jaser. De l'espagnol charlar.
CHARTERIE : remise dans laquelle on met les
charrettes à l'abri.
CHAS : chaud.
CHAS (s. m ) : colle de farine. A.
CHAS : mauvais bouillon. Du vieux mot
chaudeau. B.
CHAS : choir, tomber. Il va
chas : il va tomber. Voyez CHAIRE. A.
CHASSE : rut , en parlant des vaches. Cette vache est en chasse.
CHASSE : chemin rural.
CHASSE-PUCE. Voyez CACHE-PUCHE.
CHAT (PETIT) : écureuil. D.
CHATEL : biens mobiliers. On lit dans les
Établissements de Normandie : « Se aucuns est qui n'ait point d'eritage, et il promet à sa fame or ou argent en doère, quant vendra la mort à s'omme, li doère soit pris del commun chatel ».
CHATELET : dévidoir. A.
CHATONNER : mettre bas, en parlant de la
chatte.
CHATOURNE : taloche, soufflet.
CHATREUX : sorte de mollusque du genre des poulpe.
B.
CHAUBERT : rhume.
A.
CHAUDET : lit où il fait
chaud.
CHAUDIN : fraise de veau. L. A Alençon, on appelle
chaudin les entrailles du porc. Nicot et Ménage font venir le chaudeau du latin calidus, « parce qu'on le prend chaud ». Je crois que chaudin a la même origine, parce que c'est un mets que l'on mange chaud et cuit dans la chaudière. En Roman, chaudun.
CHAUFFE-PIED : pièce d'une maison qui a une cheminée. A.
CHAULE (s. f.) : renom, réputation, vogue. B.
CHAUSSE (s. f.) : bas.
CHAUSSON : tourte aux fruits. Voyez BOURDIN.
CHAUVIR : dresser les oreilles d'un air sournois et malveillant. Chauvir de l'oeil : regarder en dessous d'un air ironique. Le satirique Regnier (sat. VIII) rend le
demitto auriculas d'Horace par :


Je chauvy de l'oreille.

Oudin traduit chauvir, en italien, par chinare dimenando le orecchie. A.
CHAVARIN : charivari.
CHEINTURE : ceinture. S.-I.
CHELA : cela. S.-I.
CHEMER : désoler. S.-I.
CHEMICHER : pleurer à bas bruit.
CHEMINEAU : sorte de petit pain. Voyez QUEMINEL. Roquefort définit ainsi le chemineau : « pain qu'on mangeait dans le carême en Normandie. De la basse latinité
simenettus. « Voici ce qu'on lit dans les Mélanges d'hist. et de litt. de Vigneul Marville (Bon. d'Argonne) , t. II , p. 92 : « Siminettus. Panic similaceus, ex similâ. Graecis σεμιδαλίτης. C'est ce que l'on appelle en Picardie seminiaux, selon la remarque de Du Cange, à laquelle on peut ajouter que les Normands, qui changent aisément se en che, disent chemineaux. S.-I. »
CHEMISE DE LA BONNE-VIERGE : sorte de liseron (
Convolvulus arvensis). B.
CHENIVIEUX : chenevis. Voyez CANIVIEUX.
CHENOLLE (s. f. ) : nuque, et par extension, le col. Voyez CAGNOTTE du cou. De
chignon. A.
CHENT : cent. S.-I.
CHENTUPLE : centuple. S.-I.
CHENU : bon, de qualité supérieure. En français, ce qualificatif signifie blanc de vieillesse. Du latin
canus ; parce que l'on se figure qu'en vieillissant hommes et choses se bonifient, se perfectionnent : ainsi un bonhomme, une bonne femme, le bon vieux temps.
CHER ou plutôt CHEF : botte de chanvre qui n'est pas encore mis au routoir. De
caput. B.
CHERBON et QUERBON : charbon.
CHERBONNIER et QUERBONNIER : charbonnier.
CHÈRE-ÉPICE : qui vend très-cher sa marchandise. Les épices, venant de l'Inde, étaient autrefois rares et chères. L.
CHERET : rouet. Du celtique-breton
kerr. Vire.
CHERFEU : cerfeuil. En Roman,
cherfuel. Du latin cerefolium.
CHÉRIR : caresser; faire
chère à quelqu'un ; lui faire bonne mine, bon accueil. Du grec χάφα, tête, visage.
CHERPENTE : charpente. L.
CHERPENTIER : charpentier. L.
CHÉTRIN : rachitique. De
chétif. Chérot, en patois du Berri.
CHEUX : chez. Roman. Patois Lorrain. L.
CHEUX : ceux. S.-I.
CHEUX-CHITES : ceux-ci. S.-I.
CHEVERNE (s. m.) : meunier, sorte de poisson de rivière. A.
CHEVIR : venir à bout. SE CHEVIR : s'aider, jouir de. Roman. Patois Troyen.
CHÈVRE : treteau, chevalet pour recevoir le linge mouillé.
CHIASSE (s. f.) : rebut; scories de métaux. Du latin
cacare.
CHIBATRÉE : troupe ou réunion de personnes ou de choses embarrassantes. On dit à Lisieux : « Va que c'est qu'ou va chiboller çte
chibâtrée d'éfans » : où va-t-elle traîner cette troupe d'enfants ?
CHIBOLER : traîner çà et là. En patois des Vosges,
quibauler signifie renverser. Voyez GUIBOLE et QUIBOLE.
CHIBOT ; CIBOT (s. m.) : ciboule.
CHIBOT : personne sale et dégoûtante.
CHIC : intelligence, industrie,
chicane. Roman.
CHICON : guignon.
CHIE-VENT: pétrel (
procellaria pelargica). B.
CHIEURET. Voyez CHURET.
CHIEZ: fléau. Avranches.
CHIGNOLLE (s. f.) : manivelle. Mauvais couteau. M.
CHIGNON DE PAIN: quignon de pain. L.
CHIMBRE : fantaisie. De
chimaera. S.-I.
CRIMES ( s. f. ) : rejetons de chou.
Cimes. B.
CHINCHOUX : passable, médiocre. Se dit aussi des branches que l'on a de la peine à rompre. M.
CHINELLE : fruit du prunellier. Voyez CENELLE. B.
CHINGRE : chiche, avare. Voyez PINGRE.
CHINQ : cinq. S.-I.
CHINQUANTE : cinquante. S.-I.
CHINTURE-SAINT-MARTIN : arc-en-ciel. De
ceinture.
CHIOT : jeune chien. Roman.
CHIPÉE : cépée. L.
CHIPER (v. n.) : pousser des rejetons ; former une
chipée.
CHIPER: (v. a.) : dérober adroitement. Du latin
capere.
CHIPIE (s. f. ) : femme acariâtre.
CHIPOTET : soufflet de cheminée. Blague ou sac à tabac.
CHIPOTTER : marchander outre mesure. Voyez HARIQUOTER. L.
CHIPOTTIER, ÈRE: qui chipotte. L.
CHIQUER : mâcher. Chiquer du tabac, mâcher des chiques de tabac.
Chiquer les vivres : manger. En Roman, manger et même boire. En Provençal, chica. En patois Lorrain , on emploie le verbe chiquer.
CHIQUETAILLER (
Tailler par chiquettes) ; CHIQUAILLER : déchiqueter. Voyez COUPASSER.
CHIQUETTE : petit morceau, gros comme une chique de tabac. Donner chiquette à chiquette : donner
chichement, donner à regret.
CHIPE : chassie. De cire. En Roman,
chire. L.
CHIROUÊNE (s. m.) : poix dont les cordonniers font usage. De ciroène, emplâtre dans lequel il entre de la
cire.
CHIROUX : chassieux. En Roman,
cirons. L.
CHITE-CI ; STI-CHITE ; CHEUX-CHITES : celui-ci, ceux-ci. S.-I.
CHITTE (s. f.) : saisissement d'effroi. Avoir la chitte.
CHLÉ : mou. Vire.
CHOAN ou CHOUAN: chat-huant, hibou. Ronsard écrivait choan (Odes, I. II) :


Si nous oyons crier la nuit quelque choan,
Nous hérissons d'effroi.

CHOINE (s. m.) : sorte de pâtisserie. En roman, c'est un pain blanc et d'élite. Du celtique-breton choanen.
CHOLER : tourner. B.
CHON : chat-huant.
CHON : grande cuiller de bois. A.
CHONCHONNER (v. n.) : opérer ensemble.
CHONETTE : Fanchonette. Diminutif de Fanchon : Françoise. C'est une aphérèse, comme Coton pour Margoton. L.
CHOPE (s. f.) : entretien, conversation. De l'anglais
to chop, disputer.
CHOPER : broncher. Voyez BUTTER.
CHOQUER : trinquer ;
choquer les verres.
CHOQUET : petite cruche à large ouverture. Le
coketa du bas latin signifiait un vase de mesure comme pot, pinte, etc. L.
CHORER (v. n.) : sommeiller péniblement, en se plaignant. De l'islandais
korra, respirer avec peine. A.
CHORER (v. a.) : exciter un chien contre.....
CHOU ! CHOU ! : cri dont on se sert pour exciter un chien. C'est aussi le cri par lequel on appelle les cochons. On s'en sert dans le Jura pour chasser les poules. Voyez TIOT.
CHOUAN : chat-huant. En roman,
chouans, chouen. Voyez HUAIN.
CHOULE. Voyez SOULE.
CHOUPPE (s. f.) : houppe de bonnet, houppette. A.
CHOUQUARD : entêté ; qui a la tête dure comme une
chouque. A.
CHOUQUE : souche. Roman.
CHOUQUET : souchet, petite ente de peu de valeur. C'est aussi le nom d'une sorte de pomme douce, à chair ferme, tardive, de moyenne grosseur.
CHU : ce , cet. Voyez SU. S.-I.
CHUCHER : sucer.
S.-I.
CHUCOTTER : chuchotter.
CHUCRE : ancre. Roman.
CHUE : ciguë (Conium maculatum).
CHUILER : ménager, économiser. A.
CHUNTRE (s. m.) : sentier.
CHURET : vaurien.
CHUTER : tomber. Du verbe choir, faire une chute. En roman,
cheoiter. A.
CHUTRIN : mauvais lit, grabat. A.
CIBO : ciboulle.
Cibo, comme cive, est un substantif roman. Du latin capa, oignon, et de l'italien cipolla.
CICOT : chicot. A.
CIDRAILLER : boire du
cidre à coupe répétés. Roman.
CIEURTAIN : certain. S.-I.
CIEUS : chez.
CIGNOGNE : sorte de pâtée d'orties et de son, pour les canetons et les dindonneaux.
CINCÉE (s. f.) : fustigation. Donner une
cincée à un enfant : lui donner le fouet. A.
CINGLÉE : même sens que
cincée.
CIRUGIE : chirurgie.
CIRUGIEN : chirurgien. Dans le XIIIe. siècle,
cyrugien.
CITADELLE (Poire de) : poire de livre.
CITRE : cidre. Pathelin a dit dans son
Testament, p. 126


Je ne veuil
citre ne péré.

CIVE : ciboule ; petite ciboule. Appartient aussi au patois Troyen. Du Roman, céves.
CLACASSE ou plutôt CLACUSSE : boisson plate et de saveur désagréable. Voyez BISCANTINE. O.
CLAI (s. m.) : jus, bouillon. De
clair. L.
CLAIRE (s. f.) : ampoule. L.
CLAIRINETTE : clarinette.
CLAMPIN : lambin. Dans le patois Troyen,
clampet signifie demi-boiteux. De l'islandais klampi, cheville, attache. Le clampin est en effet lent comme un estropié, et ne peut pas plus bouger que s'il était attaché.
CLAMPINER (v. n. ) : agir nonchalamment.
CLANCHE : clinche, bascule de loquet ; partie extérieure du loquet, sur laquelle on appuie pour l'élever.
CLANCHER (une porte) : faire jouer la
clanche pour ouvrir.
CLANCHON : animal ou enfant qui ne devient pas aussi grand qu'il devrait être. Tels sont les oiseaux qui éclosent les derniers. Voyez ÉCLOCU. A.
CLAPER : gémir, se plaindre.
CLAPOTTAGE : agitation bruyante de l'eau. Au figuré, bavardage. Onomatopée.
CLAPOTTER : agiter l'eau mal à propos. En roman,
éclabotter : couvrir de boue. C'est un de ces mots que les marins normands du moyen-âge, notamment des XVe. et XVIe. siècles, ont empruntés à leur langue maternelle pour les introduire dans la marine.
CLAPOTTIER , ÈRE : tripotier, bavard, brouillon.
CLAPURE. Voyez CLACASSE ou CLACUSSE.
CLAQUARD : bavard. B.
CLAQUARD ou CLAQUE : sorte de grive. Crabe.
CLAQUE : bavarde.
CLAQUE : espèce de grive.
CLAQUET :
Rhinantus crista galli. Voyez FLAQUET.
CLAS : sorte de barrière de branchages liés,
claie. Du verbe clore.
CLATRÉE : quantité surabondante.
CLAVAU ; CLAVIOT : bâton pour serrer la corde qui assujettit la charge d'une voiture.
CLÉRON (s. m.) : espèce de sonnette que l'on attache au col du cheval ou des bêtes à cornes, pour les retrouver plus facilement dans les bois.
CLIAIS : fléau.
Clas en patois du Berri.
CLICHE (s. f.) : forme à fromages. Du mot
éclisse, autrefois employé. Voyez FOISSELLE.
CLICHE (s. f.) : foire, diarrhée. L.
CLICHER : foirer.
CLIFOIRE (s. f ) : petite seringue de sureau, dont les enfants se servent pour lancer de l'eau. Onomatopée. A.
CLIMUCHETTE ; CLIMUSETTE (s. f.) : cligne-musette, jeu d'enfants. De cligne-mussette ou cligne-musette :
cligner et musser les yeux, ou cligner le museau.
CLINCAILLERIE : quincaillerie. L.
CLINCAILLIER : quincaillier. L.
CLINCHER : clisser. S.-I.
CLINE : brebis en mauvais état.
CLINQUE : coqueluche.
CLIOCHER :
clocher, boiter.
CLIOUCIR (v. n.) : souffler.
CLIVE : foire. Voyez CLICHE. L.
CLIPÉE : jet de boue liquide.
CLIPER : jaillir, faire jaillir, en parlant de boue liquide ou d'eau. L.
CLIPER : foirer. L.
CLIPOT : bavardage médisant.
CLIPOTTIER, ÈRE : bavard, de, qui médit.
CLIQUETTE : petit poisson de mer, plat.
CLOCHETTE: liseron (
Convolvulus arvensis) ; à cause de sa fleur qui a la forme d'une petite cloche. C'est la plante qu'en patois on appelle LIOT. Voyez ce mot, et CHEMISE DE LA BONNE-VIERGE.
CLOPOING : sorte de crabe, qui ressemble au
poing clos ou fermé. B.
CLOQUER (v. n.) : glousser. Du latin
glocire. Onomatopée.
CLOSERIE ; CLOUSERIE : petite ferme. De
clos. A.
CLOSIER : fermier d'une closerie. A.
CLOUQUETER : glousser. Voyez CLOQUER. C'est la traduction plus fidèle de
glocire.
CLUCHER : glousser. De
glocire. En Roman, clamer ; en Provençal, cloucho.
CLUCHON : petit clou , clou à soufflet. L.
CMENT ou QUEMENT : comment, comme.
Cment la, comme cela.
ÇMITIÈRE (s. m.) : cimetière.
CMODE ; CMODITÉS : commode, commodités.
L.
CO ; ACO : encore.
Roman.
CO : col En roman,
cos.
COAS (s. f.) : corneille. Onomatopée. A.
COCALINCOT : coquelicot (
Papaver rheas). A.
COCANE (s. f.) :narine. O.
COCHELIN : fruit de l'églantier. A.
COCHELIN : tourte aux fruits, gâteau long. Par extension, un cadeau. Le coquelin ou la cocheline, dans l'Eure-et-Loir, est une sorte de gâteau pour le premier jour de l'an. Voyez BOURDIN.
COCHÊNE ; COQUÊNE (s. m.) : viorne, que l'on appelle aussi mansienne (
Viburnum lantana).
COCHON : cloporte.
COCHONNÉE : cochonnerie ; ordures. A.
COCHONNET : fruit de l'églantier (
Rose canina).
COCI. Voyez COSSI.
COCO : oeuf. Terme enfantin.
COCO : mignon. Voilà un joli coco : voilà un plaisant mignon.
COCO : garçon mal fait, mal tourné, sale : quel vilain coco !
COCODRILLE : crocodile.
COCONNIER : marchand d'oeufs. Roman.
COCOPONETTE : tâtillon. On dit dans ce sens : c'est un metteur de poules couver.
COCOTTE : poule. Terme enfantin, De
coq, dont elle est la femelle.
COCOU ou COUCOU : primevère des champs (
primula veris), qui fleurit au retour du coucou.
COEUR (JOLI) : il fait le joli coeur : il fait l'agréable. Il est comme joli coeur goûte de rien : il fait le difficile, il ne goûte d'aucun mets.
COEURAILLER : éprouver des nausées, des maux de cœur. Dans le patois de Grenoble, on dit
corailli : avoir la corailli.
COURÉE : curée, proie, charogne dont l'aspect est propre à soulever le coeur , à faire
cœurailler. Altération du mot curée. Voyez PRAE. En patois Walon, curéïe.
COEURIAL, E : qui a bonne mine, qui fait plaisir au
coeur ; cordial.
COEURU , E : courageux, qui a du coeur.
COFERT et COFI : meurtri, chiffonné, soulevé inégalement, bossué, etc.
COFIN : cornet de papier. Roman. Du grec χόφινος.
COFIR : meurtrir, écraser, se bossuer inégalement. Du grec χόπτειν, frapper. A.
COFFRET : meuble de planches, stalle formant une sorte de petit coffre ouvert, dans lequel les laveuses s'agenouillent pour leur travail, sur le bord de l'eau. L.
COGER A : déterminer à. Roman. Du latin
cogere. A.
COHAN : pot de terre, dont l'anse est en dessus, est dans la partie supérieure, comme dans le panier appelé
butillon.
COIMELER : gémir. Voyez CUSSER.
COIS : paquet de chanvre roui. B.
COITE ou COUETTE (s. f.) : lit de plume. Autrefois on disait coète, couate et coute. On lit dans le roman de
Garink-Loherain :


Li messagiers autres le Flamant vint,
Iluec troua sur une
coute assis.

M. Pierquin de Gembloux, qui a remarqué que M. Paulin Paris n'a pas entendu le mot coute, n'a pas lui-même mieux entendu l'expression couate, qu'à ce sujet il dit être « une mesure de capacité très-connue dans l'idiome néo-celtique du Jura. » Nous pensons que la coite, lit de plume, carreau, oreiller, est un mot qui vient du latin quies, quietus, dont nous avons fait coi, se tenir coi; coite, lit de repos ; et coutil, sorte de toile à tissu très-serré, dans laquelle on enferme et contient la plume dont il s'agit.
COITI : coutil. De coite.
COLAPHISER : souffleter. Du latin
colaphus : soufflet. Voyez JAFE.
COLAS (s. m.) : corbeau, corneille. Voyez COAS.
COLIDOR : corridor.
COLIFAMÉ : efféminé. Corruption de Colin-femelle.
COLIN : sorte de poisson, du genre des Gades. B.
COLIN - FEMELLE ; COLIN - FEMMETTE (s. m.) homme minutieux, qui s'occupe de travaux de femmes. Voyez COLIFAMÉ ; NIGON ; TATE-MINETTE.
COLLE (s. f.) : bourde. C'est une colle; c'est bon pour la colle.
COLLER (v. a.) interloquer, embarrasser, mettre dans l'impossibilité de répliquer, comme si on collait la bouche.
COLLETONNER : colleter, lutter, se reprendre au col. L.
COLURE : toilette soignée. L.
COMBIEN QUE : combien. Combien que le blé se vend combien le blé se vend-il ? L.
COMBLER A : à force d'instances déterminer à. L.
COMME; COMME ÇA : il m'a dit comme ça que : il m'a dit que.
COMME DE juste ; COMME DE raison : comme il est juste, comme le veut la raison.
COMME PAR LEQUEL on lui a délivré un certificat
comme par lequel il a satisfait : certificat attestant qu'il... L.
COMME TOUT : beaucoup. Se dit aussi dans le patois Lorrain et dans le patois Troyen.
COMMÉRIAL : affable. Vire.
COMONI : fané, flétri. C'est une épenthèse. De
cauni. Voyez CAUNIR.
COMPAGNÉE : compagnie, société. Ancien français.
Vie de Bayard.
COMPÈRE (s. m.) : gilet.
A.
CONARD : fou, sot.
Il y avait une confrérie des Conards à Evreux , où on disait :


Conards sont les Buzots et non les Rabillis ;
O Fortuna potens , quam variabilis !

CONDITION : domesticité ; place de domestique.
CONFIÉRE (s. f.) : consoude (
symphitum officinale). En anglais, comfrey.
CONFLEURIE : confrérie. S.-I.
CONFONDRE : gâter, détériorer considérablement.
CONFUSION : abondance désordonnée. L.
CONGNOITRE ; CONGNOISSANCE : connaître, connaissance. Roman. Du verbe latin
cognoscere. O.
CONRAYEUR : corroyeur. De l'ancien français
conreur, conréeur. L.
CONROI : glaise. A.
CONSÉQUENT : considérable, de conséquence.
CONSOMMER : anéantir. Le froid me consomme; je suis consommé de coliques.
CONTEOR : avocat, défenseur en justice. L'ancienne Coutume de Normandie s'exprime ainsi : « conteor est que aucun establit pour conter pour lui en cort ». A
CONTREBOCHE (s. f.) : surabondance.
CONTRE DE : contre. Contre de lui : contre lui.
CONTREMONT ; CUCONTREMONT : violette de chien, violette inodore.
CONTREPORTEUR : colporteur. L'Estoille employait ce mot, en 1609. Des Perriers (
Nouv. IV) écrit contreporter pour colporter.
CONTR'HUS ; CONTREHUIS : petite porte en treillage ou en lattes, ménageant l'entrée de la lumière et ne permettant pas aux volailles de pénétrer dans la maison ; treillage en paille pour garantir du vent.
COQ : renoncule pivoine ; à cause de sa couleur qui est rouge comme la crête d'un coq.
COQ-ANGUILLE : insecte aquatique. C'est l'
Hydrophylm picoeus. B.
COQ A DINDES : coq-d'Inde.
COQ A POULES : coq, mâle de la poule.
COQCIDROUILLE (s. f.) : qui fait l'importante. S. -I.
COQUELOURDE ; COUQUELOURDE : julienne (
Hesperis matronalis). La véritable coquelourde est l'Agrostemma coronaria.
COQUER et non pas CAUCHER : cocher, en parlant du
coq ou de toute autre volaille qui féconde sa femelle.
COQUÉRAN : hermaphrodite. Coutances.
COQUET : cochet, jeune coq.
CORBICHÉE : cabriole.
CORDER (v. a) : cordeler, disposer en corde le bois de chauffage.
CORE : encore. Par aphérèse. Voyez ACO.
CORÉE : fressure. Du latin
proecordia ; de l'italien corata. App. au patois Bourguignon. Voyez HATILLE.
CORIEU : courlis, oiseau de passage. En Roman.
courlioux.
CORNARD (cheval) : cheval poussif, atteint de cornage (sifflement de sa respiration qui imite le son d'un
cor).
CORNEBICHET : Bernard-l'Ermite, sorte de coquillage univalve.
CORNEILLE (s. f.) : orchis.
CORNICHE : planche ou tablette de cheminée. L.
CORNIER : tuile creuse et anguleuse pour les coins des couvertures. Du Roman,
cornée, coin.
CORNIFLER : épier. Du verbe écornifler.
CORNU (Pain) : petit pain blanc, de pâte ferme, fendu„ en quatre cornes à sa surface, pour obtenir plus de croûte.
CORPORAL : caporal. S.-I.
CORPORENCE : corpulence. L.
CORSÉ : qui a du corps, étoffé.
CORSÉE ; CURÉE :
corps devenu charogne.
CORSELET : corset. Patois Lorrain.
CORSER : lutter corps à corps. Dans l'ancien français,
cosser signifiait lutter.
CORSER : racornir. A.
CORSU. Voyez CORSÉ.
CORTINE : rideau de lit. Du latin,
cortina.
COSSEAU ou COSSET (s. m.) : plume à écrire non encore taillée. B. ,
COSSI : courbattu, meurtri.
COSSIAU (s. m.) : sorte de petit vase, dans lequel les faucheurs placent leur pierre à aiguiser pour l'humecter. En usage aussi dans le département de la Mayenne. Du latin,
cos, nominatif inusité de cautis, pierre.
COSSON (s. m.) : sorte de ver blanc, qui ronge les végétaux ; charançon.
COTE (s. f. ) : côté.
Mettre de côte : mettre de côté. A COTE : à côté. PAR A COTE : par à côté.
COTÉE (s. f.) : rangée.
COTILLAGE (s. m.) : terrain en petits
coteaux. L.
COTIN (s. m.) : maisonnette. Employé par Wace. En anglais,
cottage. De l'islandais kot. En celtique-breton, koat, koad, signifie bois. Ainsi, le cotin était vraisemblablement d'abord une cabane en charpente , comme on en voit tant en Normandie.
COTIR ; FAIRE COTIR : jaillir, faire jaillir.
COTIR (SE) : s'échauffer en parlant du bois qui se gâte. Du celtique-breton 
koat, bois.
COTIR. Voyez COFFIR. A.
COTON et non CAUTON (s. m.) : nervure d'une feuille ou d'une tige ; sorte de
côte. De costa et non pas de caulis.
COTONNETTE : cotonnade, étoffe de coton.
L.
COTTER : jaillir.
Roman. Voyez COTIR.
COUAILLE (s. f.) ; COUAILLON (s. m.) : queue de jupon ou de robe en mauvais état. Du vieux français
coue, queue. Par extension, mauvais chiffon. Voyez LOUÊPE. A.
COUANNE : couenne. En patois Walon,
koinne signifie corne. La couenne en effet, a l'air de la substance des cornes.
COUCOU : primevère jaune à grappes.
Cocu, en patois Troyen. Tire son nom de l'époque de sa fleuraison, qui a lieu à l'arrivée du coucou.
COUS : queue. Du latin
cauda.
COUE DE PRÊTRE : blé de vache (
Melampyrum arvense). B.
COUÉE (s. f.) : queue de jupon ou de robe crottée, ou salie. Expression de mépris. De
coue. A.
COUÊMES (s. f.) : crottin de cheval. Du latin
equus, cheval, dont nous avons tiré écurie, écuyer. Couêmes pour écouêmes, par aphérèse. A.
COUESPEAU : copeau.
COUER : couver.
COUET : ruban de fil. Vire. Voyez LISETTE.
COUETTE : petite queue. Diminutif de
coue.
COUETTE. Voyez COITE. L.
COUIE (s. f.) : sorte de vase en bois, dans lequel le faucheur met sa pierre à aiguiser. Du latin
cos, datif inusité de cotis, pierre.
COUIER : villageois grossier. En Roman,
coullier, poltron.
COUILLÈRE : cornet de parchemin servent-de tabatière. B.
COUENCHE : sournois, poltron; qui regarde du
coin de 1'œil. L.
COUINER : pleurer en criant. Même signification en Roman.
COUINETTER (v. n.) : crier comme un lapin qui a peur, C'est peut-être plutôt une onomatopée qu'un dérivé du substantif latin
cuniculus, lapin ; en vieux français, connil. En Roman, couinner signifiait pleurer en criant. A.
COULAGE (s. m.) : gaspillage continué. L.
COULANDAGE (s. m.) : gaspillage. A.
COULANDIER, ÈRE : qui occasionne le gaspillage par une mauvaise administration. A.
COULER ( EN) : en faire accroire. S. -I. Se dit aussi en patois Lorrain.
COULINE ou COLINE : torche de paille, brandon. Roman.
COU P (A) : à temps, à propos, promptement.
COUPASSER : couper maladroitement.
COUPEAU ; COUPET : cime, sommet. Le coupeau de la tête : le haut de la tête. En Roman,
coupel, couplet, hautes branches d'un arbre ; coupet, chignon du cou. De capot.
COUPER : découper, en parlant d'une pièce de viande.
COUPÈRE (s. m.) : compère.
COUPLÈRE (s. f. ) : pièce de cuir qui consolide les chapes du fléau.
COUPLÉE (s. f. ) : linge attaché ou assujetti par
couple, ou en plus grande quantité. A.
COUPLER : mettre en couplée, accoupler.
COUPLETTE : culbute. Voyez SAUCUBLETTE.
COURANDIER, E : qui aime à flâner, à
courir hors de sa maieon pour trouver avec qui parler. A.
COURANTE : diarrhée,
cours de ventre.
COURCAILLET : instrument pour appeler les
cailles ; sorte de sifflet qui imite leur cri.
COURCHER : courir. - Voyez COURSER. S.-I.
COURÉE. Voyez CORÉE.
COURGE (s. f.) : sorte de joug qu'on met sur les épaules pour porter deux seaux.
COURGET (s. m.) : escourgée, fouet en courroies de cuir ; coups donnés avec ce fouet. En Roman et dans le patois du Jura,
courgie. A.
COURJOT : tige de chou. De
jet ou tige de cette plante. Vire.
COURRAIE : courroie. - Voyez COURÉE.
COURSER : aller, courir sans utilité.
A.
COURTIL : jardin potager.
De la basse latinité curtile. En Roman, cortil. On lit dans le Roman du Renard :


La bone fame du maisnil
A ouvert l'huis de son courtil.

Corti, dans le patois Walon.
COURTIN. Même signification que COURTIL.
COURTINE (FAIRE) : relever devant le feu le bas des jupons, pour se chauffer les jambes et les genoux.
COUSETTE : mauvaise couturière. L.
COUSINE : belle-mère.
COUSINET : œilletin. Oeillet mignardise. L.
COUSINETTE : passe-pomme. Ailleurs, pomme de Saint-Contest.
COUTAGEUX : coûteux.
COUTE QUI COUTE : coûte que coûte ; quoi qu'il en coûte. L.    .
COUTE (s. m.) : coude.
COUTE-PIED : coude-pied.
COUTEMENT : coût, dépense. En Roman,
coustement.
COUTET ; COUTIAU : couteau. Dit latin
cultellus.
COUTIBLE : coûteux, difficile, pénible. L.
COUTRE : coudre. L.
COUTRE (s. m.) : bédeau. S.-I.
COUVERCHE (s. m.) : couvercle.
COUVERT : bien couvert, bien habillé. S-I. On lit dans les
Épigrammes de De Cailly :


De ces lieux Philémon partit à demi-nu ;
Bien suivi, bien couvert le voilà revenu.


COUVERTEAU : couvercle. L.
COUVRARGE : couvercle de marmites, de plats.
COUVRE-PLAT : couvercle de plat. Patois Lorrain.
CRABLOT : enfant rachitique.
CRAC : fruit du prunellier sauvage ou épine noire. Sans doute, parce que son noyau
craque sous la dent.
CRAC (A) : en grande abondance. Pleuvoir à crac: pleuvoir à verse. Voyez ACA. Aflac, en Roman, signifie en abondance.
CRACHIN ; CRASSIN (s. m.) : crasse durcie au fond d'on vase. Du latin
crassitudo. L.
CRACHINAGE (s. m.) : bruine, pluie fine.
Voir CRASSINAGE. B.
CRACHINER : bruiner. Voyez CRASSINER.
CRACOTIN : enfant qui commence à avoir des dents, des
cracottes. L.
CRACOTTE : dent d'enfant. De
craquet. L.
CRAHAGNEUX, EUSE : qui chipotte en marchandant minutieusement.
CRAISSET : lampe qu'on accroche. Roman.
CRALÉE (s. f.) : grappe, surabondance. B.
CRAMAIL : la gorge. Prendre ou saisir au cramail : prendre à la gorge.
CRAMPIR (SE) : s'attacher à, se
cramponner. En patois du Jura, se cramper.
CRANCHE (qualificatif) : souffreteux ; malade. A.
CRANNIÈRE ; CRASNIÈRE : vieille masure. De l'anglais
cranny, crevasse.
CRANQUE : crampe. S.-I.
CRAPAS : crapaud. L.
CRAPAUD-VOLANT, ou TÊTE-CHÈVRE : engoulevent. B.
CRA PE (s. f.) : crabe. Au figuré, femme ou fille de mauvaise vie. L.
CRAPOTTER : se traîner sur les pieds et les mains, comme un crapaud.
CRAQUE ( s. f.) : hâblerie , mensonge.
CRAQUELIN : cartilage. L.
CRAS : baiser désagréable. L.
CRASSE : bassesse, lésinerie. Faire une crasse.
CRASSIER : ordures, balayures réunies pour engrais. De
crasse. Cras, en Roman, signifie graisse.
CRASSINAGE (s. m.) : pluie fine et serrée. De
crassus. Voyez CRACHINAGE. S.-I.
CRASSINER (v. n.) : pleuvoir à gouttes fines et serrées. S.-I.
CRAU : pierre pulvérulente des premières couches d'une carrière. B.
CRAULER : bouillir à l'eau. MM. Du Méril.
CRÉATURE; CRÉIATURE : femme. La femme est, en effet, la créature par excellence. Toutefois, le mot créature, dans ce sens, se prend souvent en mauvaise part.
CRÉDENCE (s. f.) : petite armoire dont les tiroirs sont au-dessus des portes. Du verbe latin
credere, confier. La crédence est le meuble auquel on confie les objets les plus précieux. On trouve crédenciers pour buffetiers dans Rabelais , liv. IV, ch. 64. Roman. De la basse latinité credentia. Patois Rouchi.
CRELLIER : frémir, frissonner. Voyez CRETIR. A.
CREMILLÉE : crémaillère. De
cremare, brûler. Roman.
CRÉPIR (SE) : se dresser, se raidir, pour paraître grand.
CRÉPONNER ; CRÉPONSER ; CRÉPOUSSER : presser, pétrir avec le poing.
CRÈRE ou CRAIRE : croire. De
credere. Patois du Jura.
CRESSANE : crassane, sorte de poire.
CRESSIR : presser violemment, mourir. Voyez KERSIR.
CRETÉ, E : propre et soigné. L.
CRÉTELER (v. n.) : gloucer d'un cri aigu, en parlant des poules. Voyez CLUCHER.
CRÉTINE : crue subite d'eaux. De
crescere. Roman. De la basse latinité cretina.
CRETIR ou CRETER (v. n.) : frissonner. En Roman,
craitir signifie sécher sur pied.
CRÉTONS : restes concrets de morceaux de lard que l'on a fait frire, pour en extraire le saindoux. De
crusta, croûte. Roman. L.
CREVAISON (s. f.) : mort. Faire sa crevaison, mourir, crever. Se prend en mauvaise part. L.
CRÈVE-CHIEN (s. m.) : viorne commune (
Viburnum lantana).
CREVETTE ou CREVUCHE : petite salicoque.
CRICOUIT : léger bruit pendant la nuit, lequel provient des pulsations des artères. B.
CRIGNAS : échevelé, malpropre. De crinière. B.
CRIGNASSE ( s. f.) : chevelure ébouriffée, crinière, tignasse. A.
CRIGNE (s. f.) : petites racines rassemblées comme une
crinière. Voyez GRIGNE. L.
CRIGNÉE ( s. f.) : lacs en
crin pour prendre les oiseaux.
CRIOCHÉ : échasse, béquille. De
crux, croix, à cause de sa forme. A.
CRIOIRE et non pas CRILLOIRE (s. f.) : larynx des volailles. L.
CRION : crayon.
CRIQUE : lande ou bruyère pierreuse et stérile.
CRIQUE : le point du jour , où l'aube
croît.
CRIQUES : dents.
CRIQUET : grillon. De l'anglais
crickett.
CRIQUETTE. Voyez CRACO'TTE.
CRIQUOI : bruit ou petit
cri que l'on croit entendre la nuit, surtout lorsque l'on est couché sur le côté gauche. C'est le battement d'une artère, gênée dans ses fonctions.
CRO ou CROC ; VIEUX CRO : vieillard ou vieux animal méchant, qui n'a plus que ses
crocs (dents) ébréchés.
CROC : escroc. Par aphérèse.
CROCHE : crochu , e. A.
CROCHER : en parlant des arbres fruitiers qui, venant de défleurir, produisent de jeunes fruits en quantité notable
CROIX-DE-DIEU : croix de par Dieu , livret pour enseigner à lire aux enfants, lequel porte en tête l'image d'une
croix grecque.
CROLLER : remuer. Roman.
CRONIQUE (s. f.) : moustache. De
croc.
CROPET : excrément d'enfant. P. R.
CROQUETIER : marchand d'oeufs. Corruption de coquetier. Peut-être du Roman
cocqueteur, voiturier qui transporte des marchandises, des denrées.
CROSSER : rosser. Par épenthèse. En Roman,
croisir , briser.
CROUEN : pomme ou poire, tombée avant sa maturité. Voyez DÉTEUL et QUIS. Peut-être de
quérir, parce qu'on les recueille pour les employer plus tard dans les pressurages. Alors, il faudrait écrire quérouen.
CROUILLER ou CROILLER : verrouiller. Id. en patois Rouchi. A.
CROUILLET : verrou. Comme le mot écrou, crouillet est tiré du grec χρούω, pousser. En Roman ,
croit. Crouil, en patois Rouchi. A.
CROULLANS : fondrières, flaques. Du vieux francais
crouillère, qui se trouve dans Nicot. Voyez MOLLAIN (Manche).
CROULLER (en parlant des fruits à pressoir) : secouer l'arbre qui les porte.
CROULLER : roucouler.
CROULLES (s. f.) ou GROULLES :
gruau d'avoine, cuit à l'eau. On dit aussi craulles.
CROULLEUR : éleveur de pigeons et qui en trafique. Du verbe
crouler, roucouler.
CROUPETONS (être à) : être
accroupi. Dans le Jura, à crepeton.
CROUPETTE (s. f.) : révérence. Du verbe s'accroupir.
CROUSTILLANT : croquant. Du verbe
croustiller, ou du substantif croûte, crusta.
CROUTTE (s. f.) : terrain enclos et cultivé autour de l'habitation du cultivateur. De la basse latinité
crota. Du vieux français cropte et crotte. On trouve, près de la ville de Vimoutiers, une commune appelée Crouptes. Dans notre Itinéraire de la Normandie, p. 435, nous avons cité les communes de Croth , la Croupte-les-Bois, etc.
CRUCHÉE et CRUCHETÉE (s. f.) : ce que contient une cruche.
Ç'TUI-CI ; Ç'TELLE-CI : celui-ci, celle-ci.
Ç'TUI-LA ; Ç'TELLE-LA : celui-là, celle-là. De l'ancien pronom
cettui.
ÇU : ce.
CU-FOURCHÉ : perce-oreille. Ce mot vient de la pince, en forme de
fourche, dont est armé le cul de cet insecte. A.
CU-ROUGE : oiseau, ainsi nommé parce que sa queue est rouge.
 CU-TERREUX ; CU-TERROUX : qui a de la terre en propriété ; fille riche. En patois du Jura,
cu-tarru.
CUCONTREMONT. Voyez CONTREMONT.
CUEVER et CUEUVER : fermer la porte.
CUIRASSO : curaçao, que l'on prononce curaço. Cette liqueur tire son nom de l'île de Curaçao dans les Antilles, où on la fabrique avec des oranges amères.
CUIROT : sorte de bourse. De
cuir. En Roman, cuiret. Hugues de Piaucèle dit, dans son Fabliau d'Estourmi :


Je les vois mettre hors du coffre
Et les deniers et le cuiret.

CUISSE (s. f.) : cuisson de pain. Le pain de cuisse est celui que l'on fait cuire soi-même. A.    .
CUISSON (de pain) : fournée de pain.
CUISSOT (s. m.) : petite cuisse. De
coxa.
CULES (s. f. pl.) : jeu pour lequel on pousse le palet avec le pied.
CULIER (boyau) : le rectum.
CULOINER (v. n.) : différer trop long-temps.
CULOUPE (s. f.) : femme laide et de mauvaise conduite. Ce mot a quelque rapport avec la
charoupa de Grenoble, terme patois que M. J.-J. Champollion-Figeac définit simplement : expression injurieuse. L.
CUMBLET (s. m.) : culbute, cabriole. Voyez CORBICRÉE et SAUCUBLETTE. B.
CUREAU : enfant de chœur.
CUROT : emplâtre. De
cura, soin, ou plutôt de cuir, parce que c'est souvent sur un morceau de cuir que l'on étend les emplâtres.
CURURE d'un fossé, d'une mare : produit de son curage.
CUSSER : gémir long-temps, se plaindre beaucoup. Du grec χύωυ, chien, parce que parfois les chiens poussent de longs hurlements.
A.
CUSTAUD : sacristain.
Du latin custos, gardien. En roman, custode.
CUT. Voyez GUT.
CUVE : cuvier pour faire la lessive.

 

D

DABÉE : averse, forte pluie. Du verbe dauber.
DACER (v. a.) : donner de gré ou de force. De daces, sommes levées comme contributions ; restituer. L.
DADA : cheval. Terme enfantin.
DAILOT et DAILLOT (LL mouillées) : doigtier, espèce de calotte dont on enveloppe un doigt malade.
DAIT : doigt. Id. dans le patois du Jura.
DALE (s. f.) : vallée. Roman.
DALLE : table de pierre creusée, ou construction en briques et ciment, pour laver la vaisselle. Roquefort dit que « en Normandie la dalle est un évier, un égout, trou par où les eaux s'écoulent ». Cet égout est ce que l'on appelle le dallot, le trou de la dalle.
DALLÉE : flaque d'eau, eau répandue ; puis, comme disent MM. Du Méril, « urine d'un animal, assez abondante pour remplir une dalle ».
DALLER : pisser à terre. A.
DALLOT : petit conduit pour diriger au-dehors les eaux de la dalle.
DANS. On emploie souvent à contre-sens cette préposition. Ainsi l'on dit : mettre ses bas dans ses jambes, ses souliers dans ses pieds, ses gants dans ses mains, etc. ; au lieu de : mettre ses jambes dans ses bas, ses pieds dans ses souliers, ses mains dans ses gants. A.
DANS : sur. Grimper dans un arbre : grimper sur un arbre.
DANSE : volée de coups. Donner une danse. On dit aussi faire danser la malaisée.
DANSPAROU (locut. adv. ). Arr. de Valognes. On ne l'emploie que dans la phrase : Tout laisser dansparou, qui signifie : laisser un ouvrage dans l'état où il se trouve, sans rien achever. MM. Du Méril.
DARD : petit poisson blanc, un peu plus gros que le goujon.
DARDÈNE (s. f.) : pièce de 2 liards (deux centimes et demi) en cuivre jaune. B.
DARNE (s. f.) : pièce, tranche, morceau. Du celtique-breton,
darn.
DARRE ou DARE (s. f.) : bedaine. D'où est venu
daron, ventru.
DARSELET : petit dard. Sorte de petit poisson d'eau douce.
DARRER (SE) : se heurter.
DASÉE (s. f. ) :
tas, monceau. B.
DATE (s. m.) : urine humaine. Roman. L.
DÉBACLER : ouvrir, en parlant d'une clôture. Voyez RACLER. A.    .
DÉBAGAGER : débarrasser. Débagagez la table : débarrassez-la des objets qui l'encombrent. Dans le patois Lorrain, débagager signifie déménager.
DÉBAGOULER (v. n.) : crier, bavarder. S.-I.
DÉBALTAFRISER : voyez DÉBISLOQUER. (Manche).
DÉBARBELOTTER : débarbouiller. Le Drapier dit dans l'
Avocat pathelin, p. 71 :    .


Par le corps bieu ! il barbelote
Ses mots, tant qu'on n'y entend rien.

DÉBARRAS : délivrance d'embarras. Du mot Roman baras : obstacle ; d'où est venu embarras. Rutebeuf dit dans le fabliau de Chariot-le-Juif :


Qui barns quiert, baras li vient.

DÉBAUCHER (SE) : se désespérer, se désoler. Voyez DÉBAUT.
DÉBAUT : désespoir. Il s'est pendu de débaut, de désespoir. Du substantif débauche.
DÉBERNÊQUER : débarrasser, dépêtrer. Voyez DÉPATOUILLER. B.
DÉBERRIONNER (SE) : se débarrasser. A.
DÉBESAILLÉ : débraillé, en désordre.
DÉBET : dégel (Manche).
DÉBÉTER (v. n.) : dégeler.
DÉBÉTILLER : débarrasser, dépêtrer ; « tirer, disent MM. Du Méril, d'une position qui rendait bête ».
DÉBIAIS : biais.
DÉBINE (s. f.) : détérioration, ruine. Argot récent.
DÉBINER : décrier, avilir, détériorer. Vire. Tomber en débine ; s'en aller. St.-Lo.
DÉBISLOQUER : disloquer, démonter, défaire.
DÉBLAI (s. m.) : déconvenue.
DÉBOULER :- partir , décamper. Usité dans le patois Walon. L.
DEBOUT (DE) : debout. L.
DÉBRAGUÉ : mari séparé civilement, qui au figuré a remis sa
brague (sa culotte) à sa femme.


Du côté de la
brague est la toute-puissance.

DÉBRAGUER : déculotter.
DÉBRAGUER (v. n.) : se développer, sortir de son enveloppe. Arr. de Bayeux.
Brag signifie, en breton : qui germe, qui fait saillie. Ce mot ne se dit que d'un écusson qui commence à pousser. MM. Du Méril.
DÉBRAIGER : débarrasser, dépouiller. De
braie. On dit déberger dans le département de la Mayenne.
DÉBRAILLÉ : qui a ses vêtements en désordre. De
braie. Le Dictionnaire de l'Académie n'emploie le verbe se débrailler que comme signifiant « se découvrir la gorge, l'estomac avec quelque indécence. »
DÉBRENÊQUER : en désordre. De
bren. S.-I.
DÉBREULER : débricoler. Voyez BREULE.
DÉBRIDER (v. n.) : manger avidement. Du celtique-breton
dibri. Voyez BRIFFONNIER.
DÉBUCHE : fausse couche.
DÉCABOCHER : marcher lourdement, de manière à arracher les
caboches (têtes de clous) de ses chaussures.
DÉCADUIRE (SE) : tomber en ruines. Du verbe latin
cadere, tomber.
DÉCADUIT, ITE : délabré. L.
DÉCALENGER : calomnier. Voyez CALENGER. B.
DÉCALOPPER : découvrir de sa couverture ou enveloppe. Décalopper une noix, un bouton qui s'use.
DÉCANILLER. Voyez DÉQUENILLER.
DÉCAPITER (SE) : se dépiter au point d'en perdre la tête (
caput). L.
DÉCARÊMER (SE) : manger de la viande pour se refaire des privations du carême.
DÉCASSER (SE) : se dépêtrer.
DÉCESSER : cesser. Se trouve dans le patois Lorrain et dans le patois Troyen. L.
DÉCHAFRE : gourmand. Voyez SAFRE.
DÉCHAIRER : retirer à quelqu'un le siège sur lequel il est assis. De
chaire. L.
DÉCHAOLER : trainer cà et là, calomnier. Cherbourg.
DÉCHARBOUILLIR : débarbouiller.
DÉCHARGEAGE (s. m.) : action de
décharger une voiture ou une bête de somme. Patois Lorrain.
DÉCHAUBERTÉ : désenrhumé. Voyez CHAUBERT. A.
DÉCHIBOLER. Voyez CHIBOLER.
DÉCHILER : tomber du ciel. B.
DÉCHIPLÉ : couvert de haillons, déguenillé L.
DÉCHIPLE-PENDU : mauvais sujet déguenillé, qui déshabillerait les pendus pour se vêtir. Peut-être disciple de pendu ; car, en Roman,
déciple signifie disciple.
DÉCLAINCHE (s. f. ) : diarrhée.
DÉCLAINCHER : lever la clinche. Voyez CLANCHE.
DÉCOCTION : maladie imprévue. L.
DÉCOMMANDER : contremander. L.
DÉCONNAITRE (SE) : être présomptueux, affecter un mérite qu'on n'a pas. L.
DÉCORSE (s. f.) : diarrhée.
DÉCORSER : donner la diarrhée. En parlant des bestiaux, dire qu'ils sont décorsés, c'est souvent exprimer l'idée qu'ils ont le ventre vide ; qu'ils n'ont plus le corps rempli.
DÉCRAPITER (v. a.) : déchirer, égratigner. Au figuré, calomnier. A.
DÉCROUER : tomber de haut, dégringoler.
DÉCULER (v. n.) : quitter enfin son siège. L.
DEDANS : mettre quelqu'un dedans, le tromper. Id., patois Lorrain.
DÉDIRE (SE) : se détériorer ; ne pas conserver la bonne apparence qu'on avait donnée.
DÉDRAGEONNER (v. a.) : détacher les
drageons, les rejets de l'artichaut ou d'une autre plante. L.
DÉDUIT : espiègle. Voyez INVECTIF. Manche.
DÉFAÇON. Voyez FAÇON.
DÉFAIRE : délayer. Défaire de la farine dans du lait pour faire de la bouillie. L.
DÉFENSABLE (en parlant des bois et des arbres) : qui, par sa force de résistance, est en état de se
défendre contre les attaques des bestiaux.
DÉFELER : jeter son fiel, décharger sa colère.
DÉFERMER : déchoir. A.
DÉFICELER : délier, ôter la ficelle. Patois Lorrain.
DÉFINER : finir.
DÉFLUXION : fluxion. Du verbe
defluere, donné par Nicot.
DÉFRANER : diminuer, dépérir.
DÉFRIPER (v. a.) : rendre uni un linge ou un vêtement fripé.
DÉFUBLER ; DÉSAFUBLER : enlever un vêtement dont on était affublé.
DÉGAIEUX : difficile, dégoûté. Voyez GAIEUX.
DÉGALONNER : mettre à mal. Que le diable te dégalonne !
DÉGANNER : contrefaire quelqu'un dans sa parole ou dans ses gestes. De
regeminare, ou plutôt de regannire. On dit, en patois Bourguignon, rejanner.
DÉGELÉE : volée. Dégelée de coups de bâton.
DÉGESTÉ : qui
gesticule, étourdi.
DÉGOINER (SE) : se contrarier, se disputer. A.
DÉGOIS : caquet. Roman.
DÉGOSILLER : vomir, rendre gorge, rejeter par le
gosier.
DÉGOTTÉ : spirituel, avisé, rusé. B.
DÉGOTTER (v. a.) : supplanter. Patois Lorrain. Ce verbe signifie aussi en Normandie désappointer.
DÉGOTTER (SE) : se dégourdir, perdre de sa gaucherie et de sa timidité.
DÉGOUGINER : déniaiser. En Roman,
desgougener, ôter les chevilles ou goujons de fer d'une porte.
DÉGOULINER : couler goutte à goutte. MM. Du Méril.
DÉGOUT : point où l'eau tombe goutte à goutte. Du latin
gutta. En Roman, dégoust signifie le suc de la viande qui rôtit On lit les vers suivants dans un mystère, ou tragédie de madame Sainte-Barbe (c'est le bourreau qui s'adresse à son valet, en parlant des seins de cette martyre) :


Fais les rostir, toi Godifer ;
Trempe ton pain dans le
dégoust.

DÉGOUTATION : objet de dégoût.
DÉGRABOLISER : médire de quelqu'un. B.
DÉGRAMIR (SE) : souffrir à l'aspect d'une chose qu'on désire et dont on est privé. L.
DÉGRAVINER (v. a.) : dégraper l'enduit d'un mur. Voyez RAVINE.
DÉGRÊLER (SE) : se disposer à chanter ; chanter, en parlant des oiseaux. Au figuré, en parlant des personnes, chanter avec prétention.
DÉGRÊLER ou DÉGRÊLIR (SE) : s'égayer, se divertir. A.
DÉGRIOLER ou DÉGRILLOLER : glisser sur une surface polie comme la glace. Voyez GRILLER.
DÉGROUER : dégeler. Voyez GROUE. A.
DÉGROULER: dégringoler. Du verbe crouler.
DEHAIT : affliction. Du roman
deshet ; du celtique-breton dihet.
DEHAUMER : décoiffer, battre. De
heaume, casque.
DEILLOT : doigtier. Voyez DAILOT.
DÉJETER (v. a. ) : jeter, repousser çà et là.
DÉJUQUER : descendre du
juchoir. Voyez JUC.
DÉLABRE ( s. m.) : mauvais sujet, qui aime à mettre les choses en
délabrement. B.
DÉLAITER : enlever du beurre frais, par plusieurs lotions successives, le babeurre dont il recèle encore une partie. Ce babeurre s'appelle
lait de beurre, parce qu'en effet il a la couleur du lait.
DELANDOUX : éteignoir.
DÉLÉCHER (SE) : se
lécher les lèvres avec délectation, quand on a mangé ou bu quelque chose qui flatte le goût.
DÉLIER : délayer.
DÉLIGENCE : diligence.
DELLAGE (s. m.) : réunion de plusieurs delles.
DELLE (s. f.) : portion de terre labourable. De l'anglais
deal, partie.
DÉLOUSER (SE) : se plaindre avec amertume. Du verbe
dolere. S. -I.
DÉLURÉ : luron, madré. Id. en patois Lorrain.
DÉLURER : déniaiser. L.
DÉMAIN (A). Être à
démain, c'est être mal placé pour l'exercice de la main. A main et à démain : de tous côtés , à tort et à travers. Voyez AMAIN.
DÉMANICLAQUER : disloquer. L.
DÉMARCHER (SE) : marcher avec affectation de belles manières. De
démarche.
DÉMARRER (v. a.) : faire quitter un lieu. Démarrer les bestiaux d'un herbage, c'est les en faire sortir. Il se prend aussi dans le sens neutre, et signifie partir.
DEMAUNE : demi-aune. L.
DÉMENCE : ruine. Ce pont est tombé en démence.
DÉMENÉ on DÉMENET : travaux du ménage.
DÉMENEURES (s. f.) : promenoir de petit enfant auquel on veut apprendre à marcher.
DÉMEN : démenti. S.-I.
DÉMENTER (SE) : s'occuper de, se mêler de. En Roman, se démenter signifiait se tourmenter. Roman.
DEMEURÉ : paralysé. Demeuré d'un bras, etc. L.
DÉMION (s. m.) : moitié de la chopine. Roman. Du mot français
demi.
DEMOISELLE (s. f.) : petite mesure d'eau-de-vie. A peu près le seizième d'un litre. L.
DEMOISELLE (s. f.) : le grèbe huppé. B.
DEMOISILLON (s. m. ) : jeune fille de peu de conséquence, qui affecte les manières d'une
demoiselle.
DÉMON : éteignoir d'église pour les cierges.
DÉMUCHER : mettre au jour ce qui était
muché, caché. En roman, démusser : cacher, couvrir. Voyez MUCHER.
DÉPARTEMENT : départ. On disait autrefois dans le même sens
départie, comme dans ces vers de Henri IV :


Cruelle départie !
 Malheureux jour !
Que ne suis-je sans vie,
Ou sans amour !

DÉPATOUILLER : tirer de la boue une personne qui y a enfoncé ses pieds, ses pattes. Se dépatouiller.
DÉPERSUADER : dissuader.
DÉPÉTRAILLER : découvrir sa poitrine avec indécence. Roman. De
pectus.
DÉPÉTRASSER. Même sens que le verbe dépétrailler. On dit à Rennes, être dépétraillé ; se dépétrasser y signifie tomber de son long.
DÉPÉTRONNER un arbre : extirper les rejetons qui ont poussé à son pied. A.
DÉPIAUTRER : enlever la peau, écorcher.
DÉPICHER : mettre en pièces.
DÉPIT : mépris. Du verbe latin
despicere.
DÉPITER :
défier. Je t'en dépite : je te défie.
DÉPITEUX, EUSE : méprisant, dédaigneux. Basselin dit p. 54 :


La. belle alors me respond, despiteuse.

DÉPOTER : vendre pot à pot du cidre ou du poiré ; faire passer du cidre d'un fût dans un autre.
DÉPOTÉYER. Mém sens que dépoter.
DÉPOTÉYEUR : celui dont le commerce consiste à dépoter ou dépotéyer.
DEPUIS (DU) : depuis. S.-I.
DÉQUENILLER : sortir en hâte, partir au plus vite, comme les chiens qui quittent le chenil. En Roman,
décaniller : décamper. Dans le patois Lorrain, dégueniller.
DÉRACLÉE. Voyez DÉRATELÉE.
DÉRACLER : développer. Même sens que dérangler.
DÉRAIN ; DERIN ; DRIN : le dernier.
DÉRANGLER : détailler, développer. S.-I.
DÉRAT ; DÉRAIL : portions de graisse qui tiennent aux boyaux, et qu'on
râcle pour les employer.
DÉRATELÉE : grande quantité rassemblée comme avec un
râteau. Se prend en mauvaise part.
DÉRÊNER (v. n. ) : ne cesser de parier, raconter. Ce verbe, dans la
Coutume de Normandie, signifie se défendre en justice.
DÉRÊTILLER : agiter les membres en mourant, s'étendre convulsivement.
L.
DÉREUNGER (v. n.) : ruminer.
DÉRI : en dérive. Du latin rivus, ruisseau. A.
DÉRIS (s. m.) : ce que laissent en se retirant les eaux débordées.
DERLINGUER : faire du bruit , comme la sonnette derlin, derlin. On dit, en patois Berruyer,
derliner, qui vient aussi de l'onomatopée.
DÉROMPRE : cesser, discontinuer.
DÉROUTER (SE) : se déranger, en parlant soit du temps qui devient mauvais, soit de personnes dont la conduite se déprave. De route, déroute.
DERRAIN. Voyez DÉRAIN. S.-I.
DERRAINEMENT : dernièrement. S.-I.
DERRUNER : déranger. C'est l'opposé d'ARRUNER. Voyez ce mot.
DÉRUSIONNÉ : fin, espiègle,
rusé (Vire).
DERTRE : dartre. L.
DÉSERTER : essarter. Du celtique
eyssart, lieu inculte En Roman, asserter.
DÉSHABILLÉ : sorte de robe de femme.
DÉSOREILLER : enlever l'oreille, essoriller.
DESPUIS ; DÉCEPUIS : depuis. On dit aussi
du depuis. En Roman, dendespey : depuis le temps.
DESSAISINE (s. f.) : grand nombre, troupe. D'
essaim.
DESSAISONNER : changer l'assolement d'un champ ; faire hors de
saison.
DESSAIVER : désaltérer, étancher la soif. A.
DESSERGER : décharger.
DESSEULER : isoler, rester
seul. Patois Rouchi.
DESSOIVER. Voyez DESSAIVER. A.
DESSOULER : cesser d'être ivre, ou saoul. En patois Walon,
d'sôlé.
DESSOUR : sous, dessous. A.
DESSUR : dessus.
DÉTAMER : perdre son étamure par l'usage ou accidentellement. Ce vase est détamé; il faut le faire rétamer. Ce vase a perdu son étamure ; il faut lui en faire appliquer une nouvelle. Id. patois Lorrain.
DÉTÉ ; DÉTEUL : fruits tombés avant terme, et qui, peu loin de leur maturité, sont recueillis pour le pressoir. Voyez QUIS. MM. Du Méril écrivent
detteuses (sans doute en sous-entendant pommes).
DÉTEINDRE (v. a.) : éteindre. En Roman,
desteindre.
DÉTEUNER (SE) : sortir de sa maison pour prendre l'air. Voyez TEUNE. A.
DÉTEURD (s. m.) :
entorse. Déteurd de reins, effort dans les reins. A.
DÉTEURDRE : détordre, tordre. A.
DÉTIÉDIR : tiédir. L.
DÉTOURBER : déranger, troubler dans le travail. En Roman,
destourber : troubler, empêcher. Dans le Roman de Rou, Wace dit :


Por çon se doit li rois pener
Del dur Willaume
destorber
Qu'il ne puisse plus haut monter,
Ne en Angleterre passer.

Du verbe latin turbare, disturbare. L.
DÉTOURBIER (s. m.) : empêchement. On trouve dans Nicot, destourber et destourbier.
DÉTRAT (s. m.) : sentier. Des substantifs latins
stratum et tractus. A.
DÊTRE (A) : à droite. Du vieux mot français dextre ; en latin,
dextra.
DÉTRUIRE (SE) : se suicider. L.
DEUL : peine. Faire deul : attrister, faire peine. En Roman,
doeul. En celtique-breton, dol. Du latin dolor.
DEUMET. Voyez DUMET.
DEVALLÉE : pente, descente. Roman. Du celtique-breton
deval. Du latin vallis, vallée.
DEVALLER : descendre d'un point élevé vers une vallée. En Roman,
adevaler. Devaller, en patois Walon. Avaller, en patois du Jura. Regnier (sat. XI) employait le verbe devaller :


Ils contrefont le guet et de voix magistrale :
« Ouvrez de par le roi ! » Au diable un qui dévalle !

DEVANT QUE: avant que. Encore usité au XVIIe. siècle.
DEVANTEAU ; DEVANTIAU ; DEVANTET . tablier ; - parce que ce vêtement se place
devant la personne. Devantie, devanté, en patois du Jura. En patois Walon, devaintri.
DEVANTÉE ; DEVANTELÉE (s. f.) : plein un tablier, ou devanteau.
DEVANTELIÈRE (s. f.) : sorte de jupon ample et long, que les femmes portent à cheval pour ne pas recevoir d'éclaboussures. De DEVANTEAU. B.
DEVANTIÈRE. Voyez DEVANTELIÈRE. L.
DÉVARUBLE ; DÉVORABLE : qui déchire., use et détruit ses vêtements. De
varou. Voyez DEVOURER et VAROU.
DÉVÊLER (v. a. ) : seconder une vache qui vêle. L.
DEVIGNON : dessein, projet.
DEVINADE (s. f.) : énigme. En langue romane,
devignaille, adevinaille, advinal. En patois Walon, advinat. Du latin divinatio.
DEVINAILLE (s. f.). Voyez DEVINADE.
DEVISE (s. f.) : borne de champ. Roman. Du latin
divisio. B.
DEVOURER : dévorer, mettre en pièces. M.
DIA : mot dont on se sert pour faire tourner à gauche les chevaux ou les boeufs de trait. Roman. En patois du Jura, guia. Du grec διχ, de côté.
DIABLE : poisson de mer, d'un aspect, hideux, lequel porte en Normandie divers noms, tels que lièvre-de-mer, mollet, et seigneur. B.
DIABLE : le
Cyclopierus lumpus. B.
DIAIBLE ou DIÈBLE : diable. S.-I.
DICHENAVANT : désormais,
dorénavant.
DIDASSER ou DIDACER : redire, rabâcher.
De dicere.
DIEULEVERD. Voyez BADOCHET. Orne.
DIFFAMER : gâter, salir. A.
DIGARD : petit poisson de mer , appartenant au genre Gastérostées.
DIGOURE (s. f.) : instrument pointu, épée ; mot pris en mauvaise part. En Roman,
digoire. Voyez DIGUER.
DIGUE ; VIEILLE DIGUE : vieille femme désagréable.
DIGUER : se servir du diguet, piquer, aiguillonner. En Roman et en Français, donner de l'éperon.
DIGUET : morceau de bois pointu, pour aiguillonner. L.
DINANT (DÉJEUNER) ou DÉJEUNER DINATOIRE : déjeuner de précaution qui tient lieu de
dîner. Id. en patois Lorrain.
DINDANDERIE (s. f.) : dinanderie.
DINDEAU ou DINDOT : dindonneau.
DIOLEVERD ou DIOLEVÈRE. Voyez BADOCHET.
DIRE : jouer. Faire
dire une flûte ou autre instrument de musique. Roman.
DISPUTER (v. a) : gronder vivement.
M.
DO : avec.
Voyez O.
DOBICHE (s. f.) : vieille femme désagréable.
DOBICHER (SE) : s'habiller de haillons.
DOCHE (s. f.) : patience (
Rumex patientia). De l'anglais dock.
DODEIGNE (s. f.) : tête qui branle.
DODINER (de la tête) : branler la tête légèrement et fréquemment. On trouve dans Rabelais (l. I, ch. 8) : « Luimesme se bersoit en
dodelinant de la teste. » Le Duchat fait venir dodeliner de l'italien dondolare, ou de notre mot dodo, parce que, dit-il , « on remue le berceau des enfants, afin qu'ils fassent dodo ». Dans plus d'un canton normand, dodiner signifie dorloter. Id. dans le patois Walon.
DODO : lit, terme enfantin. Faire
dodo : dormir. Du latin dormire.
DODO : lambin , paresseux, qui a l'air de faire dodo, de dormir. En Roman,
dodin.
DOGUE (s. f.). Voyez DOCHE.
DOGUER. Voyez TOQUER. Roman.
DOLE-LA-BOISE : flatteur.
DONA ; DONAS : homme sans esprit, imbécile.
DONAISON (s. f.) : donation. En Roman,
donazon.
DONDON (s. f.) : grosse fille. Du qualificatif roman
dondé : gros et gras.
DONS : poupée. Au figuré, fille de mauvaise vie. Du latin
domina ; de l'italien donna, femme.
DONNEUR D'ANTIENNES : homme qui manque souvent à sa parole.
DONRAI (JE) : je donnerai. Tu
donras, il donrait.


Et je vous donray , par ma foy !

dit Pathelin, dans son Testament.
DORÉE (de beurre, de confitures, de miel, etc.) : tartine ou morceau de pain
doré (métaphoriquement) de beurre, de confitures, etc. En Roman, dorée : tarte, pâtisserie. L.
DORER : étendre sur une tartine de pain, soit des confitures, soit du miel, soit du beurre. Ces deux dernières substances sont de couleur d'
or. L.
DOUCIEUX : doucereux , fade.
DOUDOUX : dragées, bonbons. Redoublement de l'adjectif
doux. M.
DOUELLE (s. f.) : douve de tonneau ; petite douve. Contraction de
douvelle, par syncope. De dolium.
DOUET : ruisseau , lavoir, lieu où on lave le linge;
conduit, aquéduc. Du latin ductus, ou du celtique-breton douvez et douez : fossé rempli d'eau.
DOUILLANT : douloureux, très-sensible à la douleur. De
dolens. B.
DOUI :
doué ou douet, lavoir. M.
DOUILLARD : doucereux , fade.
DOUILLETER : dorloter.
DOUILLON : Voyez BOURDIN. Roman.
DOULIANCHE (s. f.) : plainte amère,
doléance. S. -I.
DOURDÉE (s. f.) : volée de coups.
DOURDER : frapper rudement quelqu'un.
DOUTANCE (s. f.) : doute.
DOUVE (s. f.) : étang, fossé plein d'eau autour d'une habitation. Roman.
DRAGLER : godailler. S.-I.
DRAGONNER : transporter de colère. S.-I.
DRAINER : parler lentement. Du verbe
traîner. B.
DRAIT, E : droit, e. Dret : c'est cela. - Tout fin drait c'est tout-à-fait cela. Patois du Jura. De
directus.
DROIT (AU) : vis-à-vis, en comparaison de. S.-I,
DRA MER : battre. De
ramus, branche, verge, ou du breton dramen, poignée de ce que l'on coupe avec la faucille.
DRANGÉE : dragée, bonbon.
DRAS : vétement Wace dit (Etablissement de la Conception)  :


Dras de dolor et de plor prist.

DRAPET ; DRAPEL ; DRAPEAU ; DRAPIAU : linge. De drap.
DRENOEUD ; DRENOU :
double ou triple nœud. Ce cordon est noué à drenou. Dans quelques cantons de la Manche, un noeud à drenou est un noeud mal fait, et qui se dénoue parfois de lui-même. Voyez NOU.
DRÉS : dès. Roman.
DRETTEMENT : directement. S.-I.
DRIÈRE : derrière ; le derrière.
DRIGAN : petite toupie. B.
DROGUER : faire droguer quelqu'un ; le faire attendre ennuyeusement ; croquer le marmot. Id. Patois Lorrain.
DROIT EN GOUT : d'un goût net et sans mélange, en parlant des boissons dont la saveur est irréprochable. L.
DROUE (s. f.L) : espèce d'avoine. A.
DRUGER : s'amuser bruyamment ; cabrioler ; courir çà et là. Du vieux français
druges ; avoir les druges : faire des mouvements désordonnés.
DRUGIR. Voyez DRUGER.
D'S : des. D's asperges; d's hommes : des asperges, des hommes. C'est une syncope. Patois Lorrain.
DUMER : perdre son poil ; muer.
DUMET ou DEUMET : duvet. Du latin
dumatum. Roman.
DURCEUR (dans le corps) : obstruction.
DURER :
endurer l'ennui, patienter. De la basse latinité, durare. Il faut durer : il faut patienter.

 

E


É : elle , elles. Ne s'emploie que devant les consonnes. É dit ; é disent : elle dit ; elles disent.
ÉANSER ; ÉHANSER : briser l'anse d'un vase.
ÉBARE (s. f.) : cri ; faire ébare : jeter un cri.
ÉBAUBIR : étonner ; surprendre, au point de faire balbutier ou bégayer. Voyez BAUBE.
EBBE : flot montant. Dans les langues du Nord,
ebb. Moisant de Brieux rapporte ce vieux proverbe normand : tout ce qui vient d'ebbe s'en retournera de flot.
ÉBÉLUER : troubler la vue, donner la berlue. B.
ÉBERLUETTE ; ÉBERLOUETTE : berlue, éblouissement.
ÉBLAQUER : écraser comme une poire bléche. Voyez BLEC.
ÉBLÉTER : rompre les mottes de terre. Voyez BLÊTES.
ÉBLÉTEUX : sorte de petit maillet à long manche pour pulvériser les mottes.
ÉBLINER : écobuer.
ÉBLOUIR. Voyez ÉGALIR. O.
ÉBOÊTER ; ÉBOUDINER ; ÉBOUINER : écraser; étriper ; faire sortir les boyaux.
ÉBOGUILLER (et non ÉBOQUILLER) : éblouir, empêcher de voir. Voyez BOGUES et BOGUÉYE.
ÉBOUQUETER : épointer ; casser le
bout. L.
ÉBOUSSER ou plutôt ÉBROUSSER : enlever les feuilles, les fleurs ou les graines d'une plante ou d'un rameau, en les pressant dans la main que l'on tire. Du vieux mot
brou, feuillage. A.
ÉBOUTER. Voyez ÉBOUQUETER.
ÉBRAI : cri aigre et fort. Du verbe
braire.
ÉBRAIRE (S') : pousser des cris aigres et hauts
ÉBRAYER (S') : Même sens.
ÉBRÉCHÉ : privé d'une ou de plusieurs dents incisives, dont l'absence fait une
brèche dans la bouche.
ÉBRÉSILLER. Voyez BRÉSILLER.
ÉBRITER : ébruiter, divulguer.
ÉBROTTÉ ; ÉBROSTÉ : ébréché. (Manche.)
ÉBROYER :
broyer, écraser.
ÉCACHER : écraser. De l'ancien français
esquacher. En patois Walon , écasser : fouler. S.-I.
ÉCAILLOUER : enlever les cailloux sur des terrains cultivés.
ÉCALE (s. f.) : écaille d'huître, de moule ; coquille d'oeuf. Oeuf à l'écale : oeuf à la mouillette. En patois Troyen,
écale signifie brou de noix.
ÉCALER : ouvrir des huîtres, etc. Par extension, écosser.
Eichallier, en patois de Grenoble, c'est dépouiller les noix de leur brou.
ÉCALER (v. n.) : éclater, se briser avec bruit, avec éclat.
ÉCALOPPER. Voyez DÉCALOPPER.
ÉCALOTTER, ou DÉCALOTTER. Voyez DÉCALOPPER.
ÉCAME : barrière de cimetière, souvent ayant la forme d'un échalier, servant d'une espèce de banc où l'on s'assied pour causer en attendant l'office de l'église. Du latin
scamnum.
ÉCAMION : camion, petite épingle.
ÉCANCHON. Voyez CANJON.
ÉCAPPER : échapper. De l'italien
scappare.
ÉCARBOTTER ; ÉQUERBOTTER (en parlant du feu de la cheminée) : éparpiller mal à propos les
charbons. En patois de Grenoble, eicharbota : éparpiller. Rabelais dit (Garg., liv. I, ch. 28) , que « Grandgousier avoit au foier un basson dont on escharbotte le feu ».
ÉCARBOUILLER : écraser et réduire en
bouillie. Roman. Dans la Mayenne, on dit écabouir.
ÉGARER : impatienter. B.
ÉCAUCHER. Voyez ÉCACHER.
ÉCAUCH ETTE (s. f.) : casse-noisette. B.
ÉCAUPÉRER ( S') : regagner ce que l'on avait perdu. Ce verbe signifie aussi se goberger, prendre trôp ses aises, se donner des airs. De
récupérer. A.
ÉCHAFOURÉE : échaufourée.
ÉCHALARD : échalas pour soutenir et protéger de jeunes arbres.
ÉCHALARDER : placer des échalas.
ÉCHALER : écorcer, écosser. Voyez ÉCALER. A.
ÉCHALIER : sorte de petit
escalier, pratiqué dans une haie pour aller d'une pièce dans une autre. C'est à tort que là Monnoye dérive ce mot du substantif échalas ; échalier vient du latin scala L.
ÉCHALOURÉ ou ÉCHALOURI : échauffé. De
calor, chaleur. A.
ÉCHAMPIR : se débarrasser.
ÉCHANGER (en parlant du linge) : le laver avant de le mettre à la lessive.
ÉCHANTILLON : déversoir d'un moulin.
ÉCHARDE (s. f.) : écaille de poisson ; petit éclat de bois. Dans cette dernière acception, ce mot est roman. Du grec έσχάρα
ÉCHARDER : enlever les écailles du poisson.
Eichaca, dans le patois de Grenoble.
ÉCHAUBOUILLER (S'.) : s'exténuer de chaleur et de fatigue. C'est, à proprement parier,
bouillir de chaleur. A.
ÉCHAUFFAISON ; ÉCHAUFFURE, (s. f.) : maladie provenant de froid après s'être échauffé (1).
ÉCHAUGUETTE : guérite, sentinelle. On fondit en 1818, à Lisieux, une vieille cloche, fondue pour la première fois en 1285 pour le clocher de la cathédrale, et connue sons le nom d'
Echauguette, parce qu'elle avait été destinée aux cas d'alarmes. De l'islandais gaeti : épier, surveiller.
ÉCHAUGUETTER : surveiller, espionner. Du roman
échauguette, poste d'observation (en latin, escubiae). A.
On lit dans le
Roman d'Auberi :


Car les eschargaites le voient
Qui l'ost
eschargaiter devoient ;

et dans le Roman de Rou :


Aillors deust on hebergier
Et faire tous
eschargaitier.

ÉCHAUMETRER ; ÉCHAUMITRER : effaroucher à force de coups. A.
ÉCHELETTES, (s. f.) : sorte de petites
échelles à échelons saillants et pointus d'un bout, que l'on fixe momentanément au bât d'un cheval pour transporter des bottes de foin, ou des bourrée. L.
ÉCHERDANT, E : envieux, jaloux.
ÉCHÈRE : jalousie. Avoir échère sur quelqu'un : en être jaloux.
ÉCHERPILLER : mettre en pièces. De charpie.
ÉCHINEUX : sorte de couperet, pour dépecer la viande. « Il signifie aussi un homme qui a une longue échine. MM. Du Méril.
ÉCHOIR ou ÉCHOUER : assommer.
ÉCHOITE : ce qui échoit par succession ou par acquisition.
Eschoites dans les Établissemens de Normandie, p. 9.
ÉCLAM E, (s. m.) : homme chétif et de mauvaise mine, grand et flandrin.
ÉCLICHE : esquille ; éclat. Voyez ÉCLIPE.
ÉCLINCHER : écliper, éclabousser ; faire jaillir.
ÉCLIPE (s. f.) : petite seringue de sureau. Du verbe
cliper. L. ÉCLIPÈQUE ; ÉCLIPET : tiroir latéral dans les vieux coffres. B.
ÉCLIQUETTE (s. f.) : batte dont se servent les masques en carnaval. De
cliquetis : bruit d'armes.
ÉCLOCU : culot, oiseau dernier éclos. Ce mot est employé aussi dans la Mayenne. En Roman,
clocu, éclocu. Ce substantif semble avoir quelque rapport avec le mot du patois Vitréen, équerbiton : avorton.
ECMICHER : excommunier. S.-I.
ÉCOCHE (s. f.) : grand couteau de bois pour détacher les menues chenevottes qui sont restées dans le chanvre que l'on vient de broyer.
ÉCOCHER (v. a.) : détacher les débris de chenevottes avec l'écoche.
ÉCOEURANT : dégoûtant.
ÉCOEURER : décourager, dégoûter. En Roman,
acueurer. Dans le patois Troyen, écoeur signifie dégoût. L.
ÉCOFFIR. Voyez ESCOFFIER.
ÉCOINCETER ; ÉCOINTER : ébrécher, casser le
coin d'un vase ou de tout autre meuble.
ÉCOMANT : affadissant.
ÉCOPIR : cracher, vomir. Voyez RÉCOPIT.
ÉCOQUETÉ, E : rouge comme la crête d'un coq.
L. ÉCORNIFLER ( v. a) : voler. D'écorner ; le sens du français est bien plus restreint. MM. Du Méril.
ÉCOTUAU : oiseau qui a éclos le dernier de la couvée. Voyez ÉCLOCU. A.
ÉCOUDRER : sécher à demi. Voyez BÊNIR. L. ÉCOUÊMELER : ébrécher, écorner. L.
ÉCOUER : couper la queue. Du vieux mot
coue.
ÉCOUESSIN : fourrage composé de paille, d'herbes et de quelques épis de céréales. B.
ÉCOUFFE ; ÉCOUFLE ( s. f.) : cerf-volant. L'écoufle est un gros oiseau avec lequel a de la ressemblance, pour le vol, ce cerf-volant. L.
ÉCOUPÈLE (s. f.) : cime d'arbre que l'on abat. De
coupeau, tête.
ÉCOUPELER : couper la cime, le coupeau. En terme de jardinage, escoupeler : tailler les branches. L.
ÉCOURRE ; ÉCOUTES: secouer. Du latin
succutere. En ancien français, escousser signifiait battre le blé ; escoussoir, escoussour, fléau.
ÉCOUSSE (PAR) : par intervalle.
ÉCOUSSIN : moitié de la botte de foin, laquelle se forme de deux écoussins.
ÉCOUTER : attendre.
ÉCRABOUILLER. Voyez ÉCARBOUILLER.
ÉCRASE (s. f.) : abondance excessive. Il pleut à toute écrase. Voyez CRAC (A). L.
ÉCREUTÉ : à demi-cuit. Voyez GROISELÉ. B.
ÉCRIÈRE ; ÉCRELLE : petit crustacé des ruisseaux, plus petit que l'
écrevisse.
ÉCRILLER : glisser en marchant.
ÉCRIVACHER ; ÉCRIVASSER : écrire très-mal ; écrire sans raison.
ÉCRIVAILLER : écrire à tort et à travers.
ÉCRIVIN : sorte de crabe. B.
ÉCUIRIE : écurie. Du latin
equus, d'où est venu aussi le mot écuyer. A.
ÉCUISSETER : arracher la cuisse. Au figuré, ôter une branche.
ÉDUCHIR : adoucir, en parlant d'un outil qu'on affile.
ÉFANT : enfant. Roman, ainsi que le mot
afans. Patois Forésien. Patois Walon. Patois d'Alais.
ÉFESTOUI : enjoué, gai. De fête, qu'autrefois on écrivait et prononçait
feste. A.
EFFABI : pâle, déconcerté, effronté. Vire.
EFFORBIR : reprendre des forces.
ÉFLOQUETER (en parlant de la laine) : l'étirer et la nettoyer. Du latin
floccus, flocon, anciennement floc. Floket, en patois Walon, signifie noeud, enlacement de choses flexibles.
EFFONDRER : enfoncer. Effondrer une volaille, c'est la vider. Effondrer une maison, c'est en enfoncer les portes ou les fenêtres. Roman.
EFFOUCAS (s. m.) : homme ou femme évaporés, dont l'air est propre à
effoucher.
EFFOUCHER : effaroucher, effrayer. Syncope. L. EFFOUDRER: foudroyer. Au figuré, écraser. S.-I.
EFFOUILLE (s. f.) : bestiaux produits ou engraissés durant l'année, dans une ferme, et dont on fait la vente. Cette année, l'effouille n'a presque rien produit. A.
EFFOUQUETER : effaroucher, battre. L.
EFFRAISER (en parlant du pain) : émier. Du roman
effresler ; du latin effringere.
EFFRITER : effrayer. Du mot
effroi. B.
EFFRITÉ : décomposé, tout blême, tout défait.
ÉGACHIR : écraser, faire en quelque sorte du
gachis. A.
ÉGAILLER : éparpiller. « Egaillez-vous, mes gars ! » C'était une locution familière aux chouans, en présence d'un danger, et qui signifiait: « Dispersez-vous, mes garçons ! »
Aiguaïer s'employait autrefois dans le sens de tremper dans l'eau. D'aqua, eau ; aigue, en vieux français, et encore aujourd'hui aiguière : vase à contenir de l'eau. Ainsi s'égailler doit signifier se répandre comme l'eau d'un vase renversé.
ÉGALIR : faire éprouver un engourdissement momentané par l'effet d'un coup. C'est ce que produit le toucher de la torpille , ainsi que la fracture d'une branche de certains bois, tels que l'érable.
ÉGALUER : éblouir. Valognes.
ÉGAMELER ; ÉGAMELIR : écraser.
ÉGAUGER :
jauger, échantillonner; vérifier un poids, une mesure. D'aequalia, égal.
ÉGLAVÉ : mort de faim. M.
ÉGLU : glu. L
ÉGOHINER : égorger, couper le cou ; blesser gravement. Au figuré, maltraiter de propos. D'
égohine, petite scie. A.
ÉGOULER (S') : s'égosiller. Voyez ÉGUEULER (S' ).
ÉGRAT : petit endroit dont on a
gratté la neige, pour y attirer les oiseaux.
ÉGRILLAS : déversoir d'un moulin.
ÉGRIMER ; ÉGRINFLER : égratigner. En patois du Jura :
égraffiner. On dit aussi, en patois Normand, égrincher, égrinfer, griffer. Voyez GRIN.
ÉGRINFLURE : égratignure. M.
ÉGRIPILLONNER : débarrasser un arbre de son
gripillion. Voyez ce mot. L.
ÉGROUGE (s. f.) : instrument à un rang de dents, qui sert à séparer de sa tige la graine de lin. Du verbe
gruger. A. ÉGRUGETTE (s. f ) : égrugeoir.
ÉGUENÉ : avare ; qui est ou a l'apparence d'être pauvre. D'
egenus.
ÉGUEULER (S') : s'égosiller. Voyez ÉCOULER (S'). S.-I.
ÉHERNER : éreinter. Couteau éherné : qui a perdu son ressort. De rein. A Bayeux , un homme éherné ou érené est un homme insolvable. C'est le mot pris au figuré.
ÉJAPPER : aboyer,
japper. Onomatopée. (Coutances). ÉLAVARE : petite digue pour élever le niveau de l'eau.
ÉLÉNU : homme mal bâti, décharné, déguenillé.
ÉLEXIR : élixir.
ÉLIANÇOURE ; ÉLIENÇOURE (s. f.) : tube de sureau pour lancer de l'eau. Voyez CLIFOIRE.
ÉLIGNER : élaguer. Du mot ligne.
ÉLIMER : user, en parlant du linge.
ÉLINDER : glisser sur la glace, sur le feu. Voyez RINGLER. A.
ÉLINGUE : fronde. De l'anglais
sling. L.
ÉLINGUER : lancer, jeter au loin. Des vieux mots
eslingueur, eslinguir.
ÉLOQUETER : mettre en pièces, en
loques.
ÉLOSSER : ébranler, secouer. Voyez LOCHER. A. ÉLUGEMENT : ennui causé par de sots propos.
ÉLUGER : ennuyer. Du latin
lugere. En roman, élugir, être troublé.
ÉLUITE : élite, choix.
ÉLUITER : éliter , choisir.
ÉLUNÉ : privé de la vue.
ÉMAQUER : écraser. En patois du Jura,
émacher.
ÉMAYER (S'). Voyez ÉMOYER.
EMBABOUINÉ : mal tenu ; dont les vêtements sont en désordre et de mauvais goût. De
babouin. A.
EMBAQUETER : mettre une sorte de bâton ou de carcan aux animaux, pour les empêcher de passer à travers les clôtures. B.
EMBARLIFICOTER ; EMBERLIFICOTER : embarrasser. Du verbe roman
emberlucoquer ou embureliquoquer : couvrir la tête, et, au figuré, amuser de vaines paroles. C'est à peu près l'emberlicoquer ou emberlucoquer du patois Lorrain, verbe qui signifie coiffer de ; par exemple, au figuré : coiffer d'une idée ridicule ; au propre : embarrasser la tête d'affiquets.
EMBARNIR (S') (v. n) : prendre de l'embonpoint.
EMBARRAS (FAIRE SON) : se donner de l'importance. Patois Lorrain. On dit aussi : faire de ses embarras.
EMBATÉE : ce que l'on place sur un bât. L.
EMBÉRIONNÉ : embarrassé. A.
EMBERNOUSER : salir avec des excréments. En Roman ,
embresner. Voyez BERNOUSER. A.
EMBERON : embarras. A. - M. Du Méril écrit embront, et le traduit par essor.
EMBÊTANT : ennuyeux.
EMBÊTER : ennuyer.
EMBLAIER : emblaver. Semer du
blé.
EMBLER : dérober, enlever.
EMBOBELINER : envelopper avec grand soin. Suivant Cotgrave, ce verbe, en Roman, signifie séduire par des mensonges. Dans ce cas, c'est une expression figurée.
EMBOFETER : emboîter ; faire entrer dans une rainure ou une entaille.
EMBRÊLER ou EMBREULER : embricoler.
EMBRENINQUER : envelopper et embarrasser.
EMBROQUER : embrocher. S.-I.
EMBROUILLIAMINI ; BROUILLIAMINI : confusion,
embrouillement.
EMBRUNCHIR (S') : s'assombrir, devenir
brun.
EMEILLÉ, adj. (Orne) : inquiet, qui est en
émoi ; en vieux français émoie. MM. Du Méril.
EMENER : agiter. A.
ÉMERAS : joyeux. B.
ÉMET : tablier du pressoir, sur lequel on dresse la motte de marc. B.
ÉMEULETER ou DÉMOULETER : déboiter une articulation, la luxer. V. et L.
EMMÊLER : embrouiller. Du verbe mêler.
EMMI : parmi, sur. Roman. S.-I.
EMMIAULER (v. a.) : leurrer, tromper. Corruption d'emmieller. A.
EMMOLER (S') : s'embourber. De
mollis. L.
ÉMOCHER : broyer, écraser. Voyez ÉMAQUER.
EMMOLENTÉ : moulu de fatigue, brisé de lassitude. B.
ÉMONSTRER : tuer impitoyablement. L.
ÉMOQUER : chasser les môques (voyez ce mot), les mouches.
ÉMOTIONNÉ : ému. A.
ÉMOTIONNER : émouvoir. A.
ÉMOUCHER : chasser les
mouches ; agacer,  irriter, comme des abeilles, des mouches, qu'agacent, qu'irritent ceux qui s'en approchent et qui les troublent.
ÉMOUSSE (s. f.) : arbre destiné à être
émondé. Du verbe émousser : enlever la cime. Voyez ROUCE, têtard. A.
ÉMOYER (S') : s'émouvoir. En Roman,
s'émoier. Du vieux substantif émoi, qui vient du verbe latin movere.
EMPAFFÉ : gorgé d'aliments, empiffré, ivre. Patois Lorrain.
Epaffé, en patois Walon.
EMPANCHOURE ; EMPANCHURE : empansure, indigestion, en parlant des animaux. De
panse.
EMPATURER : attacher par les pâturons, empêtrer, enlacer. En patois Walon,
épasturer.
EMPÊCHÉ : embarrassé.
EMPENDANTÉE : linges ou autres objets à laver, attachés et
pendants l'un à l'autre. Une empendautée de mouchoirs, de torchons.
EMPESTIFÉRER : empuantir, puer.
EMPIERRER : garnir de pierres.
EMPIQUER (v. a.) : garnir de
piquets.
EMPLIER : employer. C'est bien emplié : c'est bien mérité. Ce sens donné an verbe employer était autrefois admis par nos bons écrivains : car on lit dans Brantôme (
Dam. Gal., disc. I) : « Je vous laisse à penser... s'il n'estoit pas bien employé qu'il en portât les cornes. »
EMPOMMER (S') : avaler une pomme qui embarrasse le gosier. C'est un accident fâcheux et quelquefois mortel, qui arrive aux bestiaux dans les vergers.
EMPORTÉ SUR : passionné pour, avide de. L.
EMPOTTER: mettre en
pot, en bouteilles.
EMPRINZURER ( S' ) : s'enrhumer. A.
EMPULENTIR : empuantir. Roman. A.
EN (pour les prépositions
à et dans). Pierre est en le champ. Il va demeurer en Damigni. Les méridionaux disent : en Avignon. Id. Patois du Jura. A.
EN CI ET : d'ici à. En ci et Pâques: d'ici à Pâques.
EN ENTIER : entièrement. Patois Lorrain.
EN PAR ( D') : depuis. D'en par ce jour : à partir d'aujourd'hui.
EN PLACE DE : au lieu de.
ENCAGER : mettre en cage. Au figuré, mettre en prison. ENCAGNONNÉ ; ENCANJONNÉ : resté sans accroissement, en parlant d'un enfant , d'un petit animal. Voyez CANJON.
ENCARCANER (v. a.) : mettre un carcan à un animal. L.
ENCHARGER DE ; ENCHERGER DE : charger de. Du Roman
encorchier. L. On trouve encharjer dans ces vers de Ruteboeuf (Dict de S. Erberté) :


Or oez ce que m'encharja
Ma Dame qui m'envoia ça.

ENCHARROI ; ENCHARREUX. Voyez CHARROUET.
ENCHAUBERTÉ : enrhumé. Voyez CHAUBERT. A.
ENCHIFFONÉ : enchiffrené. (Valognes.)
ENCONTRE ; A L'ENCONTRE : contre. Je ne vas pas à l'encontre : je ne dis pas le contraire. Dans la langue romane, la préposition
alencontre signifie envers, à l'égard.
ENCOVIR : convoiter.
ENCRÉPI : invétéré. Mains encrépies : mains calleuses, comme si elles étaient enduites d'un
crépi.
ENCRÉTINÉ (moulin encrétiné) : qui ne peut fonctionner à cause de la
crétine, grande crue des eaux. Voy. CRÉTINE. A. ENCROUER : accrocher. Rester encroué : rester accroché. Roman.
ENCRUCHER : accrocher. Du Roman
encrouer. A.
ENDAGNÉ : invétéré. A.
ENDAGNER : inviter. B.
ENDÉMENÉ : turbulent, désordonné, évaporé. Brantôme s'est servi de ce qualificatif pour désigner les femmes dont la conduite est reprochable. (
Dam. Gal., t: II ). Du latin demens. A.
ENDÊVER : endiabler. De l'italien
diavolo ; de l'anglais devil, mots qui signifient diable. On trouve desvé pour fâché dans les chansons de Thibaut, roi de Navarre; et le vers suivant dans la Farce de Pathelin, p. 63 :


Il semble qu'il doye
desver.

Dans la langue romane, endesver, c'est enrager, être égaré. Roquefort dérive ce verbe du latin deviare.
ENDEVERS : vers, devers.
ENDITER : indiquer, annoncer, faire connaître. Du Roman
addicter, désigner; ou d'endicter, faire savoir. Enditier dans Joinville. L.
ENDORMOIR (s. m.) : grande tasse de grès, qui tient le milieu entre la tasse ordinaire et l'écuelle. A.
ENDREIT ; ENDREIT DE : envers, à l'égard de.
ENDREIT ; ENDRET : endroit, lieu.
ENFALÉ se dit des volailles qui n'ont pu digérer les aliments contenus dans leur
fale, leur jabot. L.
ENFANTOMER : ensorceler. B.
ENFLE (s. f.) : tumeur,
enflure. L.
ENFLUME : enflure. Du roman
enfleume, que Borel tire du latin inflatio.
ENFONCER : tromper, faire dupe.
ENFONTUME. Voyez MORFONTURE.
ENFOUILLER : enfouir.
ENFOURSURE : enfonçure, fonçailles ; fond de sangles d'un châlit.
ENFROIDURÉ : refroidi, frileux; qui grelotte. Roman. D'
infrigescere, selon Monet. L.
ENFONTER : affronter. S.-I.
ENGAGNER : irriter, mettre en colère. S.-I.
ENGALU : goulu. Du latin
gula.
ENGASER (S') : s'embourber. De
vase.
ENGAVER (S') : se bourrer d'aliments jusqu'au
gavion. Voyez GAVION.
ENGELÉ : qui éprouve l'effet de la gelée. L.
ENGELEAU, et non pas ANGELOT : fromage
engelé, c'ést-à-dire dont le froid, la gelée, a empêché le serum ou petit-lait de s'égoutter suffisamment.
ENGIGNIER : tromper, user d'engin.
ENGIN : moyen de ruse. Dans la vieille langue française, il signifiait industrie.
ENGOULER : saisir avec sa
gueule ; en parlant d'un animal. De gula. L.
ENGROULIR : engourdir de froid.
ENGRUGER : se passionner pour. Roman.
ENGUEUSER : duper.
ENHAIR :
haïr, fuir, abandonner : en parlant d'oiseaux qui quittent leur nid, lorsqu'ils s'aperçoivent qu'on l'a visité. Dans le patois Roman, ce verbe signifie hair fortement. L.
ENHANNER : ahanner.
De la basse latinité, ahannare, anhelare.
ENHASÉ : affairé, pris en mauvaise part. Par extension, homme qui fait l'important ; enflé d'orgueil. On trouve ce mot dans Henri Estienne. Nicot dit qu'il signifie affairé. De la particule
en et du substantif hâte. Ainsi l'enhâsé serait un homme qui affecte de l'empressement pour faire croire qu'il a de grandes affaires. A.
ENHATER :
hâter, presser. Du Roman enhâtir.
ENHARSÉ : enraciné, invétéré. B.
ENHEUDÉ : fixé par des
heudes, liens pour empêtrer. Valognes.
ENHIEU ; ENNIEU ; ENGNEU : aujourd'hui. Voyez ENHUI. B.
ENHUI : aujourd'
hui. Roman, ainsi qu'ennuia. Des mots latins in hoc die, hodie. Dans le Testament de Pathelin, ce mot est écrit eunuict (dans cette nuit), quoiqu'il y signifie simplement aujourd'hui :


Fauldray-je ennuict ? Las ! quel reproche !

ENLARGIR : élargir. En Roman, enlarger signifie étendre, augmenter. L.
ENLEUDER (S') : s'embarrasser , s'empêtrer. Voyez HEURES. A.
ENLEUGIR : alléger. S.-I.
ENLISER : embourber. Voyez GLISE.
EMMITOUFLER (v. réfl.) : s'envelopper la tête comme avec un
amict ; on dit aussi amitoufler. MM. Du Méril.
ENORDIR. Voyez ORDRE (Mettre en). L.
ENOSSER (S') : avaler un
os qui embarrasse le gosier.
ÉNOTER :
ôter les feuilles, les noeuds d'une branche.
ÉNOULER : moudre grossièrement.
ENQUÉRAUDER : ensorceler. Du Roman
caraude, sortilége.
ENQUERCAUCHÉ; ENCARCAUCHI : empêtré. Vent encarcauché ou encarcauchi : vent qui souffle sourdement dans les arbres comme à l'approche d'un orage, et qui y semble arrêté, enchevêtré.
ENQUERVOISER : accrocher.
ENRAUDER (v. a.) : ranger en
raude les émondes que l'on a coupées. L.
ENROUSER : arroser. L.
ENRUBISQUEUX , SE : amoureux. De
rut. A.
ENS : céans. dans, dedans. Alain Chartier dit (
OEuv. , p. 532)


Je pleure ens et me ry par dehors.

ENSANGMÊLER (Faire) : irriter , mettre en colère. Voyez SANG-MÊLER. B.
ENSAQUER (v. a.) : mettre dans un sac. L.
ENSASINEMENT : assassinat.
ENSASINER : assassiner.
ENSEMBLÉE : assemblée. L.
ENTEL : tel. MM. Du Méril.
ENTENTE : intelligence, faculté de bien entendre, de bien saisir ; jugement. S.-I.
ENTEUNÉ : enfermé chez soi. Voyez TEUNE. A.
ENTEURI. Voyez ENTOUI.
ENTICULÉ : articulé. S.-I.
ENTOMBIR. « Mot encore en usage en Normandie », dit Roquefort, qui assure que ce verbe signifie étonner, surprendre.
ENTORS : tortu. A.
ENTOUR : environ, à peu près. Roman.
ENTREBAT : la partie du
bât qui est entre ses deux atelles.
ENTRE-CI-ET : entre ce moment-ci et tel autre ; d'ici à. ENTRETENANT (de bâtiments) : bâtiments réunis qui s'
entretiennent. L.
ENTRETRIPLER (S') : se battre à
triple outrance. En Roman , atribler signifie accabler de coups. Dans le patois Walon, triplé, c'est « battre les terres afin quelles s'affaissent moins », dit l'abbé Cambresier dans son Dict. walon-français. A.
ENTROMPER : mettre le soc en terre ; l'y enfoncer. ENTROUBLIER (S') : perdre la mémoire ; oublier. Dans les
Chansons du roi de Navarre, entrobli signifie étourdi, troublé. En Roman, entroblier, entroblir : suspendre, troubler. On lit dans le Roman de Troye :


Ki set, et n'ensoigne et ne dit,
Ne petit estre ne s'
entroblit :
Science, qui est bien oie,
Germe, florist et fructifie.

ENTURI : gâté par un long séjour dans la saleté. M. ENVELIMER : envenimer. Voyez VÉLIN. Roman. Un ancien proverbe disait :


Paroles rapportées
Sont envelimées.

ENVIER : envoyer. En patois Walon, invier.
ENVIRON : à. Il est environ son ouvrage : il est occupé à son ouvrage. Des Perriers (
Nouvelle 129, intitulée : D'une jeune fille surnommée Peau-d'Ane) dit : « Comme elle était environ ces grains d'orge, ses père et mère fesoient soigneuse garde. »
ÉPAMI : absorbé, interloqué. S.-I.
ÉPANTABLE : épouvantable, monstrueux , très-gros. En patois Bourguignon,
éponter ; dans le patois Troyen, épanter signifie épouvanter. Molinet, dans ses poésies, semble avoir tiré de l'espagnol espantar le verbe français épanter, qu'il emploie pour épouvanter.
ÉPAPLOURDIR : étourdir, éblouir d'un coup inattendu.
ÉPARÉ : clair, serein. Le temps est éparé. L.
ÉPARTIR : répandre, éparpiller, repartir. L. Guil. Guiart dit :


Ribaces qui de l'ost se partent
Par les champs çà et là s'épartent.

ÉPASSE ou ESPACE (s. f.) : pièce de la maison au rez-de-chaussée, et qui a une porte de communication avec le chauffe-pied. Voyez CHAUFFE-PIED.
ÉPATER : détacher un drageon du
pied d'un arbre.
ÉPATEE : étoupe. Vire.
ÉPAVILLER : disperser, éparpiller. D'
épave.
ÉPÉ ; EPEC ; EPEU : pivert. Du latin
picus.
ÉPELLIR : démêler. En parlant de la laine.
ÉPERNE-MAILLE (s. f.) : tire-lire. En patois Walon,
spâgn'mâ. D'épargne et de maille, petite monnaie. A.
ÉPESTOUI : qui court çà et là ; étourdi. Voyez PESTER. ÉPÉTER : éclore, en parlant des éruptions cutanées. L.
ÉPEUFIR : ébouriffer. L.
ÉPICOCURE DES PRÉS :
Cynosurus cristatus.
ÉPIETTER (S') : se meurtrir les pieds en marchant, au point de ne pouvoir s'en servir. B.
ÉPIFRA (s. m.) (Orne) : éclat de bois. MM. Du Méril. ÉPIGNOCHE ; ÉPINOCHE (s. f.) : faucet, brochette de . Voyez PIGNETTE, PIGNOCHE. B.
ÉPILER : extirper les broussailles, comme du poil (
pilum).
ÉPINE (NOBLE) : aubépine, épine-blanche. B.
ÉPINE-NOIRE : prunellier.
ÉPINETTE : guimbarde.
ÉRINFLURE : égratignure. L.
ÉRIVIÉRES : étrennes. S.-I.
ERJU (s. m.) : ennui. L.
ERJUER : ennuyer, vexer.
ERLIGION : religion.
ERLISER ; ERLUISER : briller,
reluire.
ERMÉNA : almanach.
ÉRONCE : ronce. Id. en patois Troyen.
ÉRONCER : extirper les
ronces.
ERQUEMANDER : recommander. S.-I.
ERRENÉ : éreinté. On lit dans la
Satire Ménippée : « Le sort tomba sur un pauvre malotru, meneur d'âne, qui, pour hâter son misérable baudet, tout errené de coups et du fardeau, dit tout haut : Allons, Gros-Jean , aux États ! »
ERREUR : différence.
ERRIÉE (s. f.) : accès, abondance. Il a été pris d'une erriée de toux. B.
ERRIÈRE : arrière.
ERRUSÉE ; ÉRUSÉE : essor, volée. Prendre son errusée. Du vieux substantif
erre, course, venant d'errare : errer, divaguer. A.
ERSAI ou ERSEI :
hier au soir. En Roman, erseir.
ERSE : facilité, espace. Avoir l'erse de.
ERSINCHER : fripier. S.-I.
ERSOURCE : source d'eau. Ressource.
ÉRU ; ÊRU : lierre. De
hedera. L.
ÉRUSSER : effeuiller une branche à pleine main, comme lorsque l'on cueille les feuilles de l'
éru, lierre. A.
ÈS : aux, dans les. Roman.
ESBIGNER : tuer. S'esbigner : disparaître, fuir.
ESBROUF : embarras , affectation.    Faire esbrouf, de l'esbrouf. Voyez EMBARRAS.
ESCACHETTE : casse-noisette. Voyez ÉCAUCHETTE. Manche.
ESCANDIE (Sucre D') : sucre
candi. Voyez SCANDI. ESCARGAITE ou ESCARGUETTE : sentinelle. Voyez ÉCHAUGUETTE.
ESCARBILLARD : étourdi, éventé. Cette fille est coiffée à l'
escarbillard. En Roman, escarbillard signifie gai, plaisant, rusé. Dans le patois Toulousain, escarbilhat, dispos. En espagnol, escarapela se traduit par dispute et par noeud de ruban à la coiffure. On trouve escarbilhat dans la Nouvelle 52 de Des Perriers. En patois Lorrain, escarbouillette, étourderie.
ESCARBOUILLER. Voyez ÈCARBOUILLER.
ESCOFFIER (v. a.) : égorger. De l'italien
scuffia, coëffe. C'est une sorte de litote. Escoffier : décoiffer, pour ôter la tête.
ESCOFFION : nippes de femmes. De
scuffia.
ESCORNIFLER : écornifler. Id. en patois Lorrain.
ESCOT : promenade ; espace que parcourt une sentinelle. ESCOUER : secouer. Du latin
excutere. S.-I.
ESCOURRE. Voyez ÉCOURRE.
ESCOUSSE. Voyez ÉCOUSSE.
ÉSERAIS :
esquille, éclat.
ÉSERGOTER : blesser le pied , les ergots ; arracher les ergots. Esergoter un boeuf, c'est lui blesser le pied, au point de lui faire perdre un ou plusieurs ergots. Voyez ÉRIGOT. A.
ÉSIQUIÉ : chétif, exigu. Du latin
exiguus.
ESPADRON : espadon.
ESPADRONNER : espadonner.
ESPAIGNER : épargner. Employé par Basselin.
ESPÊCHE : épingle. De l'islandais
spick ; du latin spiculum.
ESPÉCIAUTÉ : belle apparence. (Valognes. )
ESPÉRER : attendre. Patois du Midi. L.
ESPRANGNER : détruire, briser. De l'islandais
sprangia. ESPRITÉ : spirituel. L'Académie admet le verbe familier espriter pour donner de l'esprit. On lit, dans le Voyage de Chapelle et de Bachaumont, ce vers sur Mme d'Osneville :


Elle est jeune, riche, espritée.

ESQUAINTER : tuer ; mettre en pièces.
ESQUÉLETTE (s. f.) : squelette.
ESQUIPOT : enjeu. Dans l'Académie, l'esquipot est la tirelire.
ESSAIMAGE : action d'
essaimer en parlant des abeilles. ESSART : terrain inculte. Voyez DÉSERTER.
ESSAYER : écorcher l'épiderme..
ESSEMER : essaimer.
ESSENILLER (v. a.) : disperser, éparpiller. A.
ESSENTE : bardeau, petit ais mince dont on couvre les maisons.
ESSERBER ; ESSERPER : élaguer au moyen de la serpe. (Vire.)
ESSIAUX ou ESSAUX : digue par laquelle le trop plein du bief prend son cours. Du vieux verbe
issir, sortir ; ou bien d'ais, planches, parce que la digue admet dans sa construction plusieurs madriers.
ESSOINE : excuse. MM. Du Méril.
ESSOUDRE ou ESSOURDRE : élever en l'air; s'élever. De
surgere.
ESSUI ou ESSUYEUX : torchon.
ESTAMPER : fouler, écraser. De l'islandais
stappa. ESTOMAQUER : fâcher. Du verbe anglais to stomach, qui vient du latin stomachor, se dépiter. B.
ESTORER. Voyez ÉTORER.
ESTRAGAUCHINES : hypothèques. MM. Du Méril. O.
ET PIEUS : et puis, ensuite.
ÉTAMPIR : suffoquer.
ÉTAQUER : peler le gazon.
ÉTAU. Voyez ÉTOUBLE.
ÉTAUDIR : assommer. Voyez ATOUT.
ÉTAUPINER : rabattre la terre des
taupinières.
ÉTEI : aussi. Du latin
item. Voyez ITOU. S.-I.
ÉTÉLET : hirondelle de mer (
Sterna hirundo).
ÉTERCELET : tiercelet.
ÉTERMINE ; ÉTERMAIGNE (s. f.) : état de dépérissement. Ce mot vient de ce que le malade, qui est ordinairement un enfant, reste
indéterminé, c'est-à-dire ne croît pas, n'obtient pas de guérison, et de ce que sa maladie n'augmente pas.
ÉTERSE (s. f. ) : brosse. Du verbe latin
extergere, nettoyer.
ÉTEURDRE : manier la pâte, la
tordre. Tordre, en patois, teurdre.
ÉTIBOQUER : agacer comme avec un étibot. Voyez ASTICOTER.
É'TIBOT : petit éclat de bois. Arbre rabougri.
ÉTIPE : somme ou pièce de monnaie restant au-delà d'un paiement effectué, ou d'une somme ronde. Un liard d'étipe. Voyez SUBRÉCOT.
ÉTIQUENARD : sorte de canard sauvage (
Anas acuta). B. ÉTIQUER : éplucher. Voyez EFFLOQUETER.
ÉTOCURE (s. f.) : grosse pierre ou maçonnerie employée pour
étoquer une construction. Voyez ÉTOQUER.
ÉTOMIE (s. f.) : squelette. D'anatomie. Dans le patois Walon,
atomeie.
ÉTOQUER (v. a.) : soutenir une construction par une forte pierre, ou par de la maçonnerie.
ÉTOQUER : attacher. S.-I.
ÉTORER (en parlant des noix ; des châtaignes : leur enlever leur brou, leur hérisson). Voyez ÉCALER.
ÉTORER : pourvoir. Dans l'ancien français,
estorement signifiait provisions, meubles. De l'anglais stord.
ÉTOT : racine du chaume.
ÉTOU : aussi. Voyez ITOU.
ÉTOUBLE ; ÉTEULE ; ÉTAU: chaume laissé debout et dans lequel il se trouve des herbes réservées aux bestiaux. Dans le patois de Grenoble, on dit
eitoublo, chaume. Du latin stipula. Etouble appartient au patois Lorrain ; en patois Walon, ateûle. A.
ÉTOUPAS : bouchoir de four. Ce mot vient, par corruption, d'
étouffer le four, ou de ce que le bouchoir le ferme comme ferait un bouchon d'étoupes sur toute autre ouverture. En patois Walon, ristopé signifie boucher, fermer.
ÉTOUPER : mettre l'étoupas. Ce verbe signifie aussi essarter, couper les broussailles.
ÉTRAIN : paille. Du latin
stramen.
ÉTRALLER : étaler.
ÉTRAMILLER : éparpiller, disperser.
ÉTRAQUER : suivre l'
étrat, la trace.
ÉTRASE : ombre qui ne laisse pas de trace ; objet chétif.
ÉTRAT : sentier tracé et frayé dans la neige. Du latin
stratum.
ÊTRE (s. m.) : bâtiment. Autrefois on écrivait aitres, ce qui se rapprochait davantage de l'étymologie, puisque ce substantif vient du latin
atrium, maison, logis.
ÉTREULER : entasser confusément, écraser.
ÉTRILLER (v. a.) : arracher en déchirant.
ÉTRIPER : éventrer.
ÉTRIVARD : hargneux. L.
ÉTRIVER : débattre. Faire étriver : taquiner, faire endiabler. Cretin l'emploie dans le sens de disputer (p. 47) :


A quoi tient-il qu'aujourd'hui n'
estrivez
Contre la Mort ?

Du vieux mot français étrif, débat. Martin Franc, auteur du Champion des Dames, a composé un traité, en vers et en prose, intitulé : L'étrif ou le débat de Fortune et de Vertu.
ÉTROGNER : émonder. Voyez ÉPROGNE.
EU : heure. Jusqu'à ç't'eu : jusqu'à cette heure. L.
ÉU (pour eu) : participe du verbe avoir. ÉUT ; ÉUSSENT , etc. En Roman
éhu. En parlant des Géants renversés par Jupiter , Jean Regnier, poète du XVe. siècle, dit :


Se ne fust Jupiter, à la foudre bruyant,
Qui tous les desrocha, ja n'
éussent garant.

EUCRIRE : écrire. S.-I.
EUNE : une. En général on dit, en patois :
auqueune pour aucune ; preune, pour prune ; pleume pour plume ; feumer, il feume, pour fumer, il fume, etc. Id. Patois lorrain. L.
EURE (rivière) : il devrait se prononcer Ure, comme dans
gageure, nous eûmes ; c'est ce que nous avons dit dans nos Archives normandes de 1824, p. 247 et 248.
EURIBLE. Voyez AORIBLE.
ÉVACHÉ : déformé, habillé négligemment. Du verbe s'avachir.
ÉVALINGUER (v. a. ) (arr. de Valognes) : jeter, lancer,
élinguer. De af, en islandais. MM. Du Méril.
ÉVAR : mouvement d'impatience. B.
ÉVARER : épouvanter, rendre
effaré.
ÉVELISÉ : à demi-usé, rapé en parlant d'une étoffe. Voyez ÉLIMÉ.
ÉVESTOUI, même sens qu'ÉPESTOUI.
ÉVIPILLON. Voyez VIPILLON.
ÉVRASQUER : arracher en déchirant (Valognes).
EXEMPLE (PAR) : vraiment (employé souvent dans le sens d'une opposition ou d'une réclamation ironiques).
EXPERTISER : procéder à une expertise.
EXPOSITION : péril, accident fâcheux auquel on est exposé.
EXPOSOIR : reposoir.
EXPRÈS (PAR) : exprès.

 

F


FABIN : espion, rapporteur. Du latin
fari, fabula.
FACE : boucle de cheveux tortillée sur les tempes et que les hommes fixaient avec de longues épingles noires. Cette mode de la coiffure a cessé, en 1792, d'être en usage , ainsi que la pommade et la poudre.
FACHON : façon. S.-I.
FACILISER : faciliter.
FAFELU : bouffi, dodu. Employé en ce sens par Des Periers, dans sa 29e
Nouvelle.
FAFIGNER : hésiter, tergiverser. S.-I.
FAGUELIN :
faible de complexion. A.
FAGULTÉ : faculté. Le
g pour le c, comme dans ganif pour canif.
FAIGNIANT, TE : fainéant, te. Du vieux mot
nyent ; niente, en italien : néant, rien. Dans les actes rapportés par Lobineau (Hist. de Bretagne, t. II, p. 769), on trouve souvent neyent pour néant. L'auteur du Testament de Pathelin, p. 121, dit :


Fut present Mathelin le sourt,
Attourné de Gaultier faict
nyent.

FAILLERA (IL) ; IL FAILLERAIT ; IL FAILLIRA ; IL FAILLIRAIT : il faudra ; il faudrait. L.
FAILLETTE : feinte.
FAILLIR. Voyez FIAILLIR.
FAIMVALIER : qui a la faimvalle. L.
FAIMVALLE : fringalle, appétit désordonné. Dans le français actuel, la faimvalle est une maladie des chevaux.
FAIS (s. f.) : fois.
FAIT : avoir, affaire, effets. Du latin
factum.
FAIT : faîte.
FAITELAIT : lait caillé.
FAITIER : faîtière, tuile creuse pour couvrir le haut du toit. FAITURIER : syndic d'une confrérie.
FALE (s. f.) : jabot des oiseaux. L.
FALLIPOUX : homme décharné et de mauvaise apparence. FALMÊCHE (s. f.) : flammèche, étincelle.
FALU : oiseau qui a un gros jabot. Au figuré, orgueilleux qui se rengorge. L.
FALUE (s. f.) : sorte de gâteau plat, cuit rapidement à l'entrée du four, pendant qu'on le chauffe. De
fale, parce que cette galette gonfle l'estomac (la fale, au figuré). C'est ce qu'on appelle ailleurs galette à la fouée. B.
FALUMÊCHE. Voyez FALMÊCHE.
FAMEUSEMENT : beaucoup.
FAMINOT : pain de sarrasin, pain grossier qu'on n'emploie qu'en temps de famine. O.
FAMULER : devenir
familier. O.
FANFLUE : berlue.
FANGUE : boue,
fange. Du Roman fanc.
FANIL : fenil, grenier à foin.
FAQUIN : celui qui affecte de s'habiller avec élégance. L. FARACHE ou FARAGE (s. m.) : communauté d'une chose entre deux personnes qui en usent comme
frères. Farage est la corruption de frérage. A.
FARAUD, E : celui ou celle qui affecte avec recherche une mise élégante et prétentieuse. En patois du Jura,
farot.
FARAUDER : faire le faraud.
FARBALAS : falbalas.
FARCER : se moquer de. Employé dans la
Dance aux Aveugles.
FARETTE : moisissure sur le cidre ou le vin dans un fût en baissière. B. Ailleurs, on dit
fleurette, mot dont farette est la corruption.
FARS (s. m.) : farce pour les préparations culinaires. On trouve ce mot dans le poème de Pibrac, intitulé
Les plaisirs de la vie rustique :


Et d'un
fars bien menu lui fait un autre ventre,

dit-il, en parlant d'une oie préparée pour la table. Du verbe farcir. En celtique, fars signifiait pâte de farine, soit de blé, soit d'autres céréales. En latin, far. A.
FATIQUE : fatigue. L.
FATIQUER : fatiguer.
FATRAIN : chanvre chétif. Du français
fretin.
FAU ; FOUTEAU ; FOUTIAU : hêtre. En celtique-breton,
fao.
FAUCHARD ; FAUCHET : sorte de serpe pourvue d'un crochet pour enfoncer les affiches dans les haies sèches. En français, le fauchet est un râteau. L.
FAUCILLON, synonyme de fauchard. L.
FAUQUET ; FAUCHET : sorte de serpe. Du latin,
falx. FAUQUET : croc en jambe qui fait porter à faux le pied de l'adversaire et le fait tomber comme d'un coup de fauchet.
FAUTER : manquer, faire une faute.
FAUTIBLE : coupable d'une
faute. L.
FAUTOISET : émouchet, oiseau de proie.
FAVAT : tige sèche des
fèves. De faba.
FEILLURE : feuillure.
FEIN : foin. De
fenum. Ancien français.
FEINDRE : fléchir, s'affaisser.
FEL, E :
faible, rude, méchant. A Bayeux, ce qualificatif signifie courageux. De fallene ; de félon. Dans les Chansons du roi de Navarre, fel est synonyme d'aigre et de dur.
FÉLER : palpiter dans un membre malade. L.
FÉNAISON : fanaison.
FÉNER : faner. Id. patois Walon. - Ce verbe, en parlant du chat, signifie faire ses ordures. De
fienter.
FÉNEUX : faneur.
FERLAMPIER, FRELAMPIER : vaurien, fainéant. B.
FERLANDE : mauvaise pièce de monnaie. A.
FERLUCHES : copeau léger qu'enlève la varlope. Objet de peu de valeur, d'où on a formé le mot fanfreluches.
FERLUQUET : freluquet. Id. dans le patois Walon.
FERMAIGNE (s. f.) : meuble propre à
renfermer quelques effets. Par extension, des meubles. A.
FERMINE, synonyme de fermaigne.
FÉROUESSES ; FÉROUSSES : jambes, terme de mépris comme croches, flûtes, triques. A.
FERRER (v. a.) : carder, en parlant du chanvre et du lin.
FERRET : sorte de tonneau.
FERREUX : cardeur de chanvre et de lin.
FERRIER : grande tonne.à cidre.
FERSIR (v. n.) : trembloter, transir, frémir. A.
FERTILLON ; FEURTILLON : frétillon. Du verbe
frétiller. A.
FÉRU : fort et fier. Du celtique-breton.
FERZAIE : fresaie. Belon a dit :


Le hideux cri de la
fresaie effraie.

FESTAMPER : battre. fesser. O.
FESSE-LARRON : houx fragon (
Ruscus aculeatus). B.
FÊTRE : espèce de panaris. B.
FEUGÈRE : fougère (
Polypodium filix). L.
FEUILLON : frêlon. B.
FEUILLOT : feuillet. L.
FEUILLOTER : feuilleter.
FEUPERIE : friperie. Voyez PEUFE.
FEUPES : guenilles, propres au fripier.
FEURRER : empailler. Feurrer une chaise, c'est la rempailler. De
feurre.
FEUVE : fève.
FÈVE (petite) : haricot (
Phaseolus). On désigne, en Normandie, la véritable fève (Vicia faba) sous les noms de grosse fève, et de gourgane. Voyez POIS. Dans le patois Walon, fève signifie haricot.
FIAH : fi !
FIAILLIR (v. n.) : se faner, se flétrir. En patois Walon,
flawi : faillir, tomber en défaillance. Dans le patois Rennais, faillir signifie maigrir, se faner. A.
FIAMBÉE; FLAMBÉE : feu brillant et de peu de durée. FIAMME : flamme. Patois Walon. B.
FIANCE : confiance. L.
FIANCHAILLES : fiançailles. S.-I.
FIANT : mouillé.
FIARACHE ; FIARAGE : communauté ;
frérage. A.
FIAT : confiance, foi. B.
FIAU : fléau à battre le grain. Voyez FLOIS.
FIAUTÉ : foi, confiance.
FICET (diminutif de
fils) : fils chéri. Manche.
FICHANT : désolant, ou du moins très-contrariant.
FICHER et FICHIER : donner, placer. Dans l'ancien Argot,
ficher signifie donner. - Ficher le camp : décamper.
FICHER (SE) de : se moquer de.
FICHTRE ! juron. Patois du Jura.
FICHU : détruit, perdu. Fichu pour : fait pour, capable de. M. FIDÈLE : sensible. A.
FIDÉLION (Faire un) : faire un cadeau.
FIÉE : multitude, abondance. Fiée de monde : affluence de monde. B.
FIÉGE : roseau pour empailler les sièges. Voyez LAICHE. FIELLU : fort, puissant, courageux. C'est le synonyme de
fêle. B.
FIENT (s. m.) : fumier. De
fiente, qui vient du latin fimus. Patois Troyen.
FIÉRISER : irriter. S.-I.
FIEUR : fleur. A.
FIEUX : fils.
Patois Picard. S.-I.
FIFOLLET.
Voyez FOLLOT, et FOURLORE.
FIFOTTE (s. f.) : frai de poissons agglutiné, que la mer laisse parfois sur la grève. B.
FIGNOLER (v. n.) : s'habiller avec recherche ; affecter des airs gracieux. Voyez FION.
FIGNOLEUR : recherché dans sa parure.
FIL (Avoir le) : avoir de la ruse, de la finesse. C'est être comme un outil bien
affilé. Voyez TRUC.
FIL-EN-TROIS : eau-de-vie. L.
FILANDRE : filament.
FILEBERT, ou plutôt PHILBERT : noisette, aveline. Peut-être du nom de quelque anachorète, qui faisait de ce fruit sa nourriture ; d'où probablement vient, par ironie, la dénomination de
pâté d'ermite.
FILETTE (du jour) : point du jour.
FILEUR : épervier (
Falco nisus).
FILOIRE : fileuse, ouvrière que l'on emploie à
filer le chanvre. A.
FILOTIER : tisserand, fabricant de toile. Du mot
fil. A.
FILTER : tiercer ou repiler pour la troisième fois un marc de pommes.
FIN dans A LA FIN DES FINS : enfin.
FINARÉ : astucieux, fin.
FINASSIER : finasseur, qui finasse, rusé, dissimulé.
FINER : trouver. De l'islandais
finna.
FINGUE : foi. Par ma fingue : par ma foi. On dit aussi : par ma finguette.
FINOT : fin-or , sorte de poire d'été, jaune comme de l'
or fin.
FIOLER (v. n.) : boire au point de s'enivrer.
Fioula, en patois de Grenoble. De fiole.
FIOLER. Voyez FÉLER.
FION : tournure, bonne façon. Id. en patois Lorrain.
FIQUER : mettre. De ficher.
Fiqu'ous là : mettez-vous là. Fiquer un clou : l'enfoncer.
FIRLIT : petit poisson, fretin de mer, dont on se sert pour appât. B.
FIROU (Noblesse à Martin) : va te coucher, tu souperas demain : noblesse indigente, pauvres hobereaux.
FISSET ; FISSIA ; FISSIAU : petite barre qui sert à fixer (Manche).
FISTEAU : barre de treillage. Fuseau. C.
FISTON (diminutif de fils) : petit enfant chéri.
FLAFLA : entretien, fréquentation. S.-I. Dans d'autres départements, on dit : faire du flafla, pour faire des embarras.
FLAGEOLET : sorte de haricot. Corruption du vieux français
faseols. De faseolus.
FLAINDRE. Voyez FEINDRE.
FLAIS ; FLAIT ; FLET : fléau pour battre les céréales. Patois Troyen.
FLAMBE : flamme. Roman.
FLAMBÉE; FLAMBINE : feu brillant de courte durée. L.
FLAMMICHE : pain ou
miche mal cuit, comme à une simple flamme. O.
FLANCHET ; FLANCHIN (de mouton) : pièce de cet animal, coupée entre l'épaule et le flanc. L.
FLANER : perdre un temps considérable en causeries, en bavardages.
FLANIER : avare.
FLANIER, ÈRE: qui va flaner.
FLANNER (v. a.) : flatter bassement. A.
FLANNEUR : bas flatteur. A.
FLANQUER : donner, appliquer.
FLAQUET : petite flaque d'eau. S.-I.
FLAQUET : digitale dont les fleurs claquent, pressées d'une certaine façon. FLAQUET se dit, dans la Manche, pour CLAQUET. Voy. ce mot.
FLAQUIN : maigre. D'
efflanqué. A.
FLARIES : réjouissances prolongées. De
frairie. A.
FLAS. Voyez FLAIS.
FLÉLER (v. n.) : faire du bruit, en parlant d'une porte ou d'un auvent qui bat avec force. « Dans l'arrondissement de Rouen, disent MM. Duméril, ce verbe est aussi actif ;
fléler des fruits y signifie les agiter avec violence, et par suite les abattre. »
FLET. Voy. FLAIS.
FLEU : farine ; pour fleur de farine. Fleu de pois, fleu de blé. En anglais,
flour.
FLEUMES. Voyez FLUMES. B.
FLEURER : flairer.
FLEURETTE : première crême qui s'élève sur le lait ;
fleur de crême. L.
FLEURETTE : moisissure sur la baissière d'un tonneau. De fleur, efflorescence. Voyez FARETTE. L.
FLEURIE : confrairie. S.-I.
FLEUTRIR : flétrir.
FLIAIS : fléau à battre le blé. (Manche.)
FLIE  ; FLION : petit coquillage univalve ; la patelle commune.
FLIGER : figer. L.
FLIPE (s. m.) : cidre doux, chauffé avec un mélange d'eau-de-vie et de sucre, et dans lequel on met des tartines ou rôties. De l'anglais
flip, boisson cordiale. Une note sur le Redgauntlet de Walter Scott, ch. XIII , trad. de M. de Montemont, définit ainsi le flip : « Boisson composée de bière, d'eau-de-vie et de sucre, en usage parmi les gens de mer. »
FLIPSAUCER : manger avec voracité.
FLO ; FLIO : multitude (Manche). B. L.
FLON : diarrhée épidémique. Vire.
FLONDRE : poisson de la Basse-Seine, et que, dans la mer Baltique, on appelle
flunder et flundra. C'est le flez (Flessus). S.-I.
FLONER (SE) : se pâmer de colère ou de surprise. Du Roman
enfelonnir : s'irriter. L.
FLONER (v. n.) : flaner. A.
FLONEUR : flaneur.
De l'islandais flanni : désordonné, débauché.
FLONISE (s. f.) : pamoison par l'effet d'une grande colère ou d'une surprise excessive. L.
FLOPER , ou plutôt FLAUPER : frapper, battre.
Fipla : battre. En Roman, flauber. A.
FLOQUER (v. n.) : vaciller, chanceler, en parlant d'une chose mal fixée. Onomatopée. B.    .
FLOQUET : incertain, vacillant, indécis. De flot. S.-I.
FLOQUER : trompeur, escroc, fripon. De l'ancien Argot,
afluer : tromper ; et de l'Argot nouveau, flouer : voler.
FLOUER : voler. Du verbe latin
fraudare.
FLOUETTE : girouette. Du latin
fluctuare.
FLUBER : agiter les épaules pour les frotter. Voyez FRIPER.
FLUMES : flegmes ; glaires ; pituite. L'apothicaire Aliborum s'exprime ainsi dans le
Testament de Pathelin, p. 133 :


User vous fault de sucre fin,
Pour faire en aller tout ce flume.

Du grec φλέγμα ; en latin, phlegma.
FLUTER : boire avec excès.
FO : fou. Du Celtique
fol.
FOCHE : fouace, gâteau salé et poivré sans autre assaisonnement. Voyez FOUÉE. B.
FOCHETTE (s. f.) (
Lotus Corniculatus). B.
FOICELLE, ou FOISSELLE (s. f.) : forme en terre cuite, percée de beaucoup de petits trous, pour faire égoutter le fromage. En patois de Grenoble,
faicella signifie un « vase pour faire cailler le lait » ; en patois du Jura, « moule de bois à faire des fromages. » Faisselle, en français. Voyez CLICHE. A.
FOIS : moment. il y a des fois où j'en perds la tête. Patois Lorrain.
FOISIL : briquet,
fusil avec lequel on battait un morceau de silex pour en obtenir du feu. Le fuisill, dans Partonopeus de Blois. L.
FOISILLER : remuer la cendre mal à propos. Par extension, déranger. Du latin
focus, foyer. A.
FOITER (v. a.) : donner, appliquer. « Je li foiterais le fouet. » Ce mot semble un adoucissement du mot foutre employé dans le même sens par les gens grossiers.
FOLE : filet dont on se sert en haute mer, principalement pour prendre les raies. B.
FOLE, ou FOLLE : trombe. De
follis, soufflet de foyer.
FOLIER : être atteint de folie.
Foloier, dans les Chansons du roi de Navarre. L.
FOLIO : habillemenu surannés et ridicules. Elle a l'air d'un folio. De folle, ou d'un volume in-folio devenu bouquin.
A.
FOLLOT : feu-follet.
FOLUMÈQUE. Voyez FALMÊCHE.
FONCÉE : gestation, portée d'une femelle. Voyez FORCÉE.
FONCER : entrer de force ; se jeter brusquement sur. Il a
foncé dans la maison : il a foncé sur moi. L.
FONDELER : brûler la terre et la disposer pour l'ensemencement du sarrasin. C'est, à proprement parler, préparer le
fonds. A.
FONDELERIE : action de fondeler. A.
FONDRILLE (s. f.) : effondrilles , dépôt ou sédiment au
fond d'un vase..
FONDRILLON (s. m.) : petite fondrille.
FONGE ou FONGUE (PAR MA) : par ma foi.
FONTAISIE : fantaisie , caprice.
FORANGUE (s. f.) : croûte sur les lèvres d'un malade. B.
FORBAITURE : fourbure.
FORBANNIR : exiler, bannir. De
foras, dehors, et de bannir. Employé par Basselin:
FORBU : fourbu.
FORCÉE : portée d'une femelle qui produit plusieurs petits. Une forcée de lapins. De
foras, dehors. L.
FORCIR (v. n.) : acquérir de la force. L.
FORIÈRE : portion de terre en dehors de la partie tabourée. De
foris.
FORMAGE : fromage.
FORMAT : furoncle, anthrax, bouton, mal extérieur. De
foris.
FORTAN (fort temps) : mauvais temps. Faire avoir
fortan à quelqu'un : le faire vexer. On dit aussi : faire porter mauvais temps à quelqu'un.
FOU : enragé. Chien fou, chien attaqué de la ragé.
FOU (en parlant du lait) : lait fou, lait caillé.
FOUADRAILLER : fouailler; faire claquer le fouet à tort e t à travers.
FOUAH ! fi. Cri de huée et de dégoût. B.
FOUAILLE : feu brillant sans durée.
FOUAILLÉE : fustigation complète.
FOUAILLEUR : libertin.
FOUATIN : tâton , qui s'occupe de riens. Voyez NIGON. L.
FOUATINE. Voyez FOUAILLE, FLAMBINE.
FOUATINER (v. n.) : s'occuper de riens, de vétilles. Voyez NIGONNER.
FOUATINES : verges. Du verbe
fouetter.
FOUATINER (v. n.), se dit de quelque chose que le vent enlève (Orne). MM. Duméril.
FOUCADE :
fougade, emportement fougueux.
FOUCADER (v. n.) : éprouver une foucade.
FOUCARAS ; FOUGARAS : écervelé.
FOUCHIBLE : facile à effaroucher.
FOUDRER : écraser, en parlant du corps, du buste surtout. En patois du Jura,
effoudraï : froissé, moulu.
FOUDRER : s'emporter. S.-I.
FOUÉE (s. f.) : feu clair et brillant, fait de branches menues ou de pailles ; feu de la bouche du four. Une galette à la fouée est un petit gâteau que l'on fait cuire à la bouche du four pendant qu'on le chauffe. Des mots
feu, foyer.
FOUÈNE, FOUINE (s. f. ) : instrument de pêche.
Funa, en patois de Grenoble.
FOUETTER LE CHAT : donner un repas des restes d'un festin. A.
FOUI : four, fournil. O.
FOUILLARD : feuillage.
FOUILLIS : confusion, désordre d'objets. C'est le
farrago des Latins.
FOUINER (v. n.) : fuir lâchement.
FOUINER, FOUINETER : fureter. A.
FOUINILLARD : qui
fouine, rôdeur malfaisant.
FOULON : frelon. L.
FOUR : fournil, pièce dans laquelle ouvre le four et se trouve la boulangerie.
FOURBANCER : toucher à tout, comme pour
fourbir.
FOURC : fourchet. Le
fourc (dont on ne prononce pas le c) est, suivant Nicot, « toute chose qui fait un angle aigu. Ainsi dit-on le fourc d'un arbre, des doigts, du chemin, des rues : d'où vient ce mot quarre-fourc par composition de quarré et fourc. De ce mot sont dérivés fourches, et semblables ». On ne l'emploie, en patois, que dans ces locutions : le fourc du derrière, le fourc d'une culotte. On dit le fourchet d'un arbre. Du substantif latin furca, fourche. A.
FOURCELLE : estomac. En Roman,
forcel. Sur ce mot, nous avons donné une note détaillée dans notre édition de Basselin, p. 50.
FOURE (s. f.) : foire. L.
FOURÉE ou FOURRÉE : filet attaché sur les bancs de sable, pour y former un parc où le poisson puisse venir se
fourrer.
FOURÉE ; POIRE-FOURÉE : poire molle. Au figuré, qui a la foure, la foire. Voyez BLET.
FOURER : foirer.
FOURET, TE : petit foireux; petite foireuse. L.
FOURFIÈRE (s. f.) :
fourche de fer à deux fourchons ou dents, longuement emmanchée. L.
FOURGOTTER , FOURGOUÊNER : remuer avec bruit sans utilité. Dans la Mayenne, on dit
fourgâner pour fureter. De fourgon.
FOURLORE (s. f.) : sorte de revenant qu'on croit apparaitre la nuit le long des eaux, sous la forme d'une flamme errante, qui cherche à égarer les passants pour les perdre. Peut-être de l'ancien mot
frelore : vicieux, méchant. L. Dans Pathelin, p. 60, sa femme lui dit :


Notre fait seroit tout frelore.

FOURNAQUER : c'est, comme fourgouêner, remuer en désordre et avec un bruit importun. L.
FOURNIT : babillard.
FOU ROLLE : torche. Voyez COULINE.
FOUROUX, SE : foireux, se. L.
FOURQUE : fourche. Altération d'un juron très-commun dans la bouche des gens grossiers.
FOURRAIGNE (s. f.) : fourrage. A.
FOUTAISE : bagatelle.
FOUTEAU : hêtre. Patois Rouchi.
FOUTELAIE : lieu planté de hêtres.
FOUTILLE (s. f.) : faine, fruit du fouteau. O.
FOUTIMASSER : faire des niaiseries. Voyez NIGONNER. De fou.
FOUTINER. Voyez FOUATINER.
FOUTINETTE : chose de peu de valeur ; bagatelle.
FOUYER : âtre,
foyer. Marot dit, dans l'Épitaphe d'Ortis, le more du roi :


Aussi gris qu'un fouyer cendreux
Et noir comme un beau diable ou deux.

FRAINVALE (s. f.) : boulimie. Voyez FAIMVALE et FRINGALE. B.
FRAINVALIER : qui éprouve la frainvale.
FRAISER. Voyez EFFRAISER.
FRAMBÉYER (v. a.) : nettoyer, en parlant des étables ; les débarrasser de fumier. Nettoyer les petits enfants.
FRAMBIER ; FRANIBISSEUX : qui touche à tout.
FRAMBIR, v. n. : fureter. A.
FRAMBOYER. Voyez FRAMBÉYER. A.
FRANC-LIARD : franc-réal , sorte de poire.
FRARIN : piteux, chétif.
FRÉ ou FREI, FRÈDE : froid, froide. En patois Walon,
freu.
FRÉDURE : froidure.
FREMAILLES : affaires.
FREMEUR : peur, motif de
frémir.
FRÉMI (s. f.) : fourmi. Patois Bourguignon.
Frumihe, en patois Walon.
FRÉNAILLER : faire un bruit agaçant.
FRÉRAGE : association étroite. MDI. Duméril.
FRÉREUX (cousin) : cousin germain.
FRÉSER : émier. De
fresus, moulu.
FRETTE (s. f.) : long bâton. De fretus, appuyé. A.
FRETTE (s. f.) : bande de toile pour emmailloter un enfant. L.
FRETTER (v. a.) : fixer un enfant dans le maillot. L.
FREULÉE : volée de coups (Vire).
FREULER :
froler, battre.
FREULIER : garnement. B.
FREUMENT : durement, rudement. B.
FRICAMPOÊLER : mal préparer un mets. De
fricasser en poêle.
FRICOT : plat de viande, apprêté pour un repas.
FRICOTER : faire bombance.
FRICOTEUR : celui qui
fricote.
FRIGOUSSE (s. f.) : mauvais mets. Du mot populaire
fricot.
FRIME. C'est bon pour la frime : c'est bon pour l'apparence.
FRIMOUSE ; FRIMOUSSE : grosse figure. Du vieux mot
flimouse. Patois Lorrain. Patois Troyen.
FRINGALE : boulimie. L.
FRINGALIER : qui a la fringale. L.
FRINOT : garçon meunier. Du latin
farina, farinarius.
FRIOLER : affrioler ; et, dans le sens neutre, avoir grande envie.
FRIOLET : haricot prédome. De
phaseolus.
FRIPE (s. f.) : vêtement en mauvais état, bon pour la
friperie. Au figuré, le corps. Donner sur la fripe: battre.
FRIPER (SE) : se frotter, s'agiter comme les gens qui ont des poux.
FRIPERIE. Voyez FRIPE.
FRIQUENELLE : jeune fille friande et
fringante.
FRISDU : terre en
friche.
FRISON (s. m.) : ruban
frisé que produit la varlope. L.
FRISON (s. m.) : boucle de cheveux qui
frisent par art.
FROE (s. f.) : sciure de bois.
Frou ou froux, en patois Lorrain.
FROLÉE : pain émié dans du cidre ou du poiré.
FROMER ; FRUMER : fermer.
FRONTEAU : bandeau on bourrelet d'enfant. De
front.
FROU-FROU (Madame) : femme ou fille prétentieuse. Frou-frou est une onomatopée comme taffetas (autrefois tafetafe), tirée du bruit que produisent les robes de soie.. Id. Patois du Jura. L.
FRU, E : avide. A.
FRUSQUIN. Voyez SAINT-FRUSQUIN.
FULON ; FAILON ; FOULON; FURON : frelon.
FUMELLE : femelle. L.
FUMELLIER : coureur de femelles, de filles.
FUMER (v. n.) : être contrarié. Voyez BISQUER.
FURIEUSEMENT : beaucoup, très.
FURIEUX : gros et fort. On dit d'un enfant qui est fort et gros : il est furieux et grossier. En patois Rouchi, 
furieux signifie fort. L.
FURLUCHÉ : hérissé,
furieux, comme un coq en colère.
FURLUFFER (v. a.) (arr. de Rouen) : fâcher, pousser à bout :


Çhest pour nous faire furluffer.
FERRAND,
Muse normande, p. 26.

Peut-être le même mot que le précédent. MM Duméril.
FUT : bélier du pressoir à cidre. Tonneau, barrique.
FUTANT : ennuyant. L.
FUTÉ : rassasié, qui en a son soûl. Il signifie aussi avisé, rusé.
FUTER : fatiguer, ennuyer, rassasier, blaser.

 

G

GABASSER : sautiller. Du vieux verbe gaber : rire, se moquer. A.

GABEGIE : manoeuvre secrète et astucieuse ; intelligence avec quelqu'un dans un but coupable. On dit aussi capegie. Dans le patois Lorrain, gabgie signifie un profit illicite. Du Celtique-Breton guap : moquerie, et du Roman gaber. B.
GABELOU : employé des
gabelles, maltôtier ; sobriquet des douaniers au bord de la mer.
GABERIEN : moqueur, trompeur de femmes. De
gaber plaisanter, se moquer. B.
GABLE (s. m.) (arr. de Vire) : pan de mur, pignon ;
gafl, en islandais. MM. Duméril.
GABOTTER : se balancer en dansant. De l'ancien mot
gambe, jambe. On a dit d'abord gambotter : agiter lesjambes. A. GACHARD : sale, malpropre (Manche).
GACHE : pain grossier,
gâché. - Gâteau improvisé, cuit à la bouche du four.
GADE (s. f.) : jatte. De l'islandais
jata. A.
CADE; GARDE; GRADE : groseille à grappes (Bibes rubrum ). L.
GADELLE (s. f.) : groseille à grappes. L.
GADELIER ; GARDELIER ; GRADEILLIER : groseiller à grappes. L.
GADEUIL : celui qui, sans être précisément borgne, ne voit, ne
regarde que d'un oeil ; qui a un oeil vairon. L.
GADOLIER : garnement, vaurien. B.
GAFFÉE (s. f.) : morsure de chien. S.-I.
GAFFER, en parlant d'un chien : saisir brutalement et mordre ; manger avidement.
GAGE : avoir, propriété.
GAGIER : gager, pariér.
GAGNE (s. f.) : gain. L.
GAI : geai.
GAIEUX, SE : trop délicat, dégoûté. Dans le patois de Grenoble,
gaillosa signifie glouton. Voyez DÉGAIEUX. L.
GAIL : geai.
GALAFRE. Voyez GOULAFRE.
GALAIGNIE (s. f.) : ce que peuvent contenir les deux mains réunies. Voyez JOINTÉE. B.
GALAPIAN ou GALOPIAN : vagabond, galopin. B.
GALAPIAS ; GALOPIAS : galopin. B.
GALATINE (Être en) : garder la chambre, garder le lit. - Dans la Manche,
être en galatine signifie fort endolori, même en état de pourriture, ressemblant, en quelque sorte, à la gélatine. B.
GALER : contraindre, forcer, maltraiter.
GALES : joie, divertissement. J'ai donné, sur ce mot , une note dans mon édition de Basselin (
Vau-de-Vire LIII).
GALETER (v. n.) : trembler de froid ; carillonner avec une ou plusieurs cloches. B.
GALETOIRE : galetière, sorte de poêle à frire, sur laquelle on fait cuire les
galettes ou crêpes de sarrasin.
GALETTE : sorte de crêpe, ordinairement de sarrasin, mal à propos nommée
galette par ceux qui en font usage. La galette proprement dite est un gâteau cuit au four.
GALFRETIER : gourmand, gorge à tout grain. S.-I.
GALIFRE : gourmand, vorace. S.-I.
GALIMOT : crêpe de sarrasin. O.
GALIR, en parlant du sarrasin : le
jeter sous le fléau, pour le battre. Du Celtique-Breton gwalen : fléau (Manche).
GALLET : levier. De
gwalen.
GALLINE (s. f.) : jeu d'enfants. Voyez QUILLEBOCHE. GALLOCHE (s. f.) : même jeu.
GALLOIS, SE : gaillard. De l'islandais
gala, se divertir.
GALLON : ancien vase ou cruche à large ouverture, contenant environ 4 litres. Porté en Angleterre par les Normands dans le XIe. siècle. De la basse latinité
galo. Voy. Du Cange.
GALLONNÉE : plein un gallon.
GALMIN : petit valet. De
gamin. Voyez GOUGEARD.
GALON ou plutôt GALOP : réprimande. Donner un
galop.
GALOT : tourte aux pommes. Voyez BOURDIN.
GALOTTER : carillonner.
GALUE : louche. Voyez BICLE, ÉGALUER.
GALVADAIRE : vagabond. B.
GALVAUDER (v. a) : tripoter, ne pas ménager une chose ; gâcher de l'ouvrage. £'Académie définit ce verbe : réprimander durement.
GAMACHE (s. f.) : sorté de guêtre de coutil ou de toile, assujettie ordinairement autour de chaque
jambe par des cordons. Du Cange dérive ce mot de campagus. En italien, gamascia : c'est de là que vient gamache. Les Languedociens disent gamacho. Je préfère considérer ce substantif comme une altération de gambache, vêtement des gambes, jambes.
GAMBE : jambe.
GAMBÊLER : agiter les
jambes presque convulsivement. Voyez GAMBILLER. B.
GAMBET : croc-en-jambe.
GAMBETTE : petit couteau, dont la forme était primitivement celle d'une petite
jambe.
GAMBIER : pièce de bois à laquelle les bouchers suspendent la viande. B.
GAMBILLER (v. n.) : remuer désagréablement les
jambes en marchant.
GAMBU : qui a de longues jambes.
GAME (s. f.) : écume de la bouche d'un animal. Voyez BROUE. A.
GAME : soufflet sur la joue.
GAN (s. m) : gain , bénéfice. Voyez GAGNE. A.
GANDOLER : balancer, remuer désagréablement. B.
GANIPION : garnement. En patois de Grenoble, on appelle
ganippa une personne couverte de haillons. Voyez GALAPIAN.
GAPAS : balle d'avoine.
GARCE ; GARCE : fille. C'est le féminin de
gars. Patois du Jura.
GARCETTE : petite fille, fillette. En patois du Jura,
garçotte, gachotte.
GARCHONN : garçon. S.-I.
GARÇONNIÈRE : fille qui court après les garçons et les fréquente trop. Du verbe
garçonner : hanter les garçons.
GARCU ou plutôt GARE-CU : jupe, cotillon.
GARDE-HEURT : borne, appui. De
garder, préserver, et de heurt.
GARDE-ROBE : aurone (
Artemisia abrotanum) ; parce qu'on croit que cette plante éloigne les teignes d'une garde-robe. B.
GARDE ; GARDELLE. Voyez GADE. S.-I.
GARDIN : jardin.
GARDINIER : jardinier.
GARE : de couleur bigarrée. Boeuf gare, vache gare. Du latin
varius, varié.
GAREAU : boeuf ou taureau gare ou bigarré.
GARGACHE : culotte. Du vieux mot
gargaisse. V. mes Chansons normandes, p. 233.
GARGOTIER : ouvrier employé au blanchissage des toiles. De
gargote, mauvais cabaret, dans lequel ces ouvriers vivent trop souvent.
GARIR ; GUARIR : guérir. Ancien français.
GARISON (s. f.) : guérison.
GARREAU : sorte de pain de froment, de qualité supérieure. A.
GARROT : levier. L'Académie définit ce mot : un bâton pour serrer. Le
garrot de nos vieux auteurs est à peu près le pedum ou la houlette du berger. A.
GARROUAGE : vagabondage. Ces bestiaux sont en
garrouage : sont errants et causant du dommage. Du vieux mot garrou, loup-garrou (loup errant). Voyez VAROU.
GARSAILLES (s. f.) : enfants. P.
GAS : garçon. De l'ancien mot
gars, conservé en Bretagne et en Franche-Comté. A.
GASE (s. f.) : vase, bourbier.
C'est le g pour le v. Voyez ENGASER.
GASPIL (s. m.) : gaspillage. A Valognes, on dit
gaspille (s. f.) ; jeter à la gaspille.
GASTOUSER : couper mal les cheveux. De
gast, dévastation, et de touser, tondre. L.
GATER : répandre, en parlant des liquides. Gâter de l'eau : uriner.
GATON : levier court.
GATONNER : se servir du gaton pour serrer la corde sur une charrette.
GATTE : jatte. Voyez GADE.
GATTE : marelle, sorte de jeu.
GATTECOFVE : sorte de gâteau , autrefois en usage à Dieppe, suivant Moisant de Brieux (
Orig. de quelques Cout. anc., p. 65).
GAU : coq. De
gallus. Dans l'ancien Argot, gau signifie pou. B.
GAUBERGER ; GOBERGER (SE) : se carrer.
GAUD : niais. De
nigaud, par aphérèse.
GAUDENCES : contes réjouissants. De
gaudere, se réjouir.
GAUNE : jaune. S.-I.
GAUNETER : perdre son temps à babiller. O.
GAUPAILLER : avaler avec voracité.
GAUPLUMÉ : celui dont les cheveux sont ébouriffés comme les plumes d'un
gau (coq) ; chiffonné. L.
GAURE : grosse femme désagréable ; truie. Les ennemis d'Isabeau de Bavière l'appelaient la
grande Gaure.
GAURER : se pavaner avec orgueil. Du grec γαύρος.
GAUSANT : dégoûtant. O.
GAUT : bois, forêt.
GAUTIER : oison, le mâle de l'oie. A.
GAVAILLER : gaspiller.
B.
GAVAS : brutal.
En espagnol, gavacho signifie lâche, et gavasa, fille publique. B.
GAVER : gorger.
S.-I.
GAVIAU ; GAVION : gosier. S.-I.
GAVIGNOLE (s. f.) : gaîté désordonnée, provenant d'une ivresse enjouée. Du latin
gavisus, réjoui.
GAVIGNON ; GAVIGNOLLE : ivresse folle. Du latin
gavisus.
GAVILLEUX , SE : mauvais, dangereux. Du celtiquebreton
gwall (Vire).
GEALE (s. f.) : engelure. Dans le Roman,
enjallé signifie gelé. Ejallé, dans le patois Walon. Du latin gelu, gelée. A.
GEALLEUX, SE : qui a des engelures.
GEARSE (s. f.) : brebis pleine. Du gerbe latin
gerere, d'où notre substantif gestation. Voyez GERSE. A.
GÈBE : gale du chat. B.
GÉGIGNE (s. f.) : ventre. De
gésine. A.
GENCER (v. a.) : arranger, disposer. D'
agencer, par aphérèse.
GÉNISSON (s. m.) : génisse.
L.
GENISSON : seneçon (
Senecio vulgaris). B.
GÊNOTTE (s. f.) (
Bunium denudatum).
B.
GENOTTE (s. f.)
(Oenanthus pimpinelloïdes). Voyez JANOTTE. A.
GENOUILLET (
Veronica hederaefolia).
B.
GENOUILLONS (A) : sur les genoux, comme à
ventrillons : sur le ventre,
GENS ; NOS GENS : mon père et ma mère. Les gens par excellence. L.
GÉOTE : arroche (
Atriplex hortensis). A.
GERGAUD (s. m.) : fille qui folâtre avec les garçons. Voyez SERGAUD.
GERGAUDER : folâtrer en gergaud.
GÉROFLÉE : giroflée (
Hesperis violaria).
GERQUE : brebis. Du latin
vervex.
GERSE : brebis dans l'état de gestation. Voyez GEARSE. A Bayeux,
gerce : vieille brebis. A.
GERZIAU (s. m.) : espèce de lentille sauvage, qui croit dans les blés et infeste les sillons. A.
GESTÉ : arrangé. Il se prend en mauvaise part.
GESTÉE (s. f.) : quantité, abondance.
Du verbe latin gerere. Voyez VESTÉE.
GHÉROUÉSELLE (s. f.) : groseille à maquereau (
Ribes uva crispa).
GIBLOU. Le bon Dieu de Giblou : divinité dérisoire. On appelait la Chronique de Sigebert de Gemblours Chronique de Sigebert de
Giblou. L.
GIÉVRE : harle hupé. Voyez VIAR. B.
GIFE ; GIFLE : soufflet. Voyez JAFE.
GIGALER. Voyez GINGLER.
GIGNOSSÉS : curiosités introuvables. L.
GIGORGNE ; GIGORNE : pièce de bois très-noueuse. De
gigot et du latin cornu.
GILER ; GILOIRE. Voyez JILER, JILOIRE. A.
GIMER : pleurer,
gémir. Du latin gemere.
GINGEOLE (LA) : étourdi qui saute et
gingue. L.
GINGLER ; GINGUER : sauter, folâtrer.
De gigue, gigot. GINGUETTE : jeune fille qui aime à ginguer.
GIPOUTRER, ou plutôt JIPOUTRER. Voyez JIFER.
GIRIE : farce, fausseté, supercherie.
GIRONNÉE (s. f.) : plein un tablier. Voyez GRONNÉE.
GIROT, pour GILOT : sot, grimacier. De
Gilles ; Gire.
GISIER : gésier. Id. patois du Jura. A.
GITRE; GIÈTE ; LITE : madrier, solive, poutrelle.
GLAM (Frutercula arctica). B.
GLAM : crêpe, carême-prenant. Eure.
GLAM : Guillaume. Contraction du latin
Willemus ou de l'anglais Williams. B.
GLAMET ; GLAUMET : logette pyramidale de menues branches pour prendre les oiseaux. Du nom de quelque individu nommé Guillaume, qui l'aura inventé.
GLAMOT : Guillaume. B.
GLANE (s. f.) : sorte de bouquet d'ognons, de tiges de blé, recueillis et liés ensemble.
Du verbe glaner.
GLATIR : japer, hurler. Du verbe glapir.
GLAUDE : dupe, imbécille. De l'empereur romain Claude. Dans le patois du Jura,
englauder : duper.
GLEU ; GLU : glui, paille de seigle. En Champagne, on dit :
glu. On lit, dans une chanson anonyme du XIIIe. siècle :


Robin a d'autruy de mi
Pris chapel de glui.

GLEUMER : engloutir. S.-I.
GLISE : glaise.
GLONDAT : ajonc (
Ulex europaeus). Manche.
GLORER : sommeiller, dormir en ronflant. Onomatopée. A.
GLOT : ver blanc, qui attaque la viande et le fromage. Voyez GUILLOT.
GLOT, TE ; TERRE GLOTTE : terre mal brisée par le labourage. De
glu.
GLOUTE (qual.) : gâté. De l'islandais
glata, perdre.
GNIAF : mauvais cordonnier.
GNIAGNIAN : lambin, tâton. De fainéant prononcé
faigniant. Dans le patois Berruyer, gniogniot.
GNIAQUÉE (s. f.) : morsure de chien. Voyez GAFFÉE. Du Roman,
gnac : coup de dent. B.
GNIAS : enfant à la mamelle.
GNIEU : oeuf laissé dans le nid pour y rappeler la pondeuse. Voyez NICHET.
GNIOLLE. Voyez NIOLLE.
GNIOLLER : niaiser ; faire ou dire des riens. De
nihil, rien.
GNIOT : nigaud. Voyez GNIAGNIAN.
GO : essor, élan. Tout de go : d'emblée. En anglais, go signifie aller.
GOBANT : gourmand. De
gober, manger avec avidité. MM. Duméril.
GOBELIN ; GOBLIN ; GOUBELIN : sorte de revenant ou d'esprit follet, plus espiègle que malveillant. Du celtique-breton
gobilin : feu-follet, lutin, etc. Orderic Vital parle du Gobelin dans le livre V de son Histoire, et le cite comme un démon qui apparaissait à Evreux. MM. Duméril dérivent le mot gobelin du grec χόξαλος, ou de l'allemand kobold. Je croirais plutôt que, comme notre vieux verbe gober, il pourrait venir de la basse latinité gabbatina, plaisanterie. Gobelin serait tout simplement l'altération de ce mot ou du gobilin celto-breton. Nous avons parlé du gobelin avec quelque détail dans le t. I de nos Archives normandes.
GOBELOTER : faire les froncements ou plis que les blanchisseuses impriment au linge fin. Froncer. L.
GOBET : petit morceau de pain, de bois, etc.
GOBINE (s. f. ) : repas de gourmands. Du verbe
gober. Voyez GUEULETON. A.
GOBINER : manger avec friandise. Diminutif de gober. Il signifie aussi se rengorger.
GOBIN ETTE (s. f. ) : petit régal entre enfants.
GOBINONNER (v. a. ) : se moquer de. S.-I.
GOGE : aise, aisance. De l'islandais
gots, richesse. B.
GODAILLER: s'enivrer dans un mauvais cabaret, et en mauvaise compagnie. L'Académie définit ce verbe : boire avec excès. De
godet, vase pour boire. Peut-être (comme le pense M. Bastide, de l'Académie de Prusse) godailler vient du mot goodale (good ale), bonne bière. Il arrive souvent qu'en passant d'une langue dans une autre, les mots changent d'acception et prennent un sens de mépris: c'est ainsi que nous employons en, mauvaise part le substantif hère, qui vient du latin herus, et de l'allemand herr, maitre ; et le mot rosse, quoiqu'en allemand, d'où nous l'avons tiré, il signifie un cheval. L.
GODAN : discours ennuyeux et rebattu ; bavardage inintelligible. De
God dem, juron anglais qui choquait tant nos aïeux, pendant l'occupation du XVe. siècle. Godan signifie raillerie, en patois Lorrain, et vient probablement du mot latin gaudium. Il parait que, dans l'arrondissement de Valognes, on di t: donner dans le godan, pour donner dans le guêpier.
GODANDARD : très-grande scie dont se servent les charpentiers.
GODE : gade, genre de poissons jugulaires de la famille des Auchénoptères.
GODICHE : nigaud, emprunté. De
gauche.
GODIONNER : arranger avec beaucoup de soin. Du patois Vitréen
godin, gentil, lequel emploie godinement : doucement, avec mignardise. M. de Montmerqué, dans une de ses notes sur les Lettres de Mme de Sévigné (Lettre du 22 juillet 1685), s'est trompé lorsqu'il a dit que godinement signifiait gaiment.
GODON: ventru. Dans son XLe sermon de l'Avent, Olivier Maillart crie beaucoup contre les gros godons, et, dans son XXIVe sermon, il dit : « Le mauvais riche
erat unus grossus godon, qui non curabat nisi du ventre. »
GODONNER : jurer. De
goddam.
GODRON : goudron.
GOGAIL : niais, sot. B.
GODAILLE (s. f.) : repas de gourmands, où l'on se met en
goguette. L.
GOGON : doux, mignon. Voyez AGOGONNER. A.
GOGUE (EN) , expr. adv. (arr. de Mortagne) : être en joie, de
jocus, comme goguette. MM. Duméril.
GOGUER : folâtrer, en parlant des animaux. De
jocare.
GOHANNIER : valet qui apporte dans le champ les aliments des moissonneurs. De l'anglais
go: aller, et d'ahan : peine, fatigue.
GOBÉE : grande joie, rires bruyants. De
gaudium. Voyez AGOBÉE.
GOLEAU : ivrogne
goulu.
GOMER (s. m.) : palais de la bouche ; gorge.
GOMION : gourmand, vorace. Dans le patois Troyen, un
régomion est le reste d'un bon repas. L.
GOMIONNER : manger en gourmand.
GOMIONNERIE : gourmandise.
GORE (s. f.) : truie. Du latin gorretus. On disait autrefois une gorrière pour une truie. Court de Gebelin dérive ce mot du celtique gawri , crier. Dans le patois du Jura, gouri signifie un petit cochon, un goret. A.
GOREAU : ulcère. De
gore, mal vénérien. B.
GORER : languir. MM. Duméril lui donnent aussi le sens de regarder manger avec envie d'en faire autant.
GORGE (GROSSE) : goître.
GORGE-ROUGE : rouge-gorge. Voyez ROUGE-POUQUE.
GORGÈRE ; GORGERETTE; GORGETTE . ce qui sert à attacher la coiffure à ou sous la
gorge.
GORIN : goret, jeune porc. De
gore, truie.
GORNINFLER (v. n.) : écornifler. L.
GORRHE ; GORE (s. f.) : mal vénérien. S.-I.
GOSER :
gaver, soûler. Au figuré, ennuyer.
GOSILLER : éprouver des nausées ; vomir. L.
GOSSE , ou GAUSSE : mensonge plaisant. Du verbe
gausser.
GOSSER, ou GAUSSER (v. n.) : jouer ensemble, en parlant des enfants. Il signifie aussi donner des gosses. A.
GOSSIER : paille de sarrasin.
GOTTON : Margotton, qui signifie Marguerite, par aphérèse. L.
GOUAILLE (s. f.) : raillerie de mauvais ton. Patois Troyen.
GOUAILLER : se moquer, railler. Patois du Jura. Patois Lorrain.
GOUAILLERIE. Voyez GOUAILLE.
GOUAILLEUR : plaisant, facétieux, goguenard. En patois du Jura,
gouailloux.
GOUAPER : jaser, plaisanter (Valognes).
GOUBELIN. Voyez GOBELIN.
GOUBELINÉ : qui a des visions ; qui croit voir le Goubelin ou Gobelin. (Valognes ).
GOUGEARD ; GOUJARD : gamin. Petit valet de ferme. De goujat.
GOULAFRE ; GOULAFRIER ; GOULIAFRE : gourmand. De
gulafer, dans la basse latinité.
GOULARD. Voyez GOULIBAN.
GOULE : mâchoire ; gueule. Du latin
gula. Dans le département de l'Orne, le mot goule n'a rien d'offensant. Les nourrices appellent les enfants : chère goule ; ma petite goule. On dit d'une personne friande : c'est une goule fine. A.
GOULER : vomir ; rendre gorge,
GOULÉYANT : appétissant. A.
GOULIAS : goguenard, bavard.
GOULIBAN : gourmand. B.
GOULICHONNER : baiser indécemment sur la bouche. A.
GOULIMAUD. Voyez GOULIBAN.
GOULINE : sorte de bonnet de femme, qui enveloppe le bas de la figure, la
goule. A.
GOUNELLE : cotte, jupe. De l'ancien français gonelle, et gone : robe.
GOUORFOULER : meurtrir. Voyez GOURFOULER. B.
GOURAS : gourmand. L.
GOURCIR : écraser. De
gourd. Gourcir, c'est engourdir à force de coups, ou par une violente pression.
GOURER : tromper. C'est le verbe dont le substantif
goureur est dans le Dictionnaire de l'Académie.
GOURFOULER : presser ; fouler au point de meurtrir. B.
GOURGOUSSER : faire du bruit dans la gorge ; gargariser. Par extension, bouillir à bouillons gros et sourds.
GOURMACHER : mâcher malproprement, en gourmand. A.
GOURMAND ; GOURMAS : goéland. B.
GOURMELER (v. n.) : grommeler.
GOURMITON : gourmand.
GOUROUFE ; GOUROUFLE : sorte d'insecte (
Blatta orientalis). B.
GOUSPILLER : houspiller, maltraiter. L.
GOUSPIN : gamin.
GOUSSON : gousset.
GOUSSON : gratte-cul, fruit de l'églantier.
GOUVILLER (v. n.) : se moquer de quelqu'un en face.
GOUVILLON : sorte d'anneau, de bague. Du Roman
govion.
GOUYÈRE : petite mesure pour la crème. (Pont-Audemer).
GRAANTER : accorder. De la basse latinité
graantare. Roman.
GRABOTTE : tête du silique de graine de lin. A.
GRACIER : remercier, rendre grâces.
GRADE : petite groseille. S.-I. M.
GRADÈLE : petite groseille. B.
GRADELIER : groseillier à grappes. B.
GRADILLE : petite groseille. - A    St. -Lo,
gradille signifie oseille,selon MM. Du méril.
GRADILLIER : groseillier à grappes.
GRAFFINER : gratter légèrement. On trouve ce verbe dans Rabelais.
GRAILLONNÉ : sal, malpropre ; qui sent le
graillon. MM. Duméril.
GRAILLOT : miette, reste.
GRAINIR : grener ; monter en graine.
GRAISSET : sorte de lampe en fer. Ferrand dit, dans sa
Muse normande :


De malheur je n'avions ni graisset ni candèle.

GRANCHE : grange. Du latin barbare granchia, dans une charte latine de 1294, rapportée par Vallois (Notit. Gall. , Praef., p. 17 ).
GRAND, E : grand-père ; grand'mère. Mon grand, pour mon grand-père.
GRANMENT :
grandement, beaucoup.
GRANGE (s. f.) : pièce de toile, sur laquelle on bat le sarrasin, dans le canton de Carrouges. A.
GRANGETTE : sorte de cage ou de piège pour prendre des oiseaux.
GRAPE FRANCHE : crabe de la meilleure qualité. B.
GRAPE ENRAGÉE : crabe commun. B.
GRAPPER (SE) : s'attacher à. B.
GRASSE-POULETTE (
Chenopodium album). B.
GRAU (s. m.) : boue liquide. Voyez BOUILLON. B.
GRAVÉ, en parlant des effets de la petite vérole : marqué de petite vérole.
GRAVOIS : gros gravier.
GREC, QUE : avare, rusé. B.
GRECQUERIE : trait d'avarice. R.
GREDIL : gril. Du latin
craticula. S.-I.
GREDIR : frissonner. Voyez CRÉTIR.
GREDIN : avare, ladre.
GREDINER : faire les choses avec une excessive mesquinerie.
Gredinerie en est le substantif.
GRÉDOLE : branche sèche tombée d'un arbre. M.
GRÈGE (s. f.) : affinoir. (Manche.)
GRÉGIR : froncer.
GRÊLAIRE : malheureux. De grêle,
gracilis. S.-I.
GRÊLÉ (de petite vérole). Voyez GRAVÉ.
GRÊLÉ : ruiné comme un champ que la grêle a dévasté.
GREMIR : écraser. Peut-être de
grain. Alors l'origine de ce verbe serait la même que celle d'un Lithospermon qu'on appelle gremil, et que Ménage dérive de granum milii : grain de mil ou de millet. En effet, gremir c'est, pour ainsi dire, réduire en grains aussi petits que ceux du mil. En patois du Jura, gremer. A.
GRENONS ; GUERNONS : moustaches. De
crinis.
GRESI LLE (s. f.) : grésil ; petite grêle. A.
GRESILLÉ DE : tout couvert de.
GRÉSILLON : grillon.
GRÉSIR (v. n.) : grelotter de froid. L.
GRESSET : petite grenouille verte, qui monte sur les arbres.
GRETTE (s. f.) : chenevotte. De
cannabis, chanvre. A.
GRÈVE : grive. B.
GRIAU (s. m.) : ce qui reste du lard, dont on a fait fondre et extrait la graisse. Voyez CRETON et RILE.
GRIBICHE (s. f.) : grigou féminin. Voyez GRIPI. L.
GRIBICHON : même sens que GRIBICHE.
GRICHE (s. f.) : grimace de mécontentement. Du verbe
grincer. B.
GRICHER : faire la griche ; témoigner du mécontentement par une attitude boudeuse.
GRICHET ; GRINCHET : grincement de dents, pour exprimer la moquerie.
GRICHEUX : grondeur.
GRICHIR : pleurer. (Manche.)
GRICHU, E : dont la figure exprime la mauvaise humeur. B.
GRIFFER : égratigner. De griffe. Voyez ÉGRIMER ; ÉGRINFLER.
GRIGNR : froncer. Voyez GRÉGIR.
GRIGNE (s. L) : partie de la croûte du pain qui est la plus brisée et la plus savoureuse. En patois du Jura,
gregnon : croûton. Voyez BAISEUL
GRIGNER : grincer.
GRILLER (v. n.) : glisser.
GRIMAUD : refrogné, e ; de mauvaise humeur. Dans notre français actuel, grimaud est un terme de mépris, que l'on applique ordinairement aux écoliers paresseux. Furetière le dérive de
grammaticus, élève de grammaire. Ménage, qui ne s'arrête pas en si beau chemin, dit que l'italien grimaldo, qui vient du latin rimari, chercher, est la source du mot français grimaud. Je ne partage pas ces opinions. Comme le grimaud est refrogné, se ride le front, je pense qu'il faut en chercher l'étymologie dans le substantif italien grimo, ride, d'où vient aussi. grimace , etc.
GRIMELIS : mélange, fouillis.
GRIMELOTÉE (s. f.) : oeufs brouillés. On dit aussi des oeufs à la grimelotée.
GRENIELU, E : marqueté de petite vérole. C'est ce qu'en Suisse on appelle
cretu (voir la Nouvelle-Héloïse, part. IV, lettre 8). Grimm, en celtique-breton, signifie grimace, et a donné naissance au grimo des Italiens. C'est de grimm que nous avons tiré notre vieux mot grimelin, qui voulait dire un polisson ; mais, comme notre mot patois grimelu ne se prend pas en mauvaise part, il y a lieu de présumer qu'il vient du celtique-écossais gram (en composition, grim), qui signifie raboteux : tel est, en effet, le visage marqué de petite vérole. En patois du Jura, gremoulu : raboteux, couvert d'aspérités. A.
GRIMER : égratigner. De
grin, ci-après.
GRIN : griffe ; ongle. Enfoncer ses grins dans : enfoncer ses ongles dans.
GRINCHER : égratigner ; donner des coups de grin.
GRINDEAU : tourne-pierre (
Strepsilus interpres). B.
GRINGALET : homme chétif de corps et d'esprit. Patois du Jura.
GRIPER : grimper. Par syncope. Patois Walon.
GRIPI : la femme du Diable ; méchante femme. De
grip, l'une des filles du géant Géirrod, dans la mythologie scandinave.
GRIPILLON (s. m.) : touffe de petites branches provenant d'une végétation extravasée ; branches chiffonnées qui se forment en bouquet dans le poirier et dans le pommier, à peu près comme fait le gui.
GRIPONNER : voler, dérober. S.-I.
GRISON : quartz ; caillou d'une excessive dureté.
GRIVELOTÉ : grivelé, tacheté de blanc et de roux ou de noir, comme la grive. L.
GROBIS : important, fier (
bis grossus),. MM. Duméril.
GROC ; GROG (s. m.) : aspérités que présente la boue durcie par la gelée, qui rendent le chemin raboteux et la marche difficile. A.
GROISELÉ : demi-cuit, en parlant d'un fruit. A.
GROISELLE : groseille, fruit du groseillier épineux ; groseille à maquereau. Marot a dit : 


De ses traités non valant deus groiselles.

GROISELIER : groseillier épineux.
GROLLE (s. f.) : corneille ; corbeau.
Grailli, dans le patois de Grenoble.
GROLLER : tousser ; expectorer ; remuer.
GROLLES (s. f.): mauvais souliers. Ce mot est usité en Savoie.
GROMACHER ; GROMENCHIER ; GROMENCHER : grommeler.
GRONNÉE : plein un tablier. De
giron. En patois Lorrain, on dit giromée. Syncope. L.
GROS, en parlant du cidre : pur, sans addition d'eau. L.
GROSSET : rondin.
GROSSIER : gros et fort.
GROU : eau fétide, eau bourbeuse. Du bas latin
groua, marais.
GROUAIGE. Voyez GARROUAGE. A.
GROUCER : réprimander ; - remuer légèrement,
Groa, disent MM. Duméril, signifie à la fois mettre en mouvement et se mettre en colère.
GROUE : gelée, glace. Voyez GROC. A.
GROUÉ ; GUÉROUÉ : gelé en parlant de linge mouillé qu'a frappé la gelée. On dit aussi la boue est
grouée.
GROUÉE (s. f.) : fruits à pressurer, tombés avant leur maturité et que l'on recueille. Voyez DÉTÉ et TUIS. S.-I.
GROUER : égrainer ; faire tomber les fruits d'un arbre. De
crouler.
GROUET ; GROUETTE : gros gravier. Terre de grouette : terre mêlée d'une grande quantité de gros gravier.
GROULONNER : renâcler. (Manche.)
GROUSSER ; GROUCER : murmurer, gronder. C'est dans ce dernier sens que l'emploie l'auteur de la
Danse aux aveugles. Du latin glocitare, glousser. L.
GROUSSER : remuer légèrement. B. (1)
GRULÉE : bouillie de gruau d'avoine. A.
GUAI : grivois. S.-I.
GUAI : glui. Voyez GLEU.
GUAITER : soigner, s'occuper de. S-I.
GUANCHER (v. n.) : déviér ; aller de travers ; broncher.
GUÉ, E : ruiné, e. De gueux. A.
GUÉDÉ : farci, rempli de, gonflé. B.
GUÉDER (SE) : se mouiller et se crotter. Voyez BODER, GUÉNÉ, VADELER.
GUÉDINER, ou plutôt, GRÉDINER : frissonner de froid. Voyez CRÉTIR.
GUÉDOT : porc ; qui aime à être
guédé de nourriture.
GUÉNÉ : crotté et mouillé. Volez GUÉDÉ.
GUÉNER (SE) : se crotter et se mouiller. A.
GUENETTE : femme ou fille de mauvaise vie. Du français
gouine.
GUENIPPE : femme déguenillée. De
guenon.
GUÉNONNER (v. n.) : se morfondre ; croquer le marmot. L.
GUERBIÈRE : bouche démesurément grande, dans laquelle on pourrait faire entrer une gerbe.
GUERDONNER : récompenser. Joinville écrit g
uerte-donner. Basselin (Vau-de-Vire IV de mon édition) dit :


Fi de beauté
Qui son amant de desplaisir guerdonne !

GUÉRIGAT (s. m.) : gaîté folle ; rut des animaux. L.
GUERMENTER (SE) : se mêler de. Voyez DÉMENTER.
GUERNE (s. f.) : poule. Employé dans un vieux recueil d'anciennes chansons normandes inédites, que nous publiâmes, en 1821, à la suite des
Vaux-de-Vire de Basselin (p. 155-196). Du latin gallina. Voyez GAU.
GUERNEMENT : garnement. S.-I.
GUERNIR : garnir. S.-I.
GUERNOTTER ; GRENOTTER : grelotter.
GUEROUÉE : gelée. Voyez GROUE.
GUERPELÉ : qui a peu de cheveux ; qui n'est
guère poilu. Homme de mauvaise mine.
GUERVÉ : gruau. (Vire.)
GUÉSETTE : fillette inconséquente et légère, de conduite équivoque, courant partout. Du celtique-breton
ghezett, jument.
GUESTES : façons prétentieuses. De gestes. L.
GUESTIER, ÈRE : façonnier prétentieux.
GUÊTRUER : gazouiller. (Manche.)
GUEU : Dieu. De
got, dans les langues du Nord.
GUEULATION : repas de gourmands voraces. De
gula. L.
GUEUSARD : mauvais sujet ; homme sans probité. De
gueux.
GUIAFFE : soufflet. En patois Lorrain,
gaffe et giffe. Voyez JAFFE. L.
GUIAFFER : souffleter ; donner une GUIAFFE. L.
GUIAMAIS : jamais. L.
GUIBET : moucheron.
Wibez, en Roman. Vovez BIBET. A.
GUIBOLE : jambe mal faite. A.
GUIBRAIE (s. f.) : cadeau venant de la foire de
Guibray.
GUICHON : sorte de tasse ou de bol, soit en terre cuite, soit en bois de hêtre : cette dernière est une jatte. B.
GUICHONNÉE : quantité contenue dans un guicbon.
GUIDOT : sorte de filet.
GUIE : diarrhée. Voyez JILE. A.
GUIENLEU : étrennes. C'est la corruption des mots druidiques : Au gui l'an neuf.
GUIFRE (s. f.) : bouche, gueule. S.-I.
GUIGNE (s. f.) : but où se place celui qui guigne au jeu de cligne-musette. L.
GUIGNER : regarder du coin de l'oeil. Le verbe
guigner signifie se cacher les yeux aux jeux de cligne-musette et de Colin-Maillard. Du vieux verbe cuigner : regarder du coin de l'oeil ; du latin cuneus, coin. On trouve cuin dans Nicot. Voyez BONER, et GUINCHER. L.
GUIGNER : jeter des pierres. (Valognes.)
GUIGNETTE (s. f.) : obscurité. Marcher à guignette ; flâner à guignette. Du verbe
cligner.
GUIGNEUR ; GUIGNEUX : qui se moque, en regardant du coin de l'œil.
GUILDROU ; GU ILLEDOU (Courir le) : courir les mauvais lieux. En patois du Jura,
guilledru.
GUILÉE : averse. De
gîler : jaillir.
GUILER : crier d'une voix perçante. Voyez V IPER.
GUILLEMUCHE , GUILLEMUCHETTE : le jeu de la
climusette ou cligne-musette. L.
GUILLER : crier d'une voix perçante. A.
GUILLOT : ver blanc qui attaque la viande, le fromage et quelques fruits.
A.
GUIMBELET : gibelet ; vrille.
GUIN : pou. A.
GUINCHER : regarder du coin de l'oeil ; cligner. Dans l'Orne, le verbe
guincher exprime l'action de lancer ridiculement des oeillades amoureuses. En patois de Grenoble, guinchié signifie viser pour tirer un coup de fusil. Voyez GUIGNER.
GUINCHOTTER : guincher fréquemment.
GUINE (s. f.) : croûton. Voyez GRIGNE. B.
GUITIS ; GUITUS : gosier.
GUT ; CUT (s. m.) : cligne-musette , jeu d'enfants. Le but où il faut se rendre. Du Roman
cute : cachette, lieu secret. A.

 

H


H. L'aspiration rude de cette lettre est employée mal à propos dans quelques cas. Par exemple :
c'ment hla ; donne-moi hla : comment cela ; donne-moi cela.
HA : haut. En patois Walon,
hats. Villehardouin écrivait : halz murs et haltes teres. L.
HACHET : petite barrière dont les barreaux sont perpendiculaires. Voyez HÉ.
HAGER : déchirer, détériorer, gâter. De
hacher.
HAGNETTE : béquille. D'
anus, vieille femme. Il signifie aussi mauvais couteau. B.
HAGUE (s. f.) (arr. de Valognes) : fruit de l'aubépine, qui s'appelle
hôgan, en breton. C'est aussi le nom que l'on donne à l'extrémité du Cotentin, où les pirates normands s'étaient fortifiés au moyen d'un fossé dont les restes sont connus sous le nom de Haguedik. C'était, comme on sait, leur usage : « Normanni, devastata ex maxima parte Hlotharici regni regione, prope fluvium Clyla, loco qui dicitur Lovonium, sepibus (more eorum) munitione capta, securi consederunt. Annales Fuldenses, année 891, dans Du Chesne, Scriptores Normannorum, p. 18.


Rous ne li suen qui od lui erent,
Defenses firent e fossez
Granz e parfunz e Haux e les,
Clos environ cume chastel.
Barois,
Chronique rimée, T.11, v. 3442.

Voyez aussi Dudon de Saint-Quentin, I. II , dans Du Chesne, loc. ci t., p. 77 ; Guillaume de Jumièges, I. I I, ch. 10,  ibid., p. 228 , et le Roman de Rou, t. I , p. 64. Selon Ihre, l'islandais hagi aurait signifié haie ; nous ne le connaissons qu'avec le sens de pâturage, mais probablement clos ; au moins le vieil allemand hag et l'anglo-saxon hacg nous portent à le croire. La racine de haie pourrait même être celtique ; car dans le patois de l'Isère, agi signifie haie, buisson ; dans celui des Vosges, haigis signifie bosquet, et le vieux français haie avait le plus souvent la signification de bois : la Haie de Valognes, la Haie d'Ectot, St.-Germain-enLaye, etc. MM. Duméril.
HAGUIGNÈTES ; HOGUIGNÈTES : étrennes. C'est la corruption de : Au gui l'an neuf. Dans le XVIe. siècle, on chantait à Rouen :


Donnez-moi mes haguignètes
Dans un panier que voici.
Je l'achetai samedi.
D'un bonhomme du dehors.
Mais il est encore à payer.
Hoguinelo !

Ce refrain est à peu près le même que celui de cette autre chanson du même crû et de la même époque :


Si vous veniez à la despence,
A la despence de chez nous,
Vous mangeriez de bons choux ;
On vous servirait du rost.
Hoquinano !

HAGUIGNOTER : couper mal à propos par petits morceaux. De hacher.
HAHI-HAHA; MOITIÉ HAHI, MOITIÉ HAHA : d'un sexe équivoque.
Virago. Homme efféminé et qui a une voix grêle.
HAI. Voyez, HÉ et HEISE.
HAIE ; HAIE-CI : va ; va par ici (en parlant à un cheval). On dit à un mauvais cheval : haïe-ci, quatre sous ! Et va donc ! Il semble qu'on devrait écrire : aille ! aille-ci ! c'est-à-dire qu'il aille !
HAILOCHER : marcher en se balançant. Du verbe locher.
HAIM ou AIN : hameçon. Du latin
hamus. Le h de haim ne s'aspire point. L.
HAINGEUX, méchant, remuant,
hargneux. B.
HAINGRE : malingre; souffreteux. D'
aeger, malade.
HAION (s. m.) : broussailles disposées pour clore la brèche d'une
haie. A.
HAIR (s. m.) : chevelure. De
hure. (Vire.)
HAIRE et non pas HÈRE. Voyez HURE.
HAIRE : hargneux, hargneuse. L.
HAIREQUELIER : mauvais sujet avec lequel il est difficile de traiter ; fainéant. Des substantifs haire et querelleur. En langue romane,
arquellier et harquelier. Ces mots désignaient, dit Roquefort, « un homme gagé par un religieux pour le mener faire la quête ». Comme ces mendiants voyageaient loin de la surveillance de leurs supérieurs, ils se comportaient parfois assez mal pour exciter de justes plaintes. Aussi, dans le moyen-âge, on donnait le nom de harquelier ou hairequelier aux vagabonds et aux vauriens. Comme, pour la même cause, on parlait mal des pélerins, parmi lesquels se mêlaient des fainéants, des débauchés et des pillards, on fit le proverbe : Je connais le pélerin ; c'est-à-dire : ce vaurien, ce faux pélerin ne me trompera pas.
HAIRGANE ou ERGANE : hargneux. B.
HAÏS (Je); tu HAÏS; il HAÏT : je hais, tu hais, il hait.
HAISET (s. m.) : partie inférieure d'une porte coupée en deux. Du bas latin
haisellus. En vieux fiançais ainsi que dans l'Orne, haise : Comme Pierre Playart.. . vouloist mettre en une cour de la maison où il demeuroit, une haise qu'il avoit faite pour obvier que le bestail de la ville n'entrast en sa court. Lettres de grâce de 1371, citées dans Du Cange, t. III, p. 616 , col. 1. On dit proverbialement des amoureux :


S'ils n'entrent par le haiset,
Ils entrent par le viquet.

Ce mot, signifiait sans doute originairement une petite porte comme l'huiselet du vieux français. MM. Duméril.
HAISIER ou plutôt HEISIER : ridelle. Voyez HÉ.
HAITER (v. n.) : travailler à une haie.
HAITER : plaire.
HAITIER (s. m.) : galetière pour frire les crêpes de sarrasin.
HALABRE : homme déguenillé et de mauvaise mine. Du latin
helluo, gourmand.
HALAISER : respirer avec peine. D'
haleine. B.
HALAS : hélas ! M.
HALBATTÉ : évaporé ; mauvaise tête.
HALBI (s. m.) : liqueur composée de pommes et de poires pressurées ensemble. De l'anglais
halt, moitié, et du latin bibere, boire.
HALER : tirer à soi ; exciter. Haler un chien sur quelqu'un : le lâcher et l'animer contre quelqu'un.
HALER (en parlant des animaux) : être essoufflé ; avoir l'
haleine embarrassée. Voyez HALAISER.
HALÉSER : trembler de peur. De l'interjection
halas ! pour hélas !
HALFESSIER : mauvais sujet, de mauvaise mine ; qui tire ou traîne, ou
hale le derrière (les fesses),
HALIPRE : gerçure des lèvres, produite par le froid ou par le
hâle. B.
HALITRE. Même sens que HALIPRE. L.
HALITRÉ : gercé par le
halitre. L.
HALLIER : moissonneur loué à la halle.
HALMÊCHE : dispute. B.
HALOT : petit garçon de campagne. Voyez HANNOT.
HALOTTER : remuer le crible, de manière à amasser la paille sur le devant. C. Voyez HALER . A.
HALUMEAU : groupe. Un
halumeau de fruits. L.
HAMBIN : boiteux, paresseux,
lambin.
HAMBINER : marcher ou travailler comme un écloppé ; boiter. On dit aussi
hambouiner. Voyez GAMBILLER. L.
HAMMÉE : cépée.
HAN : fantôme.
HANAP ; HANAR : vase à boire. Une commune, près d'Alençon, s'appelle Vingt-Hanaps. Par extension, un vase quelconque. En patois Walon,
henat. A.
HANE (s. f. ) : vieille femme.
HANNEAU ou HANNOT : jatte. De
hanap.
HANGUERLINE ; HANGRELINE (s. f.) : mauvais habillement, haillons.
HANELLE : branches menues dont on se sert pour faire les bourrées.
HANILLE (s. f.) : branche de bois, propre à faire le charbon des forêts.
HANNE (s. f.) : culotte, pantalon. P. R.
HANNEBANE ; HANNEBONNE : jusquiame (
Hyosciamus niger).
HANNEQUIN : petit enfant mat bâti. De
hinnulus, petit mulet.
HANNEQUINER (v. n.) : travailler avec peine. Du vieux mot
ahan. En patois Walon, halkiné signifie tergiverser.
HANNOT : petit garçon. De
hanne. Sans doute parce qu'il est depuis peu vêtu d'une hanne, d'une culotte.
HANOCHE (s. f.) : forte aspérité sur les arbres ; bois raboteux. On dit, en patois Walon :
henne di boi, pour une bûche. Patois Rouchi.
HANOCHE (s. f.) : fève de marais (
Vicia faba).
HANON (
Centaurea nigra).
HANSARD : couperet.
HANT : fréquentation, accointante.
HANTE (s. f.) : verge de fouet ; manche de faux ;
hampe. En Roman, hanste.
HANTÉ : fréquenté par de la canaille, en parlant d'un maison où se réunit un mauvais hant. On dit aussi d'un lieu qu'il est
hanté, c'est-à-dire qu'il y vient des hans ou fantômes.
HANTIER (s. m.) : butte. B.
HAPPE (s. f.) : capture, prise. On dit : la bonne ou la belle happe, par dérision, dans le sens du mot fameux de Ninon de Lenclos : « Ah! le bon billet qu'a La Châtre ! »
HAPPELOPIN : pauvre diable qui, mourant de faim, se jette sur ce qu'il peut attraper.
HAQUEMASSER (v. a.) : tourmenter. Espèce d'onomatopée, comme micmac, trictrac. A.
HAQUENAILLER : marcher lentement et pesamment comme une mauvaise haquenée. Voyez HAMBINER. A.
HAQUETER : caqueter.
HAR : sorte de chien de mer. Voyez HAS. L.
HARANGUET : petit
hareng. C'est ainsi que parle Pluquet sur le patois bayeusain. Je crois qu'il faut écrire hareng gué ou hareng gueux, comme on appelle à Lisieux le hareng qui n'a ni oeufs, ni laitance, qui n'est ni oeuvé, ni laité.
HARASSE (s. f.) : sorte de grand panier à claire-voie.
HARASSÉE : préparation de châtaignes ou de marrons dans une harassoire. Ce que contient cette harassoire.
HARASSER (des châtaignes) : les torréfier dans une harassoire. Suivant Lancelot, ce verbe vient du grec et signifie agiter, remuer; ce qui se trouve d'accord avec l'acception commune.
HARASSOIRE (s. f.) : sorte de poêle à frire, percée de plusieurs trous, dans laquelle on grille ou torréfie les châtaignes.
HARDÉ ; HARDELÉ : qui n'a pas de coquille. Ces mots se disent des oeufs sans coquille, pondus par les coqs. L.
HARDELLE : jeune fille. Ce substantif, employé par Basselin, et resté en usage à Courtomer dans le voisinage d'Alençon, appartient à l'ancien français. Un hardeau était une jeune branche, un scion : il venait de
hart. Depuis on a dit, au figuré, un hardeau pour un jeune garçon, et une hardelle pour une jeune fille. Cette étymologie, tirée de Nicot, fut suivie par Monet, et plus tard par La Monnoye. On peut consulter à ce sujet les Contes et nouvelles de Boraventure des Perriers (Nouv.. 17e.), et la note 144 de mon édition de Basselin (Vau-de-Vire XLIV).
HARDER (v. a.): troquer. MM. Duméril citent, à l'appui de ce mot, un vers de Le Houx :


Que de bon cueur mes livres harderois.

J'avais imprimé ce vers, d'après les manuscrits, dans mon édition de Basselin :


... Que de bon cueur mes livres arderois.

Je ne sais si les savants auteurs du Dictionnaire du patois Normand ont trouvé cette leçon quelque part, ou si elle n'est qu'une conjecture. Nous l'admettrions volontiers dans une nouvelle édition d'Olivier Basselin. J. Travers.
HARDOUINE : vieille, entremetteuse de mariages. Voyez BADOCHET et DIOLEVERT.
HARÉE : averse de pluie. Du Celtique-Basque
vria. En Roman, orez. L.
HARER, sans doute pour haler : exciter (Vire).
HARGAGNEUX : hargneux.
HARGOTER. Voyez HARIQUOTER.
HARGUIGNER, et non pas arguigner : agacer, rendre hargneux. (Manche.)
HARICOT : haricot pris en vert. On appelle mal à propos le haricot sec, petite fève, pois de mai et pois blanc. L.
HARIGACHER : disputer ; taquiner ; provoquer. B.
HARIGNEUX : rétif, indocile. De hargneux.
HARILLEUR, homme dont la conduite est suspecte.
HARIN : petit cheval de peu de valeur. De haridelle. A.
HARIPOULOT (A LA) : à la boule-vue, au hasard, sans ordre.
HARIQUE (s. f.) : haridelle.
HARIQUOTER : tracasser ; marchander outre mesure. Disputer.
HARIQUOTIER : homme avec lequel on traite difficilement, comme avec la
harique qu'on ne saurait faire marcher. A Bayeux, ce mot signifie, en outre, un marchand de bestiaux dans les foires.
HARIVELIER : marchand de bestiaux. B.
HARLAN ; HARLENT ; HERLENT : tracassier. Voyez CHIPOTTER , BASSICOTER et HARIQUOTIER.
S.-I.
HARMONER : gronder.
B.
HAROUSSE (s. f.) : haridelle.
Harotte en patois Walon.
HARQUELER : marchander à l'excès ; chicaner.
HARRACHES (s. f.) : tiges du chanvre, brisées en menues chenevottes. A.
HAS : chien de mer. Voyez HAR. B.
HASIÉ : chétif (Valognes).
HAT, E : haut, haute.
HATE (s. m.) : côtelettes de porc frais, réunies en une seule pièce que l'on sale et que, peu de jours après, on fait rôtir. Du substantif latin hasta, broche à rôt. Dans le patois Walon, ainsi que dans ceux du Nivernais et de la Lorraine, on appelle hâte cette broche. Dans le Roman de la Rose et dans nos vieux écrivains, le hâterel était le col que, dans les animaux égorgés, il faut se hâter de faire cuire, parce qu'il se corromprait promptement à cause du sang extravasé dont il est rempli. Dans les cuisines royales, le hâteur est chargé du soin des broches et des rôts. A.
HATELET. Voyez HATE. L.
HATELLE : bûche.
Voyez ATELLE. Du Cange dit au mot HASTELLE : « ... Tenant une busche de bois, qui se nomme au pays (de Normandie) une hastelle. »
HATI : haine. De l'Islandais,
hata : haïr.
HATILLE ( s. f.) : fressure.
Astille, en Roman, signifie tranches de viande grillées. Voyez CORÉE. Dans ses Notes sur Rabelais (Pantagruel, liv. IV, chap. LIX), Le Duchat réfute Ménage, et dit qu'on appelle hâte, hâtereaux et hâtille les intestins, le foie et les poumons, et qu'il croit que ce nom leur vient de ce qu'ils se corrompraient promptement, « si l'on ne se hâtait de les manger. » On lit aussi, dans le Pantagruel : « Panurge lui-mesme feit les nopces à belles testes de mouton, bonnes hastilles à la moutarde. » L.
HATIVET : orge hâtif.
HAUBE (s. f.) : buse, oiseau de proie. D'où est venu
hobereau. L.
HAUCHIER ; HAUCHIR : hausser ; élever.
HAULE ou HOLE : fosse, vallée étroite. De l'islandais hol.
HAUT : avancé. Cette femme est haut-grosse : avancée dans sa grossesse. Notre vache est haut-pleine: est près de vêler.
HAUTAINETÉ : hauteur. Se trouve dans Montaigne.
HAVENET : filet pour prendre les oiseaux.
HAVERDA. Voyez HAVET. L.
HAVERON : folle avoine.
HAVET: sorte de petit instrument de fer, de fourche pour attiser le feu. En patois Walon, ce substantif signifie un croc, soit de fer, soit de bois. En Normandie, le
havet offre une fourche par un bout, et un croc par l'autre. L.
HAVET (arrondissement de Vire) : femme malpropre ; c'est une figure ; havet signifiait, en vieux français, ustensile de cuisine qui était sali par la fumée..... HAVET (BÊTE) (s. f. ) (arrondissement de Valognes) : bête imaginaire dont on fait peur aux enfants pour les empêcher d'approcher de l'eau.. MM. Duméril.
HAVINAGE : blâme répété, fait à demi-voix, très-fatigant pour celui qui en est l'objet.
HAVINER : exercer l'action indiquée par le
havinage.
HAVIR ; HAVRIR : dessécher, en parlant d'un rôti, pris de feu ou trop cuit.
HAVRON (s. m.) : folle avoine ;
hafrar, en islandais ; habaro, en vieil allemand ; wild haver, en allemand moderne. C'est havron et pois percé est une locution populaire, qui signifie : L'un ne vaut pas mieux que l'autre. MM. Duméril.
HAZET : marécage , terrain bourbeux. A.
HÉBÉTÉ : étourdi. A.
HÉBÉTER : ennuyer.
HÉBEURGIR (v. n.) : s'agiter avec bruit, en parlant des bestiaux qui se menacent ou se battent dans l'étable ou l'écurie où ils sont
hébergés. A.
HÉBRAIT : cri éclatant. De
Hé ! et de braire.
HÉ ; HEC : porte ou petite barrière de lattes ou de palissades, ou de jeunes branches. Du vieux mot
huis, porte. Pièce du pressoir, composée de pièces assemblées comme un huis. Voyez HUS.
HÉDRIR. Voyez HOUDRIR.
HECQUET : ridelle de charrette. Voyez HEC.
HECQUETER : bégayer.
HÉGUIR : haïr (Avranches).
HEISE ( s. f.) : la même chose que le
hec.
HEISET : petite
heise.
HÉLASER : soupirer. De l'exclamation :
hélas ! A.
HÉMÉE (s. f.) : tapage, grand bruit. L.
HÊMER (v. a.) : faire semblant de vouloir frapper.
HÉMORUITES : hémorrhoïdes. L.
HENÊQUER : bégayer ; hésiter.
HÊNU (s. m.) : brouillard épais. - Tournis des oiseaux.
HÊNUER : tournoyer, tergiverser ; balancer.
HÉRASSER : peiner ; chicaner ;
harasser.
HÉRENG : hareng.
HERBAILLES : herbes de rebut ; sarclures de jardin.
HERBE A LA COULEUVRE: orchis.
HERBE A PICOT : mille-feuilles (
Achillea millefolium). De ce que les feuilles de cette plante servent à nourrir les picots ou dindons. B.
HERBE A ROBERT (
Geranium Robertianum).
Voyez ROBERDE.
HERBE AUX FEUILLONS (
Bugula reptans). Voyez FEUILLON : frelon. B.
HERBE ROYALE : mâche (
Valeriana locusta). Voyez BOURSETTE. L.
HERBE SAINT-JEAN: armoise (
Artemisia vulgaris).
HERBE SURE (
Aira cespitosa).
HERBE TERRÉE (Glecoma hederacea). B.
HERBIÈRE (s. f.) : planche de jardinage.
HERBIERS : herbes parasites, qu'il faut arracher. L.
HERCAHA : nez-à-nez; vis-à-vis ; de très-près. A.
HERCANSER : chicaner ; badiner grossièrement avec les filles.
HERDRE (v. a.) : garder.
HERDRE : possesseur intéressé ; avare.
HÈRE : d'humeur difficile.
HERGNE : hargneux.
HÉRI : lièvre. Mot islandais.
HERLAN : tracassier.
HERLINQUIN : arlequin. Orderic Vital (liv. VIII) appelle
Herlechinus un chef des démons de la bande noire, qui effraya, en 1091, le prêtre Gauchelin à St.-Aubin-de-Bonneval, dans l'arrondissement d'Argentan. C'est évidemment de ce Herlequin qu'on a plus tard fait le mot Arlequin, donné à un personnage théâtral, à figure noire, comme on représente le Diable. Cette étymologie nous semble bien préférable à celles qu'ont données Ménage et Roquefort.
HERMONER : remuer à tort et à travers (Manche).
HERNUER : remuer ; changer, en parlant du temps qui va devenir pluvieux. A.
HERNUEMENT : temps embrouillé que les paysans ont mal à propos cru arriver aux changements des phases de la lune ; ce qu'ils appellent aussi le débat de la lune. A.
HERPER (v. a. et n.) : saisir de feu ; cuire trop vite.
B.
HERPIN : fripon.
S-I.
HERQUELER ; HERQUELIER : tracasser.
HERQUELOT : chétif (Manche).
HERQUER : heurter; accrocher.
HERQUETTE : rateau. De herse (Vire).
HÉRU (adj. ) : mal peigné ; qui a les cheveux comme du crin (Orne).
Har, en islandais. On dit aussi hérupé. Voyez HURÉ. MM. Duméril.
HET : gaité, plaisir.
HETER. Voy. HAITER.
HETÉ : coiffé de, au figuré. Je ne suis pas
heté de cet homme : je ne suis pas bien prévenu en sa faveur.
HEUDE (s. f.) : bricole pour retenir un animal ; entrave.
HEUDRI : échauffé ; gâté, en parlant du bois. L.
HEULARD : souffreteux, maladif.
HEUMAS : opiniâtre.
HEUNAS : têtu , opiniâtre.
HEUNE : tête.
HEUQUET : hoquet. L.
HEUREUSETÉ : bonheur. De l'ancien mot
heur.
HEURU : qui a les cheveux hérissés. De
hure.
HEUSE : botte. On avait surnommé le duc de Normandie Robert, Courte-Heuse. Du Celtique-Breton
heuz.
HIDRE : hère, malheureux. S.-I.
HIE: joie. D'hilarité, par apocope.
HIÈRE ; HIERRE : lierre, autrefois
li erre. De hedera.
HIGNER (v. n.) : crier par intervalle, comme font les petits enfants. Voyez PIGNER.
HIMER : gémir, pleurer,
gimer.
HINCHE : haine.
HIVERNAGE ; LIVERNAGE (s.- m.) : plantes cultivées en champ pour nourrir les bestiaux, durant l'hiver.
HLA : cela.
HO ! interjection pour faire arrêter les bêtes de somme ou d'attelage. En patois Walon ,
hoo ou hôra !
HOBER (des fruits) : les gauler. A.
HOCLASSER : travailler avec quelque peine.
HOCTONNER ou HAQUETONNER : bégayer, balbutier en lisant. MM. Duméril citent ACTAIGNERdans le même sens.
A.
HOË (s. f.) : houe.
HODINER : remuer, dodiner. B. S'amuser niaisement. M.
HOELLAND : vallée profonde. De
hol et de land : basse terre.
HOGU : hautain. arrogant. Comme nos mots
hogue et hougue, hogu vient du haug des langues du Nord, qui signifie pointe, élévation. A.
HOGUIGAGNÈS. Voyez HAGUIGNÈTES. B.
HOIGNE (s. f.) ; fâcherie, murmure, ainsi que nous l'avons expliqué, dans une note de nos
Chansons normandes, à la suite de Basselin, p. 177.
HOIMBREUX : ombrageux ; qui hennit inquiet.
HOLBLEU ! HOLBLAU-HOLBLEU ! interjections donton se sert pour engager les boeufs ou les vaches à boire.
HOLOS ! cri jeté à l'occasion d'une douleur physique.
HOLINER : hocher la tête. Voyez HODINER.
HOMICIDE DE : cause de. Je n'en suis pas l'homicide : je n'en suis pas la cause.
HOMME : mari. Mn'homme : mon mari. En patois Walon, on dit :
om.
HOMMÉE (s. f.). Une hommée de pré est l'étendue que peut en faucher un homme, dans un jour. A.
HONER : chanter en étouffant sa voix.
HONTEUX : timide. L.
HORÉ : venu à temps, à son heure. C.
HORGNE : horion, coup sur la tête.
HORGNER : donner une horgne.
HORION : gros rhume.
HORION : épidémie ; fièvre causée par les marécages. Roman. B. Voir les
Chroniques de Monstrelet.
HORIQUE (s. f.) : maladie régnante. B.
HORSAIN ; HORZIN : étranger, homme du
dehors.
HOSTIER : mendiant, qui assiége les portes. D'
ostium, porte.
HOTTU : voûté ; un peu bossu, comme quelqu'un qui porterait une
hotte. L.
HOUAILLER : crier haut. Des interjections : ho ! oh !
HOUALER : appeler. Du verbe hêler. A.
HOUBILLE (s. f.) : mauvais habillement ; guenilles. A.
HOUC (s. m.) : poussière âcre du chanvre et du chenevis. B.
HOUDRI : transi. M. - HOUDRIR : tacher ; moisir. B.
HOUESNEVILLER : se faire inquisiteur de la conduite d'autrui.
HOUHOU : hibou ou chat-huant. De son cri, comme le nom du coucou est une onomatopée en grec, en latin et en français.
HOUHOUTER : appeler, bêler en imitant le cri du hibou.
HOUINER : geindre. En anglais,
to whine signifie se plaindre. Houiner se dit aussi du cri des chevaux ardents, qui s'appellent.
HOUIVET : habitant du Bocage. Voyez OUIVETTE. B.
HOULER : hurler ; lancer ; exciter ;
hêler. B.
HOULET : ouverture, brèche.
HOULETTE : nid ou gîte de lapins. De
houler.
HOLLEVARI : tumulte. De
houle : vague, flot. Voyez les mots BOULVARI et VOULEVARI.
HOULOTTER : soigner négligemment, comme des lapins dans une houlette.
A.
HOUMARD : homard.
A.
HOUQUER : dérober. De l'anglais
hook, croc. B.
HOURDER: enduire ou garnir soit d'argile, soit de ciment.
HOURET : homme malpropre.
HOURI ; HOURIN : petit cheval de peu de valeur. Voyez HARIN.
HOURTICOT ; HOURTIGUAU : bourriquet. L.
HOUSÉ, E : effronté. - HOUSSER : mordre. S.-I.
HOUSTA (s. f.) : virago, femme hommasse. B.
HOUTER : appeler de loin ; bêler. Onomatopée. (Vire.)
HOUVE : houe.
En ancien allemand, houwa.
HOUVER : employer la houve ; piocher. Au figuré, donner à regret.
HU ! HUIO ! interjections pour faire tourner à droite les bêtes de somme ou de trait. En patois Walon,
huot !
HU (s. m.) : moue, abattement dont les signes sont visibles.
HUAIN : hibou, chat-huant. L.
HUANT : hibou. Aphérèse de chat-huant.
HUARD : lutin, farfadet occupé à
huer. B.
HUBIR : huer, injurier. Ce verbe a, dans l'ancien français, une signification bien différente. Nicot, Monet : Oudin l'interprètent par : gouverner si bien une chose qu'on en vient souvent à bout.-
Se hubir, se hérisser en se défendant.
HUCHER :
jucher, percher ; placer en haut ; se dérober aux recherches. Dans l'ancien français, hucher signifiait crier comme un chien qu'on blesse.
HUE : fi ! interjection de blâme.
HUGUENOT : solitaire, qui fuit la société, comme les protestants lorsqu'ils étaient proscrits et persécutés.
HUGUENOTTE (s. f.) : sorte de fourneau ou de réchaud en fonte. Par allusion aux protestants, ou huguenots, qui, à cause de leurs opinions religieuses, étaient livrés au feu et brûlés vifs, dans quelques pays.
HUHAN : chat-huant. Voyez HUAIN et HOUHOU. B. Métaphoriquement, ce mot désigne un homme qui fuit la société et qui vit solitairement comme un hibou.
HUHO ! HUIO : terme de charretier, pour faire aller les chevaux à droite, tandis qu'on dit DIA ! pour leur faire prendre la gauche. Dans le patois Walon, on dit
har pour dia, et hote pour huïo. Au lieu de ce dernier mot, on se sert de l'inter. jection hurhaut dans quelques pays.
HULER ; HEULER : huer. Du latin
ululare. Onomatopée.
HUNAUD : qui fuit le monde comme un
huhan ; taciturne.
HUPER : appeler quelqu'un en criant haut et de loin. De hu ! hu ! A.
HUPET (s. m.), distance à laquelle peut parvenir la voix de celui qui
hupe. A.
HUPÉ : fier , riche.
HURE : peau de loup, de chèvre ou même de mouton, dont les paysans croyajent que le loup-garou se couvrait, dans ses courses nocturnes. Nous en avons parlé dans nos
Recherches sur la Normandie, p. 296.
HURÉ ; HUREPÉ : ébouriffé, hérissé.
HURI, en parlant d'un oiseau malade : hérissé.
HURIF, VE : précoce. Voyez AORIBLE. A.
HURLUFÉ ; HURLUPÉ : ébouriffé. SA.
HURON : sauvage, étourdi qui ne respecte ni les usages ni les convenances ; qui est toujours
huré. MM. Duméril.
HURT ; HUET ; HEURT : petite saillie de terre, petit promontoire contre lequel les vagues viennent se
heurter.
HUS (prononcé U) : porte. Du vieux substantif
huis, d'où nous avons conservé le mot huissier, placé à la porte des audiences pour faire faire silence. Du latin ostium.
HUT : chapeau. De l'anglais
hat.

 

 

 

I.


I : il, ils. I court , i marchent , etc. : il court , ils marchent. Il s'emploie explétivement :
ch'esi-i-me ? est-ce moi ?
IAN : gland. Par aphérèse. Voyez ENS.
IANS ; IAS : eaux. C'est comme
taurias pour taureaux. On trouve cette sorte de pluriel dans nos vieux écrivains ; par exemple, dans le fabliau du Tonneau que La Fontaine a imité dans son conte du Cuvier, on lit ces vers :


Au valet vint, et li proya
Qu'une partie li prestast
De sa maison , et li gardast
Ses dix
toniax en son celier.

Dans ses Dictons du XIIIe siècle, Crapelet rapporte ces questions (page 76), faites en Normandie : Qui estiaus ? où aliaus ? dont veneaus ? orthographiées ainsi dans les meilleurs manuscrits : où aliax ? que quériax ? dont veniax ?
IARD : liard.
IAU : eau.
IAU DE MOURET : jus de fumier; parce qu'il a la couleur des morets ou baies d'airelle. (Manche.)
IAULOUX : plein d'
eau, très-humide, marécageux. (Vire.)
IAUSSIR : pisser.
ICHIN : ici. B.
ICHITE : ici. S.-I.
ICI : ci. Ce temps ici pour ce temps-ci.
IDLO ( D') : d'ici , de là. (Avranches.) Voyez ILO.
IDOUX , SE : maladif, qui éprouve de fréquentes douleurs.
IÊBE : gale du chat.
IETTE. Aphérèse de liette. Voyez LIETTE.
IEU ! IEU ! cri dont on se sert pour appeler les cochons Voyez TIOT.
IEUCOLIER : écolier. S.-I.
IEUTUDIANT : étudiant. S.-I.
IEUN : un. S. -I.
IEUX : leur, à eux. S. -I.
IGNAU ; IGNOT (adv.) : sans cérémonie. A.
IGNORE (s. f.) : ignorance d'une chose. Être en
ignore : ignorer. A.
IGRE (s. L ) : griffe, ongle.
Voyez INGRE. A.
ILA : là. Martial d'Auvergne dit :


Quand les conducteurs
ila virent.

ILEC ( adv. ) : ici, là.
ILET : îlot, petite lie. Métaphoriquement, pâté de maisons, groupe formant une sorte d'île.
ILEU : là. B.
ILO : là. B.
IMMENSE (s. f.) : très-grande quantité. J'en ai une immense pour j'en ai beaucoup. L.
IMPORTUNATION : importunité.
IMPOTHÈQUE : hypothèque.
INBERLIAN : Irlandais. Du latin
hibernia : Irlande. B.
INDE : terne, noirâtre, de couleur bise ou sale.


Ne fleur inde, jaune ne blanche.
(
Rom. de la R.)

INDITER : indiquer, instruire. Voyez ENDITER.
INDOINE : privé d'aptitude. In négatif. C'est l'opposé d'idoine.
INDUQUER : éduquer.
INEL : alerte. Du Roman
isnel. Brunetto-Latini a dit, dans le XIIIIe. siècle : « D'un home pereceus je dirai : ce est une tortue ; de un isnel, je dirai : ce est un vent .» A.
INGRE : griffe.
Voyez IGRE.
INNOCENT : idiot, fou. Walter-Scott, dans son
Waverley (t. I , ch. 9) , dit qu'en Écosse on donne aux fous le nom d'innocents.
INN'TOUT : non plus ; pas davantage.
INSOUFFRABLE : insupportable, qu'on ne saurait souffrir.
INTÉ ; INTEL : tel, pareil, semblable, égal.
INTERGIE (s. f.) : léthargie. S.-I.
INTERGODER ou INTERGOUDER : interloquer, intimider. S.
INTERMINE. Voyez ÉTERMINE. A.
INTRODUIRE (v. a.) : interrompre. L.
INTROPIQUE : hydropique.
L.
INTROPISIE : hydropisie.
L.
INVECTIF : vif et remuant. De
invectus : emporté. L.
IORD : sale.
De ord. Voyez ce mot.
IOU (prononcé
i-iou) : où, en quel lieu.
IOUSOUX : aqueux, en parlant des fruits et des légumes.
IOUSQUE : où.
IQUEUL, E : quel, quelle.
IRAGNIE ; IRAIGNÉE ; araignée.
ITIEUL (TOUT) : tout d'un coup, tout entier. A.
ITOU : aussi. De l'adverbe latin
item. Too, en anglais.
IU : pièce de rapport qui fait disparate avec l'étoffe sur laquelle on l'applique. (Coutances.)
IVRER ; S'IVRER : s'enivrer.
IXE (s. m.) : chevalet pour scier le bois à brûler.

J.


J' ; JE : nous.
J'l'erons : nous l'aurons.
JACA : paille de sarrasin. A.
JACASSE : bavarde. Dans le patois Rennais,
jacasse s'entend d'une femme dont le caractère est contrariant.
JACASSER : jaser à tort et à travers. De l'italien
gazza (pie), d'où nous avons tiré notre vieux mot agace, que La Fontaine a employé dans la fable de l'Aigle et la Pie :


L'agace eut peur ; mais l'aigle, ayant fort bien dîné,
La rassure et lui dit : Allons de compagnie.

JACQUEDALE ; JOCQUEDALE : imbécile, jocrisse.
JACQUET : écureuil. De
Jacques, petit Jacques. Ces noms de saints donnés aux animaux ne sont pas rares dans nos usages, comme Margot (Marguerite), à une pie ; Samsonnet (petit Samson ), à l'étourneau et au maquereau ; Richard, au geai ; Martin, à l'âne; Coco (Jacquot ), au singe. On dit : dés le pétro ou pétron Jacquet, pour : à la pointe du jour.
JADE (s. f.) : jatte. A.
JAFFE (s. f.) : soufflet. Voyez GUIAFFE et GUIAFFER.
JAFFER : souffleter. L.
JALET ; JALÉE : propos inconvenant, bavardage. De l'islandais
jula : crier à tort et à travers.
JALOUSIE : œillet de poète (
Dianthus barbatus).
JAMAIS (A) : beaucoup. Il a des fruits, des écus à jamais : à n'en finir
jamais.
JAMBILLER : remuer les
jambes convulsivement, les agiter outre mesure.
JANOTTE : bulbe du
Bunium bulbo-castaneum. En Roman, anote.
JANGLER : habler, mentir, railler, plaisanter. Du vieux français
jangler, joculari. Voyez le Glossaire de Roquefort.
JANNIÈRE : plant d'ajoncs. Voyez BOIS-JAN et JION.
JANS : dedans. B.
JAP ; JAPE : babil, bavardage. De japper. Dans le patois Lorrain, on dit de la
jappe. - S.-I.
JAR : langage,
jargon. S.-I.
JARD : écailles de poisson. Voyez ÉCHARDE.
JARDIAU.
Voyez GERZIAU. A.
JARDRIN : jardin.
A.
JARNICOTON. Juron.
JARNIDIEU. Juron. C'est-à-dire :je renie Dieu. B. L'auteur de
Pathelin, p. 62, dit :


Il a mon drap, ou je r'gnie Dieu.

Dans les jurons , pour atténuer l'énormité de l'expression , on dit bleu et dié. D'où parbleu, morbleu, jarnidié.
JAROSSE ; JAROUSSE (s, f.) : vesce, gesse cultivée (
Dathyrus sativus),qu'Olivier de Serres appelait jarrus. Dans la basse latinité, jarrossia. Les cultivateurs du département du Gers donnent le nom de jarosses aux différentes espèces de vesces. (Annuaire du Gers pour l'an XII. ) A.
JARRETELER : attacher les jarretières. P. R.
JARRETER : se heurter les mollets en marchant. O.
JALOT : baquet, petit cuvier.
JARROTIN : jarret de veau. Terme de boucherie. A.
JAS : jars , oison. C'est le mâle de la
pige. Voyez ce mot. Jas, par suppression de l'r, comme dans gas pour gars.
JASCARDER : jaser mal à propos, bavarder. A.
JASPINER : babiller, taquiner, jaser, plaisanter.
JASSETOISER : jaser sans mesure. L.
JATÉ : gentil. BÉ JATÉ : bien gentil. L.
JAU : coq. De
gallus. Voyez GAU.
JAUNET : renoncule des prés (
Ranunculus pratensia ). Voyez BASSIN. L. - Un peu jaune. - Pièce d'or. H. -N.
JAVOTER : jaboter, jaser, babiller, caqueter.
JAVRELINE : javeline, dard. S.-I.
JE pour nous.
Je ferons ; je sommes arrivés. Patois Walon. Voyez ONS. L.
JEAN-QUIN : mélange de café, de sucre et d'eau-de-vie. Voir sur l'origine de ce mot le Dict. de M. l'abbé Decorde.
JEMENT : jument.
JENNE : Jeune.
JENNESSE : jeunesse.
JÉNOTTE. Voyez JANOTTE. A.
JENS ! mot exclamatif. S.-I.
JERCIR : sarcler. Du latin
sarcire.
JERGONN ER : jaser, babiller. De jargon.
JERQUÉ : perché, juché, placé désagréablement.
JÉSUET : hypocrite. De jésuite. L'abbé Furetière prononça ainsi sur la question de savoir si on devait écrire
jésuiste ou jésuite : « Il faut dire jésuite, comme on dit hypocrite, sodomite. » B.
JÉSUITE : dindon ; parce qu'on attribuait aux
Jésuites l'introduction de cet oiseau en Europe. L.
JETER (v. n. ): suppurer. Eu patois Walon,
jeté à matière. L.
JEU (FAIRE SON) : jouer son rôle, paraître, figurer. Voilà une belle robe, elle fera son jeu à la prochaine fête.
JEU D'EAU : jet-d'eau. Patois Lorrain. L.
JEUN (A COEUR) : à jeun. L.
JEUNDI : jeudi. A.
JEUNESSE : jeune fille.
J'VA ; J'VAL : cheval. L.
J'VEU : cheveu. L.
JIFAILLER : folâtrer mal à propos. Voyez JIFER.
JIFALIER, ÈRE : qui aime à jifer. L.
JIFER : jouer en folâtre. L.
JIFFE : soufflet.
JIFFER : donner une
jiffe, jifle ou soufflet.
JIFLE (s. f.) : soufflet. Patois du Jura.
JIFLER (v. a.) : souffleter.
JILE , (s. f.) : diarrhée des animaux. L.
JILÉE (s. f.) : eau ou tout autre liquide qu'on a fait jaillir
JILER : lancer, faire jaillir un liquide. A.
JILOIRE : petite seringue de sureau. Voyez ÉCLIPE. A.
JION (s. m.) : jomarin (
Ulex Europaeus ). A.
JOB (BATTRE LE) : perdre son temps, ne rien faire.
JOCER : se moquer,
jaser, niaiser. Du latin jocari.
JODANE (s. m.) : sot, niais, jocrisse. B.
JODU : sourd , au propre ; inintelligent, au figuré. De
j'ouïs dur : j'entends ferme. M.
JOE : joue.
JOFIN : poupée ou mannequin que l'on met par amusement dans un lit, pour faire croire qu'une personne y est couchée. Du latin
jocus, jeu. A.
JOGANE : espèce de coiffure d'enfant composée d'un fond et d'une passe sans papillon. Comme la jogane laisse la joue (la
joe) à découvert, c'est du mot patois joe qu'elle tire sa dénomination. A.
JOJO : cheval. Comme
dada. De jo et de jor des anciennes langues du Nord.
JOLET : jeu, mouvement. O.
JONFIEUX, SE : oppressé, e. Du verbe patois
jonfler. Jonfieux pour jonfleux, comme bieu pour bleu, fieur pour fleur.
JONFLER : respirer avec pein e; ronfler ; souffler de l'haleine en expirant l'air. Probablement de
sufflare, comme le conjecturent MM. Duméril.
JONQUERAIE : terrain où l'on fait croître du jonc.
JONQUETTE : fleurs qu'on jette dans les fêtes et dont on
jonche la terre. C.
JONQUIÈRE : terrain où le jonc croît spontanément.
JORER : se parer avec luxe, avec affectation.
JOSTER : jouter , folâtrer, plaisanter. De
jocus, jeu.
JOSTEUR : gai, amusant et farceur.
JOUBIBOT ; JOUBJEOT : tasse de café. De
joué : guère, et de bibere : boire. O.
JOUCET : soufflet. claque sur la
joue. O.
JOUÉ (adv.) : guère, peu. Cet homme n'a
joué de pommiau, guère de gras de jambe. Voyez POMMIAU. A.
JOUG-A-COUE : joug double pour deux boeufs attelés côte à côte à une charrue. Ce joug tient à la charrue au moyen d'une longue pièce de bois, nommée
coue (queue) et chevillée dans le joug. 
JOUGLER : gambader. Se dit des chevaux reposés qui sortent de l'écurie en gambadant.
JOUGUET : petit joug pour un seul boeuf.
JOUIR DE : venir à bout de. On ne saurait jouir de cet enfant indocile : on ne peut en venir à bout. Voyez CHEVIR.
JOUJOUTE (FAIRE) : se jouer.
JOUQUAY ; JOUQUÉ : juché, perché. S.-I.
JOUR-FAILLI (A) : au soir.
JOURNAL (de terre) : ce qu'on peut labourer de terre pendant une journée de travail. A.
JOUSTE ; JOUXTE : auprès de, attenant à. Du latin
juxta.
JOUTER : toucher à. Cet herbage
joûte à la rivière.
JOUVEUX , SE : aquatique. L.
JUC (s. m.) : perchoir du poulailler. En Roman,
joc. Ce mot, qui vient de jugum, perche, se trouve dans Des Perriers (Nouvel. 16 et 31). L.
JUDAS (BRAN DE) : taches furfuracées qui paraissent,  au printemps, sur le visage de certaines personnes. M. Decorde.
JUGAIN : jomarin. Voyez JION. A.
JUIF : espèce d'hirondelle, le martinet.
JUIS : juif, israélite. De
judoeus. Dans le Pédant joué de Cyrano de Bergerac (acte II , scène 3), Matthieu Gareau s'exprime ainsi : « Ous équiais un vrai jui d'Avignon. » L.
JUPÉE : courte distance. Interrogés sur la distance d'un lieu à un autre, les paysans répondent souvent au voyageur « II n'y a qu'une jûpée. » La jûpée peut varier d'un à cinq ou six kilomètres.
JUPER. Voyez HUPET. A.
JUPET. Voyez HUPET.
JUQUER ; JUQUIER : percher, jucher.
JUQUOUX : juchoir. Sembler tomber du
juquoux : paraître tout étonné.
JUS (adv. ) : à terre.
JUS D'OCTOBRE : liqueur préparée avec un mélange d'eau-de-vie et de poiré doux, réduit en sirop. L.
JUSÉE (de fumier) : liquide qui s'écoule du fumier, en forme de
jus.
JUSER : sortir par compression, en parlant des fruits.
JUSEUX : juteux, en parlant des fruits. L.
JUSSE : juste. H.-N.
JUTER : produire du jus.
J'VA : cheval.
J'VAS ; J'VAUX : chevaux.

K.


KAFIGNONS : corne qui se trouve à l'extrémité du pied des animaux qui l'ont fourchu, tels que la vache, le porc, le mouton, etc. M. l'abbé Decorde.
KAINE : chaîne.
KALIPÈTE : sorte de bonnet de nuit, qui couvre les joues des femmes, et qu'elles conservent le matin jusqu'à ce qu'elles fassent leur toilette.
KARAS : berger.
KARUE ; KAIRUE : charrue.
KÉ : quoi. Bé de ké : bien de quoi ! se dit ironiquement pour peu de chose.
KERDER : carder.
KERMINNE : charogne.
KÉROIX : croix.
KERSIR : mourir. Voyez CRESSIR. A.
KEVRON : chevron.
KIA VALET ! KIA VALET ! Cri pour appeler les porcs à la mangeoire. C'est la corruption de
tiot, qui est l'abréviation par aphérèse de petiot, diminutif de petit. Voyez TIOT.
KIEF : pièce de bois à laquelle on assujettit le soc de la charrue.
KIEN : chien. Du grec χύωυ.
KIGNE-EN-COIN (DE) : d'un coin à l'autre.
K'MINAIE : cheminée.
K'MINSE : chemise.
K'VA : cheval.
K'VILLE : cheville.

 

L


L' : le.
L'bout : le bout. L'sé : le soir.
LA : elle.
LABIT : douleur, peine. S.-I.
LABITER ; SE LABITER : pleurer ; se plaindre ; tourmenter. De
lacrymari. S.-I.
LABOUOROUX : laboureur.
LACHERON : laiteron.
LACHET : lacet.
LACHON ; LAÇON : lacet pour prendre le gibier.
LAGNE (s. f.) : bois de cotret, rondin de bois pelard. Ce mot signifie aussi mauvais bois. De
lignum.
LAGUE (s. f.) : espèce, qualité, acabit. B.
LAICHE : glaïeul (
Gladiolus communis). Du Celtique hesk, mot auquel on a réuni l'article, comme dans lierre, hedera.
LAICHE (s. f.) : lé, du latin
latus. V. LÈCHE.
LAID (FAIRE) : faire la moue; témoigner à quelqu'un qu'il déplaît.
LAIDURE (s. f.) : fille ou femme laide. L.
LAIQUER ; LÉQUER ; LIQU ER : lécher.
LAIRON ; LAIROT : loir.
LAIRRAI ; LAIRRAIS; etc. : laisserai, laisserais. Ancienne manière de conjuguer le verbe laisser. Maleville disait encore, dans le milieu du XVIIe siècle :


Si mes forces, Daphnis, égaloient mon courage,
A tes discours flatteurs je me
lairrois tenter.
 

Lairroient est employé par Descartes dans le Discours de la méthode. Il est vrai que les éditeurs modernes corrigent Descartes. C'est une fantaisie qu'ils se passent et qu'on a tort de leur passer. A.
LAIS : témoignages de mécontentement. Faire des
lais : grogner ; agir de mauvaise grâce ; bougonner.
LAISANDER : faire le
laisant. V. LAISANT.
LAISANT : oisif, paresseux. Voyez LAISI. R.
LAISE (s. f.) : lé d'une étoffe. P.
LAISI : loisir. S.-I.
LAISSE-TOUT-FAIRE (s. f.) : fille de mauvaise conduite. A.
LAIT BATTU : lait de beurre.
LAIT DE BEU (lait de bœuf) : mystification. Donner du lait de
beu : mystifier ; faire des promesses mensongères ; dire des absurdités.
LAIT DE BEURRE : babeurre.
LAIT (GROS) : lait caillé. Voyez CAILLES ; CAILLEBOTTES. L.
LAIT DE PIE (
Euphorbia sylvestris). B.
LAITICHE (s. f.) : belette à poil blanc. On dit à Alençon
laitice, sorte de revenant qui apparaît sous la forme d'un petit animal blanc comme du lait. De lait, et non pas de laetitia, joie. B.
LAITON ; LAITERON : veau ou poulain qui tète. De
lait.
LA-LOIN : ici près. A Bayeux, on dit
là-lain. On lit dès le XVe siècle, dans les Cent nouvelles antiques : « Ma foi, dit-elle, velà sa place là-loing, montrant le bord du lit. » A.
LAMPÉE (s. f.) : boisson prise à grandes gorgées et en grande quantité. Du verbe
laper. L.
LAMPER : prendre des lampées. L.
LANCEMENT : élancement dans une partie du corps.
LANÇON ou ÉQUILLE : petit poisson de mer (
Ammodyta Tobianus).
LANCRET : gamin. vaurien. B.
LANDES (f. pl.) : jomarin. Voyez JION et JUGAIN.
LANDON : cordon. B.
LANDON : rabâchage, bavardage. L.
LANDONNIER : bavard, rabâcheur. L.
LANDONNER : agir lentement; - rabâcher, bavarder. Les Bretons disent
randonner, randonneur. L.
LANDORE : endormi, fainéant, lambin.
LANDORER : lambiner,
s'endormir sur le travail. B.
LANER : écorcher, arracher le poil, comme le tanneur tire la
laine du drap. S.-I.
LANEUX : ouvrier qui fait ressortir la laine du drap. S.-I.
LANFAIS ; LANFOIE : filasse fine. Boivin et de Brieux dérivent ce mot de
lanificium, expression qui désigne toute matière propre à être filée. Il s'emploie métaphoriquement pour langage entortillé, difficile à saisir, ou abondant et stérile. M.
LANFRONAGE : linge lavé ou savonné à la hâte. A.
LANFRONER : laver sans nécessité et sans soin. A.
LANGET :
lange d'enfant au berceau. L.
LANGREUX : chétif, valétudinaire.
LANGUE DE BREBIS (
Ranunculus flammula) : petite douve. B.
LANGUE D' ÉPEC ou DE PEC (Pivert) (
Carex glauca). B.
LANGUET : landier.
LANGUETER : bavarder. De
langue. A.
LANGUETEUR, SE : bavard, e. A.
LANIER : lambin. paresseux. De
lent.
LANRAIT. Voyez LENDRET.
LANTIPOUNER : marchander.
S.-I.
LAPIER : rucher.
Incorporation de l'article au mot apier, du latin apiarium, rucher.
LAQUE : tique, sorte de pou des animaux.
LAQUER ; LAQUER : lâcher.
LAQUEULLE : laquelle. B.
LARCI (FAIRE) ou plutôt FAIRE LA RESSIE. Voyez RESSIE.
LARD : chair de porc. Le
lard n'en est que la partie grasse. L.
LARDÉ (s. m.) : sorte de pâté gras, de forme semi-circulaire.
LARMER : répandre des
larmes, larmoyer.
LARMETTE (s. f.) : petite quantité de liqueur, goutte, De
larme. L.
LAS-D'ALLER : fainéant, nonchalant. Un des personnages de
Gargantua s'appelle Las-d'aller (liv. I , ch. 38). Nachor dit au valet Maucourant, dans la Passion à personnages, p. 139


Ça, hau ! saoul-d'aller.

Ce saoul-d'aller est le synonyme de las-d'aller.
LASSON : lacs , filet pour prendre les oiseaux. De
laqueus. En bas-breton, lacz ; en italien, laccio ; en espagnol, lazo.
LATINEUX ; latiniste. S.-I.
LATINIER : écolier qui étudie la langue latine. Dans l'ancien français,
latinier signifiait interprète. Wace (Roman de Rou) dit que l'archevêque de Rouen :


A Rou et à sa gent par latinier parla.  L.

LATON : laiton.
LATUSÉE : être fantastique, dont on menaçait les enfants pour arrêter leurs cris ou leurs pleurs.
LAUDÉE (s. f. ) : volée de coups. A.
LAUDER (v. a.) : frapper, battre. A.
LAUFFRÉE : repas copieux d'un animal. Du vieux mot
luffre, vorace. Rabelais appelle lifrelofres les gourmands.
LAUMER : regarder de travers.
LAUNER : avoir l'esprit paresseux; fainéanter ; dire toujours la même chose ; radoter.
LAURETTE (s. f. ) : Daphné Lauréole (
Daphne Laureola). B.
LAUSANGIER : donneur de louanges, flatteur.
LA-VA ( adv. ) : là, aux environs. Il se promène
là-va. On dit aussi là-ava.
LAVECHINER : laver mal, ou peu, ou des objets de peu de valeur.
LAVERIE : pièce près de la cuisine, où on lave la vaisselle.
LAVETTE : gros linge emmanché pour laver la vaisselle.
LAVIER : évier, égoût de cuisine.
LAVOUX : lavoir.
LAVURER : laver mal. Voyez LANFRONER. A.
LÉ : elle. De l'italien
lei.
LÉ : les.
LÉCHARD. Voyez LÉCHEUR.
LÈCHE (s. f.) : petite quantité. Une
lèche de pain. En patois de Grenoble, leichi signifie « un morceau de pain long et mince. » Patois Rouchi.
LÈCHERIE : friandise. Du verbe lécher. A.
LÉCHETTE (s. f.) : friande.
LÉCHEUR, SE : friand, e. Dans la
Nef des fols du monde, les gourmands sont appelés lichards. Du vieux mot roman lechéor. A.
LÉCHOUX ; LICHOUX. Voyez LÉCHEUR.
LEICAN : nigaud.
LÉGUME : importance. C'est de la grand' légume : c'est une personne d'importance.
LÉMAGES (s. m.) : fourrage de plantes légumineuses, telles que vesces, pois. B.
LEMAN ; LEMAU : vaurien, bandit.
LENDEDÉMAIN : lendemain. L.
LENDRET ; LENRET : ici. C'est l'altération de la locution romane
là endroit, là endret : là directement, précisément là. L.
LÉNIER : doux, patelin, intrigant. De
lenis.
LENVERS : envers.
Le lenvers : l'envers. Du latin inversus.
LEREBOURS (A) : à rebours, au rebours.
LERME : larme. Il se prend dans.le même sens que goutte.
No n'y vait lerme : on n'y voit goutte.
LERMER. Voyez LARMER.
LERRU ; LIERRU : lierre.
LÉS : les. Très-fermé, dans certaines contées , devant une consonne.
LESANT (arr. de Mortagne) : pesant, tardif. MM. Duméril.
LESSIVEUSE : femme qui conduit une lessive et celle qui la lave.
LESSIVIÈRE. Voyez LESSIVEUSE.
L.
LET : lit.
De lectum.
LETICE : âme d'un enfant mort sans baptême, qui parait la nuit sous la forme d'un animal d'une blancheur éclatante ; en islandais,
lada signifie fantôme. MM. Duméril. Voyez LAITICHE.
LÉTISSE (Orne) : enfant espiègle, amusant. Du latin
latus. Ib.
LEU : lu, participe passé de lire.
LEUC : lieu. D'où
ileuc, le lieu où vous êtes.
LEUMIER : flandrin, efflanqué.
LEUX : leur, à eux. S.-I.
LI : lui.
LIAGE : couverture de chaume
liée avec des harts.
LIAINIER ; LIÊNIER : mendiant qui affecte un ton plaintif en demandant l'aumône.
LIAIS : fléau. Voyez FLAIS.
LIAN : gland. Par aphérèse.
LIANNE : glane.
LIARD D'UN SOU : pièce d'un sou (5 centimes). A.
LIAU ; LIOT : liseron (Convolvulus albus). L.
LIBODEUX ; LIBODOUX ; LIBOUDEUX : gluant. B.
LIBOREUX  ; LIBOUREUX : gluant, visqueux. De
lie. L. Voyez LIVARDEUX.
LICHER : faire festin ; manger avec sensualité. Voyez LÈCHERIE.
LICHOINER : embrasser amoureusement. De
lécher. O.
LICHOIRE (s. f.) : bouche, langue ; facilité.d'élocution.
LICHON : leçon. S.-I.
LICO : licol, licou.
LIDER : glisser. De l'islandais
lida. Vire.
LIÉ : elle. Ce pronom ne s'emploie que comme complément: par exemple,
Chest por- lié : c'est pour elle.
LIÉNARD ; LIÉNOR : Léonard ; Léonor.
LIÉPARDE : animal imaginaire qui hante les carrefours pendant la nuit. Peut-être est-ce une corruption de léopard.
LIERD : liard. Un rouge lierd : un misérable liard. L.
LIERRUT : lierre. B.
LIET : lit.
LIETTE : layette ; petit coffret, tiroir. On trouve ce mot clans la 48e
Nouvelle de Des Perriers. En patois Walon, lietta.
LIETTE : petit lien, ou cordon qui serre la ceinture d'une culotte, une chevelure de femme, etc. L.
LIEURS : liure, câble de charrette, etc.
LIEU DE (EN) : au lieu de. L.
LIEUTRIN : lutrin. L.
LIEUX : leur, à eux. L.
LIÈVRE DE MER. Voyez DIABLE. B.
LIMER ; LIGIER : léger. L.
LIGOCHE (s. f.) : limace. A.
LIMAGES. Voyez LÉMAGES.
LIMAS : limaçon. A.
LIME : fossé plein d'eau qui borne souvent les herbages de bas-pays et leur sert de limite. Du latin
limes.
LIMER : pleurer à demi; crier sans répandre de larmes, comme font les enfants contrariés. A.
LIMONIÈRE : ornière. De
limus : limon, boue. O.
LIMOUSINE : manteau de roulier, en poil et en grosse laine.
LIN : rut de la brebis.
LINCHARD : élancé, grand, mince, effilé.
LINETTE : graine de lin.
LINGARD : efflanqué. Voyez ÉLINGUER.
LINGUE : langue.
LINGUER : parler ; jaser. S.-I.
LINOTIER : ouvrier qui peigne et prépare le lin ou le chanvre.
LIONE : chèvre-feuille ; parce qu'il se lie aux arbres. Voyez VIONE.
LIOPE (s. f.) : bande de toile pour assujettir les enfants dans le maillot. Du verbe
lier. A.
LIOPER (v. a.) : employer les
liopes pour assujettir les petits enfants.dans le maillot. B.
LIOT : enveloppe de gluis dont on abrite les ruches.
LIOTROPE : héliotrope (
Heliotropium Peruvianum). Aphérèse. L.
LIPE (s. f.) : grosse lèvre. Faire la lipe : faire la moue. L.
LIPU , E : qui a de grosses lèvres. L.
LIQUE-PLAT : lèche-plat, parasite.
LIQUER ; LIQUIER (v. a.) : lécher. L.
LIQUERET : friand. De
liquer. B.
LIQUETTE : loquette ; petite loque, lambeau.
LIQUEUREUX : liquoreux.
LIQUIFOIRÉ : Lucifer.
LIRE (s. f.) : cane. Lire ! lire ! est le cri dont on se sert pour appeler les canards. L.
LIRETTE (s. f.) : petit caneton. L.
LIRLAS : lilas.
LIROT (s. m.) : caneton. De là ce cri pour appeler les jeunes canards :
lirotes ! lirotes ! lirotes ! L.
LIROT : mauvais couteau.
LIROT'TER : couper péniblement avec un mauvais
lirot. O.
LIS ; LISET : lisière d'étoffe.
LISA : Élisa.
LISE : portion de grève, de marais, etc. , où le sol déliquescent n'offre aucune résistance. .
LISETTE (s. f.) : ruban de fil. Du substantif lisière, parce que ce ruban sert souvent à border. Voyez BORD. A.
LISETTE : couteau d'enfant. A.
LISSEAU de fil : peloton de fil. L.
LISOUX : liseur.
LITÉ (PAIN) : pain dont la pâte a mal levé. (Valognes. )
LITOINE : nonchalant,, paresseux. C.
LITRANTAN : niaiseries, balivernes. De l'article
li ou le et de trantran. (Vire.)
LIU :
glu, glui. - LIU : lieu.
LIURE (s. f.) : branche ou gaule, souvent fendue en deux et qui, dans les clôtures sèches, sert, au moyen de harts, à contenir les affiches et à consolider la haie. Voyez AFFICHES.
LIVARDEU, SE : gluant, visqueux. A.
LIVERNAGE : pour l'hivernage. Voyez HIVERNAGE.
LIZAIS : liserés. S.-I.
LO : là.
LOBER : sommeiller. A.
LOBET. Voyez GOBET. De
lopin.
LOCATIS (s. m.) : cheval de louage ; homme de peine.
LOCHER (v. n.) : vaciller, menacer de tomber.
LOCHER (v. n.) : secouer, en parlant d'un arbre dont on veut faire tomber les fruits. Du Roman
eslocer ; eslochier : agiter, remuer. D'elocare.
LOCLASSER : peiner, souffrir en travaillant. Voyez HOCLASSER.
LODÉ : mouillé. Du latin
lotus.
LODER : marcher. De la basse latinité
lobia ou lodia : promenoir, galerie.
LODER : marcher ; se mouvoir ; se traîner avec peine.
LODORIE (s. f.) : supériorité. Avoir
lodorie sur quelqu'un : lui être supérieur en force. A.
LOGANE (s. f.) : chaumière. De
loge. B.
LOISER : être permis. Ce verbe neutre a pour adjectif
loisible, qui est resté dans notre langue.
LOJAIS : léger. S.-I.
LOLO : lait. - LOLO : veau, et, par extension, grand garçon qui a des manières enfantines.
LONER : rabâcher. Voyez LAUNER.
B.
LONGIN ; LONGIS : lambin.
LONGUE : longe.
LOQUE : là, S.-I.
LOQUETS : petites portions de laine qui tombent à terre, à la tonte des moutons. M. Decorde.
LOQUETONNER : agiter le loquet dans la serrure ;
clancher coup sur coup sans succès.
LORINER ; LORCINER : diriger. La
Muse normande dit :


Devant çu quai je lorine mes pas.

LORIOT : bouton qui s'élève sur les paupières ; sorte d'orgelet.
LORIQUE ; LORIQUETTE : loque, petit lopin. O.
LOSENGIER : adulateur. Du vieux mot
los : louange. Du latin laus. Voyez ALOSER.
LOSSER : jaser. Du grec γλώσσα : langue. Par aphérèse. A.
LOSTRE (arr. de Mortagne) : sale, malpropre. MM. Duméril.
LOT A FRÈRE., en parlant de l'ancien partage des successions normandes.
Elle a lot à frère : elle a égalité de lot avec son frère.
LOUCE ou LOUSSE (s. f.) : mensonge, tromperie. Peut-être du vieux mot
lobe, qui a la même signification dans le glossaire qui est à la fin de l'Histoire de Bretagne de Dom Morice. Wace, dans le Roman de Rou, emploie leusse. - LOUSSER se dit pour mentir.
LOUCHE (s. f.) : cuiller à pot ou à potage.
LOUCHET : sorte de bêche, en forme de
louche, ou cuiller à pot. C.
LOUDIER ; LODIER : courte-pointe de lit.
LOUÊPE (s. f.) : chiffon usé ; mauvais lambeau d'étoffe. L.
LOUÊPIAUX ; LOUIPIAUX : oreillons ; sorte de maladie des oreilles. Pour
oripeaux. Voyez ce mot.
LOUIS DE SIX FRANCS : pièce ou écu de six livres tournois ; parce que, comme le louis d'or, cette pièce de monnaie portait l'effigie du roi Louis. A.
LOUISOT : Louis.
LOULOU : loup. Mot enfantin.
LOURD : grossier, brutal. De
balourd. A.
LOURDER (v. n.) : être balourd: dire des balourdises.
LOURE (s. f. ) : cornemuse, musette.
LOURER : pleurer lâchement. (Vire.) - Chanter. S.-I.
LOUSSE. Voyez. LOURE.
LOUSSE : vesse. Du celtique-breton
lou.
LOUSSER : vesser.
LOUSSET : soufflet.
LOUSTER (v. n.) : s'insinuer frauduleusement.
LOUSTRE ; LOSTRE : sale personnage. O.
LOUVETTE : tique, ainsi nommée parce que cet insecte attaque souvent les loups.
L'QUEUL : lequel.
L'S : les, devant une voyelle ou une H muette.
L'SIVIÈRE. Voyez LESSIVIÈRE. L.
LUBIN : lupin.
LUBINS : sorte de loups-garoux. De
lupus.
LUBRE : difficile à manier, à travailler; compacte. Voyez RUFLE.
LUE : lieue.
LUEURE : lire.
LUGAN : homme bizarre, boudeur, sournois.
Luganner se dit des premières gouttes de pluie qui annoncent le mauvais temps.
LUIRE : lire. S.-I.
LUMELLE : allumelle, par aphérèse.
LUNER ; LEUNER : lorgner; regarder de travers.
LUNETIER : homme qui porte des lunettes dont il n'a pas besoin.
LUQUE : luth. S.-I.
LUQUE : lampe. (Manche.) De
lux, lumière.
LUQUER ( v. a.) : reluquer, regarder. Du latin
lux. Souvent lûquer emporte l'idée qu'on regarde de côté, en évitant que l'on s'en aperçoive. De là sans doute le sens de loucher, qu'il a dans M. Decorde.
LUQUERNE : lucarne.
LURASSER. Voyez LURER.
LURE (s. f.) : vers ou refrain d'une chanson, répété jusqu'à satiété. De
loure : musette. On l'emploie, au figuré, pour signifier des promesses que l'on réitère souvent et qu'on ne tient jamais. La lure alors est une leurre.
LURER : fredonner ; répéter la même chose ; rabâcher ; grommeler. L.
LU BETTES : fredons, répétitions de chansonnettes sans suite.
LUREUX, SE : qui grommèle, qui rabâche. L.
LURER : homme qui dit des sornettes, B.
LUROTIER. Voyez LUREUX. A.
L'Z : les. Courir
l'z uns après l'z autres.

 

M


M' : ma ; me. L'
a, l'e disparaissent parfois devant une consonne.
MA ; MAS : mal ; maux. - MA (s. m.) : sas, tamis.
MACABRE : inepte. De la fameuse
Danse macabre, dont les personnages ne savent que répondre à la Mort qui les entraîne.
MACAILLE : nourriture, ce qu'on mâche.
MACELET ; MACHELET : groupe de fruits tenant au même pédoncule. Un
macelet de noisettes.
MACHACRE : massacre. M. - Viande. S.-I.
MACHACRE : ouvrier maladroit.
MACHET (s. m.) : mâchoire.
MACHICOTER : mâcher en tournant et retournant ce qu'on a dans la bouche, sans l'avaler.
MACHIN ; MACHINOT :
machine ; chose ; objet dont on cherche le nom. Patois Lorrain.
MACHIS (s. m.) : aliment mâché.
MACHON : maçon. Au figuré, ouvrier inhabile.
MACHOQUER : bossuer.
MACHOTER : mâcher lentement et avec une sorte de répugnance.
MACHU (adj.) : en forme de massue. M.
MACHUE : massue. On disait
macue, dans le XIIIe. siècle ce mot est employé par le roi de Navarre dans ses Chansons. Tête de machue : entêté, opiniâtre. L.
MACHURER : noircir, décrier.
MACOT : cachette ; l'argent qu'elle contient. A.
MACRIAU : maquereau. En patois Picard,
macrieu.
MADELEINE (POIRE DE) : poire de Cuisse-Madame ; parce qu'elle mûrit vers la fête de sainte Madeleine (22 juillet).
MAFONGUE. Même sens que
Par ma fingue. Voyez FINGUE.
MAGNAN ; MAGNAN ; MAIGNEN : chaudronnier ambulant, dont on faisait peur aux enfants comme du prétendu Croquemitaine. Du vieux mot
maignen : chaudronnier, et de l'italien magnano. Nicot et Monet écrivent maignen, comme dans le moyen-âge. En patois Bourguignon, maignié. Magnin en patois Walon. On prononce aussi maïan.
MAGOSSE (s. f.) : amas d'argent ; petit trésor. Voyez MAGOT. A.
MAGOT. Voyez MACOT. L.
MAGOUANER : mâcher lentement et désagréablement. A.
MAGOUSSE (s. f.). Voyez MACOT.
MAGROLLE (s. f.) : somme d'argent. A.
MAGUE (s. f.) : estomac de veau, dans lequel on prépare la présure pour faire le fromage. L.
MAGUE : gros ventre ; bosse. S.-I.
MAHON : coquelicot.
MAHON : qui parte avec difficulté ; bègue. O.
MAHONNER : parler avec difficulté ; balbutier ; bégayer. Voyez BAUBE.
MAI : moi.
MAIGNETS ou MÉGNETS : petite enfants. Du celtique
man : homme. Maignets est le diminutif de man, d'où viennent aussi manant et rnanoir, etc. Le vieux mot meignie, on plutôt maignie, signifiait maisonnée, toutes les personnes d'une maison. Dans le patois Gascon, on dit maynat pour un petit garçon. A.
MAIGRASSIER : grand, mince et approchant de la maigreur.
MAIGRIER : maigre.
MAILLOCHE (s. f.) : petit maillet.
MAILLOT : maillet.
MAINDRE : moindre. S.-I.
MAININE : petite main.
MAINS ; MAINS : moins. S.-I.
MAIN-TACHE : à peu près, au hasard, sans que l'on compte. Prendre, donner à
main-tâche.
MAINTAIN ; MAINTIÉ : manche de fléau. O. et M.
MAIRERIE : mairie. Voyez MARIE. A.
MAIS : plus ; jamais.
Mei, en patois de Grenoble. De l'adverbe latin magis. Je n'en peux mais : je n'en peux plus.
MAIS DE CE TEMPS : désormais. L.
MAISI PLUS : désormais..
MAISON : la cuisine d'un paysan. C'est en effet la pièce importante, la pièce par excellence de son habitation.
MAIS QUE : lorsque ; après que ; pourvu que. Employé par le roi de Navarre, dans ses
Chansons, et par L'Estoille, dans son Journal.
MAIS QUE (POUR) : lorsque. L.
MAITE : maître.
MAITIA ; MAINTIEN : pain composé de blé et d'orge, par moitié ; cidre pressuré avec de l'eau, par moitié. Voyez MITOYEN.
MAITRE-CIDRE : cidre pur.
MAITRE-PIERRE : pomme à couteau, qui se conserve très-long-temps.
MAITRIAL, E : impérieux ; qui agit en maître arrogant. L.
MAL DE L'AN : coliques et convulsions des petits enfants. Voyez CATERRE. A.
MAL (HAUT) : épilepsie ; mal caduc.
MAL (PRENDRE) : mourir. Pris de mal : atteint de maladie. Il lui a pris mal : il est tombé malade. L.
MAL (TOMBER DE) : être attaqué d'épilepsie.
MALAISE (A) : à plus forte raison. H.-N.
MALAISÉE (DANSER LA) : recevoir une volée. Voyez DANSE. L.
MALANDRE : pustule, ulcère ; coup, blessure.
MALANDRIN : malade ayant des
malandres.
MALARD : canard, mâle de la cane. L.
MALAUCOEUREUX ; MALAUCURIEUX : dégoûtant; dégoûté.
L.
MALE : marne.
MALE ; MALAIS : fumier consommé, et plus particulièrement celui des bêtes à cornes.
MALEMENT : mal, méchamment, avec malice, à tort. M.
MALENDURANT : difficile à vivre. Du verbe
endurer. L.
MALENDURER : souffrir impatiemment.
MAL-EN-HIE ou HIS : mal portant, souffrant ; mal en gaîté, de mauvaise humeur.
MALENTENTE (s. f.) : mal-entendu.
MALER : engraisser avec de la marne.
MALER : fatiguer, exténuer. De
malum : mal.
MALGRÉ QUE : quoique. Patois Lorrain.
MALIÉRE (s. f.) : fosse dans laquelle on dépose les mâles ou fumiers pour qu'ils s'y consomment. C.
MALIN : petit poisson de rivière. B.
MALINE : maligne.
MALON ; MALUN : escarre, croûte qui se forme sur la peau lorsqu'une plaie se guérit ; cicatrice. De
malum.
MALHERBE ; MALLE-HERBE : mauvaise herbe, qui donne le vertige et empêche de retrouver son chemin.
MALHEURÉ : malheureux ; homme à qui il arrive un malheur.
MALHEURETÉ : malheur, accident. On dit aussi
malhuré ; malhureté.
MALHUR : malheur.
MAL INCOMMODE : fort incommode. H.-N.
MALONNER : se former en malon.
MALPIÉTÉ : qui a de mauvais pieds ; inhabile aux longues marches.
MAL St.-MEIN : croûtes laiteuses des enfants. L.
MALUSER : mésuser.
MAN : larve du hanneton (
Mélolontha).
MAN : mon. Man kien : mon chien.
MANCHÉE : nid de lapins ; leur terrier où sont déposés leurs petits. De
manere : demeurer.
MANCHERON ; MANCHON ; MANÇON ; MANQUETIN manche de charrue.
MANDALE (s. f.) : soufflet sur la joue, sur la mâchoire, les
mandibules.
MANDRE : moindre. S.-I.
MANDRILLE : espèce de manteau vieux et en mauvais état.
MANET : manoir ; habitation distinguée, inférieure toutefois au château ; gentilhommière. L.
MANETTE : Marie-Anette ; diminutif de Marie-Anne. A.
MANGEARD : dépensier, prodigue qui gaspille. L.
MANGER L'ORDRE : oublier. Patois Lorrain.
MANGÉRIAU, au pluriel MANGÉRIAS : gens du fisc, sangsues du peuple. S.-I.
MANGERIES : vexations fiscales.
MANGE-TOUT (DES) : petites fèves qui se mangent en entier, lorsque le grain commence à se former.
MANGEUX DE FOIN SUR LE BAT : parasite.
MANGNER ; MANGNIER : manger. Mangniez donc! vous ne mangniez pas ; gnia que me qu'mangne : mangez donc ! vous ne mangez pas ; il n'y a que moi qui mange. L.
MANGNIETS. Voyez MAIGNETS.
MANGUER : manger.
MANIERS ou MANIETS. Voyez MAIGNETS.
MANIFACTURE : manufacture.
MANIFIQUE : magnifique. Patois Lorrain.
MANIQUET : selle de femme, couverte d'une peau de mouton. H.-N.
MANJURE : démangeaison. J'ai
manjure à la tête. H.-N.
MANJURIAU. Voyez MANGÉRIAU. L.
MANJUSSER ; MANJUCER : manger. B.
MANNETTE : petite manne. L.
MANSAIRE ; MANSÉRE : misérable ; déguenillé ; mal vêtu.
MANSEL : manoir, habitation. Du latin
mansio.
MANTAIN : manche de fléau.
MANUYENCE : possession, jouissance.
MAQUAILLE (s. f.) : aliments mal préparés. Du verbe
mâcher.
MAQUE-ÉPAIS : goinfre, gourmand. H.-N.
MAQUER ; MAQUIER : mâcher désagréablement. - Manger. S.-I.
MARAILLER : se salir dans l'eau bourbeuse. De la basse latinité
mara : mare. A.
MARAS ou MARAT : maraud, mauvais sujet Du grec μιαρός : scélérat, qui a produit
marrans, vieille expression qui signifiait juif. En patois Walon, maraïe signifie canaille. L.
MARCACHA : gamin ; petit homme mal bâti. On disait autrefois
margajat :


Que nous ririons tretous
De voir un
margajat fagotté comme vous,

dit Boursault en partant d'Esope. Parler margajat. Voyez CHARABIAH.
MARCAPIÉ : raisiné. (Manche.)
MARCAU ; MARCOU : matou, gros chat mâle. O. En patois Walon,
markou ; en patois Troyen, marcoux.
MARCELOTTE : petite masse au bout d'un bâton. Corruption de
maaselotte : petite massue. Voyez RABOTTE. A.
MARCHÊQUE ; MARCHESSE (s. f.) : fête de la Notre-Dame de
Mars (l'Annonciation). Marcesche, dans une charte de 1407. On dit proverbialement, en parlant des veillées pour le travail :


La bonne veilleresse
Commence à la septembresse
Et finit à la marchesse.

Voyez SEPTEMBRESSE. L.
MARCHER : parcourir.
Marcher une propriété.
MARCIÈRE (s. f.) : dépôt de marc dans une fosse. (Manche.)
MARCOU. Voyez MARCAU.
MARÉCHAL : oiseau de l'ordre des passereaux. B.
MARÉE (s. f.) : flaque d'eau. De
mare. L.
MARÉE (s. f.) : denrée. Porter la
marée au marché. L.
MARETTE : petite mare.
MARGANE (s. f.) : sèche. Du celtique-breton
morgaden.
MARGANNER. Voyez DÉGANNER.
MARGAS, ou MARGASSE (s. f.) : petite flaque d'eau bourbeuse. Du substantif
mare et du verbe gâter. Au figuré, embarras. Le substantif margane (excréments humains) du département d'Ille-et-Vilaine pourrait bien avoir la même origine. Dans le patois du Jura, gouillat et gouille signifient boue et le lieu où elle séjourne. De là, margouillis. Voyez ce mot. A.
MARGASSER (SE) : se salir dans un
margas. A.
MARGAU : fille de mauvaise vie.
MARGOT (s. f.) : pie. On dit Margot pour une pie, comme Richard pour un geai, Martin pour un âne, etc. La Fontaine dit (
Fables, XII, 11)


L'aigle, reine des airs, avec Margot la pie.

MARGOT (s. f.) : fourche. Du latin marga.
MARGOT-PINTON : femme ivrogne. On dit proverbialement :


Margot Pinton,
Qui aime mieux sa
pinte que son demion
.

Voyez DEMION.
MARGOTTE : marcotte.
MARGOTTER : marcotter. C'est le G pour le C, comme
ganif pour canif.
MARGOUAIS : fond de carrière, de marnière. Du celtique
marga (marne), que le naturaliste Phne (liv. XVII, ch. 4 ) cite comme un excellent engrais.
MARGOUILLER : bredouiller ; manger malproprement ; salir.
MARGOUILLIS. Voyez MARGAS.
MARGOULETTE : mâchoire (terme de mignardise) ; petite bouche. En Roman,
gargate. Dans le patois Walon, gargolette : gosier, gorge.
MARGOULINE : bonnet de femme. Voyez GOULINE.
MARGRÉ : malgré. S.-I.
MARGUITE : Marguerite.
MARIANNE: Marie-Anne. Voyez MANETTE.
MARICAUDER : noircir le visage, les habits. H.-N.
MARICHAL ; MARICHA : maréchal. L.
MARIE : mairie. La rue de la
Mârie. A.
MARIE-SOUILLON (s. f.) : femme malpropre. On dit aussi
Marie-Salope ; Marie-Torchon.
MARIE-SURELLE : femme acariâtre. De
surelle, oseille.
MARINGOTE (s. f) : sorte de charrette que l'on commença à employer peu après notre célèbre victoire de Marengo, en 1800.
MARINGOUIN : cousin, sorte d'insecte.
MARIN-ONFROY. Nom d'une espèce de pommes dont l'introduction, d'après Pluquet, est due à Marin-Onfroy, seigneur de Veret et de St.-Laurent-sur-Mer, qui apporta des greffes dans le Bessin, au commencement du XVIIe. siècle. Cette espèce s'est propagée dans le département de la Manche, et on la prise beaucoup aux environs de St.-Lo, où l'on comptait encore, il y a peu d'années, plusieurs familles des noms de Marin et d'Onfroy. La
tisane de Marin-Onfroy est le cidre gracieux qu'on obtient de l'espèce de pommes dont on vient de parler. Le fruit est généralement petit, dur ; il mûrit très-tard. Son aspect est loin d'être séduisant comme le goût du cidre qu'il produit. M. Lepingard.
MARION : Marie. C'est de là qu'est venu le mot
Marionette, diminutif de Marie. L.
MARJOLET : élégant. De joli. L.
MARJOLLES : caroncules qui pendent sous le bec des coqs et des poules ; et, par métaphore, le double ou le triple menton des personnes très-grasses.
MARMIONNER ; MARMONNER.: murmurer sourdement ; mal prononcer.
MARNÉ. On appelle à Vimoutiers pain marné celui qui n'est pas complètement blanc. De
marne, terre de couleur blanc-grisâtre.
MARNET : le grand guillemot, oiseau de mer.
B.
MARONNER : grommeler.
MAROTTE : Marie. Le nom de la marotte de la folie vient de ce diminutif. L.
MAROUAU : matou. Voyez MARCOU.
MAROUILLAGE (s. m.) : eau bourbeuse. De
mare. A.
MAROUILLER : agiter de l'eau bourbeuse ; se salir dans le
marouillage. Voyez VAROUILLER. A.
MARPAS : sale, bas.
MARQUE-A-LA-VIELLE : iris, arc-en-ciel. (Coutances.)
MARRINE : marraine. L.
MARRUBLER : meurtrir fortement. Peut-être de marrube (
Marrubium vulgare), plante médicinale que l'on écrase. L.
MARTAFLU. Voyez MASTAFLU.
MARTE ; MATTE : petite boulette de terre cuite, pour jouer, comme avec la canette et les osselets.
L.
MARTINET : grimpereau.
L.
MASCAPIÉ : raisiné de poires ou de pommes.
B.
MASS :
masure.
De la basse latinité.
MASSACRANTE (HUMEUR) : mauvaise humeur ; humeur très-bourrue. Patois Lorrain.
MASSAIS (s. m.) ; MASSÉE (s. f.) : argile pétrie avec du foin, pour faire les planchers. B.
MASTAFLU, E : gros et mal-bâti. De l'ancien qualificatif
maflu. La Fontaine a dit (Fable III , 17), en parlant d'une belette :


Grasse,
maflue et rebondie.

MASTAPIN : gros, bouffi.
MASTAS : homme très-replet. De masse. Voyez TARI-BONDIN.    29
MASURÉ, E. Terre masurée : terre pourvue de bâtiments d'exploitation et d'habitation. De
masure.
MAT : flèche. S.-I.
MATE (ENFANT DE LA) : escroc, filou. Du nom d'une place de Paris fréquentée par les voleurs, suivant Moisant de Brieux, p. 15 de ses
Origines de coutumes anciennes.
MATE : lait caillé. S.-I.
MATE ; MATRE (s. f.) : extrémité de l'os du tarse du mouton, de la brebis. Le
jeu de mâtes se compose de ces petits os qu'on jette sur une table. Les mâtes qui sont tombées sur le côté, doivent être redressées par le joueur dans l'intervalle de temps qu'une balle ou tout autre objet, qu'il a lancé en l'air et qu'il doit recevoir, met à retomber dans sa main. M. Lepingard.
MATEREAUX : matériaux. De
matière. Patois Lorrain. L.
MATES (s. f. pl.) : lait caillé. En patois Lorrain,
maton.
MATHIEU-SALÉ : Mathusalem. Vieux comme
Mathieu-salé.
MATIÈRE (s. f.) : pus. Patois Walon.
MATIFAS : mortier de chaux, de sable et de bourre, pour enduire.
MATRASSER : assommer. De
matras, sorte de trait qui ne perçait pas, mais meurtrissait cruellement. Du latin mactare. B.
MAUFAIT : mal fait, contrefait.
MAUGONNER : mâcher ; mordre, ronger vilainement. Au figuré, grommeler. A.
MAUGRÉ : malgré.
MAUGREBLEU. Juron. De l'arabe
maghrabi. Dans le midi de la France, d'où maugrebleu nous est venu, et qui fut quelque temps au pouvoir des Sarrasins, on dit magrabiou, qui est plus rapproché de son origine. Petit-être maugrebleu vient-il de malgré Dieu.
MAUGRENÉ : maudit. Quelle
maugrenée affaire !
MAUMINÉ : blême, qui a mauvaise mine. A.
MAUPAS : mauvais passage, lieu dangereux, soit par la difficulté du passage, soit par le danger des rencontres. Ce nom a été donné à des lieux, à des gués de rivière, etc. , qui n'offrent présentement aucun danger.
MAUPITEUX : souffrant, malheureux. De mal et de pitié. S. -I.
MAUTALENT : ignorance ; mauvais
vouloir ; disposition à mal faire. Ce mot est dans Montaigne.
MAUVE (s. f.) : fresaie.
MAUTÉ : méchanceté. L.
MAUTURE (adj. ) : malin, espiègle, vaurien, d'une probité suspecte.
MAUTURE (subst. ) : blessure grave ; plaie considérable, tenant en général au vice du sang.
MAUVAISETÉ : méchanceté. Dans Nicot,
mauvaistié.
MAUVE : mouette, oiseau. B.
MAUVI ; MAUVIARD (s. m.) : mauviette. En patois Walon,
mâvi signifie un merle.
MAXI ; MAXIS : méchant. B.
MÉ : moi. - MÉ : maintenant.
MÉCANIQUE : souffrant, faible, d'une santé délabrée ; d'une chétive constitution ; - insuffisant.
MÉCHANT : pauvre, digne de pitié. Ce
méchant enfant ; cette méchante petite bête. Une paysanne dit : J'ai eu tant à faire, que je n'ai pas eu le temps de peigner ma méchante tête.
MÉCHANT : difficile. Terre
méchante : terre difficile à travailler.
MÈCHE : moitié. De
mèche : de moitié. Argot.
MÈCHE : moyen, possibilité. Il y a
mèche, ou : il n'y a pas mèche : on peut, ou : on ne peut pas.
MÉCHER: pocher. (Vire.)
MÉCREDI: mercredi. Patois Lorrain. L.
MÉDIN : mauvaise couche. O.
MÉGAUGIER (v. a. ) : désappointer. D'égayer ; mégayer : mal égayer.
MÈGUE (s. m.) : serum, petit-lait. De
mesga, dans la basse latinité. On appelle aussi mègue l'agglutination qui se forme au fond d'un vase par les dépôts du cidre, du vinaigre, et autres liquides.
MÉJAMBIÉ ; MÉJAMBIER : qui a les jambes en mauvais état, couvertes d'ulcères en suppuration.
MEILLE ; MÊLE : nèfle. On lit, dans Cretin, p. 205 :


Raisins, pruneaux, pommes, poires et
mesles.

MEILLER : néflier. En latin, mespilus.
MÉLAN : merlan.
MÈLE : « flocons mucilagineux au fond des bouteilles de cidre », suivant Pluquet. On dit ailleurs :
mère. V. MÈGUE.
MÊLE : merle.
MÊLEAU ; MÉLO : paquet de fil, de laine, de soie,
mêlé.
MELER (v. n.) : s'altérer. Se décomposer, en parlant des pommes. De
malus : pommier, et de malus : mauvais. La pomme melée est celle dont la chair trop mûre a pris à sa surface une teinte brun-clair et une consistance molle. En patois Walon, melaie signifie un pommier.
MÊLIER ; MESLIER : néflier. En anglais,
medlar-tree.
MÉLIEU : milieu.
MÉLIMÉLOT : mercuriale (
Mercurialis annua). B.
MÊLI-MÉLOT : objets confus, mêlés, en désordre.
MELLE (s. f.) : anneau d'une chaîne. De
maille. L.
MELLETON : prunelle, mauvais petit fruit. De
malum.
MÊLURE : petites herbes qu'on mêle à la salade pour l'assaisonner.
MÉMARCHURE : entorse. De
marcher mal. L.
MEMBRÉ : membru. Patois lorrain.
MENACHE ; MENACHER : menace, menacer.
MÉNAGÈRE : femme de campagne. De
ménage. En patois Walon, menadzira. Voyez CRÉATURE.
MENDRE : moindre.
MÉNESTRIEUX : ménétrier. S.-I.
MÉNOM : sobriquet ; surnom. De
: mauvais, et de nom.
MÉNOMMER (SE) : prendre un nom qui n'appartient pas.
MENOUX : menin, conducteur, cicerone.
MENT : comme, comment.
Ment hla : comment cela ? ment tout : comme tout. De comment, par aphérèse. Voyez C'MENT. L. - A Pont-l'Évêque, mentêche pour comment est-ce ?
MENUISE (s. f.) : petit plomb pour tuer les oiseaux. De
minutus.
MÊNUIT : minuit. L.
MÉQUIÉ : moitié. L.
MÉQUIER : métier.
MERC ; MERQUE (s. m.) :
marque sur la peau ; lentille ou petite verrue ; borne en pierre qui marque les limites dans les champs. B.
MÈRE : dépôt glaireux dans le vieux cidre ; substance que l'on croit propre à faire naître le vinai[g]re (à en devenir la mère).
MERELLE : cidre dans lequel on a mis beaucoup d'eau. B.
MÉRIAISE : merise.
MÉRIENNE : méridienne. Par syncope. Sieste, sommeil de
midi. Faire mérienne : faire la sieste.
MERLUS (s. m.) : sorte de petite morue sèche ;
merluche.
MERNUCHON. Plante ; la
stella media des oiseaux.
MEROLLE : brebis. O.
MÉROTTE : petite-mère. L.
MERQUE : marque. MERQUIER : marquer, tracer, etc.
MESANGLE ; MESETTE : mésange.
MÉSAISE : gêne, au propre et au figuré.
MÉSAISÉ : qui est dans le
mésaise. Ne se dit qu'au figuré mésaisé dans son commerce.
MESHUI : aujourd'hui, tantôt, désormais, dorénavant. Dans le
Testament de Pathelin, p. 131 :


Ne viendra
meshuy Guillemette ?

MESEAU ; MEZEL : lépreux.
MESCHIEF : malheur.
MESCHEOIR : échouer , ne pas réussir.
MESCHEU (part. passé de
mescheoir ). Il en est mescheu : il en est arrivé malheur.
MESÉ : atteint d'une lèpre appelée méselerie. Métaphoriquement, insensible.
MESHAGNÉ ; MESHAIGNÉ ( l'S ne se prononce pas) : estropié, mutilé.
MESHAING : mutilation, malheur, accident, mécompte.
MESIGUE : mésange.
MESIRAGNE ; MESIRAIGNE : musaraigne.
MESURE : merise.
MESIRETTE : petite musaraigne.
MESIRIER : merisier.
MESM'ORAINS : même naguère. H.-N.
MESNIE : maison, maisonnée, famille.
MESNIL : maison dans la campagne et champ y attenant.
MESSINE ; MÉCINE : espèce de coussin en foin ou en paille, dont les paysans garnissent la partie supérieure de l'entrée des sabots, pour qu'ils ne blessent pas le coude-pied.
MESSIONAL : qui a lieu pendant les vacations, fixées anciennement au temps de la moisson. De
messis.
MESURE : convenance, sagesse. C'est la
mesure : c'est ce qui convient. Dans le XIIIe siècle, mesure signifiait sagesse, bonté. C'est le quid deceat, quid non, d'Horace ; et l'emploi qui en est fait dans les Chansons du roi de Navarre et le Glossaire de La Ravallière. En Roman on disait amesuré, pour sage ; en Provençal, amesurat. L.
MESURETTE (s. f.) : huitième partie de l'aune. L.
MET (s. f.) : huche, pétrin,
maie. On trouve met dans les vieux fabliaux. Du verbe mettre. Met était encore en usage dans le XVIe siècle. En effet, Du Bartas dit, dans le second jour de sa Semaine, v. 1129 :


L'un sur un ais flottant hasardeux se commet ;
L'autre vogue en un coure, et l'autre en une
met.

Mée, en patois Lorrain ; mai, en patois Walon. Dans le patois de Grenoble, mata signifie pétrir, faire du pain.
MÉTANT : moitié du boisseau ; environ 20 litres.
MÉTIER : à propos. urgent, important, nécessaire. Il était métier d'agir : il était important d'agir ; il n'y avait pas de temps à perdre. Il en avait métier : il en avait besoin. C'est un idiotisme normand.
MÉTIR (SE ) : s'amollir en séchant ; se flétrir comme les plantes coupées, les fruits moissonnés, etc.
MÉTIÉ : moitié. L.
MÉTOYEN : mitoyen. Cidre trempé de
moitié d'eau pendant le pressurage. L.
METTEUX DE POULES A COUVER : qui s'amuse à des riens. Voyez COLIN-FEMMETTE.
L.
MEU, E ; mûr, mûre.
MEULER : beugler, mugir. L.
MEULON : tas de bois, de fagots, de bourrées, etc.
MEURDRE : meurtre. MEURDRI : contusionné.
MEURDRIR : meurtrir. En patois Walon,
moudri : L.
MEURISON ; MEURISSON : maturité qui s'effectue.
MEURON : maturité avancée. Des fruits perdus de
meuron sont des fruits passés.
MEU ; MEUR, E : mûr, e.
MEUX. Même signification.
MEUSA. Voyez MURAS.
MIAILLON (s. m.) : enfant. De
mion qui, en Roman, signifie plus petit. Du grec μείων.
MIANDER ; MIANER : miauler. Onomotapée tirée du cri du chat. A. L.
MIANDOUX : hypocrite.
MIAU : morceau.
MIAULÉE : mélange de pain et de lait, ou de cidre, ou de vin, etc.
MIAULÉE : petit morceau, petite partie d'un
miau.
MICAMAU (s. f.) : mélange de café et d'eau-de-vie.
MICHEL-FILLETTE. Voyez COLIN-FEMELLE.
MICHER : pleurer. De
pleurmicher pour pleurnicher.
MICHETTE : sein de jeune femme. De
miche, pain. L.
MICHOTTER : chiffonner les
michettes. L.
MICHOTTIER : celui qui michotte. L.
MIE : point.
MIÉE ; ÉMIÉE. Même sens que MIAULÉE.
MIELLÉ : terre sablonneuse sur le bord de la mer. Cherbourg.
MIÈRE : médecin. C'est une manière de prononcer le mot roman
mire, médecin.
MIET (s. m. ) : petite quantité ;
miette. De Mica.
MIETTE (UNE) : un peu.
MIETTE : pas, point. Particule négative. Je ne suis
miette content : je ne suis pas content, nullement content.
MIGAUT ; MIGOT; MIGEOT . fruiterie ; réserve de fruits pour l'Hiver. On trouve
migôt dans le Formulaire des Élus du président de La Barre. Voyez MURAS.
MIGEOTER : faire bouillir doucement, à petit feu. S.-I. A Bayeux,
migeoter signifie dorloter.
MIGNARD , E : plaintif avec mignardise. L.
MIGOTER : mûrir dans le fruitier.
MILGRET (s. m.) :
Calamagrostis airenaria. B.
MILGREUX : sorte de jonc qui croit dans les sables. Dans Du Cange,
Melogarium. De Crescentiis , ch. 26. Voyez MILGRET.
MILICE (ÊTRE) : être la dupe. M. l'abbé Decorde.
MILLAUD : mendiant. A.
MILLAUDER : mendier. A.
MILLAURAINE ou MILLARAINE (s. f.) : sorte de loup-garou. (Valognes. )
MILLE-SOUDIER : homme dont la richesse est inépuisable. De mille et de sou.
MIMI : chat. Voyez MIANDER.
Mira signifie une chatte dans le patois de Grenoble.
MIN : mon.
MINABLE : qui a la mine hideuse, l'aspect sinistre. Patois Lorrain.
MINCE (s. f.) : mèche de fouet. O.
MINCÉE : choses coupées
mince. Une mincée de choux chou : choux coupés en petits morceaux et mêlés avec du son et du lait caillé pour l'engraissement des porcs.
MINCER : réduire ou briser en petits morceaux (
minces). A.
MINDRAILLE : menue monnaie ; chose de peu de valeur.
MINDRE : moindre. S.-I.
MINDRER : amoindrir, mincer, couper en petits morceaux.
MINDRÉE : masse d'objets mincés, rompus, écrasés menu.
MINE (GRANDE-) : mesure de 8 boisseaux. La petite mine est de 6. H.-N.
MINEAU ; MINON ; MINOT : minet, chat.
MINEAUX ; MINOTS : fourrures. De minet. 
MINET, TE : joli petit garçon, jolie petite fille. Métaphore de minet : petit chat.
MINETTE :
Lotus corniculatus. B.
MINGRELET ; MINGRELIN (corruption de
maigrelet) : aigre et chêtif. Mingrâlin, dans le patois Troyen.
MINGROLLE (s. f.) : moustache de chat. De
minet et de grouin, pour museau.
MINIEUT ; MIGNIEUT ; MESGNIEUT : minuit.
MINON : chat.
MINS, E : mis , mise. S.-I.
MINUTE : patience ! attendez un peu !
MIOCHE (s. m.) : petit enfant qui ne mange encore que de la mie. L.
MIOCHÉE ; MIOLÉE ; MIOTÉE : pain
émié dans du cidre, du poiré ou du lait.
MIONNER : manger avidement.
MIOT : gros morceau de mie; oiseau dernier éclos. Du vieux mot
mion : plus petit. Voyez ÉCLOCU.
MIOTS : miettes.
MIQUER : ajuster. B.
MIRE : vue, regard, exposition. Mettre en
mire : exposer aux regards, à la vue, à l'attention.
MIRABOULIA FECI (IL A L'AIR DE) : hableur. Sans doute de
mirabilia feci : j'ai fait des merveilles.
MINETTE (s. f.) : germe de l'oeuf. - Petit miroir.
MIREUX ; MIROUX : miroir.
MIRLIFICHÉ : enjolivé minutieusement.
Misti frisé, dans le patois Walon.
MIROTER : ajuster avec un soin minutieux.
MIROTER (SE) : se mirer long-temps et avec coquetterie.
MIROUX : merveilleux. De
miras. B. Voy. MIREUX.
MISÉRABLE (s. m.) : le quart d'un petit-pot d'eau-de-vie, la trente-deuxième partie d'un litre. L.
MISÉRER : macérer, rendre misérable ; le devenir par excès de travail ou de privations.
Misérer son corps.
MISERETTE : musaraigne. En patois Walon,
misuette signifie un souriceau. B.
MISTANFLUTE. Terme d'amitié trivial et un peu dédaigneux.
MISTANFLUTE (A LA) : de travers. Patois Troyen.
MISTAU : jeune garçon de belle venue. O.
MITAINES A QUATRE POUCES : objet qui sert à plusieurs emplois. L.
MITAN : milieu , moitié. De
medietanus.
MITER (v. a.) : user, gâter. O.
MITEUX : chassieux. Voyez BOGUÉYEUX.
MITON : chat ; MITON : morceau de mie.
MITONNÉE (s. f.) : panade.
MITOURIES (s. h pl.) : cérémonies, façons. Que de
mitouries ! c'est-à-dire, que de cérémonies ! que de façons ! que d'embarras ! Les Dieppois appelaient Mitouries (des mots mi août) une procession solennelle fondée, en commémoration de la victoire signalée remportée par eux, le 14 août 1443, sur les Anglais, après 23 ans passés sous leur domination. Comme ce jour était la veille de la fête de l'Assomption , quelques personnes ont cru que les Mitouries étaient uniquement en l'honneur de la Vierge. L.
MITOYEN : cidre pressuré avec de l'eau par moitié. L.
MITTON : petit morceau. De miette.
M'N : mon.
M'n ami : mon ami ; m'n éfant : mon enfant. Devant les voyelles, au lieu de m'n, on dit man. Voyez MAN. On dit aussi m'n pour m'en. Je m'n allais: je m'en allais.
MOCHE (s. f.) : petit pain. On dit aussi une
moche de beurre. De motte.
MOCHE : paquet de vers pour pécher l'anguille; agglomération de.
MOCHI-MORA : pas trop, suffisamment.
MOCHON : grumeau, morceau de pain. Dans le département de la Mayenne, on appelle
mottons les grumeaux qui se forment dans la pâte ou dans la bouillie.
MODEUSE (s. f.) : modiste, marchande de
modes. A.
MOGNON : moignon.
MOIGNEAU : moineau.
MOINDREMENT (LE) : le moins, très-peu, la
moindre quantité.
MOINE : poisson de mer. B.
MOI-S'EN : m'en. Donnez-
moi-s'en : donnez-m'en. L.
MOISILLON : paysanne qui singe la demoiselle de ville pour sa toilette.
MOISON : maison. L.
MOISSE : ce qu'on trait d'une fois.
MOISSERON : pinçon. O.
MOISSON (s. m.) : moineau. Voyez PASSE. L.
MOISSON D'ARBANIE : moineau friquet. B.
MOLLACHE : mollasse, mou. De
mollis.
MOLLAIN (s. m.) ; MOLLIÈRE (s. f.): terrain marécageux et mou, où l'on peut s'embourber. Voyez EMMOLER. L.
MOLLE : botte de cercles dont le nombre diminue en proportion que les cercles sont plus grands. M. Decorde.
MOLLET. Voyez DIABLE. B.
MOLLETTE : couverture de molleton pour lit.
MOLLETTEMENT : très-mollement. L.
MOMON : farceur qu'un introduit le jour des noces dans l'assemblée pour amuser la société. Voyez BIDOCIIE. A Dijon, les
momons sont des farceurs masqués durant le carnaval. A.
MONCHAIS ; MONCHEE ; MOUCHÉE : monceau.
MON : moi. Donnez-
mon ; écoutez-mon : donnez-moi ; écoutez-moi. Dans les Nouvelles de Des Périers XVII et XLVIII, on lit : « Regardez-mon  », pour regardez-moi. A.
MONCORNE : mélange de pois, de vesce, d'orge et d'avoine qu'on sème au printemps. H.-N.
MON DIEU (ÊTRE HORS DES) : n'être ni beau ni laid.
MONÉE ou MONNÉE (s. f. ) : quantité de grain livrée au
monier (meunier) pour être convertie en farine. M. Dureau de La Malle s'est trompé en écrivant monnaie et en partant de là pour expliquer savamment ce mot qu'il n'a pas entendu.
MONER : hésiter, être irrésolu. Du grec μόυος : seul.
MONGNAN : chaudronnier ambulant. Voyez MAGNAN.
MONGNE : soufflet, taloche, coup.
MONGNER : donner des
mongnes.
MONIER : meunier ; - cheverne, poisson de rivière qui se plaît dans le voisinage du moulin.
MONT : tas, monceau.
MONTAIN : verdier, oiseau. B.
MONTARDE : moutarde.
MONTEUX ( PIED) : pied gauche du cheval, du côté qu'on
monte.
MONTON : mouton.
MONTOUS : montez-vous ? Contraction.
MONTOUX : escabot pour monter, chemin en pente.
MONSIEUR : cochon. Antiphrase qui se trouve dans le patois du Vendomois et du Berry, où cet animal est appelé
un noble. Dans l'arrondissement de Cherbourg, on dit un monsieur de Tréauville, et dans presque toute la province, un vêtu de saie. C'est sans doute une allusion satirique, faite par la classe des travailleurs à la vie oisive des gentilshommes et des habitants des villes. MM. Duméril.
MOQUE (s. f.) : bol, vase de terre plus grand que la tasse.
MOQUE : mouche.
Mohe, en patois Walon.
MOQUÉE ; MOQUIE : le contenu d'une
moque.
MOQUET : lumignon, petite lampe ; partie calcinée de la mèche. M.
MOQUETONNER : donner un baiser à la manière des vieillards, en ayant l'air de mâcher. Ce verbe a la même origine que le verbe
moquer. A proprement parler, moquetonner, c'est donner un baiser ridicule, qui excite à la moquerie.
MOQUETTE : tromperie par plaisanterie. De
moquer.
MOQUOUS : moquez-vous. Contraction.
MOQUOUX : moqueur.
MORCÉ : morceau.
MORCUI ( mort-cuir) :
peau calleuse et morte, soit aux mains, soit aux pieds. L.
MORDIENNE (A LA GROSSE) :
grossièrement ; à la hâte; sans soin ; vaille que vaille.
MORDURE : morsure.
MOREL : noir. Cheval
morel : cheval dont la robe est noire.
MORELLE : le jeu de la
merelle. A.
MORET ; MOURET : airelle ou myrtille (
Vaccinium myrtillus), ainsi que la mûre de la ronce, qui en effet est noire ou moresque. On appelle aussi moret cette partie de la paille brûlée qui est noire et légère, et qui est, en quelque sorte, le charbon de la paille.
MORFILER (v. n.) : décliner, décheoir. Corruption de
mal filer, ou, comme on dit vulgairement, filer un mauvais coton.
MORFLON (s. m.) : la
Centaurea nigra.
MORFONTURE (s. f.) : maladie occasionnée par refroidissement, que les paysans de l'Orne désignent aussi par le nom d'
enfontume.
MORGUE ; mine. Bonne
morgue : bonne mine. S.-I.
MORHENNÉ : fort triste ; fort abattu.
MORIAUCHEMIN : marrube blanc. B.
MORIGINER : morigéner.
MORINE (s. f.) : ruche abandonnée de ses abeilles. B.
MORINE ; MOUAURINE (s. f.) : mouches à miel qui sont mortes dans les ruches lorsqu'on en a extrait le miel.
MORMULER :
murmurer, grommeler.
MORNIFLE ; MORNINFLE : soufflet sur le
nez. Dans le patois Troyen, morniau signifie museau.
MOROSIF : morose, sournois.
MORS DE PAIN : morceau de pain. Du verbe
mordre. Patois Lorrain.
MORT (A) : beaucoup, à l'excès. Charger
à mort. Il y avait du monde à mort.
MORTIR : se faner, en parlant d'une plante ou fleur.
MORVAILLON : petit morveux, enfant.
MORVELIÉ : petit morveux. S.-I.
MORVETTE : petite morveuse, enfant.
MORZIEU : mordieu ! Juron.
MOTTIER.: grossier, matériel comme une
motte. (Vire.)
MOTTIN : pain.
MOU : poumons d'un animal.
MOUAURETER ; MOUAUTRER : montrer.
MOUCEAU : monceau.
MOUCHE (s. f.) : guimbarde ; à cause du son de cet instrument, lequel ressemble au bourdonnement des mouches. On l'appelle aussi
môque, nom patois de la mouche.
MOUCHE D'EAU (
Geris paludosa). B.
MOUCHE DE MARS (
Crysops quadratus). B.
MOUCHÉE (s. m.) : monceau.
MOUCHET : monceau.
MOUCHE TANTALIQUE : Cantharide (
Cetonia aurata, et non pas la Cantharis vesicatoria). L.
MOUCHETÉE : plein un mouchoir.
MOUCHETTE (s. f.) : petit mouchoir d'enfant, que l'on pend ordinairement à son côté.
MOUCHEUX (s. m.) : mouchoir, fichu.
MOUCHEUX DE CO : mouchoir de cou, cravate.
MOUCHIAU : monceau. S.-I.
MOUCHIER : moucher.
MOUÉRAUQUE : chrysanthème des champs.
MOUETTE (s. f.) : échardonnoir. L.
MOUFINER : remuer les babines, en parlant des lapins.
MOUFFLE (s. m.) (arrondissement de Valognes) : gros gant fourré sans autre doigt que le pouce, dont on se sert pour couper les broussailles. MM. Duméril.
MOUFLE : visage gros et rebondi.
MOUFLER : faire la moue. De mufle.
MOUFLU se dit d'un pain ou d'un gâteau bien levé. M. l'abbé Decorde.
MOUGEAILLE : mangeaille.
MOUGIER : manger.
Moujussez donc : mangez donc. En patois Walon, moudzi.
MOUILLASSE : mouillure désagréable. C'est une augmentatif de mépris, de même nature que ceux des Italiens :
casaccia : mauvaise maison ; salaccia : vilaine salle, venant de casa et de sala. A.
MOUILLASSER : mouiller mal à propos. A.
MOUILLE (s. f.) : bouillon. N'avoir ni soupe ni
mouille.
MOUILLES : moules.
MOUISSON ; MOISSON : moineau.
MOUJUER : manger. Voyez MANJUSCER.
MOULANT : garçon meunier.
MOULÉ : imprimé en lettres mouleés, en caractères d'imprimerie.
MOULÉE : sciure de bois.
MOULÉE (s. f.) : quantité de grain, ordinairement la charge d'un cheval , ou deux hectolitres, livrée au
moulin pour être convertie en farine. C'est aussi la quantité de farine et de son qu'on en rapporte. 
MOULÉE (s. f.) : excréments de petit enfant qui ont pris de la consistance.
MOULETIER : marchand de
moules.
MOULETTE : moule, coquillage. Porter à
moulette : porter sur le dos un enfant (qui s'y tient à califourchon) comme on porterait une hotte de moules.
MOULINAIRE : fabricant de moulins.
MOULINER : être toujours en mouvement, comme les ailes d'un
moulin.
MOULT : beaucoup.
MOUNIER : meunier.
MOUQUE ou MOQUE : mouche, guimbarde.
MOUQUE ou MOQUE A MIÉ : abeille.
MOUQUER : moucher. S.-I.
MOUQUERON : moucheron.
MOUQUET : petit bout de chandelle ou de bougie, qui ne vaut pas la peine d'être
mouché. Peut-être de l'italien moccolo, bougie.
MOURBÊCHE (s. f.) : ronce (
Rubus fruticosus). A.
MOURE (s. f.) : mûre de la ronce.
MOURET : fruit de l'airelle myrtille, petit arbuste qui croit dans les bois. On donne aussi ce nom au fruit de la ronce. Vient peut-être du latin barbare
mourellus, noirâtre. En effet, ces deux espèces de fruits sont noirs, et noircissent les lèvres et les dents quand on les mange. Feu Ragonde. MOURILLE : morille.
MOULINER : brûler si lentement que le feu semble toujours près de s'éteindre.
MOURMAUD : morose, sournois.
MOURME : morose, indolent, insensible.
MOURON (s. m.) : salamandre dont le ventre est tacheté de jaune et de noir.
MOURONNÉ : tacheté de diverses couleurs, comme l'est le ventre du mouron ou sourd. L.
MOURONNET (s. m.) : mouron (
Anagallis).
MOURUE : morue.
MOUSE : gueule, langue. S.-I.
MOUSETTE : petite fille mal élevée, impertinente.
MOUSSIEU : monsieur.
MOUSSINER : s'agiter de désir ou de convoitise.
MOUSTILLE (s. f.) : excrément. De l'ancien Argot
mousse.
MOUTE (CHASSE-) : garçon de moulin, qui va chez les pratiques chercher le grain à
moudre.
MOUTE. Voyez MOULÉE.
MOUTE ; MOUTE-MOUTE : chatte douce comme un
mouton. Au figuré, petite moute : Jolie petite fille bien douce.
MOUTON : grosse pièce de bois mobile d'un pressoir. La poutre correspondante, qui est immobile sur le sol et sur laquelle on élève ou l'on abaisse le mouton, s'appelle
brebis.
MOUTURE : orge ou avoine, moulus grossièrement pour les animaux à l'étable.
MOUVER (actif et neutre) : mouvoir, agiter, remuer.
Mouvous de là : ôtez-vous de cet endroit. De movere.
MOUVETTE (OEUFS A LA) : oeufs brouillés. Voyez GRIMELOTTÉE. L.
MOUVETTE : petite fille qui est toujours en mouvement.
MOUVETTE : cuiller de bois pour la cuisine.
MOYENNER : faire en sorte. Employé en ce sens dans la
Danse aux aveugles. - Être en mesure de procurer un résultat.
MOYEU : noyau de noix, de cerises, etc. S.-I.
M'S : mes.
M's éfants : mes enfants.
MUCER : murmurer.
MUCHE (s. f.) : cachette. L.
MUCHE-POT (A) : en cachette, en parlant du cidre et des autres liqueurs que l'on débite en fraude. L.
MUCHER ; MUCHIER : cacher. Du vieux verbe
mucer ou musser. Joinville dit que « Louis IX se mussait de sa mère. »
MUCHETTE : cachette. Voyez GUILLEMUCHE.
MUCRE : moite ; un peu humide ; exposé à
moisir ; moisi. Muck, en anglais. L.
MUCREUR (s. f.) : légère humidité. L.
MUCRIER : avare qui laisse tout
mucrir, moisir, plutôt que d'y toucher.
MUCRIR : devenir
mucre ; prendre odeur ou goût de mucre.
MUE : cage où l'on engraisse la volaille.
MUE : mieux.
MUGAS : vaurien,
mauvais gas. B.
MULARD : boudeur, entêté, qui
mule.
MULER : bouder ; garder rancune.
MULETTE : estomac des oiseaux ; gésier. Estomac du veau, dans lequel on prépare la présure pour faire le fromage. Voyez MAGUE.
MULON (s. m.) : meule de foin qui vient d'être fané.
MURAS (s. m.) : fruiterie ; fruits conservés pour l'hiver ; fruits placés pour qu'ils
mûrissent. Peut-être du vieux mot mure : fourrure ; parce que souvent ils sont placés dans un lieu fourré de paille, qui les préserve de la gelée. Voyez MIGEOT.
MUREUR : maturité. Ce fruit est passé de
mureur : ce fruit est trop mûr. L.
MURISON : maturité. S.-I.
MUSE (s. f.) : prison. De
musser. S.-I.
MUSEL ; MUSET : museau, figure. S.-I.
MUSEMAN : retard, délai. S.-I.
MUSIQUER : faire de la musique, jouer d'un instrument.
MUSIQUOUX : musicien.
MUSOTER : muser ; perdre son temps à des riens.
MUSSE : argent ; loge pour les oies ; chenil. Malgré ces significations différentes, c'est probablement un seul. mot qui vient de
mucher, et signifie ce que l'on cache et l'endroit où l'on cache. MM. Duméril.
MUSSOTIER ; MUCHOTIER : qui aime excessivement à
muser, à cacher. Voyez CACHOTTIER.
MUYEU ; meilleur.
MYRTRE : myrthe (Myrthus communis).

 

N

.
NA : à. S.-I. On lit, dans le
Coup-d'oeil purin :


J'avoua d'qué sifler deus pots d'cidre
Nà la santé d'not parlemann.

NA (particule comme da). Je n'en veux pas, na ! Cest moi , na ! L.
NAFLARD : nasillard.
NAFRE ; NAFREURE : blessure considérable. Du verbe roman navrer : blesser. Wace se sert du mot nafre dans le Roman de Rou (t. II , p. 257). Nafra, dans le patois de Grenoble. B.
NAGRE : traître.
NAR ! juron affirmatif, susceptible de bien des nuances par le ton et par l'accent.
NAITÉ : nativité, naissance, origine.
NAIER (un, lit, quand on le dresse) : le border par le repli de la couverture pour le contenir avec les draps.
NAIN. Voyez HAIM. L.
NAMPS (m. pl.) : gage, nantissement.
NAN PUS : non plus ; pas plus. S.-I.
NANAN (s. m.) : bonbon, friandise, etc.
NAVETTE ; NANNON (s. f.) : Anne. L.
NAPERON : essuie-main. De
nappe. L.
NAPIN : petit garçon.
NAQUETER (v. n. ) : grelotter; claqueter des dents ; frissonner de froid. Onomatopée.
Naques, en patois Remois, signifie les dents.
NAQUETS : yeux.
NAR (A ) : à cru. Monter un cheval à nar.
NARÉ : rusé. Voyez FINARÉ. L.
NARER (c. n. ) : se morfondre dans l'attente.
NARIAU : mouchoir. De
nares, les narines.
NARREUR, SE : parleur prolixe.
NAS ( s. f. ) : fourgon ; torchon attaché au bout d'un long bâton pour nettoyer le four. Au figuré, fille de mauvaise vie. En patois Walon,
nahi signifie fouiller, et fourgon.
NASIAUX : naseaux ; narines des chevaux, des bœufs, etc.
NATER : nettoyer.
NATRE : avare. Voyez NAGRE.
NAU : feuille de plomb ou de zinc, qui se place à l'angle rentrant d'une couverture en ardoises, pour servir de gouttière. M. l'abbé Decorde.
NAU : partie centrale de la portion du pressoir qu'enceint l'auge circulaire dans laquelle sont écrasés les fruits, sous les meules que soutient un rayon, partant d'un pilier dressé au milieu du
nau. C'est dans le nau que l'on dépose les fruits pour les verser dans l'auge, au fur et à mesure du pilage. M. Lepingard.
NAUNON : Nanette, Anne.
NAVÈE : charge d'un navire, d'un bateau. Ce mot est fort employé, sur les bords de la Vire, pour la charge de tangue que porte une
gabare.
NAVIAU : navet. S.-I.
NAVIÈRE : champ de navets.
NAYER : noyer.
NE TOUT: non plus. De
non et d'itout.
NÉ ; NÉCHE ; NER : noir. De
niger, ou de l'italien nero.
NÉFILE ; NEUFILE (s. f.) : ruban de fil.
NELLER (v. a.) : calfeutrer.
NENNIN :
nenni, non.
NENTILLE (s. f.) : lentille (
Ervum lens). Patois Lorrain.
NÉQUIER ; NÉTIER ; NÉTIR : nettoyer.
NERCHIBOT : moricaud.
NÉRET (s. m.) : ordure noire.
NÉRET : légèrement noir ; noirâtre.
NERFIL : cordonnet. Dans les chansons anciennes que j'ai recueillies à la fin de mon édition de Basselin, p. 233, on trouve ce couplet :


J'avais une belle gargache (culotte)
D'un fin coutil,
Passementée avaud les gambes
D'un biau nerfil.

NERPIN , E : désagréablement noir, moricaud. L.
NERVENT : vent froid par un temps couvert. De
noir et de vent.
NET : et.
NÉTIER ; NÉTIR : nettoyer.
Nêttie, en patois Walon. L.
NEU : neuf.
NEUCHE ; NEUCHER ; NEUCHIER : noce, nocer.
S.-I.
NEUCHERON : le personnage principal de la
neuche ; le nouveau-marié.
NEUCHOUX : noceur, dissipateur.
NIACOTER : mâchonner; presser avec les dents sans broyer.
NIAFFE : savetier.
NIAN : rien. De
néant.
NIANMOINS ; NIANMAINS : néanmoins.
NIAU. Voyez NICHET.
NIC : nid.
Nic-à-rats : mauvaise habitation. L.
NICHET ; NICHEUX ; NICHET : mauvais œuf, ou pain de craie en forme d'oeuf, ou même un bout d'os arrondi, que l'on place dans le
nid de la poule ou des autres oiseaux de basse-cour, pour les engager à venir pondre dans le même endroit. En patois`Valon, niau.
NICHET : nigaud.
NIÉMAINS : néanmoins.
NIER (v. a.) : noyer.
NIET ; NIEU.
Voyez NICHET.
NIEUCHE : nièce. S.-I.
NIEULE (s. f.) : nielle. B.
NIEUT : nuit. L.
NIFE : clair. Cidre
nife ; vin nife.
NIGAISE : Nicaise. S.-I.
NIGE (s. f.) : neige. De
nix.
NIGEOTTER : s'occuper de bagatelles. De
nugari.
NIGER : nicher, cacher comme dans une
niche.
NIGON, NE: qui s'amuse à des niaiseries ; lambin, tâtillon. Dans l'Orne et en Bretagne, on dit
nigeon. Du latin nuga. Autrefois, niger : badiner. Nige, nigeon, niger, dans la Mayenne. L.
NIGONNAGE : travail minutieux. L.
NIGONNER : s'amuser à des riens ; niaiser.
NIGUE A NIGUE : but à but. A.
NIGUEDOUILLE : niai,.
nigaud. Nicdouille, en patois Troyen ; niquedouille, dans le patois des Vosges.
NIJOTER : vétiller,
nigonner. Voir ce mot.
NIO ; NIOLE : niais, timide, nonchalant.
NIOLLE ou GNIOLLE: niaiserie. Au figuré, taloche, tape. Aphérèse de
tourniolle. Voyez ce mot.
NIOT : nigaud.
NIQUET : délicat.
NITOUT : non plus.
NIVELER : niaiser ; faire des nivelleries.
NIVELLERIE : travail minutieux, consacré à des bagatelles.
NIVELOTER : s'amuser à des riens.
NIXE : non pas !
NO : nous ; nos ; notre. Les paysans disaient autrefois : « Noblesse
no blesse ». Nos, en patois Walon.
NO : on. No dit : on dit ; no-s a : on a.
NOBLE (s. m.) : porc.
Ancienne expression moqueuse des paysans, parce que le porc n'est bon qu'après sa mort. On disait aussi : Notre gentilhomme ; notre vêtu de saies.
NOBLIAU : pauvre
noble ; gentillâtre.
NOC (s. m.) : conduit pour l'écoulement de l'eau. Suivant Pluquet, le
noc, dans le Bessin, est  « un espace formé par l'auge circulaire des pressoirs à cidre » Noc signifie encore pale d'un moulin.
NOCE : morceau. Couper son pain par petites
noces.
NOCER : faire des bombances.
NOCEUR : qui fait des bombances.
NOE ; NOUE : sorte de gouttière, formée par la rencontre de deux pans de couverture, et par laquelle s'écoulent les eaux des toits de bâtiments situés dans des directions différentes. M. Lepingard.
NOEUD GABRIET : le cartilage tyroïde, que quelques personnes appellent la pomme d'Adam, avec autant de fondement qu'elles prétendent que l'homme a une côte de moins que la femme.
NOIRCHIBOT : petit homme moricaud.
Chibot : ciboule. Voyez NERCHIBOT. B.
NOIRET ; NOIROT : tirant sur le noir.
NOIRQUIN : celui dont le teint est un peu noir.
NOLÉE (
Avena precatoria). B.
NOMBLE (s. f.) : ventre des bêtes à cornes. Du latin
ombilicus, nombril. Par épenthèse. L'Académie entend par nomble la proéminence qui se trouve entre les cuisses du cerf. A.
NOMBLET : filet de porc. A.
NOM-DES-OS ! Juron. M. l'abbé Decorde.
NOMMANCE :baptême d'un enfant. De
nom.
NON FAIT ; NON FERA : non pas. Locutions elliptiques.
NOQUE (s. f.) : flèche du timon d'une charrette ; entaille à un bâton ; coche.
NOROLE ; NUROLE (s. f.) : sorte de petite brioche. L.
NORRETURE : nourriture. De
nutritio. A.
NORRETURIAU : jeune porc sevré et qu'on nourrit avec soin. Dans le Berry,
nourrin. V. GOURIN, au Supplément.
NOSTRUM (PERDRE LE) : ne plus savoir où l'on en est de ce qu'on fait. M. Decorde.
NOT'E : notre.- NOT'E : ma.
Note mari ; not'e femme.
NOU : on.
Nou fera : on fera.
NOU ; NOUC ; NOUD : noeud.
Nouk, en patois Walon.
NOUE ; NOE : rigole. vallon étroit. Du Celtique-Breton
naoz : canal. Du latin navis.
NOUETTE (DRAPS A LA) : draps d'un lé et demi.
NOUIS : noix.
NOULER. Voyez ANNELER.
NOUQUE ; NONQUE : impair.
Pair ou nouque : pair ou non.
NOURRITURE : bétail que l'on élève.
NOURTIER : veau qu'on achète pour l'engraisser.
NOURTURE : nourriture.
NOUSILLARD : espèce excellente de châtaigne, qui n'est guère plus grosse qu'une noisette (
nousille). A.
NOUSILLE (s. f.) : noisette. En patois Walon,
nésille.
NOUTE : notre. A.
NOUVELLIÉRE : femme qui fait et répand des nouvelles.
NOUVIAU : nouveau.
NU ( FIN FRAIS) : complètement nu. Il est tout
fin frais nu.
NU : nul. L.
NUEURE : nuire ; NUEUSIBLE : nuisible.
NUILE ; NEUEULE ; NIEULE : charbon du blé ;
nielle.
NUILÉ ; BLÉ NUILÉ : blé
niellé.
NUISANCE : ce qui peut nuire.
NUIT (SE METTRE A LA) : s'anuiter. L.
NUNNE PART: nulle part.
NU-NU (s. m.) : niaiserie ; bagatelle insignifiante. Il ne s'emploie guère qu'au pluriel. De
nuga.
NUNUE : chose nulle ; riens dont on s'occupe par absence ou bizarrerie d'esprit.
NYANT : néant, rien.

O


O ; OL : elle. O devant une consonne,
ol devant une voyelle.
O : avec. On lit dans plusieurs vieux auteurs
o pour avec ; les deux vers qui suivent sont tirés d'une romance du XIIIe siècle


Dont moult me tard
 Qu'il m'ait
o soi.

O : où. O allez-vous?
OBICHE : habileté, intelligence.
OBLIER : oublier.
OCCIS : gauchi, en parlant d'un vase de terre cuite. Dans l'ancien français,
occire, occis signifiaient tuer, et tué. L.
OCRE (s. f.) : coche, entaille, brèche faite à un outil. Du Roman
ouche, pris du Celtique ask. L.
OCHER : ébrécher, en parlant d'un outil. L.
OCHETTE : bossette de fil sur le fuseau. Voyez BOCHET.
OCORE : encore.
OCQUER ; OQUER : tuer. Du vieux verbe
occire, tiré du latin occidere.
OECONOMIQUE (s. f.): quart de tasse de café. L.
OEILLÉE ; OEILLIE : coup-d'oeil à la dérobée.
OEU : oeuf.
OEUVRE : tissu en lin, chanvre ou coton ; habillement travaillé ; pièce de table fabriquée en haute ou basse-lice.
OHI : défaut. B. - OHIN. L.
OSIER : souffrir de ; être contraint à ; supporter. La femme est obligée d'
ohier des défauts de son mari, et le mari de ceux de sa femme.
OIE BUNETTE : espèce d'oie sauvage. B.
OIGNE. Voyez SOIGNE.
OIN : oui.
OINSIGNOLEMENT : bruit- que produit l'agitation de pièces mal assemblées, mal jointes ensemble.
OINSIGNOLER : produire l'
oinsignolement.
OIR : oie mâle ; - OIRESSE : oie femelle.
OISEAU DE SAINT-MARTIN : martin-pêcheur.
OISET : oiseau. C'est aussi le nom d'une planche sur laquelle les maçons mettent leur mortier.
OISIAS ; OISIAX : oiseaux.
OLIBRIUS : bavard , vantard, orateur fanfaron. Du nom d'un personnage de
Mystère, ou souvenir de l'empereur Olybrius.
OLUE ; OLUS : subterfuge, délai. Il me mène d'
olus en olus. De dolus.
OMBRETTE : ombrelle. De l'italien
ombrella.
OMES pour ONS, à la première personne du pluriel de quelques verbes, comme j'
aviomes : nous avions. A.
OMOBILE : immobile.
ONBLIER : oublier.
ONCHE : once.
ONCHET : bout de paille qui sert à jouer au jeu des onchets ou jonchets.
ONCORE : encore. S.-I.
ONDIN : andain ; rangée d'herbe, de froment, de trèfle, etc., coupée avec la faux. Du latin
unda , onde. Voyez ANDAIN. L.
ONGLET : onglée ; grand froid aux mains ou aux pieds.
ONGUES : ongles.
ONIÈRE ; OSNIÈRE : ornière. L.
ONNI : uni.
ONS : nous.
Ons allîmes : nous allâmes. Voyez JE.
ONDIN : réunion de onze gerbes.
O Q'C'ET : quelque part ;
où que c'est. Je l'ai mis o q'c'et, mais je ne le trouve pas. S.-I.. Decorde.
ORBIAU (s. m.) : planchette attachée devant les yeux d'un animal pour l'empêcher de voir devant lui, et de faire du mal. Du latin orbus.
ORBILLON (s. m.) : bouton sur la peau. Du latin
orbis, à cause de sa forme arrondie.
ORD, E : sale. Les reptiles surtout sont appelés
ordes bêtes. De sordes, par aphérèse.
ORDEMENT : salement.
ORDIR : salir. Le substantif
ordure est resté.
ORÉE : crête de sillon ; entrée. De
ora. Voyez ARRIE.
ORFANTÉ : moulu de fatigue.
ORGAGNE : récalcitrant, difficile. L.
ORGERI : champ où l'on récolte de l'orge.
ORGUEIL (TENIR EN) : tenir à distance ; interdire. Appliqué aux objets matériels, le mot
orgueil signifie arc-boutant.
ORGUYEUX : orgueilleux.
ORIBUS (s. m.) : chandelle de résine de mélèze. Ménage dit que poudre d'
oribus se dit, par raillerie, au lieu de poudre d'or. Chandelle d'oribus pourrait bien avoir la même signification railleuse, à cause de sa couleur d'or terne et de son peu de valeur. Voyez PÉTOCHE. A.
ORIÈRE : bord ; lisière d'un champ, d'un bois.
ORIGNE : sorte, espèce. Crâse d'
origine.
OGRILLER : oreiller.
ORINER : prêter l'oreille ; écouter.
ORIPEAUX ; ORIPIAS; OUÊPIAUX : maladie des
oreilles ; oreillons. Voyez LOUÊPIAUX.
ORMOIRE : armoire. Patois Rouchi.
ORO (N'AVOIR NI REPOS NI ) : n'avoir ni repos ni trêve.
Oro, de hora : heure de relâche.
ORTHOGRAPHER : orthographier.
ORTILLER : frotter avec des orties.
ORTILLONS : doigts des pieds. Diminutif d'
orteil.
ORVÈRE : orvet (ophidien homoderme).
OS : vous.
Os êtes bien curieux. M. Decorde.
OSCUR ; OSCURITÉ : obscu r; obscurité.
OSQUIN (s. m.) : argent, monnaie. A.
OSSAILLES : os de rebut.
L.
OSSET : osselet.
OSTELLER ; HOSTELLER : loger; héberger.
OSTINATION ; OSTINÉ : obstination; obstiné.
OSTOGRAPHE : orthographe.
OT : eut. - OT ; OIE : écoute.
OTOUT : avec. Il est parti
otout ou dotou un tel.
OTURE (s. f.) : espèce, acabit, nature.
OU : elle.
OUAICHE : aille. Il faut que j'
ouaiche : il faut que j'aille.
OUBLIANCE : oubli.
OUÉLET : ourlet.
OUÊTCHE : où est-ce ?
OU QUE C'EST  : où c'est ; où est-ce ?
OU QUE C'EST QUE : où est-ce que ? L.
OU SINON : sinon. L.
OUICHE : oui, par dérision ; par étonnement, etc.
OUIN : non ; oui ironique et négatif.
OUINCHER : grommeler.
OUINER : crier. en parlant d'un chien. Au figuré, se plaindre; gémir.
OUIVETTE ; OUYVETTE : jeune fille étourdie. De
huvet, sorte de coiffure recherchée.
OUL : elle, devant les voyelles, comme
ou devant les consonnes. Ou mange; oul arrive : elle mange ; elle arrive.
OUS : vous. V
l'ous : voulez-vous ? parl'ous : parlez-vous ? part'ous : partez-vous ? L.
OUSQUE : où.
Ousque v's allez : où allez-vous ? L.
OZ ou OS : eus.
Oz-je grand poux : j'eus grand peur.

P


PACADET (s. f.) : sorte de pigeon dont les yeux sont bordés de rouge. De
bagdadala.
PACAMMENT : en pacant, lourdement.
PACAN : paysan grossier. De
paganus. Patois Walon. L.
PACHOT : pas des gros bestiaux empreint profondément dans le gazon L.
PAER : balayer (Cherbourg). C'est le
p pour le b.
PAGÉE ; PAGIE : espace entre deux colombes, que l'on remplit d'argile, dans les constructions en bois.
PAGNE (adj.) : bête à cornes, à poil blanc et fauve.
PAGNIANT : lourdaud. Voyez PACAN.
PAGNOLÉE : luzerne (
Medicago sativa). B.
PAHOUR : lourdaud.
PAICRE : aigre.
PAIE (s. f.) : débiteur. D'une mauvaise
paie on tire ce qu'on peut.
PAILLE : balle des céréales. Balle d'avoine.
PAILLETOT ; PAILLOT : petite paillasse remplie de balle d'avoine, à l'usage des petits enfants. En patois de Grenoble, suivant Champollion-Figeac, la paillassière est un « lange dont on enveloppe un enfant nouveau-né ».
PAIMPALETTE (EN) (locution adverbiale). Lorsqu'un enfant est placé sur le dos d'une personne, de manière que ses mains entourent le cou de cette personne, et que les mains de celle-ci, tournées en arrière, retiennent, en se croisant, les jambes de l'enfant, l'enfant est porté
en pimpalette. Feu Lamarche.
PAIN DE COUCOU : Alléluia (
Oxalis acetosella). Patois Walon.
PAIN DE CRAPAUD : sorte de champignon. B.
PAIN-M'NIT : pain bénit. M. l'abbé Decorde.
PAGNE (s. m.) : quartier de lard qu'assez généralement on suspend au plancher, et dont on coupe des morceaux au fur et à mesure du besoin.
PAIR (s. m.) : pis de la mamelle.
, en patois Walon.
PAIRE : poire. L.
PAIRER : égaliser. L. De
pair, qui vient de par.
PAIRIER ; PÉRIER : poirier.
Perî, en patois Walon. L.
PAIROTTER (v. a.) : pairer minutieusement ; arranger avec une symétrie recherchée.
PAIS : pays. Le bas-
pais : le bas-pays.
PAISSER : poisser ; enduire de -poix, de résine, etc.
PAISSON : poisson.
PAISSU : pu. Du verbe paître.
PAITER : bouger. O.
l'AITIS : pâtis. Du latin
pascere.
PALEDI (interj.) : parle, dis ! pardieu !
PALÉE : plein une
palle ; pelletée.
PALER : parler. En Roman,
ampallerie signifiait fonction d'avocat ; action de parler. S.-I.
PALET (s. m.) : petite pièce de bois d'environ 30 centimètres de longueur sur 3 centimètres de diamètre, qu'on place sur les rouis pour supporter le
massais ou la massée dont on garnit les planchers. M. Lepingard.
PALETTE : petite pelle; pelle à feu.
PALLE (s. f.) ; PALIS (s. m.) : pelle.
PALEUX : parleur.
Biau paleux : orateur. S.-I.
PALMAN : empan (Cherbourg). De
palma, paume.
PALME ; LAURIER-PALME (s. m.) : laurier-cerise (
Cerasus , Lauro-Cerasus). A.
PALOT : ami, camarade. S.-I.
PAMI : flétri par défaut d'eau, en parlant des fleurs et des plantes. Dans le patois de Grenoble,
paimo signifie accablé de fatigue. A.
PAN ! (interj. ). Onomatopée.
Se dit à propos d'une explosion bruyante, ou d'un coup appliqué.
PANAGER : négliger ; soigner mal. C'est le contraire d'
apanager.
PANCHE : panse.
PANCHÉE (S'en donner une) : manger avec excès.
PANCHU : qui a une grosse
panche.
PANÉE : pan d'un habit. H. N.
PANÉE (s. f.) : foie de porc. Peut-être parce que ce foie, étant cuit, s'émie comme le
pain ; peut-être parce qu'il offre la forme d'un petit pain ; peut-être aussi cette expression vient-elle d'offa penita, qui était un ragoût de porc, mentionné dans Festus. A.
PANETTE : tache de rousseur.
PANI. Le bois
pâni est le bois mort, arrivé à une sorte de pourriture sèche. En cet état, il projette dans l'obscurité une lueur phosphorescente.
PANLAIRE ; PANLÈRE : fainéant, lâche. M. Duméril définit ainsi ce qualificatif : « double voleur; du vieux français
pan : vol, et lére (latro) : voleur ». Ajoutons qu'en Celtique-Breton laër signifie larron.
PANNAS; PENNAS : plumeau,
penne de volaille. Ce mot se retrouve dans les divers patois de la France.
PANNÉ : ruiné.
PANNET ; PANNEAU : sorte de bât ou de selle. Du vieux français
pennel ; du latin panellus.
PANNETÉE : plein un panier.
PANTOISE (s. f.) : terrain marécageux dont la surface paraît solide. A.
PAPER : ouvrir la bouche pour respirer, en parlant des poissons. Onomatopée.
PAPI : coquelicot (
Papaver rhaeas). B.
PAPIN : bouillie pour les enfants.
PAPOT : groin de cochon. De l'onomatopée
pap pap, bruit que fait cet animal quand il prend quelque liquide.
PAPOTER : donner un baiser bruyant, d'une manière désagréable. Mimologisme qui exprime bien cette action. Le simple mouvement des lèvres rend le son :
pap pap. C'est pour cela que le premier mot qu'articulent les enfants est papa ; cette expression purement labiale n'exige l'emploi que du plus agile des instruments vocaux. A.
PAPOUTE (s. f.) : soupe bouillie que l'enfant. reçoit en faisant
pap pap. La pâpoute se nomme pana, en patois Bourguignon. Nonnius, citant Varron, se sert du mot papa. Puls, en latin, signifie bouillie. C'est de là que vient pous d'avoine, et pous lavés : gruau d'avoine, et coulis de ce gruau. A.    .
PAQUER : fait ses Pâques.
PAQUERET (s. m.) : cadeau fait à Pâques ; oeufs de Pâques. L.
PAQUETTE; PAQUERETTE : petite marguerite des prés (
Bellis perennis).
PAR EN SONT : outre cela ; au-delà de.

Pu d'chent lieus par en sont La Bouille,


dit la
Suite du Coup-d'oeil purin. S.-I.
PARADIS : sorte de petit filet pour prendre des petits poissons, tels que le vairon, le goujon. L.
PARAI ; PAREI (s. f.) : paroi, mur intérieur. De
paries.
PAR APRÈS ; PAR APREUX : ensuite.
PARALÉSIE : paralysie.
PARAVIRET : soufflet sur la joue. Voyez CHATOURNE.
PARBOUCHÉ (s. m.) : morceau délicat que l'on réserve pour la dernière bouchée, pour la bonne bouche.
Par exprime ici la perfection, comme dans parachevé, parfait.
PARCHONNIER ; PARSONNIER : associé, qui ne forme à deux qu'une seule personne. MM. Duméril.
PARUE ; PERCIE : fête de la moisson. Voyez REPASSÉE D'AOUT. B.
PARCIN-PEU : extrêmement peu,
PARDIENNE ! Juron qui adoucit
pardieu!
PAREILLE : oseille (
Rumex acetosa). Voyez SURELLE.
PARER (v. a.) : enduire la trame d'un tissu avec un apprêt ; mettre par paires, par couples.
PARER : peler.
Pare ta pomme.
PAREMENTS (DE FAGOT) : rondins qui se placent à la surf:ace du fagot pour lui donner belle apparence. le
parer.
PAR-ENSONS : par-dessus.
PARER (v. n.), eu parlant du cidre ou du poiré, passer de la fermentation sucrée à la fermentation alcoolique. En Bretagne, on dit : cidre
cuit pour cidre paré.
PARÉSINE ; PÉRÉSINE. Corruption et réunion des mots
poix et résine.
PARÉSINER se dit de celui dont la main tremble. M. l'abbé Decorde.
PARFIN (A LA) : enfin.
PARFINIR : parachever. L.
PARFOND : fond extrême.
PARIURE (s. f.) :
pari, gageure. Patois Lorrain. L.
PARJENNE :
pardienne ! peut-être par Jeanne !
PARLER QUELQU'UN : parler à quelqu'un ; - faire l'amour. -
Bien parlant : affable. L.
PARLOCHER ; PARLOQUER; PARLUISER ; SE PARLORER. : parler d'une manière affectée et ridicule.
PARMI (LE) : milieu. Le
parmi d'un panier d'œufs.
PAROLER : parler avec affectation. SE PAROLER : s'engager verbalement, en paroles.
PARONE (s. f.) : collier pour le trait ; partie du harnais qui
pare ou garantit d'écorchures. A.
PAROTTE (s. f.) : copeau léger que produit la varlope. Du verbe
parer qui, en terme de maréchalerie, signifie unir ; polir ; préparer. A.
PARPLEURE (v. n.) : achever de pleuvoir.
PARPLUIE : fin de la pluie.
PARPOINTER : piquer à l'aiguille une étoffe, en serrant beaucoup les points.
Parpointer une couverture en chaume, c'est y pointer du glui pour la rendre plus solide.
PARTERRER : jeter par terre. Ce verbe est actif et réfléchi.
PARTIE : séparation, départ, (Manche.)
PARTIR : expédier ; envoyer. L.
PARTIR (EN) : venir de faire. J'en pars : j'en viens.
PAS : marche d'escalier. A Valognes, on dit :
pâret ou pasret.
PASCARADE : carotte, panais. De
pastinago. Du Celtique-Breton pastounadez.
PASCRIRE : prescrire ; frapper de prescription. Au figuré,
pascrit : perdu, anéanti, mort. L.
PAS-DE-CAT : lierre terrestre ; -- gaffe à trois dents.
PAS-DE-LION (
Ranunculus repens). B.
PAS-FILS : fils d'un premier lit. Expression dont se servent le beau-père et la belle-mère. Jacques est le pas-fils de Louis : Jacques est sorti d'un premier lit de la veuve que Louis a épousée. Ailleurs on dit
fillâtre. A.
PAS GUÈRE : fort peu.
PAS MOINS : cependant. L.
PAS PLUTOT : au contraire.
PASQUENADES : carottes. L'expression :
tirer des carottes mène de pasquenades à pasquinades.
PASSAGER, ÈRE : où l'on passe fréquemment. Rue
passagère.
PASSE (s. f.) : moineau. Du latin
passer. Apocope de passereau.
PASSE-DIABLE : espiègle ; malin ; qui surpasse le Diable en malice. L.
PASSÉE (s. f.) : passage.
PASSÉE (s. f.) : cellier près de la cuisine.
PASSER (v. n.), en parlant du fromage : se parfaire. En patois Lorrain, on dit, dans le même sens, que des fruits sont
passés, pour signifier qu'ils sont mûrs et bons à manger.
PASSIER (s. m.) :
passage devant la maison.
PASSIER : paille pourrie et devenue fumier devant la maison et les bâtiments d'exploitation.
PASTOU ; PATOUR : pâtre, berger.
PATAFIOLER. On dit proverbialement : Que le bon Dieu vous
patafiole ! C'est à peu près, mais ironiquement : Que le bon Dieu vous bénisse !
PATARAPHE (s. f.) : paraphe.
PATARAUD : vaurien, coureur.
PATARD : sou.
Grospatard : deux sous. Ancienne monnaie.
PATARER : marcher ; courir dans l'eau, dans la boue.
PATARET (s. m.) : espèce de soupe faite avec des pommes. Dans la Manche, c'est une soupe de pain et de lait caillé, bouillis ensemble.
PATAST : pataud, lourdaud.
PATATRAS ! PATACLAN ! Cette interjection est une onomatopée pour exprimer le bruit d'une chute avec fracas. On dit, dans le Midi,
pataflasc ! et, dans le patois des Vosges, patafrô et patatra ! Regnard, dans ses Folies amoureuses, fait dire par Lisette à Albert :


Je n'y fus pas longtems qu'aussitôt, patatras !
Avec un fort grand bruit voilà l'esprit à bas.

PATAUDÉE : mélange d'aliments réunis sans plus de façon que pour un chien.
PATAUDER (SE) : s'enivrer ignoblement, comme un pataud.
PATAUT ou PATAUD : pied. De patte. Au figuré,
lourdaud. Les Chouans donnaient aux patriotes le sobriquet de patauds par une sorte de calembourg. Au surplus, pris dans son acception usitée, ce sobriquet appartenait plus exactement aux Chouans, généralement lourdauds, grossiers et brutaux. A.
PATEGAUD ; PATIGAUD : secret, VENDRE LE PATIGAUD. On dit ailleurs : vendre la calebasse. C'est à peu près la même chose que : découvrir le pot aux roses. A.
PATENOTES : patenôtres. De
Pater noster.
PATENOTRICE : amas d'objets sans valeur.
PATERONNER : manier malproprement. De
patte.
PATICHON : qui aime à
patichonner.
PATICHONNER : porter sans cesse la main à ; caresser incessamment.
PATIGOUSSER : patauger. Voyez PATOUILLER. O.
PATIRAS (s. m.) : souffre-douleur. Du latin
pati, A. PATOCHER. Voyez PATERONNER.
PATOIRE (s. f.) : pâtis. Du latin
pascere, paître.
PATOUF :
pataud, lourdaud.
PATOUILLAGE (s. m.) : action de
patouiller.
PATOUILLE ; PATROUILLE : torchon mouillé, fixé au bout d'un long manche, et qui sert à nettoyer le four.
PATOUILLER : patauger ; marcher dans la boue liquide.
Pag'dté, en patois Walon. Voyez CLAPOTTER. L.
PATOUILLIS (s. m.) : boue liquide.
PATRAFIAS : bruit d'une chute. Voyez PATATRAS.
PATRAILLÉE : quantité surabondante.
PATRAILLER (v. n.) : travailler péniblement ; se donner beaucoup de peine. C'est peut-être une altération de
batailler, dans les luttes de la vie.
PATRAQUES : paperasses.
PATRASSER : tomber bruyamment. De
patatras.
PATRÉE : farine délayée dans de l'eau pour garnir le
viquet d'un tonneau, et empêcher le liquide de fuir.
PATTE-D'OIE (
Heracleum Spondilium). B.
PATTE DE RAINE (
Ranunculus repens). On l'appelle aussi pied-de-chat. L.
PATTÉ : pattu, dont les pattes sont garnies de plumes.
PATURE : entrave qu'on met au pâturon des animaux, pour les retenir.
PAUCHE : chaussée.
PAULE (s. f.) : longe de cuir, forte courroie pour contenir une charge.
PAUPER (v. n.) : perdre son temps à attendre ; tomber de fatigue.
PAUPILLES : cils, paupières.
PAUPILLER : agiter les
paupilles.
PAURE : pauvre.
PAUT ou POT : pôteau. Id., en patois Walon.
PAUTONNER : manger avec gloutonnerie, en réservant toutefois des aliments pour le lendemain ; en emporter même chez soi. M. Lepingard.
PAUVERTÉ : pauvreté.
PAVAT : collier de harnais fait de glaieul, ou iris des marais.
PAVE (Iris pseudo- acarus).
PAVOT : nénuphar (
Nymphaea alba).
A.
PAYS D'AMONT : la plaine de Caen et la Haute-Normandie. B.
PAYS DE BAS : le Bocage et le Cotentin. Voyez BAISSIN. L.
PEC : but ; point de départ. B.
PEC ; PECQUE : acariâtre, qui a
bec et ongles.
PÊCAILLE (s. f.) : mauvais petit poisson. Du Celtique
pesk : poisson. Du latin piscis. L.
PÉCANCIÈRE. Voyez BÉCANCIÈRE. L.
PÉCAUDER, ou plutôt PATAUDER : mettre les mains (les
pattes) dans le plat.
PÊCHARD : gris tirant sur la couleur de la fleur du
pêcher.
PECQUE : cheval de rebut. - Vieille brebis ; - vieille femme de mauvaises mœurs.
PECQUIER : mesurer ; se mettre au point, à la distance déterminée. As-tu
pecquié : as-tu mesuré ? Pecque-toi : mets-toi à la distance voulue.
PÉCUN (s. m.) ; PÉCUNE (s. f. ) : argent, monnaie. Du latin
pecunia. A. On lit, dans une ballade du XVe. siècle


Or est ainsy que, durant ma
pécune,
Je fus traité comme amy précieux.

PÉELE : poêle de cuisine.
PÉELIER : fabricant de
péeles.
PÉELON : petite
péele ; poêlon.
PEIGNE (s. m.) : cardiaire des prés (
Dipsacus pratensis).
PEIGNÉE (s. f.) : coups donnés à quelqu'un ; batterie. Patois Lorrain. L.
PEIGNER (v. a.) : battre ; maltraiter. L.
PEINE. J'ai eu peine de : j'ai été obligé de. L.
PEINER : donner la peine de faire; affliger.
PÉIOT (s. m.) : ligne dormante. B.
PEISSON ; PEISSONNERIE : poisson ; poissonnerie. L.
PEISSONNIER, ÈRE : poissonnier, poissonnière.
PELAUDER ; PELOTTER : battre; secouer la peau. De
pellis.
PELÉE : ce qu'on peut porter sur une pelle.
PÈLERON (de l'épaule) : l'omoplate.
PELETTE, ou PELLETTE (s. f.) : morceau de peau de mouton, garnie de sa laine, que l'on place sur les sabots pour garantir le coude-pied, et tenir les pieds chauds. L.
PELEURE : pelure.
PELEUTRE. Voyez PLEUTRE.
PELICHE : petite peau ; portion de gazon. Enlevez
c't'e peliche de terre.
PELICHON : petite pelette pour le sabot.
PELLE : bêche ; parce qu'en effet la bêche est une sorte de
pelle. Pale, en patois Walon. A.
PELLE-FERRÉE : pelle de bois, garnie de fer. Voyez TRUBLE. L.
PELLE-FRUTIÈRE ; PELLE A MARC : pelle en bois d'une seule pièce, qui sert à remuer les grains, les fruits et le marc du pressoir. L.
PELLERESSE : la forbicine, insecte qui ronge le papier.
PELOTTER (FAIRE) une chienne : la faire couvrir.
PELOT : palet.
FELOUQUE (s. f.) : perruque de laine.
PELLOUE : sorte de houe ; écobue pour peler le gazon.
PELUET (s. m.) : le derrière, les fesses. A.
PELUNE : légère chiquenaude sur le nez.
PELURER :
peler ; enlever la pelure d'un fruit, d'une branche.
PENDANTÉE. Voyez EMPANDANTÉE.
PENDRE QUE DE (NE) : rester à faire. Exemple : La table est servie, il
ne pend que de dîner. M. Decorde.
PENTECOTE (s. f.) :
orchis fleurissant vers la fête de la Pentecôte.
PENT'OREILLES :
pendants d'oreilles ; boucles d'oreilles. En patois Lorrain, pend'oreilles. L.
PENTOIR (s m.) : perche fixée à une fenêtre pour y attacher du linge à sécher. L.
PEPIN-FAVART : pomme à couteau, espèce de Calville.
PÉPINIER : pépiniériste.
PÉPION : excroissance de chair fongueuse.
PÈQUE (s. f.) : bec.
PÊQUE ; PÊQUER ; PÊQUEUX : pèche ; pêcher ; pêcheur.
PÊQUE (s. f.) chiffon.
PÈQUENCER : bavarder.
PÉQUER ; PÉQUIER. Voyez PECQUER.
PÈQUIÈRE (s. f.) : femme qui ramasse les chiffons. B.
PÈRANCUNE (s. f.) (
Hypericum androsœmum). B.
PERCE : trou dans le linge. Ce vêtement n'a ni trou, ni
perce. Du verbe percer. On dit aussi : il y a de la perce pour il y a des trous.
PERCE-POUQUE (s. f.) (
Scandix pecten). B.
PERCETTE : vrille. De
percer.
PERCHOUX : fainéant; immobile comme l'oiseau sur son perchoir.
PERCIES ( s. f. pl.) : grand dîner, donné à tous ceux qui ont aidé à faire la moisson.
PERLOT: petit perchoir.
PERDRIAS (s. m. pl.) : pertes de jeu et autres.
PERDROLE (s. f.) : perdrix. A.
PÈRE : poire.
PERÉ , ou PRÉ : poiré.
PÉRÉMONIE ; PERMONIE : pulmonie. L.
PÉRÉMONIQUE ; PERMONIQUE : pulmonique. L.
PERFAIT : parfait. De
perfectus. S.-I.
PÉRI : péril.
PERICAUCHÉE : paresse. B.
PERJOU ! Juron. C'est un reste de paganisme.
Per Jovem : par Jupiter. B.
PERMINS : permis. S.-I.
PERLICOQUET : objet placé sur un point élevé et détaché, où il se balance à la moindre secousse, et semble y être placé par coquetterie.
Le vais-tu là-hât, affouorqui su c'té branque, comme un perlicoquet ? M. Lepingard.
PERLIFICOQUET. C'est le superlatif de
perlicoquet.
PERCE : perle. C'est l'
n pour l'l, comme dans nentille au lieu de lentille.
PERNE-MAILLE (s. f.) : tire-lire. D'épargne maille. A.
PEROSINE : poix-résine. B.
PERQUE : perche.
PERRÉ ; PERREI ; PERREY : lieu plein de pierres ; chaussée pavée de pierres. Beaucoup de voies romaines ont conservé le nom de chemin
perré.
PERRETTE : femelle de l'oie.
PERRETTE : femme dont saint Pierre est le patron.
Perronelle.
PERRÉYEUR : ouvrier qui extrait de la pierre et qui la taille.
PERRIÉRE (s. f.) : carrière de pierre.
Peréïro, dans le patois de Grenoble.
PERROQUET-DE-HAIE : le dur-bec.
PERSIR : presser. Déplacement de consonnes.
Persir, c'est pressir pour presser.
PERSIN : persil.
PERSONNERIE (s. f.) : association, communauté de
personnes. A.
PERSOU ; PERSOUX : pressoir. Par métathèse. (Vire. )
PERTU : trou,
pertuis. Pertuisier, en patois de Grenoble, signifie percer.
PÉSACHIS : semailles et récoltes de pois, vesce , etc.
PÉSAS ; PÉSAT : tige sèche des pois. De
pisum. L.
PÉSERI : champ où l'on a récolté des pois.
PESROUETTE : fillette évaporée. (Vire.)
PESTER (v. n.) : courir sans raison.
PÉTEPETUN (s. m.) : cri et nom de la caille.
PÉTER : mesurer. S.-I. MM. Duméril.
PÉTERELLE : étincelle qui jaillit du feu qui pétille.
PÉTÉRIAS (s. m. pl.) : sauts et gambades des animaux dans les herbages.
PÉTÉRIAU ; PÉTERON : rejetons du
pied d'un arbre.
PÉTEUX : péteur ; mal élevé ; poltron.
PETIOT ; PETIOTE : petit, petite ; peu.
PETIOTIN, E : tout petit , toute petite. On dit même PETIOTINET , et PETIOTINETTE.
PETIT (UN) : un peu.
PETIT-HOUX (
Ruscus aculeatus). Voyez VERGANDIEIL
PETOCHE (s. f.) : chandelle de résine de mélèze. Se dit métaphoriquement de toute lumière qui éclaire mal. De la basse latinité
petiuncula : futilité ; peu de chose. En effet, la petoche est un objet de peu de valeur. Voyez ORIBUS, et ROUSINE. A.
PÉTOIRE. Voyez CANNE-PÉTOIRE.
PÉTONNIÈRE. Voyez CANNE-PÉTOIRE.
PÉTOUIN : cause de souci, d'inquiétude. On dit: Un bon
pétouin donne un bon tintouin. - PÉTOUINER : être agité d'inquiétude.
PÉTOUIN : écarrisseur, écorcheur.
PÉTRA ; PÉTRAS ; PÉTRAT : villageois grossier.
Pétra est le nom d'une ancienne ouverture à la partie postérieure de la ceinture des culottes et des pantalons , ouverture munie d'un cordon qui permettait de l'agrandir ou de la diminuer.
PÈTRE : paresseux; qui ne se meut, ni ne s'émeut. De
piger. Peut-être de petra, pierre.
PÉTRON-JACQUET ; PÉTRON-MINET : aube du jour.
PÉTRO ; PÉTROT ; PRÊTROT : rossignol de muraille. C;e sont aussi les noms du pistil, fait comme le battant d'une cloche, du pied-de-veau (
Arum maculatum). L.
PETUN : tabac.
C'est l'ancien nom de la Nicotiana tabacum. A.
PEU: moins. Un liard
peu de 2 sous: 2 sous moins 1 liard. Un écu peu de 100 fr. : 97 fr. Un petit peu : très-peu.
PEUFFE ; PEUFFRE : friperie ; boutique de fripier. De l'islandais
pelf. dépouilles.
PEUFI ; flétri , fripé.
PEUFIER ; PEUFRIER : fripier. L.
PEUFRIE ; PEUFERIE : commerce de la
peuffre.
PEULIE : gauche, maladroit, décontenancé. De
peu et de lie (laetus) : joyeux.
PEUPLE: peuplier. H.-N.
PEUS ; PEUX ; POUX (s. f.) : peur. L.
PEZET : étoupe.
PHÉBÉ (s. m.) : pécule, bien. Peut-être de l'islandais
: troupeau, qui avait pris la signification d'argent, parce qu'on ne connaissait pas d'autre richesse. MM. Duméril.
PHILOMIE : physionomie. L.
PHLIPOT (s. m.) : bouton d'or champêtre ; - Philippe.
PHILIPS (s. m.) : sorte de punch, composé d'eau-de-vie, de cidre et de sucre, bouillis ensemble.
PHORMACIEN : pharmacien, apothicaire. L.
PIACRAS : aliments mal apprêtés, indigeste s; boue épaisse. De
plâtras.
PIAFFEUR, SE : qui se pare avec recherche.
PIANCHE; PIANCHON : enfant, fillette.
PIANER : crier, en parlant des dindons. Onomatopée.
PIANOPLAN :
piane-piane, lentement.
PIANT ; PIANTEUR ; PIANTIR : puant ; puanteur ; devenir puant.
PIAR (s. m.) : précipité rouge de mercure pour tuer les poux. Rouge comme
piar.
PIARD (cheval) : blanc et noir, comme la
pie.
PIAU : peau.
PIAUCÉ : couché. MM. Duméril.
PIAUCER : pleurer;  piailler ; crier ; - écorcher ; enlever la piau d'un animal.
PIAUCER (v. n.) : embrasser avec force accolades.
PIAULARD ; PIAULER : pleurnicheur ; pleurnicher ; - glousser.
PIAUME ; PIOMME : pivoine.
PIAUSSER (SE) : se mettre au lit. De
piau ou piot, lit, dans l'ancien Argot. A.
PIAUTER (en parlant d'une fleur) : l'effeuiller pétale à pétale. A.
PIAUTRE : cheuil. Va-t-en aux
piautres : va te coucher.
PIC (PAR) ET PAR MIC : par petites pièces données à regret. De
mica, miette. B.
PIC (OEUFS AU) : oeufs à la mouillette. L.
PIC. Voyez PIQUETTE et PIQUOIS.
PICANE (s. f.) : bruyère, lande. (Pont-Audemer.)
PICANIÈRE (s. f.) : mauvais terrain inculte. L.
PICARDE : espèce de coiffure de femme.
PICAUDÉE (s. f.) : mauvais mets mal préparé, bon pour la
pie. Du latin pica.
PICHET : petite cruche de terre cuite pour servir le cidre ou le poiré. Du Celtique
picher. Pitcher, en anglais. A.
PICHETER : boire à coups redoublés. A.
PICLER : parler aigu. Voyez VIPER.
PICOT : coq-dinde. De son cri
piau ! piau ! L.
PICOT : espèce de pholade, qui
pique dans la pierre calcaire pour s'y creuser un trou. B.
PICOT : filet pour prendre les poissons plats.
PICOT : poisson plat, du genre des plies. De quelques points colorés dont la peau de son dos est tachetée,
picotée.
PICOT-DINDON : imbécille ; bête comme un dindon, un
picot. L.
PICOTTE (s. f.) : femelle du
picot ; - imbécille.
PICTRIE (s. f.). Ce mot ne s'emploie que dans la phrase : être dans la pictrie, qui signifie être ivre. MM. Duméril.
PIE (s. f.) : tourte aux fruits. Voyez BOURDIN.
PIEÇA : depuis cela, depuis long-temps.
PIE-CRUELLE : pie-grièche. B.
PIÈCE; PIÈCHE : nul, aucun ; - point. L.
PIEDSENTE : sentier par lequel on ne passe qu'à
pied.
PIÉGNER; PIÉGNIER ; PIÉGNIR : peigner. L.
PIENCE ; PIENCH E : fille ou femme maligne, hargneuse, etc., que l'on qualifie par cette épithète, souvent renforcée d'une seconde.
PIÉRE ; PIÈRE : pire.
PIERRER (v. a.) : jeter des pierres à.
PIERROT : espèce de coiffure de femme.
PIÉTÉ : pourvu de pieds.
Malpiété : qui a de mauvais pieds. Épiété : dont les pieds ne peuvent continuer de marcher.
PIÈTRE; PIÉTRESSE : boiteux; boiteuse. De l'ancien français
piètre : mesquin. Il s'entend ici d'un individu qui a le pied contrefait au point d'être forcé de boiter. Argot. A.
PIF; PIFE (s. m.).
Voyez PIFRE.
PIFFET, TE : qui aime trop la parure. De
piaffe. A.
PIFFETER (SE) : piaffer; s'habiller avec prétention.
PIFFETEUSE ou PIFFETTE. Voyez PIFFET. A.
PIFRE (s. m.) : gros nez désagréable.
PIFUS ; PIPHUS : troëne.
PIGACHE (s. f.) : pointe de terre. B.
PIGACER ; PIGACHIER : écrire en formant des lettres maigres, allongées, enchevêtrées, peu lisibles.
PIGE (s. f.) : oie, femelle du jars. Voyez PIROTE.
PIGEONNER : germer ; pousser ; pulluler ; - faire l'aimable auprès d'une femme ; - convoiter. B.
PIGLER : pousser des cris perçants. Voyez PIGNER.
PIGNARD : celui qui
pigne ; qui pleure et se plaint.
PIGNER : geindre ; se plaindre à petits cris comme font les enfants. De
plangere. Dans le patois Rennais, pigner signifie grogner. Voyez CUSSER. A.
PIGNETTE (s. f.) : fausset au propre et au figuré. L.
PIGNEUX : peigneur de laine.
S.-I.
PIGNOCHE.
Voyez ÉPIGNOCHE. L
PIGNOLE (TOURNER) : tourner le dos ; fuir. On dit, à Bayeux :
retrousser pignole.
PIGNONNER : percer.
PIGNOTER ; PIGNOCHER : manger peu, à petits morceaux, avec dégoût.
PIGRAS ; PIGRAT (s. m.) : boue visqueuse. De
pied et gras ; gras au pied. - A PIGRAS : en grand nombre. O.
PIGUENETTE : fillette acariâtre, méchante.
PIHOUE : femme débauchée.
PILAGE : brassage du cidre.
PILAUDER : marcher sur ; fouler sans précaution. A.
PILE (s. f.) : volée de coups. Patois Berruyer. L.
PILÈCHE ; PILÈGE : farine d'avoine torréfiée ; gruau ; grain pilé et
grué. (Manche.)
PILER SUR : marcher sur ; effacer avec les pieds.
PILER : pressurer des fruits au pressoir.
PILETTE : ancienne pièce de billon de 10 centimes.
PILORI : lieu où l'on a long-temps stationné, où l'on a long-temps marché,
pilé.
PILTETE : pistil de la fleur de l'
Arum on pied-de-veau. Ce pistil ressemble à un pilon.
PIMAILLER : chicaner ; s'agacer comme des
pies qui ont maille à partir.
PIMENT (s. m.) : mélisse on citronnelle (
Melissa officinalis). L.
PIMPERLOTTÉ : tacheté de points divers. Ce mot vient de
pimpant. O.
PINCES ; PINCHES : pincettes de cheminée.
L.
PINCHARD : pinson.
PINCHÉE : pincée ; - PINCHIER : pincer.
PINELLES : bas, chausses. S.-I.
PINGE : propre, lisse. A.
PINGER : plonger ; mouiller ; puiser.
A.
PINGEON : pigeon.
H.-N.
PINGET ; PINGEOT : sillage circulaire que fait la chute d'un corps sur la surface de l'eau.
PINGRE : avare sordide. En patois des Vosges, pingre signifie acariâtre, sournois, railleur. A.
PINGUIER : étui pour déposer les
épingues (épingles).
PINGUIER : plonger. PINGUET : plongeon.
PINTON : sorte de cruche à cidre. Du mot
pinte. Du grec πίυειυ : boire. Du latin potus. L.
PINVOLE (s. m.) : hanneton.
Les enfants, en faisant voltiger un hanneton attaché, chantent

Pinvole,
Vole, vole !
Fais trois tours, et puis t'envole.
Tintaribaud !     L.

PION : ivre. De potus.
PIONS ( s. f.) : pivoine (
Pœonia offcinalis). On dit en anglais piony. Voyez PIAUME.
PIOT : ivre ; - boisson. De
potus. A.
PIOT : pivot d'un dévidoir.
PIOTER (SE) : s'enivrer.
PIOU : poussin , le plus petit de la couvée.
PIPER : aspirer avec un chalumeau ; boire ; aimer à boire.
PIPERNEAU ; PIMPERNEAU ; PIPERNET : anguille de mer.
PIPET : chalumeau employé pour aspirer un liquide ; - sorte de sifflet. C'est dans ce dernier sens qu'en patois Walon, on dit :
pipé pour siffler.
PIPIE : pépie.
PIQUÉ : debout comme un piquet. A.
PIQUER : planter non avec la bêche, mais en faisant des trous pour planter avec un
piquet.
PIQUERAI : terrain couvert de galets roulés.
PIQUERÉE : ce qu'enlève une fourchette en s'enfonçant dans un plat de comestibles.
PIQUEREULE ; PIQUEROLE : petite vérole.
PIQUET : dard de l'épine du rosier, etc. ; pieu.
PIQUETONNER : raccommoder une vieille étoffe qui l'a déjà été plusieurs fois. Voyez RABOUÊNER. A.
PIQUETTE : lait caillé et séparé du
sérum, dans lequel on met du lait frais et de la crème. Voyez BATTU (LAIT).
PIQUETTE : mouillette. Oeufs à la
piquette ou oeufs au pic : neufs à la mouillette. - PIQUETS, dans la HauteNormandie.
PIQUETTES (s. f. pl.) : dettes criardes, qui font l'effet des
piquets enfoncés dans les chairs.
PIQUOIR : outil pour
piquer ou mettre en terre les plantes qui ne peuvent pas y être placées à la bêche.
PIQUOUX : celui qui
pique les plantes. Voyez PIQUER.
PIRE : pis.
Tant pire : tant pis. Aussi pire : aussi mal ; aussi mauvais.
PIRETTE : jeune oie. A.
PIRIPI : marionnette. A.
PIRLI : petit bâton pour jouer. A.
PIRO : petite lessive. MM. Duméril.
PIROT : jeune oison. A.
PIROT : eau ou sang qui coule à gros filets. Suer
à pirots : suer excessivement. Le sang lui coule du nez à pirots : comme le lait du pis de la vache.
PIROTON : petit oison. A.
PIROTTE : oie. Dans la Mayenne, on dit
pire et pirette. A.
PIRVIRE (s. f.) : sorte de tabatière longue, en forme de
poire. A.
PIS ; PITS : puits. - PIS : puis. DU DEPIS : depuis.
PISCALE (s. f.) : terme de mépris, en parlant d'une femme.
PISCANTINE. Voyez BISCANTINE et CLACASSE.
PISQUE : puisque. L.
PISSAT ; PISSON ; PISSOT : urine. On dit proverbialeinent : rouge comme
pissat d'âne. L.
PISSE (s. f.) : urine humaine. A.
PISSE-VINAIGRE : acariatre, aigre. De
vinaigre, liqueur sure. Voyez MARIE-SURELLE. L.
PISSOUIN (s. m.) : urine humaine. L.
PITANCHIER : s'impatienter. De
dépit. B.
PITER. Le fil ou la toile
se pitent quand ils blanchissent inégalement. O.
PITIEUX : qui excite la
pitié ; sensible. A.
PITOIS : PITOU : putois. Palais Lorrain. L.
PITONNER : piétiner ; - vêtir ; orner ; rechercher les moyens de fixer l'attention d'autrui.
PIVAT : boue liquide.
S. -I. - Urine. Voyez PISSAT.
PIVELLIER : fourreau du penis d'un verrat. A.
PIVOLETTE (s. f.) : papillon. Voyez BAVOLETTE. M.
PLACE (s. f.) : le plancher, l'aire d'un appartement. Balayer la
place. L.
PLACHE ; PLACHER : place ; placer.
PLACHEUX : offrant des places où il n'y a rien. Ce blé est
placheux. M. Decorde.
PLAFIER ; PLAFRIER : celui qui prépare les peaux de mouton, les tanne, les blanchit, etc.    .
PLAIDEUX : plaideur.
PLAISI (AU) : au plaisir (sous-entendu : de vous revoir) !
PLANCHE DU PIED : plante du pied. H.-N.
PLANCHÉ : planchéié.
PLANCHET ; PLANTIAU : coquelicot (
Papaver rhaeas).
PLANCHON : sauvageon ; branche de saule ou de peuplier propre à pousser de bouture. De
plant.
PLANITRE : place où l'on s'assemble ; esplanade ; lieu plane en avant d'une église, d'un château, etc.
PLANQUE; PLIANQUE : planche ; pont de bois. On dit aussi PLANQUETTE.
PLANTE (s. f.) : haie vive.
PLANTÉ (A) : en abondance.
PLANTIÈRE : noeuds coulants, en crin pour prendre les oiseaux.
PLAQUE (s. f.) : pièce de 2 liards. Je n'en donnerais pas une
plaque.
PLAQUER : mettre ;
placer. S.-I.
PLATÈNE : patène.
PLATINE : langue qui ne cesse de parler.
PLAUDE ; PLAUDER. Voyez BLAUDE ; PIAUCER.
PLEIGER : protéger ; excuser ; faire fort pour.
PLEIN (TOUT) : beaucoup.
PLESSE : branche à moitié coupée et que l'on garnit de terre pour faire épaissir une haie, ou boucher une brèche.
PLESSER : entrelacer des branches pour faire une clôture. Du latin
plexus. A.
PLESSIS (s. m.) ; PLESSE (s. f.) : clôture faite de branches entrelacées ; - bois taillis; forêt.
PLEU-PLEU (s. m.) : pivert, parce qu'on prétend que son cri annonce des
pluies prochaines. L.
PLEURE ; PLEUVER ; PLOUVER : pleuvoir.
PLEURMICHE. Voyez PLEURNICHE.
PLEURMICHER : pleurnicher. Voyez MICHER.
PLEURNICHE : pleurnicheur; qui fait semblant de
pleurer, ou qui pleure pour peu de chose.
PLEUROUX, SE : pleureur, se. A.
PLEUTRE : homme de mauvaise mine ; misérable sans considération ; indigne d'égards. De
pelé.
PLIACOUX : sol humide.
PLIE , pluie. S.-I.
PLIÈCHE : place. L'
l se mouille et fait entendre le son de l'i, et même d'ie dans quelques mots dont nous citerons les suivants : plien pour plein; plieume pour plume ; plieurer pour pleurer ; pliomb pour plomb.
PLIÉCHERON : ouvrier qui se loue, sur la place, pour la journée, principalement au temps de la moisson.
PLION : pièce de bois qui sert à maintenir le coutre d'une charrue dans la position nécessaire. On change le
plion de côté à chaque sillon. M. Decorde.
PLOMBÉE : PLOMBEÉE : machine pour peser, composée d'une verge en bois, d'anneaux, d'un crochet et d'un
plomb mobile ; - instrument où se trouve une balle de plomb suspendue à un fil pour déterminer l'aplomb.
PLOQUER (en parlant d'une fleur) : la fatiguer au point de l'effeuiller. A.
PLOUFRE : bouffi. S.-I.
PLOUTRE : pêne d'une serrure.
PLUC : ce que l'on peut éplucher. On dit aussi :
pluquette pour épluchure; plucoter, pluchoter pour éplucher. MM. Duméril.
PLUMAS: plumeau. A.
PLUMÉE. Voyez PLOMBÉE.
PLUQUETTE. Voyez ÉPLUQUETTE.
PLURER pour PELURER : ôter la
pelure ; peler.
POCANE (s. f. ) : mot pour rire. L.
POCHARD (s. m.) : pâté d'encre sur le papier ; - ivrogne.
POCHARDER (SE) : s'enivrer habituellement d'une manière ignoble.
POCHAS : pâté d'encre. A.
POCHER (v. n.) : faire un pâté d'encre. L.
POCHER : espèce de jeu de pair ou non, où l'on gagne des noix et du pain d'épice aux fêtes de village. M. Decorde.
POCHET : pâté d'encre. L.
POCONNET : petit pot.
Possinet, en patois Walon.
POCRAS : gâchis.
POCRASSER : manier avec des mains crasseuses. Voyez POQUE. A.
POCRASSIER : qui pocrasse. A.
POE ; PO: peur. Autrefois,
paour.
POETÉ : puissance, autorité.
POÈLE A LAIT : terrine où on le verse pour l'y laisser élaborer sa crème. L.
POGNAFLER ; POGNASSER ; POIGNASSER : manier salement à
poignée ; pétrir avec les poings.
POGNE ;  POIGNE (s. f.) : poignet ; main ; main qui serre. Patois Walon.
POGNÈE ; POGNIE : poignée.
POICRINIER ; POUCRINIER (v. a. ) : coiffer mal; mêler les cheveux.
POIGEAT ; POUGEAT. Voyez POUJAS.
POINE : peine.
POINTE DE GOTÉ : point de côté. L.
POIRE DE TERRE : topinambour (
Helianthus tuberosus).
POIRETTE ; PORETTE : poireau ; jeunes poireaux à repiquer.
POIRIONS : verrues.
POIS. On confond généralement sous ce mot unique les pois (
Pisum sativum) et les haricots (Phaseolus). On appelle les haricots pois blancs, et plus communément pois de mai (à Alençon, pois de mer) ; on les nomme encore petites fèves. Confusion fâcheuse et ridicule, tandis qu'il est si simple de désigner par leur véritable nom les fèves, les haricots et les pois. Voyez FÈVES.
POIS ANGLAIS: haricot grimpant ou à rames. En Dauphiné, on appelle les haricots pois lombards. B.
POIS CHAUD: pois
Michaux. Par aphérèse.
POIS DE MAI ; POIS DE MER: haricot, soit nain, soit grimpant.
Mai est le mois où on les sème.
POIS DE PIED: haricot nain. L.
POIS A RAMES : haricot grimpant.
POIS ROND : pois.
POISON (s. f. ) : chose ou personne mauvaise, capable de produire les pernicieux effets du poison.
C'est de la poison : ce mets, cette boisson est détestable. C'est une poison : c'est une femme dont le contact est dangereux.
POISSON DE St.-PIERRE : dorade commune. B.
POITIT, E : petit, e. A.
POITRINER : vêtir, habiller sans goût.
POIVRIER (
Daphne mezereon) ; parce que ses fruits ont le piquant du poivre.
POLACRE (s. f.) : gilet.
POLETTE : courroie de cuir, servant à maintenir le chargement d'une bête de somme.
POLITEMENT : poliment, proprement. S.-I.
POLITIQUE : dissimulé. L.
POLON : Napoléon.
POLYTE : Hippolyte.
POMMAGE : espèce, nature, qualité de
pommes ou de poires à pressurer. Ces fruits sont d'un même pommage : sont d'une même variété. Voyez SOLAGE.
POMMELIÈRE (s. f.) : ellébore noir, pied-de-griffon (
Elleborus niger).
POMMEAU ; POMMET ; POMMEAU : gras de jambe ; mollet. Cet homme n'a
joué de pommiau : cet homme n'a guère de mollet. A.
POMMEROLLE ; POMEROLE : primevère jaune, non rameuse. Voyez COUCOU. L.
POMON : poumon. - POMONIQUE : pulmonique.
PONCEL ; PONCHET : coquelicot. De
ponceau.
PONCER ; PONSER : presser ; exprimer.
Poncez ce citron dans l'eau pour en obtenir le jus.
PONCEUX : sorte de petit pressoir en plein air.
POND : pondu. La poule
a pond pour a pondu.
PONE : ventre, bedaine.
PONICHER : ajuster sans goût.
PONNELÉE : fumier de
poule, et, par extension, des autres volailles.
PONNELER : pouliner.
PONNENT : pondent ; - PONNU : pondu. An figuré ironiquement :
bien ponnu pour mal inventé, mal arrangé ! On dit : Les poules ponnent pour pondent. Ponnu est dans Rabelais ; ponnent, dans Amyot.
PONSOUX : petit pressoir facile à changer de place.
POPOT : poupon ; petit garçon. Féminin,
popote.
POQUARD, E ; POQUET ; POQUETON : celui ou celle qui a la main estropiée ; qui se sert difficilement de ses mains. De
poque.
POQUE (s. f.) : grosse et vilaine main.
Pocre, dans la Mayenne et dans l'Ille-et-Vilaine. A.
POQUER : pocheter (Valognes.)
POQUETON : qui a des
pocres, de grosses mains maladroites.
POR : pour.
PORCHET : morceau de porc frais, ou récemment salé.
Pourchet, dans le patois de Grenoble. L.
PORCHIN ; PORCHAIN : cochon d'un an.
PORE (qualif.) : pauvre. Ce
pore éfant : ce pauvre enfant. Du Celtique paur. L.
PORÉE (s. f. ) : légumes. Jardin à
porée : potager. A.
PORÉSINE : poix-résine.
PORFRIRE : enduire de mortier. Voyez POULFRIR.
PORICHINEL : polichinel. De l'italien
pulchinello.
PORIE : bouquet de porions.
PORION : narcisse jaune. Du latin
porrum, poireau ; parce que cette plante ressemble par sa feuille à celle des poireaux.
PORJET; PORGET : revêtement, avec du mortier, des interstices d'un mur.
PORJOLER (SE) : prendre ses aises, ses ébats.
PORMAIS QUE : lorsque, après que.
PORQUER; PORCHER : celui qui garde les porcs.
PORQUERIE : porcherie, étable à porcs. Voyez SOU.
PORRETTE (s. f.) : jeune porreau pour transplanter. L.
PORSUIVRE : poursuivre. D'où
porsuisi, porsueusi : poursuivi.
PORTAIL : porte-cochère. Patois Rouchi. A.
PORTE-COS : espèce de joug qui sert aux servantes de ferme à porter des seaux. M. l'abbé Decorde.
PORTEMENT : manière dont on se porte ; état de la janté. Il lui a demandé le
portement.
PORTER A : ressembler à. L.
PORTEUX : porteur.
Porteux de lettres : facteur.
POT : pièce de charpente qui supporte les sommiers. H.-N.
POT, TE : engourdi de froid. Main
potte : main qui a l'onglée. Il a la goule potte : il ne sait que dire. L.
POT-BOUILLE (s. f.) : petite et mauvaise cuisine, composée ordinairement d'un chétif pot-au-feu et de quelques légumes. C'est là que je fais ma
pot-bouille : c'est là que je prépare mes aliments. L.
POTABLE : praticable, en parlant d'un chemin.
POTARÉE ; POTICHE (s. f.) :
potage fait sans soin; cuisine de pauvres gens ; mauvaise bouillie. L.
POTAYE : potée.
POTIN (s. m.) : fonte de fer pour ustensiles de cuisine, etc.
POTIN (s. m.) : babil, rabâchage. L.
POTINE : pot de terre à bords rentrants, qui sert de chaufferette. De
poterie.
POTINER (v. n.) : rabâcher ; faire des remontrances à contre-temps. L.
POTINIER, ÈRE : qui potine. L.
POTONNER (v. a.) : manier salement. A.
POTS : trous que les pieds des gros animaux font, d'enjambée en enjambée, dans les mauvais chemins.
POTTE (s. f.) : sorte de chaufferette en terre cuite comme les pots ; - petite fosse. O.
POTUIT : porte d'une cour placée entre deux pôts, et surmontée d'une petite couverture par laquelle on ne passe qu'à pied. M. Decorde.
POU : peur.
Pour, dans les Chansons du roi de Navarre. Du Latin paror ; du Roman paour. Poü, dans le patois de Grenoble. L.
POU : pour. S.-I. ; - élévation. De
podium.
POUACRE : sale, dégoûtant. Patois Lorrain. De
pouah.
POUAMMENT : puissamment.
POUANT :puant ; faiseur d'embarras ; malpropre.
POUAS : noyau , parce qu'il est souvent rond comme un pois. B.
POUCEROT : doigtier de cuir pour contenir un pouce malade.
POUCHE (s. f.) : sac. Du vieux mot
poucha : pou-d'avoine. Pouch, en anglais.
POUCHIN : poussin.
Puzi, piouzi, à Grenoble.
POUCHINÈE (s. f.) : couvée d'une poule ; poussinière. L.
POU-D'AVOINE (s. m.) : balle d'avoine. De
poucha, qui, dans les anciens monuments de notre langue, signifie une poche. En effet, le pou dont il s'agit ici est une sorte de petit sac ou poche qui renferme le grain d'avoine. A.
POUEIL (s. m.) : poil. A.
POUEILLU : poilu, velu. A.
POUFFI : bouffi. C'est le
p pour le b, comme dans pénancière, pèque et piscantine. L.
POUI, IS : pou, poux. L. On disait autrefois
pouils ; on a retranché l'i, et l'on a dit pouls ; enfin on a retranché l'l , et l'on a trop arbitrairement substitué l'x à l's.
POUILLARD, E : pouilleux ; misérable ; vaurien: - perdreau trop jeune pour être tué.
POUILLER : vêtir. A.
POUILLERIE : misère profonde, sale et dégoûtante. De
pou, insecte. On appelle aussi pouillerie un taudis habité par des pouilleux, et, par extension, tout logement pauvre et sale. - Pouillerie de gueux : objets de nulle valeur.
POUILLES : injures. Chanter
pouilles, comme il arrive dans un pouillis ou pouillier (mauvais cabaret).
POUILLOT : petit vêtement de laine pour enfant; sorte de corset ; - l'oiseau troglodyte.
POUILLU : nonchalant, fainéant. Voyez POUILLARD.
POUJA S (s. m.) : poix noire, non épurée.
POULAILLES : volailles.
POULAIN. On nomme ainsi ce qui s'échappe d'un neuf cuit dans les cendres, quand la chaleur fait crever la coque. M. Decorde.
POULAIN : châssis en bois, sur lequel on fait glisser les tonneaux pour les changer de place.
POULENÉE (s. f.). Voyez PONNELÉE.
POULET : noyau ; amande du noyau ; pepin. M.
POULETTE AU BON DIEU : roitelet. Voyez REBETTE.
POULETTE : petite ampoule. L.
POULETTE (GRASSE-) : arroche sauvage ; arroche puante (
Chenopodium vulvaria).
POULFRI : enduit d'argile , de chaux, etc. De
poul-pri (fosse d'argile), mots bretons, cités par Lobineau, dans son Hist. de Bret., t. II, p. 1814.
POULFRIR : enduire. De
poulfri, ou du verbe latin perfricare.
POULFRISSEUR : plafonneur.
POU LGINÉE (s. f.) : poussinière. De
poule et de génération : famille de poulets ; ou de l'italien pulcinello : poulet.
POULIER : poulailler.
POULIER (v. a.) : élever au moyen d'une
poulie.
POULIER (v. a.) : promener mal à propos Voyez CHIBOLLER.
POULINÉE : fiente des poules. H.-N.
POULIOT : pièce de bois mobile, placée à l'extrémité d'un chariot ou d'une charette, sur laquelle s'enroule la hache. M. Decorde. Voyez LIACHE et COMBLE, au
Supplément.
POULOT, TE : jeune enfant. De
pullus.
POULS ; POULCES ; POUSSES (s. m. pl.). Dans l'arrondissement de Cherbourg, on appelle de ce nom la bouillie faite avec de la farine de sarrasin et cuite à l'eau ; et, dans les environs de St.-Lo, surtout vers Torigny, une bouillie faite avec de la farine d'avoine et cuite à l'eau ou au lait. On donne aussi à cette dernière bouillie le nom de
craolle. Feu Lamarche.
POULTON : poltron. S.-I.
POULTRAIT : portrait. L.
POULTRE (s. f.) : pouliche qui n'a pas encore porté.
POULTRON : poltron. Du Celtique-Breton,
pouilltron : lâche. L.
POULVAISÉ : couvert de pustules.
POUMON : terrain fangeux, mou comme le
poumon.
POUMONIQUE : pulmonique ; malade du
poumon. L.
POUPÉE (s. f.) : chanvre peigné et préparé en cordons pour être filé.
POUPINEMENT (adv.) : avec affectation. La Fresnaye disait, dans ses
Foresteries :


Et frisé par devant assez poupinement.

POUPINER (v. a.) : attifer comme un poupin, caresser comme un poupon.
POUPRE : humide.
POUQUE (s. f.) : sac. Dans le XIIIe. siècle, on appelait
pouqueteurs les marchands de sacs. - Faire la pouque (en parlant des oiseaux) : laisser tomber et traîner les ailes et hausser le dos ; ce qui annonce la maladie, le dépérissement de l'animal. De l'islandais poki : sac, poche. L.
POUQUET : petit sac.
POUQUETTE : petite poche ; poche d'un vêtement. Faire
pouquette : cacher dans sa poche.
POUQUIE : le contenu d'une poche.
POURCACHER : poursuivre. En français,
pourchasser signifie rechercher ardemment. Il se dit, dans la S.-I., des animaux qui poursuivent les autres pour les empêcher de manger.
POURE. Voyez PORE.
POUREUX : peureux. Autrefois,
paoureux.
POURFRIS. Voyez POULFRI.
POURGUILLER : promener un enfant. O.
POURJET : bûcher. O.
POURJOLER : porter mal à propos quelque chose d'un lieu dans un autre. Voyez CHIBOLLER et POULIER. L.
POURLÉQUER (SE) : se lécher les lèvres, après avoir mangé quelque chose de bon. M. Decorde.
POURPE : pourpre, suette miliaire.
POURPORTE (SE) : se comporte ; se trouve ; est ou existe.
POURVANNE (s. f.) : ration d'avoine ou de son pour un animal. De l'ancien mot
provende, employé dans une ordonnance royale de 1317: « Deux provendes d'avoine ».
POUS (s. m. pl.) : bouillie.
Pous lavés : gruau et coulis d'avoine. Du latin puls ; de l'italien pulta. A.
POUS : balle sèche du sarrasin.
POUSSÉE : épouvante. Donner une
poussée : inspirer de l'épouvante. A.
POUSSIER (s. m.) : poussière ; ordures sèches.
POUTRAIT : portrait. S.-I.
POYER ; POUIER : payer. Ancien français.
PRAE : proie ; charogne ; personne très-dégoûtante. Terme d'extrême mépris.
PRANNE ; PRANNEZ : prenne ; prenez. L.
PRANSEU : pressoir.
PRASSE (s. f.) : mauvais poiré. A.
PRATÉ ; PRATON : petit pré.
PRATICIEN, NE : laborieux, se. L.
PRÉ : poiré.
Chenu pré : excellent poiré.
PRÊCHEUX : prédicateur.
PRÊCHIER : prêcher ; - parler.
PRÉCI (en parlant du bois) : gâté, pourri. B.
PRÉFÉRER : être plus élevé en naissance, en dignité , etc.
PREMIER : avant, auparavant. -- PREMIER QUE : avant que.
PRENRE : prendre.
PRÈS A PRÈS : rapprochés. Ces arbres sont trop
prés à prés : trop près, trop rapprochés les uns des autres.
PRESSES ; PAIRE DE PRESSES : espèce d'armoire pourvue d'un tiroir au-dessus de chacune de ses deux portes.
PRESSEUX ; PRESSOUX ; PRINSEUX ; PRINSSEUX pressoir.
PRESSIMÉ , ou PRINCIMI : très-près, bientôt. Du latin
proxime. O.
PRÉSUMER (SE) : s'enorgueillir.
PRÊTE : prêtre.
PRÊTROT : rossignol de muraille.
PREUCHE : proche , voisin, parent. - PREUCHE : près, auprès.
PREUMIER : premier. S.-I.
PREUNE ; PREUNIER : prune; prunier. L.
PREUX : prés. - AUPREUX : auprès.
PRIMEROLLE ; PROMEROLLE ; PRUNEROLLE : primevère des prés. Voyez COUCOU et POMMEROLLE.
PRINRENT : prirent.
PRINS, E : pris, e. On dit qu'une fille est
prinse, quand elle est enceinte. M. l'abbé Decorde.
PRINSE : écluse. De
prise d'eau. - PRINSE : prise (de tabac).
PRINZURE (s. f.) : rhume. A.
PROCULTEUX : procureur. H.-N.
PROGNER ; ÉPROGNER : élaguer. Voyez ÉPROGNE.
PROMETTRE : assurer. Je vous
promets : je vous assure.
PRONONCHIER : prononcer.
PROUSTER : péter. A.
PROUVABLE : probable. B.
PRUNELLE ; PUNELLE : petite prune sauvage.
PRULER. Voyez PELURER.
P'TÊTRE : petit-être. En réponse à quelqu'un qui annonce son doute par ce mot, celui qui affirme dit, pour confirmer son allégation : C'est tout
p'têtré.
P'TIOT ; PETIOT ; PIOT : enfant.
PU : plus.
Pu ché (plus cher) : beaucoup plus. L.
PU : pour. S.-I.
PUANT, E : d'une avarice sordide ; que l'on fuit à cause de l'odeur détestable que sa passion répand autour de lui.
PUCETIER : qui a des puces et ne s'en débarrasse pas. A.
PUCHER ; PUCHIER : puiser.
Pucher la lessive : verser de l'eau bouillante sur le linge placé avec ordre dans une cuve, et sur lequel on a mis une couche de cendre.
PUCHE : puce.
PUCHERIE : lieu où l'on
puche.
PUCHET ; PUCET : pot de terre contenant un à deux litres. Voyez PICHET.
PUCHOIR : lavoir; partie des pièces d'eau où l'on puise.
PUCHOT : lieu où l'on puise de l'eau dans une mare ; - altise, coléoptère funeste au colza. L.
PUERVE : poulpe. Au figuré, femme méprisable.
PUET (s. m.) ; PUETTE (s. f.) : fausset de tonneau. A.
PUETTE : chandelle de résine ; lampe qui éclaire mal. Voyez ORIBUS ; PÉTOCHE. B.
PUFINE (s. f.) : excréments humains.
L.
PUINE (s. m.) : troëne (
Ligustrum vulgare).
L.
PULENTIN : petit
puant. Du Roman pulent. A.
PUMEROLE (s. f.) : primevère des prés. Voyez POMMEROLE. B.
PUPU (s. f.): huppe, oiseau. Onomatopée, comme dans le latin
upupa. En patois Walon, boud-boud. A.
PUR : pus d'une plaie. L.
PUR ; PURE : peur.
PURÉE (PORTER LA) : être grondé pour un autre, sans l'avoir mérité. M. Decorde.
PURER (v. a.) : presser pour faire égoutter ; - (v. n.) couler doucement, goutte à goutte.
PURIN : suint.
PURIN. E. On appelle, à Rouen et à Lisieux,
purins les ouvriers en laine.
PURINERIE (s. f.) : corps des ouvriers en laine. S.-I.
PUROTER (v. n.) : s'écouler par gouttes dont l'intervalle annonce un complet épuisement.
PUS : plus. Patois Bourguignon, et autres.
PUTEAU ; PUTET : mare qui reçoit l'égout du fumier.
PUTEL (s. m.) : petite mare, formée par le liquide écoulé d'un fumier. S.-I.
PUTIER : homme débauché. M. l'abbé Decorde.
PUTOI, : plus tôt; plutôt. L.
PUTTE-PUTTE : huppe. Du cri de cet oiseau.

Q


QUAI : quoi ; quelque chose. J'ai de
quai. V. QUÉ.
QUAILOQUE (s. f.) (
Sinapis arvensis). V. SANVRIN.
QUAIRE ; QUERRE (s. f.) : cordeau servant à attacher les bestiaux au piquet dans les pâtures. B.
QUAIRE : chaise, chaire. De
cathedra.
QUAIRE : tomber; choir. S.-I.
QUAIS : chu. De
quaire. Nous trouvons dans le ms. de M. Lepingard cette phrase singulière, dont le sens est difficile à saisir quand on l'entend prononcer pour la première fois : Qu'est qu'est quais ?- Ch'est l'ais qu'était quais, qui r'est aco quais : Qu'est-ce qui est tombé ? - C'est l'ais qui était tombé, qui est encore tombé de nouveau.
QUANT ET QUANT : en même temps. On trouve cette locution dans Amyot. En Roman,
catacan signifiait incontinent. L.
QU ANTE : quand, lorsque.
QUANT ET : avec. On dit aussi :
A quant et moi : avec moi. Voir les auteurs du XVIe siècle.
QUAPENDU : espèce de poire ; -espèce de pomme grosse, un peu plate et de couleur vert foncé.
QUARQUELOT : maigre ; de mauvaise mine. O.
QUARSONNIER : mesure pour les grains. Du vieux mot
quartonnier : quart de boisseau.
QUART-D'HEURE : un moment quelconque.
Pour le quart-d'heure : pour le moment.
QUARTE (s. f.) : mesure de six verres. B.
QUART-MOINS. Le quart-moins de minuit, de deux heures : minuit moins un quart, deux heures moins un quart.
QUAS. Voyez CAS.
QUASIMENT : presque. De
quasi. Patois Walon.
QUATE : quatre.
QUATRE FERS D'UN CHIEN (NE PAS VALOIR LES) : ne rien valoir.
QUATRE-VINGT-DIX-NEUF COUPS (AVOIR FAIT LES) : avoir mené une vie bruyante et déréglée.
QUÉ : quoi. - GRAND QUÉ : beaucoup.
Qué qu'ous avez : qu'avez-vous ? Qué qu'o dites : que dites-vous ?
QUÉDOLE (s. f.) : horloge.
QUÉLETTE : petite queue.
QUÉLOT : moutarde (
Sinapis arvensis).
QUÉMAND : mendiant. L'Académie admet
quémandeur.
QUEMENCER ; QUÉMENCHER : commencer.
QUE MIN ; Q' MIN : chemin. - QUEMINER : cheminer.
Q'MINAYE : cheminée.
QUEMINEL : chemineau, sorte de pâtisserie. Voyez CHEMINEAU. S.-I.
QUÊNAIE : chênaie. S.-I.
QUENAILLE : canaille. L. - QUENAILLES : enfants. M.
QUENAILLEAU ; QUENAILLON : enfant. L.
QUENASSES (s. f.) : troupe d'enfants pauvres, mal élevés ; mauvais sujets.
Quenasse s'emploie aussi comme substantif singulier : c'est de la quenasse : c'est de la populace. Feu Lamarche.
QUÊNE : chêne. - QUÊNEAU ; QUÊNOT : jeune chêne. QUÊNÉE : chênaie, lieu planté de chênes.
QUÉNEAU ; QUÉNOT ; QUENAU ; Q'NAU ou Q'NOT  :jeune chien. L.
QUENELLE : cannelle en bois pour tirer les liquides.
L.
QUENET : chenet.
QUENOLLE : gosier. Voyez CH ENOLLE, et CAGNOLLE.
QUENOTTER : faire ses
quenots (chiens) ; mettre bas.
QUENOTTES : petites dents d'enfant ; oreilles de
quenot ou chien.
QUENOUILLETTES (s. f. pl.) : palets entourés de torchis, en forme de quenouilles, qu'on place en travers sur les chevrons pour l'établissement d'une aire ou d'un plancher. M. Lepingard.
QUÉOLLES ; QUIOLES : jambes contrefaites.
QUÉQUE ; QUÉQU'UN ; QUÉQUEFOIS : quelque ; quelqu'un ; quelquefois. Dans le XIIIe. siècle,
queque signifiait quoique. L.
QUERAS : guignon.
QUERAUT : résine.
QUERBON (
Chrysomica tenebrica), insecte. B.
QUERBON : charbon. - QUERBONNIER : charbonnier. QUERBONNETTE : charbonnette.
QUERCAN : carcan.
QUÉRÉE : personne ou animal maigre ou sale. MM. Duméril.
QUERELLOUX : querelleur.
QUÉRÉMONIES : monitoires. L.
QUÉRIATURE : créature; femme ou fille. Elle est en effet la
créature par excellence. L.
QUÉRIER : charrier.
QUERIR : trépaner. (Vire.)
QUERMINE : mauvaise viande. Au figuré, canaille.
QUERPENTIER : charpentier.
QUERQUE (s. f.) : torchis composé d'argile et de foin, pour la construction des maisons en bois. B.
QUERRAI : trace que laissent les roues des charrettes.
QUERRETERIE ; QUERTRIE : charretterie ; lieu où l'on remise les charrettes.
QUERRETIER ; QUERTIER : charretier.
QUERRETTE : charrette. - QUERRETÉE ; QU.ERTÉE : charretée.
QUERRIAGE : charriage.
QUERRIER : tranche de bœuf dans le haut de la fesse. On dit ailleurs :
talon de queue. De queue.
QUERRIÈRE : chemin que suivent pour aller aux champs d'une même ferme les
querrettes, querrues, etc.
QUERRUE ; QUIÉRUE : charrue.
QUERTER : attifer ; parer. Voyez CRETÉ. O.
QUÉRU : vigoureux ; capable de faire un travail très pénible.
QU'EST-CE QUE C'EST : qui est-ce ? qu'est-ce ?
QUÉTER : ruiner ; ne rien laisser ; mettre à sec par le jeu. D'où QUETTE : qui a tout perdu au jeu. Il est à
quette.
QUETILLER ou CATILLER : rosser; frapper. Du latin
quassare.
QUÊTINES (s. f.) : fruits à pressurer, recueillis sous les arbres où ils sont tombés avant leur maturité.
QUÉTONNER : bégayer. A.
QUETOU : porc. - QUETOUS ! QUETOUS : cri pour appeler les porcs.
QUETTE : jambe ; partie inférieure d'un animal.
QUETTTS : point , nullement. Je n'entends
quettes.
QUEU : quel, quelle. Au pluriel,
queus, queues : quels, quelles.
QUEU ; QUEUX : chez. S.-I.
QUEUE : pierre à affiler. Du latin
cos.
QUEUE AU LOUP (A LA) : l'un derrière l'autre.
QUEUE DE COQ (
Lolium multiflorum). B.
QUEUE DE RENARD : prêle (
Equisetum fluviatile). L.
QUEUE DE RENARD (
Amaranthus rubens).
QUEULÉE : assemblée de gens qui font
queue ; famille.
QUEUQUE : quelque. L. QUEUQU'UN : quelqu'un.
QUEUQUEFOIS : quelquefois. L.
QUEURIE (s. f.) : proie,
curée ; personne très-dégoûtante.
QUEUSSE : cuisse. L.
QUEUTINER : remuer de la queue.
QUEUTRE (s. m.) : mauvais couteau. De
culter. O.
QUEVEU : cheveu. - QUEVÈS ; QU'VÈS : cheveux.
QUÈVRE ; QUIÈVRE : chèvre.
QUÉVRON : chevron.
QUI : qu'il, qu'ils.
QUIACHE : chiasse ; scories. S.-I.
QUIAFFE (s. f.) : mauvaise chaussure. A.
QUIAULÉE, qui se prononce
t'chiaulée. V. AQUIAULÉE.
QUIAULOGIE ; QUIOLOGIE : généalogie.
QUIBOLLE : jambe mal faite. De
quille.
QUIEN, QUIENNE : chien, chienne. S.-I.
QUIENQUIEN : pinçon. B.
QUIENS DE TERRE : mans, larves des hannetons.
QUIÉ QUE CÉ ; QUI QUE CÉ ou QUI QUE SÉ : quoi que ce soit; quelque chose.
QUIEU : cuir. L.
QUIEUS : quel ? lequel ?
QUIGNON DE PAIN : morceau du coin du pain. Du Roman
cuin, cuignet : coin. Voyez CHIGNON.
QUILLEBOCHE : jeu d'enfants, qui se joue avec un bouchon et une grosse pièce de monnaie. De
quille et de bouchon. Voyez GALLINE.
QUILLERÉE : cuillerée.
QUINJOURS : quinze jours. L.
QUINOCHE (s. f.) : béquille. Voyez CRIOCHE.
QUINQUEUX (mot normand, suivant Roquefort) : déguenillé. Du Roman
chincheux. De quinqueux vient requinquer.
QUIOLE : diarrhée. H.-N.
QUIOLLE (s. f.) : jambe mal faite. De
quille, pris, comme flûte, pour jambe sans mollet.
QUIORON (s. m. ) : chose chétive. S. -I.
QUIOT, QUIOTE. Voyez PIOT.
QUIQUAMPOIX (sorte d'adverbe). Altération de
quoi qu'en poie (paie) : quoi qu'il en coûte.
QUIS : fruits tombés avant leur maturité, mais déjà bons à recueillir pour le pressoir, et qu'on va
quérir sous les arbres. Du verbe latin quoerere. On trouve l'expression quis dans les Chansons du roi de Navarre. L.
QU'O : que vous.
Je veux qu'o partiez. Où qu'o-z-allez ! La conjonction est régulière. Toute la contraction est dans o, qui aurait dû être placé à l'article O avec la signification de vous qu'il a ici.
QUOI : quelque chose ; quelque fortune ; quelque argent.
QUOI (s. m.) : poignée de filasse peignée.
QUOIQUE-ÇA : malgré cela. L.
QUOUANE (s. f.) : galon. C'est le mot français
couenne, pris au figuré. Quant à quouanne : imbécile, nigaud, usité à Caen, ce mot est l'altération de coion. Coglione, en italien.
QU' VA ; Q' VA : cheval. - QU'VAS : chevaux.
Q'VEUX : cheveux. - Q'VI LLE : cheville.

R


RABABOUINER (v. a.) : frotter la figure à contre-sens ; rabattre le
babouin ; - rabâcher. Du mot babouin, employé par Marot dans le sens de sot babillard. L.
RABAUBINER : répéter dérisoirement les paroles de quelqu'un. De
balbus. Voyez DÉGANNER.
RABETTE (s. f.) : espèce de choux dont la graine contient de l'huile ; littéralement,
petite rave. MM. Duméril.
RABIBOCHER : rajuster ; rétablir la concorde.
RABIENNER : réconcilier.
RABILLEUX : rabâcheur.
RABIS (s. m. pl.) : révérences et compliments affectés et exagérés.
RABISTOQUER : raccommoder.
RABLET : petit couteau.
RABOTER : répéter les mêmes choses à satiété.
RABOTTE (s. f.) : masse d'un bâton.
RABOUDINER (v. n.) : se recoquiller ; se recroqueviller.
RABOUÊNER : raccommoder grossièrement. En patois Rennais,
dabonner. C'est toujours rendre à peu prés bon. A.
RABOUÊNEUSE (s. f.) : mauvaise couturière. A Rennes,
dabonneuse. A.
RABOULER : renvoyer une boule vers son point de départ.
RABUQUER : remuer une chose mal à propos et la heurter. Au figuré, traiter quelqu'un rudement. L.
RABUSQUIER ; RABUSCHIER : gronder vertement et ouvertement.
RACACHÉE ; RACACHIE : bande nombreuse et sans ordre.
RACACHER ; RACACHIER : faire revenir un animal au point de départ, en le chassant devant soi ;
rechasser.
RACATER : racheter ; acheter de nouveau.
RACCOURCI ; RACCOURCHI : chemin qui accourcit. Prenez par le
raccourci.
RACCROC ; RECROC : repas à la suite d'un plus grand, et presque toujours composé des restes de celui-ci. Faire le
raccroc des noces ; des repas de confrérie.
RACE (s. f. ) : canaille. Petite
race : enfant.
RACHICOT (s. m.) : grosse racine sortant de terre et donnant des rejets.
RACHINE : racine.
RACLÉE ; DÉRACLÉE : volée de coups.
RACLER (v. a.) : rosser ; battre. L.
RAC'MODER : raccommoder.
RACOIN : coin, recoin. L.
RACOQUILLER (SE) : se resserrer comme certains animaux dans leur coquille.
RACOUET : chaume.
RACRAMACAI , E (en parlant d'un visage) : chiffonné, disgracieux et difforme.
RACRAMPIR. Voyez CRAMPIR (SE). L.
RACRO (s. m.) : coude d'un chemin, détour, circuit , crochet. Ce chemin fait un
racro à tel endroit. Ce lièvre a fait un racro, c'est-à-dire un circuit ; il est revenu près du lieu d'où il était parti. Feu Lamarche.
RADAS (s. m. pl.) : chiffons, guenilles. O.
RADOUBLER : redoubler ; revenir sur ses pas ; parcourir de nouveau le même chemin. O.
RADRECHER ; RADRESSER : redresser ; - recommencer.
RADRESSES : endroits qu'il faut connaître dans la distribution d'une maison ou d'une localité ; ses êtres. L.
RAFAITS : objets vieux, usés et gardés en tas. Voyez RAFUT.
RAFALER : ravaler ; ruiner.
RAFFILER : redonner le fil ; aiguiser de nouveau.
RAFISTOLER : raccommoder à la bâte. En Roman,
affistoler signifiait tromper ; plus tard, ce verbe a été employé pour se parer. L.
RAFOURÉE : portion de fourrage pour un repas.
RAFOURER : donner à manger aux vaches et aux moutons dans l'étable. M. Decorde.
RAFULER : coiffer ; donner un soufflet. H.-N.
RAFLIER : râfler.
RAGEUR, EUSE : qui fait
rage ; qui est d'un caractère difficile.
RAFECILLER : chercher parmi les
rafaits ; fureter.
RAFOI : Raphaël.
RAFOUER : chasser ; gronder. C.
RAFOUET : feu follet. Voyez FOURLORE.
RAFOUGUER : examiner minutieusement.
RAFREUX : objet de rebut. B.
RAFUT : vieux meuble. Presque toujours employé au pluriel pour des vieilleries de toute espèce, restes de linge, d'habits, etc.
RAFUTER : raccommoder.
RAGACHE : qui agace , menace, provoque.
RAGACHER : agacer. S.-I.
RAGOT : bavardage ; balivernes ; propos ; conte sans suite.
RAGOT; RAGOTE : cheval, jument, aux jambes courtes, à la taille moyenne, au cou fort, à la croupe large, très-capable d'un bon service.
RAGOTTER : rabâcher ; dire des sornettes.
RAGOUASSE (s. f.) : mauvais ragont. A.
RAGRIBONNER (SE) : se rassembler ; se raccourcir en boule.
RAGUCER ; RAGUCHER : ragoûter ; exciter l'appétit, l'aiguiser. En langue romane,
agucher, aigucher : aiguiser.
RAGUÊNER. Voyez RAGUÊNUCHER.
RAGUÊNU (s. m.) : fruits restés aux arbres après la récolte. Du substantif
regain. A.
RAGUÊNUCHER : recueillir les fruits restés aux arbres après la cueillette.
RAGUIN : insolent ; emporté ; vif, fort, portant au cerveau. Cidre
raguin : qui enivre promptement.
RAGUISER : aiguiser.
RAHOUER (SE) : se rendormir.
RAICHER. Voyez RÊQUER.
RAIDILLON (s. m.) : partie de terrain difficile à gravir, raide à monter. L.
RAILE : raie ; sillon de charrue. - RAILE DU DOS épine dorsale.
RAILER : faire des raies ; rayer.
RAILES (s. f. pl.) : branches disposées pour former une clôture sèche. De l'anglais
rail : barrière. B.
RAILETTE : raie des cheveux séparés sur la tête.
RAIMBINIER : fainéant ; mauvais ouvrier ; littéralement qui s'amuse avec des bâtons ;
rains, en vieux français. MM. Duméril.
RAINCÉE ; RAINCHÉE : rossée. - RAINCER ; RAINCHER : rosser. .
RAINCIE : collation , goûter.
RAINE ; RENNE (s. f.) : grenouille. Une commune de l'arrondissement de Domfront s'appelle Raines-en-Grenouilles. Du latin
rana.
RAISONNER : gronder ; mettre à la raison.
RAISONNERIE : mauvais raisonnement. S.-I.
RAISONS : propos déplacés ; altercations. Patois Lorrrain. L.
RAITON (s. m.) : petite raie ; - poisson de rebut. L.
RALE : rare. L.
R'ALLER : aller de nouveau. H.-N. Je
r'vais ; je r'allais ; j'ai r'été ; je r'irai, etc. M. Decorde.
RALLIAS: réunion de plaisir entre gens qui se conviennent.
RALLONGE (s. f.) : allonge.
RAMACHARD (s. m.) : sorte de chasse aux oiseaux, qui se fait la nuit, à deux personnes ordinairement, avec une couline ou brandon de glui enflammé. Celle qui porte la couline va le long de la haie où sont juchés les oiseaux, et les effraie par du bruit et par la flamme de la couline. Les oiseaux s'enfuient du côté opposé ; mais ils y trouvent l'autre chasseur, armé d'une rame ou ramée, qui les
machacre, c'est-.à-dire les assomme et les tue. Ramachard vient de l'acte et de l'instrument. M. Lepingard.
RAMARRER : rejoindre par un noeud les deux bouts d'une corde ; - réconcilier ; rapatrier.
RAMASSE (s. f.) : volée de coups. Du verbe
ramasser.
RAMBU : Rambures, sorte de grosse pomme acide qu'à Paris on appelle
Rambour, mal à propos, puisque ce fruit tire son nom de la commune de Rambures (Somme.)
RAMENDER (v. n.) : amender ; s'améliorer ; se mieux porter ; diminuer de prix.
RAMENDEVER : rappeler. Même sens que
ramentevoir.
RAMENER : mettre à sa place un arrogant. V. REMENER. L.
RAMENTIR : remémorer.
RAMERRA : ramènera. H.-N.
RAMIAULER : amadouer.
Se ramiauler : se refaire ; réparer ses pertes ; se raccommoder avec quelqu'un. Du verbe rendre et du substantif ami. L.
RAMICHER : regagner au jeu ce qu'on y avait perdu.
RAMIR : brandir.
Ramir son bâton sur : lever son bâton sur ; menacer de son bâton.
RAMON : grondeur ; rabâcheur ; - RAMON : fracas ; tapage. C.
RAMONER (v. a.) : traiter quelqu'un rudement, comme la cheminée qu'on
ramone ; gronder. L.
RAMOUCHELER : mettre de nouveau en
mouchet.
RAMOUDRE : ramoner ; - aiguiser.
RAMOULEUX : émouleur ; - ramoneur.
RAMPONER (SE) : se vêtir sans grâce,
à la Ramponeau.
RAMPOS : rameaux.
RAMPRONER. Voyez RAPRONER.
RAMUCRIR : rendre mucre.    .
RAN : bélier. Du Celtique-Basque
arra : mâle, ou mieux du grec άρρην , qui a la même signification.
RANCANGNÉ : qui regarde en dessous.
RANCE. Voyez RAUDE.
RANCER ; RANSER : avoir la respiration gênée; - fléchir sous un fardeau.
RANCLE (s. m) : fièvre occasionnée par un rhume, accompagnée de mal de gorge.
RANCOEURIR : être presque pourri par la salissure, en parlant du linge à blanchir. De rancoeur. C'est ce qu'on appelle, en Lorraine, du linge
encueugné.
RANDIR : rôder; tourner autour.
RANDOIN ; RANDOUIN : randon.
RANDON : babil qui a toujours le même objet ; - graillon brûlé, gratiné par l'excès de la cuisson.
RANDONNAGE : action de randonner.
RANDONNÉE (s. f.) : abondance. L'auteur du
Vocabalaire, à la fin de la Danse aux aveugles, dérive avec raison ce substantif du mot randon. A grand randon : avec violence, avec impétuosité. « Se plaindre à fière randonnée, c'est-à-dire hautement et avec aigreur ». Randonnée signifie aussi tournée, petit voyage.
RANDONNER : aller et venir dans le même lieu ; -bouillir jusqu'à l'épuisement ; - prendre goût de
randon.
RANDOUILLER ; RANDOUINER ; RANTOUINER. V. RANDONNER.
RANGAIS (s, m.) : terre, champ, sillon, où les lignes des charrues sont mal rangées, mal rabattues.
RANGER ; RANGEAIS : labour préparatoire.
RANGUIE : rangée.
RANIÈRE : masure ; vieille maison habitée par les
rats.
RANQUEUX : animal de rebut.
RAPAPILLOTER : rajuster des papillottes ; raccommoder ses affaires.
RAPAPIOLE (s. f) : passage rapide de la main sur un visage, en montant et en descendant. C'est une sorte de pénitence que l'on inflige, dans les petits jeux innocents. V. RABABOUINER.
RAPARAT : fantôme qui
apparaît. B.
RAPAREILLER; RAPARILLER : trouver un objet
pareil à un autre ; assortir.
RAPARPOINTER : réparer ; remettre bien en point. B.
RAPASSER A (SE) : se borner à. L.
RAPENSER (SE) : se rappeler ; se souvenir.
RAPIAMUS (FAIRE) : emporter tout ce qu'on veut enlever. De
rapere, ravir.
RAPIN : homme qui vit de
rapine, Du latin rapere.
RAPINEUX. Voyez RAPIN.
RAPOILER : s'occuper de choses de la valeur d'un poil ; de riens, de bagatelles.
RAPOUSSER : rendre ce qu'on avait reçu. M. Decorde.
RAPPORT A : par rapport à ; à cause de.
RAPRONAGE : rabâchage.
RAPRONER : blâmer ; gronder ; rabâcher. De l'ancien verbe
ramposner, ou remprosner : injurier ; blâmer ; quereller.
RAPSAUDER : rapsoder.
RAPTI : tiges de colza dont on a enlevé la graine. M. l'abbé Decorde.
RAQUILLON : reste d'herbe, rebut des bestiaux ; trognon de poire ou de pomme.
RASE : rez. A rase de terre. L.
RASEU X : rasoir.
RASI (qual.) : curé ; nettoyé.
RASIÈRE : sorte de boisseau ; mesure d'un demi-hectolitre.
RASSEROTER : réconcilier ; rapatrier.
RASSIER ; RASSIR : rasseoir.
RASSOTER : raffoler.
RASSOAUTER : rapetasser. O.
RATABEU ; RATANBEU : arrËte- bœuf (
Ononis spinosa).
RAT-A-RAT : rez. Coupez cette branche
rat-à-rat du tronc : rez le tronc. L.
RATATIBOUÊNER : raccommoder grossièrement.
RATATOUILLE (s. f.) : viande de rebut, telle que la
rate, les poumons, etc. A.
RAT-BAILLOT : lérot.
RATELLE : rateau pour recueillir les épis perdus.
RATER : mesurer ras. C'est le contraire de COMBLER.
RATIER : ruisseau des rues. Corruption de
radier. B.
RATIER : qui fait métier de détruire les rats.
RATIER : radier, ligne du chemin que suivent les animaux et qui est la plus sûre.
RATILLON. Voyez RAQUILLON. B.
RATIMITI : ras ; rasé de très-près. (Valognes.)
RATIRE (s. f.) : lieu où l'on serre, où l'on cache ; - lieu où l'on se retire, où l'on est dans la retraite.
RATIRER : attirer chez soi. Presque toujours en mauvaise part.
RATOIRE (s. f.) : ratière. On ne trouve ce mot ni dans Nicot, ni dans Monet ; mais il a été admis dans le
Dictionnaire des rimes de La Noue, et dans le Dictionnaire espagnol d'Oudin. L.
RATOUR : détour, au propre et au figuré.
RATROTTER : revenir sans cesse sur ce qu'on a dit ou fait ; rabâcher. (Manche.)
RATROTTOUX : ratrotteur, celui qui
ratrotte. La vieillesse est ratrottouse.
RATRUCHE : ratissoire. - RATRUCHER : ratisser.
RATUANGE (s. f.) : rabâchage ; redites ennuyeuses. A.
RAT-VAIRET : sorte de mulot, de couleur brune et fauve.
RAUCHER : hausser; rehausser. S.-I.
RAUCOUER : rôder ; - observer avec une indifférence qui n'est qu'apparente.
RAUDE (s. f.) : amas de branches, rangées en attendant qu'on les emploie. L.
RAUT (s. m.) :
rut des chats. L.
RAVALER : ruiner. Voyez RAFALER.
RAVAT : gaule ou long bâton avec lequel on
ravage, on agite la vase, on trouble l'eau, etc.
RAVAUDER : fouiller ; remuer une chose sans utilité et désagréablement. L. - Travailler. H.-N.
RAVEIGNE (s. f.) : la tête. Ce mot se prend en mauvaise part. A.
RAVEINDRE : ratteindre ; retirer de.
RAVELUCHE : rave sauvage, qui croît surtout dans le sarrasin.
RAVENELLE (s. f.) : violier ou giroflée jaune. De
rave, parce que la feuille et les tiges de la ravenelle ont la saveur des raves. Dans le patois de Grenoble, ravenella signifie radis et petites raves.
RAVENET : filet pour prendre les oiseaux.
RAYER : sauver ; retirer. H.-N.
RAVEUGLER : confondre; bouleverser en cherchant.
RAVEUGUIER :
ravauder ; ennuyer par les mêmes propos ; revenir sur le passé, etc.
RAVIGOUREY : remise, consolidée. M. Chassant, dans son
Glossaire de la Muse Normande de Louis Petit.
RAVILER (v. n.) : baisser de prix. Voyez RAMENDER.
RAVILLER : brouiller ; mettre sens dessus dessous. De
ravager. ( Manche.)
RAVINÉ-COQUIN : coquin consommé. Corruption de
raffiné. A.
RAVIRÉES (PAR LES) : de temps en temps.
RAVIRER : se raviser; revenir sur son assertion. De
virer. O.
RAVISION : changement d'avis ; action de se raviser.
RAVOIR. Ce verbe n'a que l'infinitif. Le patois Normand le conjugue dans tous ses temps : je
rai, je ravais, j'ai reu ou ru, je rerai , je rerais , que je raie, etc.
RAVOUER : réparer la voie, le chemin ; remplir avec de la terre, des débris, etc.
RAYÉE (en parlant du soleil) : apparition momentanée de quelques rayons de cet astre.
RAYONNOIR ; RAYONNEUX ; RAYONNOUX : sorte de petite houe ou binette pour ouvrir les
rayons qui doivent, dans le jardin, recevoir certaines semences. L.
RÉ ; REY : roi.    RÉ : ruisseau.
RÉBARBARATIF : rébarbatif. Patois Lorrain.
REBARBER (v. réfl.) : se montrer
rébarbatif.
REBECCA (s. f.) : femme revêche. Ce mot vient de
bec, comme bécancière, et n'a nul rapport avec l'épouse d'Isaac.
REBETTE (s. f.) : roitelet ; troglodyte. L.
REBETTIN : petit roitelet. L.
REBIFFER (SE) : se défendre vivement ; regimber.
REBINDER ; REBLINDER (v. n.) : recommencer. L.
REBINGER (v. réfl.) : se venger.
REBLOT : roitelet.
REBOGNE (A) : à tâtons. Voyez BONE-BONE.
REBOISSER : contredire ; contrarier.
REBOUILLEUX : rejeton. C.
REBOULER : redonner, renvoyer une boule. Voyez ABOULER et RABOULER.
REBOUQUER : repousser ; rebrousser. Il se dit d'un outil dont le tranchant rebrousse ; puis de l'homme qui renonce à, qui cesse par satiété. On dit, en patois Troyen :
à rebouquenez : à satiété. Rebouquer signifie aussi céder ; fléchir, dans la Seine-Inférieure.
REBOURS (A LA) : à rebours.
REBOURS, E : revêche ; rétif. Cheval
rebours. Marot, dans ses Épigrammes :


Madame, je vous remercie
De m'avoir été si rebourse.

REBOUTER : réduire une fracture. L.
REBOUTEUR ; REBOUTEUX : empirique qui remet les membres disloqués. De
bouter : mettre. A.
REBRASSER : revêtir les bras.
REBROQUER : réparer un toit, un vêtement.
REBROUER : rabrouer ; rudoyer.
REBULET: recoupes de farine. L.
REBUS (CHEMINS) : raffermis après la pluie,
rebus par le sol.
RECACHER : chasser ; poursuivre. S. -I.
RECAT (s. f.) : assemblée qui se tient dans la huitaine d'une fête. C'est en quelque sorte le
réchauffé de cette fête.
RÉCART : écart, rebut. Mettre au
récart.
RÉCAUFFER : réchauffer.
RECAUSER : parler de nouveau.
RÉCENT : qui a son bon sens ; qui n'est point ivre. Reprendre son
récent : reprendre connaissance après une syncope.
RECÉPER (v. a.) (Orne) : scier un morceau de bois ; littéralement
recouper. On le dit ailleurs des arbres à moitié morts, qu'on est obligé de couper pour leur faire repousser des cépées. MM. Duméril.
RECHARGEAGE (s. m.) : action de recharger. Patois Lorrain.
RÊCHER ; RÊQUER : faire tomber les fruits à pressoir, à coups de gaule. Voy. RÊQUER ; RÊQUET.
RECHEU : reçu, participe passé de RECHEVER : recevoir.
RECHEVEUX : grand cuvier qu'on place sous le canal de la
faiselle,pour recevoir le cidre nouvellement brassé. M. Decorde.
RECHINCHER : revendeur.
RECHIPPER : pousser de nouveau en
cépées.
RÉCIPER : recevoir. C'est le verbe latin
recipere. O.
RÉCLER (v. n.) : recueillir les fruits oubliés dans ou sous les arbres.
RÉCOMPÉRER : ne pas conserver le respect dû aux supérieurs ; leur parler comme à un compère.
RÉCOPÉRER : récupérer.
RÉCOPILLÉ (TOUT) : tout
craché. Voyez RÉCOPI.
RÉCOPI ; RÉCOPIT : peint trait pour trait ; parfaitement ressemblant. Du verbe
copier. Voyez ÉCOPIR.
RECOQUET : oiseau de la seconde ponte.
RÉCOQUILLER : rendre la santé. H.-N.
RECOUER (v. a.) : sauver ; conserver. A.
RECOUPER : mélanger.
Recouper du cidre : y mettre moitié d'eau ; - du blé : le remuer à la pelle pour l'empêcher de se gâter ; - de la chaux : remuer, pelletée à pelletée, une masse de terre où l'on a mis de la chaux à s'éteindre pour former un bon engrais.
RECOUVRIR : recouvrer.
Recouvrir la santé.
RECROCHILLER : rendre croche ; courber ; tordre.
RECUIT (BLÉ AU) : blé qu'on n'a pu vendre et qu'on a mis dans un coin à l'écart.
RECULÉE (FEU DE) : grand feu qui force à se
reculer.
RÉCURER : curer ; écuyer ; fourbir.
RÈDE (adv.) : très ; tout-à-fait ; vite.
Rède bon : très-bon. Courir rède : courir vite.
RÉDILLON : sentier escarpé. H.-N.
REDINGUER : rebondir. (Valognes. )
REDOT : enfant né long-temps après celui qui l'a précédé, et quand on ne s'y attendait plus.
REFAIRE : tromper ; attraper.
REFAITS : récits sans importance. Voyez REFAITS.
REFALX ; REFAUX : regain, herbe de la première pousse après la fauchaison.
REFILER : refendre au moyen de la scie.
RÉFORCEMENT : renforcement. Cet homme est bête par réforcement, imbécile
renforcé, bête à l'excès. L.
RÉFORCER ; RÉFORCHER : engager à manger ; presser avec instances réitérées de manger, de boire.
Réforcez-vous : mangez donc ; excitez-vous à manger. L.
RÉFOUI : usufruit. O.
REFREINDRE (v. n.) : baisser de prix, en parlant des objets de commerce courant. Voyez RAMENDER. B.
REGADER : regarder. L.
RÉGALER : payer la goutte.
REGARDANT : intéressé, un peu avare. L.
REGAUDIR ; réjouir. De
gaudere. S.-I.
RÉGENCE : petit pain au levain de bière. H.-N.
REGENCER : rajuster. D'
agencer. Voyez GENCER. L.
REGINGUER : regimber.
RÊGLER : avoir la respiration gênée et faire du bruit en respirant. M. l'abbé Decorde.
RÉGNON : léger bruit du chat avant de s'endormir. H.-N.
RÉGOLICE , ou RÉGOLISSE. Voyez RIGOLICE.
REGRACIER : rendre grâces ; remercier. C'est l'ancien mot français.
REGUCER. Voyez RAGUCER.
RÉGUISER : aiguiser.
REHAUCHE (s. f.) : accroissement de qualités; avantage. S.-I.
REIDERIE : engouement pour certaines choses.
REIDEUX : qui a des
reideries.
REINE-BOITE (PORTER A LA) : porter quelqu'un à deux personnes, qui entrelacent leurs mains pour en faire un siége.
RELANNER : rosser. De
lanière.
RELANQUIR : renoncer à. De
relinquere. S.-I.
RÊLE (s. f.) : raie tracée sur le papier, le bois. On appelle parfois l'arc-en-ciel la
Rêle-St.-Martin.
RELICHÉE : rossée. - RELICHER : rosser.
RELICHER : lécher de nouveau ; savourer en mangeant ; chercher ce que les autres ont laissé ; courir après un objet que l'on convoite.
RELIÉE : rossée. - RELIER : rosser.
RELINGUER : redresser ; remettre quelqu'un à sa place, le rappeler à l'ordre.
RELIPPER : boire la part d'un autre.
RELIQUER ; RELUQUER. Voyez RELICHER.
RELIRE ; RELURE : reluire.
RELUQUER : regarder en clignant les yeux. Du latin
lux.
REMAIT (IL) : il reste ; il
demeure.
REMANCER ; REMANCHER ; REMANCHIER ; ROMANCHIER : gronder.
REMBRAILLER : donner suite à une fête le lendemain de cette fête ou le jour de l'octave ; peut-être remettre ses
braies de fête. M. l'abbé Decorde.
REMBRAILLER (SE).: remettre ses
braies.
REMEMBRAME (s. m.) : reste ; petit morceau. O.
REMEMBRANCE : souvenir.
REMEMBRER : se souvenir.
REMENER : rabrouer. On dit à quelqu'un dont on a sujet de se plaindre : « D'où viens-tu, que je te remène ? »
REMETTOUX :
rebouteur. Voir ce mot.
REMEUIL : commencement de dégel. L.
REMEUILLER (v. n.) : commencer à dégeler. L.
RÉMIAGE (s. m.) : action de
rémier, de pressurer un marc déjà travaillé et étreint. Le rémiage est aussi la liqueur qui provient de cette seconde pression. D'émier pour la deuxième fois. L.
RÉMIER (v. a.) : exécuter l'opération du
rémiage. L.
REMINER A : songer à. Du verbe
ruminer. L.
RÉMIOUX : ouvrier qui
rémie.
REMIRER : regarder avec attention. H.-N.
REMONTÉE : après-midi. H.-N.
REMONTER : reprendre son travail après midi.
REMOTTER : former une motte de terre au pied de certaines plantes, telles que la pomme de terre. H.-N.
REMOUDRE ; REMOULER : repasser sur la
meule.
REMOULETTE : petite meule pour émoudre. O.
REMOUTI (s. m.) : miroton. L.
REMPIÈCETER : rapiécer.
REMPIÉTER : refaire le pied d'un bas.
REMPLI : repli.
REMPLIER : replier.
REMUCRE ; REMUQUE :
mucre. Sentir le remucre. V. MUCRE.
REMUÉ DE GERMAIN : issu de germain. Cousin
remué de germain.
REMUER : replanter, en parlant de jeunes plantes.
RENAFLER : respirer bruyamment par le nez.
RENALLER (SE) : s'en aller de nouveau.
RENARD : nausée, vomissement. Dans le patois Walon, on dit
renardé pour vomir. De nasus. A.
RENARDER : vomir. Patois Berruyer.
RENARÉ : fin comme un
renard. (Vire.) Être renaré : trouver plus rusé que soi. H.-N.
RENASELLE : grenouille. De
rana, raine, dans l'ancien français. Patois Troyen. En patois Walon, rane, ranotte.
RENASQUER : renifler. En patois Walon,
naque signifie excrétion du nez. A.
RENCEINT ; RENCHEINT : ligne qu'on décrit en marchant, pour enceindre dans un espace de plus en plus resserré l'animal ou l'objet dont on veut se saisir.
RENCHAINT : surcroît. S.-I.
RENCHARGER : recommander.
RENCHIN : circuit de manière à revenir au point de départ. Faire un
renchin.
RENCOIGNER : pousser un animal dans un
coin, où il est plus facile de le saisir. L.
RENCONTRE : sorte de coiffe « dont les barbes, disent MM. Duméril, sont faites de dentelles, cousues par le pied, qui se rencontrent. »
RENCONTRÉ : pourvu. Cette fille, qui s'est mariée, est bien
rencontrée. BIEN RENCONTRER : faire un mariage sortable.
RENDOUBLE ; RENDOUBLÉ : double.
Rendoublecoquin : double coquin. Rendoublée-catin : coureuse consommée. L.
RENDOUBLER (v. a.) : redoubler; replier de manière à former un double. Ce linge, ce papier est
rendoublé. L.
RENDUIRE : enduire.
RENDUIT : enduit. Voyez POULFRI. L.
RENELLE : ruelle d'un lit. H.-N.
RENEUCHIER : renouveler un repas de noce.
RENEUCHON : renouvellement du repas et des fêtes d'une noce. L.
RENÉTIR : nettoyer.
RENFILER : redonner le
fil ; affiler.
RENFRAICHIR : rafraîchir. De l'italien
rinfrescare.
RENFRAICHISSEMENT : rafraîchissement.
RENGAGNE (s. m.) : esprit irritant. Voyez ENGAGNER.
RENHAITER : exciter; encourager. H.-N.
RENLARGIR : élargir de nouveau.
RENMESSER : faire dire une messe d'actions de grâces, le lendemain de son mariage. M. l'abbé Decorde.
RENONCHER ; RENONCHIER : renoncer.
RENOUVIAU : renouveau, printemps.
RENOUVELÉE (VACHE) : vache qui vient de vêler.
RENTIQUÉES : reparties ; répliques.
RENTRAITE : reprise des mailles d'un tissu percé.
RENTRAITÉ : effrayé. S.-I. - Vêtement
rentraité : auquel on a fait des rentraites.
RENVERSER : vomir. ( Mortain.)
REPAIRER (v. n.) : habiter un lieu, s'y retirer habituellement. Le roi de Navarre fait usage de ce verbe, dans ses
Chansons, et La Ravallière, dans le Glossaire qui les accompagne, cite ces vers d'un vieux poète anonyme :


J'ai un joli sovenir
Qui en mon coeur maint et
repaire.

Wace avait donné à ce verbe le sens de revenir ; retourner :


Quant j'eu de France
repairai.

Dans le patois de Grenoble, se repairé signifie se retirer ; rentrer chez soi. De repaire. L.
REPAISSANT : dont on se dégoûte promptement; dont on est promptement
repu.
RÉPANDOUX, SE. Voyez NOUVELLIÈRE, qui a probablement le masculin
nouvellier.
REPARAPOINTER ; REPARPOINTER :
pointer du glui dans une couverture pour la réparer.
REPASSÉE D'AOUT : repas que le maître donne aux ouvriers qui ont concouru à faire sa moisson.
REPASSEUX ; REPASSOUX : émouleur.
RÉPER : avoir des répets. - RÉPET : rot. H.-N.
REPILE (s. f.) : pied d'arbre arraché, séparé du tronc. L.
REPIMPER (SE) : faire toilette.
REPLUMETTE (s. f.). Voyez REPASSÉE D'AOUT. L.
REPOISSU : repu. A.
REPONNEZ ; REPONNU ; REPONNANT ; REPONNONS  : répondez ; répondu ; répondant ; répondons. Dans les
Chansons du roi de Navarre, on lit reponnez pour répondez. L.
REPOSETTES (s. f. pl.) : loisir,
repos. Vous m'écrirez à vos reposettes : dans vos moments de loisir. L.
REPOUILLER (v. a.) : rhabiller ;
pouiller de nouveau. A.
RÉPREUME (s. m.) : réflexion ; retour au principe, au premier point de la question. Au
répreume, je suis d'avis de. M. Lepingard.
RÊQUE : d'un goût âpre. Air
rêque : air revêche.
RÊQUELER : recueillir les fruits oubliés aux arbres. Du verbe
rêquer. B.
RÊQUER ; RÊQUIR : gauler des fruits à pressoir ; - frapper.
RÊQUET (s, m.) : petite gaule à rêquer.
REQUILLER : renvoyer la boule vers les joueurs de quilles. Au figuré,
requiller quelqu'un, c'est le tancer, le rabrouer. L.
RÉQUILLONS ; RÊQUILLONS : restes.
REQUIR :
requérir. H.-N.
RESAN : serein, air du soir.
RESAQUER : retirer. B.-N. RÉSIPÈLE : érysipèle. H.-N.
RÉSOLU; RÉSOU : dispos. L.
RESSASSIER. Voyez SASSAIRE.
RESSE (s. f.) : sorte de panier long et peu profond, sans anse. C'est ce que, dans l'Ille-et-Vilaine, on appelle
grelle. O.
RESSERRE : serre ; lieu où l'on
serre des objets. L.
RESSOURCE : source. L.
RESSOURDRE (v. a.) : relever ; activer ; réveiller ; - se gonfler ; se développer. Ces pois, ce vin, ce pain ont beaucoup
ressourd en cuisant : ont beaucoup augmenté de volume. De surgere.
RESSUER ; RESSUYER : cesser d'etre humide. Il se dit aussi des murs qui se couvrent d'eau ; par suite de l'humidité de l'atmosphère.
REST-CHE : est-ce de nouveau ?
RESTILLON (s. m.) : petit
reste de peu de valeur. A.
RÉSURRECTIONNIER : celui qui, la veille de Pâques, va de porte en porte chanter la Résurrection.
RESSUSER : aller à reculons.
RÉTAMER : étamer de nouveau.
RETAPER (SE) : s'habiller mieux qu'auparavant.
RÊTILLER : agiter les membres convulsivement. L.
RETINTON : petit reste. De
retentum.
RETIRE (s. f.) : lieu où l'on place les objets dont on n'a plus ou dont on a rarement besoin. De
retirer, ou plutôt de l'adverbe latin retro. Ce substantif est masculin dans le patois des Vosges. L.
RETOQUER : faire de nouveaux efforts pour soulever un poids. M. l'abbé Decorde.
RETOQUET : bavard et entreprenant.
RÉTOUPER : boucher ; réparer.
RÊTRE : être de nouveau. Il
rest parti.
RETRUC : expédient. Voyez TRUC.
RÊTU , E : en bonne santé ; bien conservé ; actif, en parlant d'un vieillard.
RETUIT : lieu où l'on dépose le grain non vendu, pour l'exposer au marché suivant. On dit, en patois Troyen,
rétuyer : serrer pour le marché prochain. De réduit.
RELIE : roue. - REULIÈRE : ornière.
REUNGE (s. m.) : action de ruminer; réflexion. Revenir au
reunge : revenir à la pensée par rancune.
REUNGER : ronger ; -ruminer, en parlant des animaux. En patois Walon,
rouingi. A.
REUNGIS. Voyez REUNGE.
REUX : confondu; étonné. B.
REVALIN : reste. B.
REVANGE : revanche. Patois Lorrain. S.-I.
REVANGER : remuer ; brouiller. A.
REVANGER (SE) : prendre sa revanche.
RÊVE (s. m.) (en parlant du miel). Un
rêve de miel : un rayon de miel.
REVÊCU : ressuscité. A.
RÉVEILLE-MATIN : tithymale (
Euphorbia). B.
RÉVEILLONNER (v. n.) : faire
réveillon ; et, par extension, faire après minuit un repas extraordinaire.
RÊVÉRENT, TE : respectueux, se. L.
REVERTERIS (AVOIR UN) : changer de résolution. B.-N.
REVEUGER. Voyez REVANGER. A.
REVÊVRE : ressusciter ;
revivre. A.
RÉVOIL ; REVOUIN : regain. Voy. VOUIN.
REVOLIN : reste. B.
REVOUINER : repousser comme le
vouin (regain) ; - pulluler. Voyez VOUIN. L.
RHABILLER : rétablir ; remettre en bon état.
Rhabiller un chemin : le réparer.
RHEUME; RHIÈME : rhume.
RHINOCÉROS (
Oryctère nasicornis) insecte. Voyez CAPUCIN. B.
RIAL; RYAL : royal. S.-I.
RIBALET : bord d'un ruisseau ; petit sentier qui s'y trouve. De
ripa : rive, bord. B.
RIBAN : ruban.
RIBLE (s. m.) : vent froid et pénétrant. B.
RIC (TOUT) : tout près. (Mortagne.)
RICHOINE : homme joyeux, comme un
riche à qui rien ne manque. (Avranches. )
RICHOLER :
ricaner ; rire en secret.
RIDELER : produire de petites rides ; flétrir.
RIDIAUX : rideaux.
RIÉE : rayon du soleil qui semble, en. paraissant, rire ou sourire à la terre.
RIEN-QUI-VAILLE : vaurien.
RIEU : ruisseau. De
.
RIFAU : canal. Du latin
rivus, ruisseau.
RIFLE : morceau de bois qui se place au bout du
hanse, et dont les faucheurs se servent pour aiguiser leur faux. M. Decorde.
RIFLE (s. f.) : gourme des enfants.
RIFLER : rager ; voler ; enlever ; - se servir du
rifle ; effleurer.
RIFOUR. Voyez RIFAU.
RIGNALER :
rognoner ; murmurer.
RIGNON : rognon.
RIGOLET : grand gobelet. Du vieux français
se rigoler ; se régaler. Vire.
RIGOLET : rigole ; - harin, mauvais cheval.
RIGOLICE ; RINGOLISSE (s. m.) : réglisse. Patois Walon,
régolice.
RIGOLLER : railler. Ce verbe a été employé en ce sens par l'auteur d'une ancienne chanson normande, que nous avons publiée à la suite de notre édition de Basselin, p. 182 :


Ne venez plus ainsy m'y
rigoller.

J., B. Rousseau donne un autre sens au verbe rigoler. il dit :


Se
rigollant, menant joyeux déduit,
Et jusqu'au soir faisant le diable à quatre.

RILE ; RILETTE : restes rissolés de lard, que l'on découpe et frit pour en tirer le sain-doux, et que l'un conserve salés et poivrés en pot pour l'hiver. A.
RILE (s. m. ) : hâle.
RIMOUSQUETTE (s. f.) : fille dégourdie, qui agace les garçons. A.
RIMÉE : gelée blanche. - RIMER : geler blanc.
RIN : rien.
RINBIN : objet de peu de valeur (
rien de bien). A.
RINBINER : revendre des objets de peu de valeur. L.
RINBINIER : celui qui.rinbine. L.
RINCÉE ; RINCHÉE ; RI NCHIE : volée de coups. L.
RINCER ; RINCHIER ; battre quelqu'un ; le rosser. L.
RINCER ; RINCHIER : aiguayer ; rincer du linge.
RINCETTE ; RINCHETTE : verre d'eau-de-vie ou de liqueur qu'on prend après le café.
RINCHI : rincé, nettoyé. Des bouteilles bien
rinchies.
RINCHURETTE : verre qu'on prend après la
rinchette.
RINGARD : fourgon du four. Voyez NAS.
RINGLER : glisser sur la glace. A.
RIN G LO IR : eau gelée propre à
ringler. A.
RIO : petite raie, poisson ; - petite rigole. H.-N.
RIOCHER ; RIOCHINER : rire à petit bruit, en se moquant.
RIOCHEUX : qui
rioche.
RIOLET : bord ou trottoir. De
rivus ou de ripa. Voyez RIBALET.
RIOLET : petit ruisseau. De
rivulus. B.
RION :
rayon ; petit sillon. L. Un rion : un brin. H.-N.
RIOTER.
Voyez RIOCHER.
RIOTEUX : instrument qui sert à faire des
rios pour planter des pois, des fèves, etc.
RIPER : tourner un objet bout pour bout.
Riper un tonneau : le placer en 'équilibre sur un chantier et lui faire faire volte-face. M.. Lepingard .
RI-PIERRE ; RI-TERRE : rez-pierre ; rez-terre.
RIQUET : mesquin,
étriqué.
RIQUIEU : troglodyte de l'ordre des Sylvains, roitelet.
RIQUIQUI (Famille de) : composée d'un grand nombre de membres.
RIQUIQUI (s. m.) : eau-de-vie. De
rikiki : toute liqueur spiritueuse chez les Arabes, qui appellent kiki le ricin, que M. Pierquin de Gembloux croit être le kikajou de Jonas.
RIRIE (s. f. ) : ris continués, aux éclats; partie de rire.
RISQUATOUT : animal qu'on
risque à tout, qu'on épuise, sans craindre que mort s'ensuive.
RISQUIPÈTE (A LA) : à la coque ; oeufs cuits dans les cendres,
à la risque qu'ils pettent. M. Decorde.
RISTOURAS : mauvais
restes d'étoffes, de linge. A.
RITELET : roitelet.
RIVE : côté extérieur d'un lit.
RIVER : parer la rive (d'un lit) ; arranger le bord de la couverture, la replier sous le matelas de manière que ce bord ne soit point aperçu. M. Lepingard.
RO ! RO ! haro. De Hrolf ( Rollon) , premier duc de Normandie. S. -I.
ROBER DE (s. f.) : herbe-à-Robert (
Geranium Robertianum). B.
ROBIN: taureau. H.-N.
ROBINIÈRE (VACHE) : qui tourmente les autres et est impropre à la reproduction.
ROC: réprimande, semonce. Donner un
roc à quelqu'un. B.
ROCHIER : rocher.
ROCHER. Voyez BUCHER.
RODEUR : celui qui rôde pour voler ; et, par extension, voleur.
ROE (s. f. ) : roue.
ROGATONNER : parler entre ses dents, en revenant sur des faits accomplis, en grommelant.
ROIGNER : rogner.
ROGNONEMENT : action de rognoner.
ROINCER : grogner. Dans l'arr. de Mortagne, il exprime le cri des chevaux qui veulent se battre. MM. Duméril.
ROISNER ; ROUESNER ; ROINASSER : murmurer entre ses dents, de manière à rappeler un peu le bruit d'une roue mal graissée.
ROITER : tourner ; décrire en courant des traces circulaires. Terme de chasse.
ROMACHER ; ROMANCHIER : murmurer ; grommeler.
ROMANCER : raconter.
ROMATIQUE : rhumatisme.
ROMPUMENT : rondement. Travailler
rompûment : sans s'interrompre.
RONCE COCHONNIÉRE : églantier (
Rosa canina).
RONCEUX : noueux.
RONCHAILLES : lieu où il y a beaucoup de ronches, ou ronces.
RONDEAU : rondin.
RONDIR L'OEIL : ouvrir les yeux d'une manière remarquable, en témoignant de la surprise et du mécontentement. A.
RONÉ, E : enluminé ; rouge, en parlant de la figure. A.
RONSSE (s. f. ) (Orne) : chêne dont on coupe la tête tous les ans pour l'empêcher de donner de l'ombre. On dit aussi
rosse et rousse. MM. Duméril.
ROPIDOLLER :
roupiller ; sommeiller. A.
ROQUELAURE ; ROQUELAUSE (s. f.) : houppelande. L.
ROQUES : mottes de terre.
ROQUET : jupon court. De l'allemand
roke : robe en général ; - pomme à cidre tardive.
ROS : roseau commun ; -lame du métier de tisserand, dont les dents sont en roseau.
ROSEAU : glui. De la ressemblance des tiges ou chalumeaux du blé avec les tiges des roseaux.
I,.
ROSELET ; ROSELEU : belette.
ROSIÈRE (s. f.) : terrain planté de roseaux ; où ne poussent guère que des roseaux. Titres de 1361.
ROSSÉE : volée de coups. Du verbe rosser.
ROSSOLI , E : rissolé, e. - ROSSOLIR (v. n.) : rissoler.
ROTE : corde qui retient la charge d'une voiture.
ROTE (s. f.) : sentier. De
route, mot qui vient du verbe latin rumpere, au participe passé ruptus, parce que les routes ne sont que des terrains rompus. Patois Rouchi. A.
ROTER :
ôter ; reprendre ce qu'on a donné. On dit proverbialement :


Donner et roter,
C'est pis que voler.    L.

ROTEUX : lieu qui reçoit l'égout du fumier. H.-N.
ROTILLON (s. m.) : pépinière de jeunes arbres à cidre, poiriers ou pommiers ; - petit
rôton.
ROTON (s. m.) : trognon de choux, de pomme, etc.
ROTTE : cordeau. - ROTTER ; lier avec une
rotte.
ROUAGE : rouge.
ROUAGÉ : défoncé par les roues des voitures.
ROUANER : manger désagréablement, malproprement. Du verbe
ronger. A.
ROUAUDER (v. n.) : crier, en parlant des chats en
rut. Voyez RAUT. O.
ROUCE (s. f.) : buisson, hallier. De
ronce, parce que les buissons se composent principalement de cette plante. C'est l'u substitué à l'n, comme dans mouceau pour monceau., couvent pour convent.
BOUCHAS. Vovez BOUCHON. A.
ROUCHE : glaieul, dont on fait de petits liens.
ROUCHE-CROUTE. Voyez BADOCHET. A.
ROUCHER: ronger. Patois Rouchi.
ROUCHON : reste d'un morceau rongé. A.
ROUELLE (s. f.) : petite
roue. Civière à rouelle : civière montée sur une roue. Se coucher en rouelle : en rond, comme le chien. Du latin rota. Feu Lamarche.
ROUET (s. m.) : solive. A.
ROUFLE. Faire la
roufle ou roue, comme le dindon : se pavaner.
ROUGE-BIÈRE : pomme à cidre tardive.
ROUGE-POUQUE (s. f.) : rouge-gorge. L.
ROUGET : grondin, poisson.
ROUGET (a. m. ) : dartre des chiens. B.
ROUGEULE : rougeole. L.
ROUGNE : teigne. Glossaire de M. Chassant.
ROUIL (s. m.) : rouille. On trouve
rouil pour rouille, dans Lucrèce, tragédie de Filleul, au milieu du XVIe siècle.
ROUINASSER : grommeler; grogner. Voyez ROISNER
ROUINCER (v. n.) : crier d'une manière importune et vibrante, en parlant du cheval (
ross, en allemand) ; et, par extension, des autres animaux, même des hommes A.
ROUINE ( s. f. ) : soliveau.
ROULÉE : volée de coups de bâton ; -ce que l'on peut rouler de fil sur un fuseau.
ROULER: donner une
roulée ; - Se moquer de quelqu'un en le roulant entre les extrêmes ; abuser de sa folle confiance ou de sa sotte crédulité.
ROULET : rouleau pour écraser les mottes de terre appelés
roques ; - râle des agonisants.
ROULIÈRE : blouse de roulier.
ROUIPIAUX. Voyez ORIPEAUX.
ROUOLOUX : rouleau.
ROUPIEUX : qui baisse le nez, comme s'il avait la
roupie ; décontenancé ; honteux. S.-I.
ROUPILLER : pleurnicher ; - rabâcher ; - faire le moins de bruit possible ; - avoir la roupie.
ROUQUELOUSE : espèce de houppelande.
ROUSÉE : rosée.
ROUSINE :
résine de mélèze, dont on fait des chandelles. Voyez PETOCHE. A.
ROUSSE (s. f.) : tête d'arbre soumise à un émondage périodique, ordinairement tous les six ans:
ROUSSI (s. m) :
Roussin, par apocope. Péter comme un roussi. De l'espagnol roncino.
ROUSSOLÉ : rissolé.
ROUTER : vomir.
ROUTOUX :
routoir.
ROUVIEU : maladie de peau qu'ont les chiens.
ROUVROUX (s. m.) : dartre des chiens. Voyez ROUGET.
ROUX : glui. Voyez ROSEAU. (Vimoutiers. )
ROUX-VENTS : vents qui, à l'époque de la
lune rousse, brûlent les jeunes pousses des plantes.
ROYALE ; HERBE ROYALE: mâche(
Valeriana locusta). Voyez BOURSETTE. L.
ROYAU : fuseau sur lequel le fil s'enroule. O.
RU ; RUÉ : ruisseau. Du grec ρύσις ; de ρέω, couler.
RUCHE : panier ; - plante. Voyez RAVELUCHE.
RUCHEAU ou RUCHOT ; RUCHETTE : petit panier. L.
RUCHER : ruer ; lancer, en parlant des pierres et autres projectiles. Marot s'exprime ainsi, dans une épître au roi sur la mort de son père (Jean Marot) :


Par plaiderie on peut manger son bien,
Par médecine on se peut bien tuer :
Mais ton bel art ne peut tels coups
ruer.   L.

RUCHI : cheval qui rue. MM. Duméril.
RUDE : entravé dans ses mouvements par l'âge, ou par la fatigue.
RUETTE : petite rue.
RUFLE : fort, vigoureux.
RUISSÉ ; RUSSSÉ : ruisseau. Voyez RU.
RUN : surpris, étonné, abasourdi.
RUNGE ; RUNGER. Voyez REUNGE ; REUNGER.
RUPIN : rusé ; fécond en joyeux tours. Être en rupin : être en gaité ; faire le goguenard.
RUQUE : ruche. - RUQUER : rucher.
RUQUER : sommeiller ; dormir à demi.
RUSE-CROCHE (s. f.) : croc-en-jambe.
RUSSE (s. m.) : navet sauvage.
RUSTIQUE : grossier ; solide.
RUTAFIAN : paysan débanché.

S


SABIET : pou.
SABOT : chaussure fragile. Se prend métaphoriquement pour l'honneur d'une fille.
Celle qui casse son sabot, faillit , perd son honneur.
SACCAGE (s. m.) : grande quantité. De
sac. L.
SACCOUTER : chuchoter ; parler bas à quelqu'un. Vauquelin de La Fresnaye emploie ainsi ce verbe : « Luy saccouter souuentefois en l'oreille. » (
Oraison de ne croire legerement à la calomnie, page 13 ) Caen , Jr. Le Bas, 1587, in-4°.
SACLER : sarcler. H.-N.
SACQUE-SA-VIE : mendiant ; parasite obstiné.
SALQUESONNER : tirer ; agiter par saccades continuelles.
SACQUIER : tirer brusquement, avec secousse violente.
SACRELOTTE ! juron. L.
SACREMENT DE LA MESSE : l'élévation de l'hostie. L.
SACRESTI ! SACRISTI ! jurons.
SADE : savoureux. A.
Sado, dans l'Isère.
SADOT (s. f.) : femme sale et de mauvaises moeurs. En patois des Vosges,
sadrouille signifie une fille ou une femme malpropre. A.
SAFREMENT : goulument. De l'adj.
safre, vorace.
SAFRETÉ (s. f.) : gourmandise ; voracité. L.
SAGOUIN : malpropre. L.
SAI (s. m.) : soir ; - (s. f.) : soif ; - pron. :
soi.
SAIE : soie, poil ;
saie de cochon. Du latin seta. Se coucher sur la saie du dos : s'aliter par maladie.
SAINE : filet de pêcheur.
SAINT-CRÊPIN : argent en réserve.
Prison de Saint-Crêpin : souliers trop petits. L.
SAINT-FRUSQUIN : argent réservé. En patois Lorrain,
Saint-Frisquin. En Argot, frusquin signifie habit. L.
SAINTIR :
suinter. Les mains saintissent par l'effet des gerçures produites par les engelures. De là le sens de défaillir. Ses mains saintissent : faiblissent et ne peuvent plus garder ce qu'elles tenaient.    .
SAIR ou SER (s. m.) : soir.
SAIRANGE (s. f.) : chute du jour, soirée.
SAIS ; SINS : chez. Mortagne.
SAIT : soit.
SALARIÉ ! juron.
SALAINE : saline ; salaison.
SALEBUTE. Voyez CANNE-PÉTOIRE.
SALEUX ; SALOUX : saloir ;
saleu, en patois Walon.
SALOPIN : enfant malpropre.
Salop : sale, en Walon.
SALS ; SAS : saule.
SAMSONNET : maquereau, poisson ; - étourneau. L.
SAN : son.
Pronom possessif. L.
SANG-DE-DRAGON (
Rumex sanguineus).
SANGLEAU (s. m.) : petite sangle. De l'ancien français
cengliau, venant du latin cingulum.
SANG-MÊLER : troubler fortement.
Sang-mêler de peur. Peur sang-mêlée : peur à bouleverser le sang. L.
SANGLE ; SANGLIE (GLI se mouille) : pur, seul.
De l'iau sanglie : de l'eau pure ; de l'eau seule. De singulus.
SANGUINÉE (s. f.) : pus mêlé de
sang corrompu.
SANGSURE ; SANSURE : sangsue.
SANGSURER (quelqu'un) : l'épuiser, comme ferait une
sangsue.
SANS (DE) : privé de. As-tu de l'argent ? - Je suis
de sans. - Moi je ne suis pas de sans. L.
SANVRE ; SANRIETTE : sarriette.
SANVRIN ou SENVRIN : sénevé, graine de moutarde. Voyez QUAILOQUE.
SAONNER : reculer ; reprocher.
SAP :
sapin. Ce mot était encore d'usage dans le XVe. siècle. Le bourg du Sap tire, suivant Orderic Vital, son nom d'un antique sapin. Patois Walon.
SAPAIE ; SAPÉE : sapinière, lieu planté de
sapins.
SAPAS : sale, malpropre.
SAPAUDER : se salir.
SAPÉE (s. f.) : régal à profusion.
SAPER (la parole) : couper la parole ; interrompre. On dit aussi :
saper dur pour boire beaucoup. C'est saper pour super. Voyez SUPER.
SAPERLOTTE ! juron. Voyez SACRELOTTE.
SAPRE : safre, glouton, gourmand, vorace.
SAPREMENT : avec ardeur et voracité.
SAQUE-FEU : briquet. De
saquet et de feu. Voyez FOISIL.
SAQUER : tirer brusquement. De
saccade.
SAQUET (DE) ou DE SAQUÉE : tout à coup ; par un effort brusque. De saccade. Du Roman
assacquier : tirer dehors. En patois Rennais, sacquer signifie arracher. L.
SARCET (s. m.) : gaule. Voyez RÊQUET.
SARCHE (s. f.) : trépied en bois pour placer le cuvier à lessive.
SARCIR : dessécher, en parlant de la viande que l'on fait cuire, soit à la broche, soit au four. Ce morceau est
sarci. Du Roman, charci : décharné.
SARCLES (s. m. pl.) : plantes parasites dans les cultures, et qu'il faut sarcler. B.
SARRER (v. a.) : meurtrir. ( Vire.)
SAS ; SAT : saut. De
saltus.
SAS : saule.
Sa, en patois Walon. L.
SAS : ivre,
saoul.
SASSAIRE ; SASSIER ; SASSIÈRE : fabricant ou marchand de
sas, de tamis.
SASSONNER. Voyez SACQUESONNER.
SATANÉ : diabolique, endiablé.
SATANN-QUIEN ! juron. De Satan et de chien. S -I.
SATIDIÉ ! juron.
Sacredié ! S.-I.
SATIDIENNE ! juron.
Sacredienne ! S -I.
SATROUILLE : poulpe de mer. Au figuré, femme sale et dégoûtante.
SATYRE-CHIEN ! juron.
SATYRE-MATIN ! juron.
SAUCÉ : bien mouillé par une grande pluie.
SAUCUBLETTE ; SAUSSUBLETTE ; SAUTUBLETTE : cabriole que font les enfants. De
saut du cu sur la blête.
SAUFFETIER : psautier.
SAUGE (MENUE-) : sauge (
Salvia officinalis). L.
SAUGRENÉE : mélange sans apprêt.
SAUlER :
saouler, enivrer. S.-I.
SAULX ; SAUX : saule.
SAUNIER : saunière, boîte où l'on met le sel.
SAUTÉE (s. f.) :
saillie d'une femelle. L.
SAUTELICOT : sauterelle. (Coutances.)
SAUTER (v. a.) : saillir une femelle. L.
SAUTEROLLE : engin pour prendre les oiseaux. Voyez ARJETOURE.
SAUTICOT : petite sauterelle des champs ; - crevette grise. De
salicoque.
SAUTER : psautier. Roman.
SAUVADIN ; GOUT DE SAUVADIN : goût étrange ; saveur d'animal
sauvage. A.
SAUVAGINE : lieu où se retire le gibier sauvage.
SAVENIAU : verveux, espèce de filet qui sert à prendre le poisson. M. l'abbé Decorde.
SAVER : savoir.
SAVETER : user désagréablement, comme une vieille
savate. Cet habit est tout saveté.
SAVIGNI ; SAVIGNIER : sabine (
Juniperus Sabina). L.
SAVIN : bedeau. S.-I.
SAVOUS : savez-vous ? Cette contraction se trouve dans l'épitaphe de Guyon Précy par Étienne Forcadel :


Savous qui repose ceans ?
C'est Guyon mort assez vieux d'ans.

SCANDI : candi. Sucre scandi. Voyez ESCANDIE.
SCIAU : seau.
SCIENCE ; SCRIENCE : feinte, dissimulation, semblant. Faire des
sciences : dissimuler son désir ; affecter de refuser, en laissant entrevoir qu'on finira par accepter.
SCIONNÉE : coups de scion, de verges. L.
SCIONNER : frapper avec un scion ; - couper avec difficulté.
SCIO ; SCIOT (s. m.) : petite scie.
SCOLTE (s. f. ) : secours d'escorte. L.
SCOLTER : secourir.
L.
SCORNES : scories.
A.
SCORPION. Cet insecte, qui n'a pas de rapport avec le véritable scorpion qu'on ne rencontre que dans les pays 'chauds, est la taupe-grillon ou courtillière (
Grillo talpa). B.
SÉ : sel.
SÈCHE : sec. - SÈQUE : sec, sèche.
SÈCHE (s. f.) : sou-marqué, vieille pièce de monnaie.
SECOUÉE : quantité de fruits qu'une secousse a fait tomber d'un arbre ; - fustigation ; réprimande.
SÉCRAN : homme très-maigre, sec de corps, ou d'esprit , ou d'argent. On appelle aussi
sécran un veau qui a tété sa mère.
SEIGLERI : champ où l'on a récolté du seigle.
SEIGNEUR. Voyez DIABLE. B.
SEIGNEURERIE ou SEIGNEURIE : surnom, sobriquet ; parce que les
seigneurs avaient plusieurs noms et qualités.
SEILLE (s. f.) : seau. En Roman,
seigle. A.
SEILLÉE : plein une
seille. B.
SÉLIAIS : fléau pour battre le blé.
SÉLIEUSET : sifflet. (Manche.)
SÉLIOT : champ. (Manche.)
SÉLIOUSIR : souffler; siffler. (Manche.)
SEMEUX : homme qui sème ; - espèce de nappe qu'il passe en bandoulière pour porter la semence. M. Decorde.
SEMINÉ : sorte d'échaudé, fait de fine fleur de froment.
SEMON : invité. - SEMONER : inviter.
SEMOUILLE : semoule. L.
SENGLES (s. f. pl.) : ruelles qui entouraient la ville de Bayeux, comme une ceinture (
cingula).
SEN ; S'N : son.
Sen bâton : son bâton. S'n ami: son ami. S'n aller : s'en aller. Patois Walon.
SÉNILLE ; CÉNILLE : fruit de l'épine. Voyez HAGUE.
SENRIETTE : sarriette (
Satureia hortensis).
SENT-NAVET : parasite. L.
SENTE (s. f.) : sentier. Patois Walon.
SENTEUX de filles : libertin, qui court après les filles.
SENTINE (s. f.) : baie de l'airelle. Voyez MORET. A.
SENTU : senti. On trouve ce participe dans une chanson de Henri III , duc de Brabant, au XIIIe siècle :


J'ai sentu
De quel maniere ele fu.   L.

SENVRE (s. f.) : crucifère à fleurs jaunes, qui croît dans les blés. Voyez BOURBITON.
SÉPEAU (s. m.) : serrure de bois. A.
SEPTEMBRESSE : fête de Notre-Dame de septembre (la Nativité de la Vierge). Voyez MARCHESSE. L.
SÉQUERESSE : sécheresse.
Secchezza, en italien.
SÉQUER ; SÉQUIER : sécher.
SERAINE (s. f.) : vase de terre pour recevoir le lait dans la laiterie. De
serum. A.
SÉRANGE : chute du jour, soir, soirée.
SERCELLE : sarcelle. En Roman,
cercèle.
SERCHER ; CERCHER : chercher.
SERCI : gercé. - Lèvres
sercies : gercées.
SERCLER : sarcler. Patois Lorrain. L.
SERCLEUR, SE: sarcleur, se. Patois Lorrain. L.
SERCLOIR : sarcloir. Patois Lorrain. L.
SÉRÉE : soirée.
SERENCE : soirée. B. Du latin
serus.
SERGALE (s. f.) : fille qui court après les garçons.
SERGAUT (s. f.) : fille évaporée et inconséquente. A.
SERGE ; CHERGE : charge. S.-I.
SERGE (s. f. ) : couverture de lit. De la basse latinité
sargia. Dans le XIVe siècle, il s'en fabriquait beaucoup à Caen. Cette couverture, dit M. Lepingard, est maintenant en droguet (trame en fil remplie de laine) ; la doublure en toile, garnie de laine, de coton ou de filasse, est piquée de manière à ce que cette garniture ne puisse se déranger.
SERGENT: le carabe cuivré, insecte. B.
SERGOLE : mauvais couteau.
SÉRINGLE : seringue ; - SÉRINGLER : seringuer.
SERRER : interrompre brusquement ; couper le fil d'un discours. De
serpe, instrument tranchant. B.
SERRER : cueillir ; récolter.
SERT-FEMME (s. f.) : sage-femme, accoucheuse. L.
SERTE (s. f.) : époque des termes du service des domestiques ; leur durée. L.
SÉRUGIEN : chirurgien.
SERVANTE (s. f.) : sorte de grille en fer, attachée momentanément à la crémaillère et qui sert à supporter la poêle à frire. On l'appelle aussi
chambrière. L.
SERVIR : saillir. Se dit des taureaux et des étalons.
SET (s. f.) : soif. Seï, en patois de Grenoble ; seu, en patois Walon. L.
SET (s. m.) : tamis,
sas.
De seta, soie. B.
SEU ; SEUE : sien ; sienne.
SEU ; SEUS : sureau (
Sambucus nigra). En patois de Grenoble, seu ; en patois Walon, sou. B.
SEULLE (s. f.) : magasin. Du latin
cella. (Caen.)
SEUR : sûr, certain ; - SEURETÉ : sûreté.
SÉYANT : séant.
SIAU : seau. Voyez SEILLE.
SIDONE (s. m.) : linceul, suaire. M. Travers nous a fait connaître, dans son édition des
Vaux-de-Vire, une pièce inédite, dans laquelle est employé le mot sidone.
SIEN (LE) ; LA SIENNE ; LES SIENS ; LES SIENNES : celui ; celle ; ceux ; celles. Souvent avec
à : c'est le sien à un tel : c'est celui d'un tel.
SIERGETTE. Voyez SURGETTE.
SIESSER (SE). Voyez ASSIESSER (S' ). L.
SIENCE (s. f.) : sens, côté. Aller dans une
sience : aller dans un sens. A.
SIÉTEZ-VOUS ; SIEUSEZ-VOUS : asseyez-vous.
SIEU : suis. Je
sieu, ou sieus : je suis.
SIEU : suif, graisse. (Valognes.)
SIEUTE : suite.
SI FAIT : si affirmatif, opposé à une négative. Vous n'avez pas déjeûné ? -
Si fait. Si : au contraire. MM. Dumériil ont remarqué que, dans les poémes de Roswitha, si est une particule négative.
SIGNE (s. m.) : seing, signature.
SILÉE ou SCILÉE (s. f.) : coups de
scion ; - SIIJER frapper avec un scion ; et , par extension, avec un fouet. L.
SIMENET. Voyez CHEMINEAU.
SIN : son de cloche, pour appeler aux offices religieux. De
signum, cloche.
SINAT : plancher d'une grange. Voyez CENAS.
SINE (s. m.) : signature ; - SINER : signer. L.
SINELLE. Voyez SÉNILLE.
SINS : chez. O.
SIQUENON : sinon. L.
SIROTEUX : qui a la consistance du sirop. H.-N.
SIS : participe passé du verbe
se seoir.
SISSITE (FAIRE) : s'asseoir ; terme enfantin. H.-N.
SIT : suint. Laine en s
it.
SLEAU, prononcé
esseleau : pièce de la charrue en forme d'S.
SLIAQUETER : parler à grand bruit ; clabauder. Du verbe
claquer. (Manche.)
SNÊQUEUX : scrupuleux, sensé
SOEU : soeur. BONNE-SOEU : bonne-soeur, religieuse. L
SOEURETTE ; SOEUROTTE : petite sueur. Patois Walon. L.
SOIFARD ; SOIFFEUR : ivrogne; qui a toujours soif L.
SOINIR : flairer ; chercher avec grande attention. A.
SOIRANTE (A LA) : vers le soir.
SOLAGE (s. m.) : espèce, variété, eu parlant des fruits. Ces pommes sont d'un bon
solage. Crû. De solum : sol.  L.
SOLDAR : soldat.
Vieux mot qu'on rencontre dans Du Bartas (Semaine, Ve. journ., v. 813)


. . . . . . . . . . . et montrer aux
soldars
Par son beau réglement le dur métier de Mars

SOLÉ ; SOLAI : soleil.
SOLIER : galerie, porche, premier étage, dernier étage ou grenier. - SOLIERS (VENTRE A QUATRE) : très-gros ventre ; ventre à quatre étages. Du Celtique  
solier : grenier. En patois des Vosges, solier et soulier signifient étage supérieur. L.
SOLINAGE : maçonnerie qui se trouve sous la sole.
SOMMÉLER : effrayer. H.-N.
SOMPTIER : psautier. L.
SONGEARD ; SONGEAT : songeur, préoccupé, taciturne, dangereux.
SONNU, E : taché, e, sur la figure, de rousseurs qui ressemblent au son du blé. Voyez BRANNÉ. L.
SORCILÉGE : sortilége.
SOROBINER : regarder ; chercher sans en avoir conscience.
SOTTISES : injures, outrages.
SOTTISIER : qui dit des injures sanglantes ou des paroles obscènes.
SOU, LE : seul, seule. Il est tout
sou.
SOU ; SOUE ; SOUILLE : étable à porcs. En Champagne, une
seu. Voyez SOUETTE. A.
SOUANER : prendre du tabac malproprement. O.
SOUATER : emprunter d'un voisin des boeufs pour le labourage, à charge de revanche.
SOUBAUD : triste ; abattu ; sournois.
SOUCER : flairer. O.
SOUCILLE (s. f.) : sourcil.
Sourcille, dans l'Isère. I.
SOUCISE : soucie. Ce n'est pas que je m'en
soucise. A.
SOUDRE (FAIRE) : faire partir ; lever. Il a fait
soudre un lièvre. Vient peut-être de surgere. M. Decorde.
SOUEF : doux. Du latin
suavis, suave.
SOUETTE (s. f.) : étable à porcs. Voyez SOU. L.
SOUFFAQUER :
suffoquer ; oppresser.
SOUFFLE (s. f.) : soufflet. Voyez JAFFE.
SOUFFLIER : souffler. - SOUFFLIET : soufflet.
SOUI, E : malpropre. A.
SOUIL, (s. m.) : ordure, cochonnerie. A.
SOUILLE (s. f.). Voyez SOU.
SOUIN : sournois. -
En souin se dit d'une truie en chaleur.
SOUINER : fureter comme la truie qui est en souin.
SOULARDISE : habitude de l'ivrognerie.
SOULAS (s. m.) : consolation. Du latin
solatium.
SOULASSER : pousser de gros soupirs. O.
SOULAU ; SOULOT ; SOULOUX : soulard , ivrogne.
SOULE, ou SOLE, ou CHOULE (s. f.) : sorte de jeu, autrefois en usage à l'époque du Mardi-Gras. C'était une sorte de mêlée (
sull, en islandais) ; une lutte brutale entre jeunes garçons qui se disputaient une balle ou éteuf. Il en résultait de graves blessures, qui déterminèrent l'autorité à interdire cet amusement dangereux. Il fut défendu, en Normandie, par arrêt du Parlement, du 27 janvier 1494, sous peine de 100 livres d'amende pour la première fois, et du carcan en cas de récidive. On courait la soute, encore pendant le siècle dernier, à la Lande-Patri et autres communes de l'arrondissement de Domfront et de son voisinage.
SOULÉ : soulier.
SOULER ; SOULOIR : avoir coutume.
SOULEUR (s. f.) : saisissement ; frayeur subite.
SOULEVIDER : ôter le trop plein d'un vase. L.
SOUMÉ : sommeil.
SOUPAU. Voyez SÉPAU. A.
SOUPIRETTE (s. f.) : petite quantité de liqueur spiritueuse. Goutelette que l'on
aspire.
SOUPLE : moite. M. l'abbé Decorde.
SOURBIQUET : sobriquet. Des Perriers écrit
soubriquet. L.
SOURCIER : lieu où l'eau
sourd constamment.
SOURCIN : nom par lequel on désigne les souris, les mulots, les rats, etc. M. l'abbé Decorde.
SOURCONNAITRE : reconnaître à peu prés quelqu'un. SOURCOUER. Voyez SURCOUER.
SOURGE (en parlant de la terre) : soulevée, gonflée à sa surface, comme il arrive après une gelée.
SOURGER. Voyez SURGER.
SOURGUER (v. a) : surprendre. De
surgere. B. SOURIS-CHAUDE ; GAUDE ou GAUGUE : chauve-souris. B.
SOURMITE : sournois. Air
sourmite : mine sournoise; figure hypocrite. Du latin sub : sous, et de mitis : doux. A.
SOURVIDER. Voyez SOULEVIDER.
SOUS (votre respect) :
sauf votre respect. Patois Lorrain.
SOUSÉE ; SOUZÉE. Cet adjectif s'entend du trousseau d'une femme, et veut dire bien nippée. « C'te fille était bien
sousée en se mariant. » Feu Lamarche. MM. Duméril disent que sousé signifie, littéralement, qui a un cochon.
SOUTINT : soutenu.
SOUTON : dissimulé, sournois B.
SPARSIER : estafier. De l'italier
staffiere.
SPÉCIAUTÉ : beauté remarquable ; rareté. Se construit ordinairement avec par :
par spéciauté.
ST' : ce, cet, cette devant un mot commençant par une voyelle.
STASERAN, ou plutôt ST'ASSERANT : cet assoiront ; ce soir. Voyez ASSOIRANT.
STE : cette , celle. - STELA : celle-là. Du latin
ista. En italien, sto, pour questo. Stu, en patois Bourguignon. L.
STABULER : étaler sa marchandise en plein vent.
STICHI ; STICHIN ; STICHITE : celui-ci.
STI-LA ; STILO : celui-là. L.
SU : ce.
Su chien; su quien : ce chien. L.
SUBLER : siffler. Le
sibler de Des Perriers (Nouv. LXXI) est plus rapproché du verbe latin sibilare. La Monnoye dit subler, dans les notes de ses Noëls bourguignons. Sibla, en patois de Grenoble ; subier, en patois des Vosges. A.
SUBLET : sifflet.
Subicot, en patois des Vosges.
SUBOUT ; SURBOUT : debout. De
sur et de bout. A. SUBRECOT (s. m.) : au-delà de l'écot. De super et d'écot. SUCRES (s. m.) : chèvre-feuille, dont la fleur est sucrée et que les enfants aiment à sucer. B.
SUCRER (SE) : mettre du
sucre dans sa boisson. Patois Lorrain.
SUÉE : ce qui produit l'apparence de la sueur et la sueur elle-même ; ondée ; volée de coups.
SUELLE : ciguë. Voyez CHUE.
SUER : subir. Il faut la
suer : il faut subir cette perte, cette condamnation.
SUET : seuil. A.
SUÉTINER : épier ; se placer sur son
seuil pour guetter.
SUEU : suif ; - seuil.
SUEURE : suivre. - SUEUSI, E : suivi, suivie.
SUEUTIN : homme qui vous suit et dont il faut vous défier comme dangereux.
SUEUTINER : agir comme le
sueutin.
SUFFLER ; SUFFLIER : siffler. - SUFFLET ; SUFFLIET : sifflet.
SUI : suivi. - SUIRE : suivre.
SUIN (ÊTRE) : être privé de tout. Du latin
sine.
SUINÉ : ruiné par le jeu, ou autrement.
SUINER : enlever tout à quelqu'un au jeu, ou autrement.
SULARD, E : enfant qui a l'habitude de téter, de
sucer son doigt.
SULER (en parlant des enfants) : téter, ou sucer son doigt ou sa langue. Comme cette action produit quelque bruit, il y a lieu de croire que, si
sûler ne vient pas de sucer, il a pour source subler : siffler. On trouve sûler dans le Dictionnaire d'Oudin. L.
SUMELLE : semelle. L.
SUMENCE ; SUMENCHE : semence. SUMER: semer. L. SUMETIÈRE ; SUMITIÈRE : cimetière. V. CEMITIÈRE. SUMEUR ; SUMOUX : semeur ; - tablier du semeur.
SUP (s. m.) : jus, suc. Onomatopée. De l'anglais
sup.
SUPER : boire en aspirant vivement et en resserrant les lèvres de manière que l'aspiration produise une espèce de sifflement que le mot exprime. Dans le patois Troyen,
super signifie sucer, et humer, dans le patois des Vosges. Super vite sa fortune, c'est la manger promptement. Super la parole se dit, comme saper, pour interrompre, empêcher de parler.
SUPERIO (s. m.) : terme extrême. Le dernier
superio : la mort.
SURANGÉE ; SURANGIE : rapport aigre de l'estomac ; déboire. De
sur : acide, et d'angi : souffrir.
SURCOUÉ : dont la queue est coupée.
SURCOUER (v. a.) : couper la queue ; la
coue, en ancien français. L.
SURCOUPER se dit d'un animal qui mange la nourriture des autres. M. Decorde.
SURCROISSEMENT (de chair): excroissance. V. PÉPION.
SURE : sureau.
SURELLE : oseille (
Rumex acetosa). De sur : acide. En patois Rouchi, surielle ; en patois Walon, sural.
SURELLE (MARIE-). Voyez PISSE-VINAIGRE.
SURET : pommier non greffé qui ne donne que des fruits
surs, à ce qu'on croit à tort.
SURETIÈRE : pépinière de
surets, destinés à la greffe. B.
SURGER ; SURGUER ; SURQUER : surveiller; être aux aguets. Se dit du chat guettant la souris. De
surgere.
SURGET : espèce d'ourlet.
SURGETTE ; SURGUETTE ; SURQUETTE (s. f.) petite machine garnie de trous avec lacets à ressorts pour prendre les souris ;
quatre-en-chiffre.
SURIAUX : aigreurs.
SURIN : plante de
suret, propre à passer de la pépinière dans la suretière.
SURIR : devenir aigre.
SURLURINE : femme acariâtre,
sure.
SURET : espèce de tumeur au pâturon des chevaux.
SURPETER : saisir quelqu'un qui cherche à nous éviter. Du latin
petere, ou du français surprendre.
SURPRINSE : surprise.
SURQUETTE (PRENDRE UNE) : marcher sur un terrain spongieux, de manière à faire jaillir l'eau dans les chaussures. M. Decorde.
SUR-SEMAINE ou SOUR-SEMAINE : après coup; dans le courant de la semaine. L.
SURVEILLE : avant-veille. L.
SU ; SUS : sur ; à ; au.
Su ou sus le moment : au moment.
SUS : sureau. Voyez SEU. L.
SUSER : reculer.
SUSON : Suzanne.
SYNCOPÉ : ébahi, stupéfait.

T


TA (s. m.) : larve du hanneton.
TABELLIER : tablier.
TABIER :
tablier d'un pressoir où l'on dresse le marc.
TABLER (SE) : se mettre à table.
TABUT : tapage. (Valognes.)
TAC : ancienne maladie épidémique, qui était presque toujours mortelle. On dit proverbialement : On meurt comme du
tac. De l'islandais tac : pleurésie.
TAC : chenille du
Sphynx Atropos. B.
TACOTER : tapoter.
TAFE (s. f.) : peur. (Argentan.)
TAFETIN : caquet. Onomatopée comme taffetas, qu'on écrivait autrefois
tafetaf. L.
TAFETINER : marchander outre mesure. B.
TAFETINER : babiller. L.
TAFETINEUX ; TAFETINOUX : celui qui
tafetine.
TAGNARD, E : teigneux, se.
TAGNE (s. f.) : teigne.
Tigne, en patois Lorrain. L.
TAGNE : cuscute, plante parasite qui pousse dans les prairies artificielles. M. l'abbé Decorde.
TAI : te ; toi.
TAIAUDER : brailler. Du cri des chasseurs,
taïaud !
TAIE ! TAIE ! appel à un chien. D'où est venu
taïaud !
TAIGNER ou TÉGNER : tousser.
TAILLE (s. f.) : baguette sur laquelle on marque les coches ou entailles. L.
TAILLEUSE : couturière. L.
TAION : aïeul, grand-père.
TAIOO (s. m.) : mou de boeuf.
TAIS ! TAIS ! TAIS ! Cri pour appeler les chiens.
TAISI, TAISANT : tout doucement ; à bas bruit. Du verbe
taire.
TAISOIR. Voyez TRAISOUET.
TALANDER : frapper.
TALBOT : noir ou suie qui s'attache aux marmites, poêles, chaudrons, etc.
TALBOTER : noircir ; tacher.
Se talboter : s'enivrer.
TALER : prendre du développement ; pousser en
cépées.
TALIARD : sale. - TALIAUDER : salir.
TALOCHER (v. a.) : frapper ; donner des
taloches, des tapes. Dans le patois des Vosges, taler signifie meurtrir. L.
TALVASSER : se heurter rudement. Du vieux mot
talvas : sorte de bouclier. Guillaume, comte de Bellesme, était surnommé Talvas, à cause de sa dureté, disent les historiens du moyen -âge.
TAMPONNE (s. f.) : aliments qui nourrissent bien et à bon marché. L.
TAMPONNER : remuer sans cesse ; manier sans utilité. De
taper, tapoter, dont on a fait taponner, tamponner, tauponner. Du latin tangere. A.
TAN : ton. Prends
tan bâton. L.
TANGUE ; TANGUE : sable de mer propre à l'
engrais des terres. On évalue à 1,500,000 mètres cubes la quantité de tangue extraite annuellement sur le littoral du département de la Manche. La valeur de cette tangue est d'au moins trois millions.
TANGUIÈRE : lieu où l'on trouve la tangue en abondance.
TANNÉ : tourmenté ; accablé de chagrin.
TANNER : frapper à coups de poing. Je vais te
tanner la peau : je vais te rosser.
TANOUIS : clair-semé. Du latin
tenuis.
TANTALIQUE (MOUCHE) : mouche cantharide. Mot altéré. L.
TANT A TANT ; TANT QU'A TANT : quitte à quitte ; à égalité. S.-I.
TANTET ; TANTINET : un peu et son diminutif. De
tantum, tantillum.
TANTINE : tante. Terme d'enfant. Dans le patois Walon,
tantin ( s. f.).
TANTOT (LE) : l'après-midi.
TANTOUILLER : agiter d'une manière désagréable dans un liquide. Voyez TOUILLER. L.
TANVÉE (s. f.) : galette cuite à la bouche du four. Du Celtique-Breton
tan : feu. Voyez FALUE. A.
TAPÉE (s. f.) : grande quantité ; surabondance. L.
TAPI (EN) : à l'abri de la pluie, en parlant des hommes et des animaux.
TAPIN (A) : en tapinois.
TAPINER : frapper sans cesse et à petits coups.
TAPON (s. m.) : petite masse en désordre. Dans le patois Walon,
tapon signifie une bonde, un tampon. L.
TAPONNER. Voyez TAMPONNER.    .
TAQUE : pelote où l'on attache les épingles.
TAQUET : emplâtre. B. - Jallon ; verrou.
TAQUETTE (A LA) : à la tâche au point de ne pouvoir se distraire un moment de son travail. L.
TAR : goudron. Mot anglais. B.
TARABUQUER ; TARABUSQUIER : tarabuster.
TARALE : femme évaporée. (Vire. )
TARANE : sorte de revenant qui, dans le Pays-d'Ange, effrayait beaucoup les paysans et surtout les jeunes filles. Ce nom vient de celui d'un ancien Dieu des Gaulois , dont parle Lucain, dans la
Pharsale , L I , v. 446 :


Et Tarama Scythicae non mitior ara Dianae.

Nous avons parlé de Tarane, dans nos Recherches sur la Normandie, p. 311.
TARDILLON : volaille éclose à l'arrière-saison; enfant né long-temps après les autres.
M. Decorde.
TARGER ; TARGIER ; TERGIER : tarder.
TARGINER : mettre de la lenteur dans les affaires. De tard. A.
TARIBONDIN : homme gros et court. L.
TARINER : marchander ; hésiter
TARINER : tarder ;
flâner. Q.
TARINIER : employé du
Tarif ; - qui veille tard.
TARISETTE (s. f.) : pain de sarrasin.
TARLARIGO (S) : à tire la Rigault, et non à
tirelarigot, comme l'écrit le Dictionnaire de l'Académie.
TARLATANER : babiller bruyamment pour dire des balivernes. C'est, en quelque sorte,
charlataner.
TARLÉ (en parlant du blé) : avarié. De
tare : défaut, altération.
TAROUFLE ; TAROUPE (s. F.) : jonction des sourcils, difformité que les anciens regardaient comme une beauté. L.
TAROUFLÉ : personne dont les sourcils se joignent.
TARUCHE : taloche.
TASSE ; TASSÉE : cépée ; touffe des plantes. Une
tasse ou tassée d'oseille, d'oeillets. De tas. L.
TASSÉ ( s. m. ) : tasseau.
TASSERIE : partie de la grange où l'on entasse les gerbes.
TATANT (s. f. ) : tante, terme enfantin. V. TANTINE.
TATE-MINETTE (s. m.) : qui s'amuse à des riens.
V, NIGON.
TATIN : tape.
On lit , dans la Déposition de Richard II :


Par eux fut là mainte buffe donnée
Et maint
tatin...

TATINER. Voyez TAFETINER.
TATOUILLER : salir ; barbouiller.
Tatouiller de boue.
TATON : lent ; lambin ; qui hésite, comme celui qui tâtonne.
Marie-Tâton : épithète des lambins de l'un comme de l'autre sexe.
TAUDION : taudis. L.
TAULOCHER. Voyez TALOCHER.
TAUNIQUE : femme insipide. MM. Duméril.
TAUPETIER : taupier ; qui prend des taupes. A.
TAUPIN; BOEUF-TAUPIN : boeuf noir; ainsi nommé à cause de cette couleur, qui est celle des
taupes.
TAUPONNER. Voyez TAMPONNER.
TAURE : femelle du taureau, vache ; jeune vache qui cherche le
taureau.
TAURÈ ; TAUREAU : taureau.
TAURÉ : mal vêtu; vêtu désagréablement. Voyez TORER.
TAUREAU : criocère merdigère, insecte. B.
TAURE LIÈRE (vache) : attaquée de fureurs utérines et qui est inféconde.
TAUTAU : sabot grossier. Voyez BOITON. O.
'TAVELÉ : taché, piqué, en parlant de la chair de certains fruits altérés.
TAVELURE : tache dans l'intérieur des fruits.
TAVÉYOLLE (s. f. ) : le poêle que l'on étend sur la tête de ceux qui se marient à l'église.
A.
TAYAUD : braillard. -- TAYAUDER : brailler ; crier
taïaud !
TAYON : aïeul.
T'CHIEN : chien. Dans quelques contrées de la Normandie, beaucoup de mots commençant par
ch ont cette sorte de prononciation qu'on retrouve dans la langue anglaise : t'chiboler ; t'chièvre , etc.
TÉ : toi ; te.
TÊGLER ; TÊGUIER ; TEIGLER : tousser fréquemment.
TÊGOT : tête de poterie. O.
TEIGUER ; TEIQUER; TEUQUER; TEUQUIER : tousser; être oppressé. H.-N.
TÉLE ; TÈLE; TELLE : toile.
TELIER ; T'LIER : toilier.
TEMPLE : tempe.
TENTE : sorte de filet de pêcheur.
TENUE (s. f.) : renouée (
Polygonum maritimum). B.
TENVRE : mince. Du latin
tenuis.
TÊPE : peut-être. B.
TÈQUE : balle pour jouer ; éteuf; paume. L.
TÊQUER : tousser. B.    .
TÉRAGNE ; TÉRAIGNE : petit lézard, qui fait dire d'un enfant toujours en mouvement : il remue comme une
téragne.
TÉRASPIC : thlaspi. C'est l'
Ibéride ombellifère.
TERDAME ! Voyez TREDAME !
TERGER ; TERGIER : tarder.
TÉRIÈRE (s. m.) : tarière.
Teré, en patois Walon.
TERLING : pomme un peu acide, qui se conserve longtemps.
TERLOT : sabot. C'est aussi une espèce de galoche, ayant le dessus en cuir et la semelle en bois. M. Lepingard.
TERLU (s. m.) : hallucination.
TERLUIRE (
ter lucere) : luire triplement; briller.
TERMER : fixer ; déterminer un
terme.
TÉROITE ; TÉRUITE : truite.
TÉROUIE : truie.
TERPENNE : dévidoir.
TERQUE : espèce de brai ou goudron.
TERQUÉ : sali , crotté.
TERQUER : faire une croix avec du
terque sur la porte des étables, dans la pensée de préserver les bestiaux des maladies contagieuses et épidémiques.. M. Decorde.
TERQUER ; TEURQUIER : tordre. S.-I.
TERRAGE : inhumation ; enterrement. O.
TERRASSIS (s. m.) : argile détrempée et mêlée avec du foin haché, pour faire des cloisons dans les constructions en charpente.
TERRINÉE ( s. f.) : sorte de flanc, cuit au four dans une terrine. B.
TERTOUS ; TRETOUS ; au féminin TERTOUTES : tous, toutes, sans exception. On dit, dans les Vosges,
tortous, tortoutes.
TERVE : mince. On retrouve ce mot dans le Maine et dans l'Anjou. Voyez TENVRE. A.
TESI (ÊTRE) : avoir l'estomac plein. H.-N.
TET, toit. Du latin
tectum. A.
TÊT (s. m.) : choc. Faire
têt : donner un baiser.
TÊTARD : arbre
étêté que l'on soumet à des coupes périodiques. Voyez ROUSSE. L.
TÉTE : tête.
TÊTE-BÊCHE (adv.) : en sens inverse. V. BÉJUEL. L.
TÊTE-D'ANE (
Jacca pratensis). B.
TÊTE-DE-CAPE : capuchon noir des femmes.
TÊTE-DE-CHAT (
Dactylis glomerata). B.
TÊTE-DE-LOUP : scabieuse. B.
TÊTE-D'OREILLER : taie d'oreiller.
TÉTET : téton. Mot enfantin.
TÉTE ; TÉTOS : téton; tétons. M. l'abbé Decorde.
TÉTEUX : chien. Mot enfantin. Voyez TAIE ! TAIE ! L.
TETIN-DE-SOURIS (
Sedum minus). B.
TEUMBER ; TUMBER : tomber.
TEUNE : mauvaise maison. De
tectum, toit. A.
TEURDRE ; TEURTRE : tordre. Je
teursais, teursant, teursé.
TEURQUE ou TEURQUETTE : lien de foin
tordu pour les bottes de ce fourrage.
TEURQUET : manche de fouet, fait de branches
tordues.
TEURQUETTE : torquette. Sorte de pain ou de pâtisserie qui ressemble à un collier. En latin,
torques.
TEURS, E : tors, e ; tordu, e.
TEURSER : tordre.
TEURTE ; TEURTRE (s. f.) : tourterelle. Autrefois
tourtre.
THÉ-DES-JARDINS : herbe aux perles (
Lithospermum officinale). B.
THÉRÈSE (s. f.) : calèche ; - sorte de coiffe noire, signe de deuil. L.
THIERS : pieu auquel on attache les animaux pour les faire pâturer. H.-N. Voyez QUAIRE.
TIBI A TABA (A) : à tort e t à travers.
Ab hoc et ab hac. L.
TIC. Voyez ÉTIPE. B.
TIÉ : tiède. Le bouillon est
tié. L.
TIÈPE. Voyez TYÈPE.
TIESSER : tisser.
TIESSÊRAND ; TIESSERAND : tisserand. En ancien français,
texerrant : tisserand.
TIESSEUX : tisserand.
TIÈTRE : tisser. Voyez TISTRE.
TIEUL, LE : tel, telle. S.-I
TIFAIT : croûte de lait. MM. Duméril.
TIGNASSE : chevewre malpropre.
TIGNON : acariâtre. S.-I.
TIMONER : remuer sans cesse.
TIN : ton. H.-N.
TINETTE : vase ou petit coffre dans lequel on met du sel ou du lard salé.
TINS : glas ; coups de cloche isolés. Pour annoncer la mort d'un homme, on sonne 9 ou 13
tins ; pour la mort d'une femme, on n'en sonne que 7 ou 11. M. Decorde.
TINSONNER : presser; activer. O.
TINT : tenu. Jean ne m'a pas
tint parole; je li ai retint ses gages.
TINTARIBAUT. Voyez PINVOLE.
TINTENELLE; TINTERELLE : clochette d'église. De
tintinnabulum. Souvent c'est une petite cloche annexée à une horloge publique, et qui fait entendre un tintement à des intervalles réglés. Voyez CAMPUNELLE. L.
TINTON : petit fausset avec lequel on bouche l'orifice du bas des terrines à lait, dans les cantons où elles sont percées. De
tenere : tenir ; retenir ; au participe passé, tentum. A.
TIOT ; TIOTE : petit ; petite. - TIOT ! TIOT ! en certains endroits; TIAS ! TIAS ! dans d'autres ; TIOU ! TIOU ! dans d'autres; TITS ! TITS ! mots dont on se sert pour appeler les porcs. De
petiot : petit. Par aphérèse.
TIPONNER : attifer avec recherche.
TIQUER : avoir une toux sèche. H.-N.
TIRANDER : tirailler. H. -N.
TIRÉE : extraction. Avant nos grandes routes, la
tirée de nos productions était très-difficile.
TIRER : peindre. En patois Lorrain, on dit
retirer. De l'italien ritratto : portrait.
TIRER : traire.
TIRER AU COEUR : avoir des nausées; vomir.
TIREUX : tiroir.
TIRLITANTAINE : jeu où l'on se tiraille les uns les autres.
TISANE DE MARIN-ONFROY : cidre. Voyez MARIN-ONFROY.
TITI : petit, par mignardise.
Tittie est un nom familier qu'en Écosse on donne à une sueur.
TITONNER. Voyez TIPONNER.
TITOUX : lent, tâtillon MM. Duméril.
TIU ! TIU ! TIU ! cri pour appeler les vaches. H.-N.
TISTRE (v. a.) : tisser. On lit, dans Marot :


Ains en sçauras meilleur ouvraige 
tistre.

T'N : ton. T'n oncle; t'n éfant : ton oncle ; ton enfant.
T'NIN : tenez.
TOAILLE ; TOUAILLE : linge de table ; torchon. Du latin
tela - TOAILLON ; TOURILLON : torchon.
TOCSON : vieux radoteur ; homme grossier et mal élevé ; vieille femme mal bâtie, mal vêtue, malpropre. Patois Rennais.
TOIGNÉE : volée de coups ; peignée.
TOIN ou TOUIN : traitre, perfide.
TOINE ; TOINOT : Antoine.
TOINETTE : Antoinette.
TOLLIR : enlever. Du latin
tollere.
TOMBE : chute. Faire une
tombe. H.-N.
TOMBES : arbres fruitiers qui tombent ou sont tombés. On laisse ordinairement, dit M. Decorde, les tombes au fermier, qui est tenu de les remplacer par de bonnes
entes.
TONDELIER : tonnelier. H.-N.
TONDRE (s. m.) : amadou. De l'islandais
tundr : allumer.
TONIQUE : femme ennuyeuse. (Vire.)
TONTON : oncle. Terme enfantin.
TONTURE : élagage des arbres.
TOQUANT ; TOQUARD : têtu ; qui a la tête assez dure pour en frapper ce qu'il rencontre, pour
toquer. On dit aussi du cidre qui porte à la tête, qu'il est toquard.
TOQUE : coup à la tête , comme on dit aussi
calotte.
TOQUE : vieille femme qui est
toquée, qui radote.
TOQUÉ : qui a le cerveau dérangé. Il est
toqué : il a une idée fixe ; il est un peu fou.
TOQUER : frapper de la tête. L'Académie admet
doguer, qui est l'altération de toquer, et lui donne la signification de toucher. N'approchez pas de ce bélier ; il toque. L.
TOQUET :
toque , casquette , bonnet.
TORCHE : selle de femme. Voyez MANIQUET.
TORCHER : mettre la
torche sur le cheval.
TOREAU : salisson.
Marie-Tôreau : Marie-Salope ; Marie-Torchon. Elle est faite comme tôreau.
TORER : habiller mal et ridiculement. Voyez-vous comme elle est
torée. Se torer : s'ajuster, n'est pas s'étorer : se pourvoir de.
TORQUE. Voyez TEURQUE.
TORQUETTE : petite branche qui porte des fruits en grande quantité.
TOSSER : souffler ; éteindre.
Tosse la tuque; éteins la lampe. En terme de maçonnerie, fixer; assurer. Tosse cette pierre : assujettis-la; frappe dessus de manière à la fixer solidement. M. Lepingard.
TOTÉE : rôtie.
Du latin tostus.
TOTON (s. m.) : tige ou tronc de chou. Voyez TROU. On appelle aussi
toton une personne qui tourne et remue beaucoup sans rien faire.
TOTTE : morceau de toile qui enveloppe du sucre et de la mie de pain, et qu'on donne à sucer aux enfants, pour les empêcher de pleurer. H.-N.
TOUBAC : tabac. H.-N.
TOUFFLETTE : houppe. H. -N.
TOUIGNER : battre ; donner une
peignée.
TOUILLER : frotter ; barbouiller ; salir ; mêler dans un vase.
TOUIN : marmot, petit enfant. De
ouen, prononcé ouin. De petit ouen on a fait petit touin. A Bayeux, un touin est un homme sale et dégoûtant.
TOUINE : tabatière de bois, faite en forme de petite fiole aplatie. De
petun : tabac, on a d'abord fait petouine ; puis, par aphérèse, touine. A.
TOUINE : vieille perruque ; chevelure en désordre.
TOUINTOUIN : petit morceau qui échappe au
toucher. O.
TOULAID ; TOUTLAID : homme d'une grande laideur.
TOUNIEUX ; TOURNIOUS : coureur, vagabond. B.
TOUO ; TOUOR ( s. f.) : tour, clocher.
TOUONIER. Voyez TOURNIER.
TOUONIERESSE : femme qui
touônie.
TOUORNOUX : tourneur.
TOUORTILLER : tortiller.
TOUPIN (s. m.) : petite toupie ; - sorte de sabot.
TOUPINER : tourner en rond comme un
toupin. Sa tête toupine : il a des vertiges.
TOUQUER ; TOUQUIER : toucher.
TOUR (FICHER LE) : donner le dessous à quelqu'un ; l'attrapper, le vaincre, le battre , etc. L.
TOURNE (s. f.) : retourne ; carte qu'on retourne.
TOURNÉE (s. f.) : volée de coups. L.
TOURNÉE (s. f.) : linge du dessus dans le cuvier à lessive. Voyez BLEUS. A.
TOURNER (en parlant des cartes) : retourner. L.
TOURNERESSE : petite pelle avec laquelle on tourne la galette sur la tuile ; ou plutôt ustensile qui tourne ou avec lequel on tourne quelque chose. On dit, en effet,
barette (baratte) tourneresse ; tourneresse à galette. M. Lepingard.
TOURNETTE : dévidoir. L.
TOURNIER : tournoyer ; - aller perdre son temps à courir, à flâner, prêt à faire de mauvais coups.
TOURNIOLE ; TOUORNIOLE ; TORNIOLE : coup, taloche, soufflet; - espèce de panaris. O.
TOURNIRESSE : femme désoeuvrée, qui va tuer le temps à courir et flâner.
TOURNOUS : rouet.
TOURNURE : présure. L.
TOURTE : pain de six kilogrammes, rond, aplati, et de pâte ferme. L.
TOURTEL (s. m.) : tourteau, sorte de pain. S.-I.
TOURTILLER :tortiller. H.-N.
TOUSER (v. a.) : tondre ; couper les cheveux ou le poil.
TOUSERIE : tonte de moutons.
TOUSEUX : celui qui tond.
TOUS LES JOURS : jours ouvrables. Vêtement
de tous les jours ; il est habillé à son tous les jours. L
TOUSSAILLER : tousser très-fréquemment.
TOUSSOTER : avoir une petite toux très-fréquente.
TOUT (Il est joli COMME) : il est joli comme tout ce qu'il y a de plus joli. L.
TOUT DRAIT, DREIT ou DRET : précisément, à l'instant , etc.
TOUT (EN) : du tout.
Poinentout ; point en tout : point du tout. A.
TOUT (N') : non ; non plus.
TOUT-PARTOUT : partout.
TOUT-PLEIN; TOUT FIN PLEIN : beaucoup. L.
TOUTON ; TOUTONS ; TOUTONT : oncle. V. TONTON.
TOUTRE : tousser.
TOUYAU : partie du chou qui touche à la pomme.
TRABUQUER : mettre une bâche en travers ; faire obstacle ; traverser une entreprise.
TRAC (TOUT A) ; TOUT A TRA ; TOUT A TRAS : tout au travers.
TRACHER ; TRACHIER : chercher.
Tracher sa vie : mendier. C'est l'ancien verbe tracer. L'auteur du Roman de la Rose dit, en parlant des hypocrites :


Ils vont traçant les grands pitances.

TRACNASSER (v. n. ) : trotter mal, d'un pas désordonné.
TRACULER : différer trop. Voyez CULOINER. L.
TRADA ; TRADAT : portion ; ce qu'on reçoit pour un travail ; ce que l'on perçoit comme commission dans une affaire de commerce. De
tradere : livrer.
TRAIE : truie.
Troïe, en patois Walon.
TRAIL : cylindre sur lequel s'enroule une corde pour tirer de l'eau d'un puits, ou de la marne d'une marnière. M. l'abbé Decorde.
TRAIME : trame de tisserand. Patois Lorrain. Dans le XIIIe siècle, on appelait
tremeur l'ouvrier qui disposait les trames.
TRAIN (s. m.) : pis de la mamelle des vaches.
TRAINÉE : fille de mauvaise vie, tout-à-fait crapuleuse.
TRAIRE : tirer en avant. De
trahere.
TRAISONNER : prendre, gagner par des caresses perfides et de traîtreuses flatteries.
TRAISOUET ou TRESSOIR : vase à traire les vaches. De
trahere.
TRAITE (s. f.) : le lait qu'on trait en une fois.
TRAITRE : brutal ; cruel. A.
TRAITRISE (s. f. ) : trahison, perfidie.
TRAMER : aller et venir. Voyez TRIMER.
TRAN. Voyez TRAIN. B.
TRAPIN : sorte de grand panier à deux anses ;
trapu en quelque sorte, car il n'est pas plus haut que large. Le trapinest un panier grossier, solide, qui sert à porter des objets lourds et peu délicats : de la terre, du sable, etc.
TRAPINÉE : le contenu d'un
trapin.
TRAPINER : transporter
à trapinées.
TRAQUET : oiseau de l'ordre des passereaux.
TRAQUETTE : crécelle. O.
TRASONÉE ; TRAVONÉE : dévidoir.
TRASQUER : marcher dans l'eau sans précaution.
TRAT : culbute. Faire le
trât : culbuter.
TRATTES : jambes. (Pont-l'Evêque).
TRAU : pétrin.
TRAULIER : enrouler le fil, le mettre en pièce au moyen du
traut.
TRAUT ; TRAS: petite machine, sorte de dévidoir pour enrouler le fil, la laine, etc., et les mettre en échevaux.
TRAVERGUER : TRAVEUCHER : traverser ; embarrasser. O.
TRAVERS (s. m.) : sillon
transversal. (Eure.)
TRAVIAU : incommode ; turbulent ; qui se met en travers et agit dans un sens opposé.
TRAVOUET ou TRAVOUIL : dévidoir. A.
TRÉBAR : carcan pour empêcher les porcs de traverser les haies.
TRÉBARDER : chanceler; aller en zigzag, comme font les ivrognes.
TRÉBÉ : très-bien; beaucoup. O.
TRÉCIR ; TRESSIR : tressaillir ; frémir ; trembler.
TRÉDAINE : refrain populaire, conservé par la tradition ; bagatelle , etc.
TREDAME ! (exclamation) : pour Notre-Dame !
TRÉDAME : ancre de secours qu'emploient les pêcheurs.
TREDANCHE ! Voyez TREDAME. S.-I.
TREDEUX ; TREDEX : entre deux; entre vous deux.
TRÉEPLÉE : cloporte.
TREF : poutre. Du latin
trabs.
TRÉFEU : bûche de Noël.
TRÉFLERI : terre où vient d'être faite la récolte du trèfle. H.-N.
TRÉFOUET : grosse bûche, qui autrefois était mise au
feu pour y servir pendant les trois fêtes de Noël Le triforcalium était un siège où trois personnes pouvaient s'asseoir pour se chauffer au foyer. L.
TRÉIAN. Voyez TRAN.
TREIZEAU ; TREZET (s. m.) : réunion de
treize gerbes, réunion de treize batteurs de blé.
TREIZELER : placer les gerbes par tas de treize.
TRÉJE (s. f.) : sentier pratiqué dans la neige. De
trace ; ou mieux, de trajectus, passage.
TRÉJOT : tige ou trognon de chou. O.
TRÉMAINE (s. f.). : trèfle.
Trinblaine, dans le patois Walon.
TREMAIS : travail et ensemencement de la terre, au printemps, pour les semences qui viennent en
tres mais (trois mois).
TREMBLEMENT (s. m.) : grande quantité. Dans sa
Troisième journée de la Révolution, M. Barthélemy a donné ce même sens au mot tremblement :


Il fait trembler le sol sous un
tremblement d'hommes.

TREMBLERIE : frisson.
TREMBLOT : tremblement ; frisson causé par le mal physique ou par une vive émotion de l'âme.
TREMÈS : espèce de blé, qui se récolte au bout de
trois mois.
TREMEUR : effroi. Du latin
tremor.
TRÉMONE : grosse cloche. De
tremere, tremendus.
TREMONTADE (s. f.) : tramontane. Patois Lorrain.
Tramontance, en patois Walon.
TREMPETTE : pain que l'on trempe dans sa boisson.
TREMPETTE DES MARIÉS : rôtie qu'on donne aux nouveaux époux, le jour de leur noce. En patois Walon,
trempotte, trempusse.
TRÉMUE : trémie.
TREMUER : trembler. Du latin
tremere.
TRÉPONSER : presser avec une triple force, c'est-à-dire très-fortement.
TRÉSALÉ : piqué , en parlant du linge moisi. L.
TRESLE : tresse.
TRESSAT ; TRESSAUT : vif et fort tressaillement.
TRESSAUTER : tressaillir.
TRESSELER : tresser.
TRESSIR : frémir; éprouver un léger tressaillement. L'eau qui
tressit est près de bouillir.
TRESSOIR :sceau. MM. Duméril.
TRESSUER : suer extrêmement. (Valognes.
TRETINS : bottes de paille formées de petites tiges de blé produites par le
gluage. M. Decorde.
TRETOTE : toute, dans les
Chansons du roi de Nararre. En patois Walon, tretous et tretui.
TRETOUS : tous, sans qu'il en manque. Du Roman
trestuit. En patois Bourguignon, tretô.
TREU : pétrin. - TREU : trou. - TREUER : trouer.
TREULER : faire un vent en point d'orgue. M. Decorde.
TREULIER : qui
treule souvent.
TREULLARD : lambin, flâneur.
TREULLER : perdre son temps à courir de porte en porte pour babiller, pour flâner. Ce verbe signifie aussi mendier, vagabonder.
TREULLIER. Voyez TREULLARD.
TREUNER ou TRANER. Se dit de la poule qui annonce, par son cri, qu'elle va pondre ou qu'elle vient de pondre.
TREUTER : péter.
TRIAS : embarras. Voyez TRIORI. B.
TRIBOLÉ ; TRIBOULÉ : tombé ; affaissé par négligence. Bas
triboulés : mal tirés, ravalés
TRIBOUIL (s. m.) : tribulation,
TRIFOUILLER : brouiller ; troubler ; éprouver des tribulations ; gargouiller.
TRICOTER : marcher vite ; frapper d'une
trique avec la rapidité des aiguilles qui tricotent.
TRICOUSE ; TRICOUSSE (s. f.) : guêtres de toile. En Roman
trique-houses. Dans les Vosges, les tricouses sont, suivant M. Richard, « une espèce de guêtres ou de bas de laine tricotés, sans pieds, et qui descendent depuis le genou jusqu'à la cheville du pied. Ce sont les traque-houzes ou bottines de drap, encore en usage dans la Flandre ». A.
TRIEFFE : poutrelle. Voyez TREF.
TRIFOIRE ; TRIFOUET. Voyez TRÉFOUET. TRIFOUILLER : fouiller mal à propos ;
farfouiller. Trifoui, en patois Walon. L.
TRIGALLE ; TRINGALE : bureau de péage (1).
TRIGOT : trognon.
Trigot de chou : tronc L.
TRIGOULIS : mauvais bas. De
tricot.
TRILAIS : cloison , baie, treillis.
TRILLER : teiller ; trier.
TRILLEROT : loriot. B.
TRIMAUD , E : traître , traîtresse. De
trigaud.
TRIMBOLE ou TRIMBOUELLE : cabriole.
TRIMBOUELLER : culbuter.
TRINGUE : sérum. petit-lait. - TRINGUE : tringle.
TRINGUET : moyen qui réussit, comme le
tringuet du marin. Basselin dit, p. 52 de l'édition de 1821 :


N'ayant plus rien, sinon
Le
tringuet qui soit bon.

TRIOLÉE : grand nombre.
TRIOLLIER ; TRIOLLY : tribune au-dessus des fonts baptismaux, dans quelques églises de campagne.
TRION : trayon , pis.
TRIORI : embarras, désordre. En patois Bourguignon.,
trigori. Le trihori est une danse bretonne, vive et gaie, dont Jean Tabourot a parlé, dans son Orchésographie.
TRIPÉE : entrailles pour préparer les tripes.
TRIPER : danser; trépigner; - faire des plis ; ne point prendre à juste, en parlant d'un vêtement.
TRIPHANER : faire le beau parleur; se moquer et se rire de tous et de tout.
TRIPHANOUX : celui qui triphane.
TRIPOT : halle au blé ; marché ; échange ; ménage ; cuisine.
TRIQUE (s. f.) : bâton. Au figuré, jambe sans mollet.
TRIQUEFARER : agir étourdiment ; déranger. (Vire.)
TRIQUENIQUE : noise ; débat pour des riens.
TRIQUER : bâtonner ; - courir ; jouer des
triques ou jambes sans mollet.
TRIQUOT : gros bâton ; gourdin ; grosse
trique.
TRISON : trahison.
TRITE : traître.
TROCHE (s. f.) : groupe de cercles à futaille, d'ordinaire au nombre de six.
TROCHE : bouquet d'arbres ; par extension,
hêtraie. Voyez FOUTELAIE.
TROGNE : ventre.
TROIS-PIEDS (s. m.) : trépied.
TROITE : truite. B.-N.
TROMPE (s. f.): erreur, méprise.
TRONCHE (s. f.) : tête ; tronc d'arbre.
TROP A COUP : trop tôt. (Valognes. )
TROQUE (s. f.) : échange. Faire une
troque.
TROS : trois,
tros quatre : trois ou quatre.
TROS : pétrin. Voyez TREU.
TROTTERIE : place où l'on fait
trotter les chevaux, dans les foires, avant de les vendre. M. l'abbé Decorde.
TROTTIN : petit trottoir. A.
TROU ; TROU DE CHOU :
tronc, ou tige de cette plante potagère. Patois Lorrain. Patois Troyen.
TROUBLÉE : eau trouble, sortie du lit des rivières, et qui, en inondant les prairies, y laisse un dépôt vaseux qui les engraisse. ( Pont-l'Évêque. )
TROU (FAIRE UN) : boire un petit verre d'eau-de-vie entre deux services.
TROU-FIGNON : anus. A.
TROQUE ; TRUE : truie.
TREUIL ; TREUIL ; TROUS : dévidoir. Voyez TRAUT.
TROUILLE (s. f.) : grosse femme, mal tournée.
TROUILLER : salir ; rouiller ; chiffonner en pressant.
TROUINE (s. f.) ; TRUIN (s. m.) : peau de cochon tannée. De
truie.
TROUSSEPIN : gamin. Voyez GOUSPIN.
TROUTER. Voyez TRUTER.
TROVER : trouver.
TRUBLE : pelle de bois, ordinairement garnie de fer, employée poqr remuer le marc du pressoir, et le porter sur le tablier où on le dresse en motte. Le
truble est aussi une forte bêche pour fouir la terre.
TRUBLER : troubler.
TRUC (s. m.) : savoir-faire ; habitude de bien faire ; habileté astucieuse. Dans le Celtique-Breton,
trok signifie échange, ainsi que truck, en anglais.
TRUCHER : mendier; -TRUCHEUR, SE : mendiant, e.
TRUCIEN : trusquin, instrument dont se servent les menuisiers pour tracer des parallèles.
TRUE-BÉRE (s. f.) : jeu d'enfants. L.
TRUFFE ; TRUFLE ( s. f.) : pomme de terre.
TRUMUTU : vacarme. Du latin
tumultus.
TRUTER (NE PAS) : ne pas demeurer long-temps dans le même lieu. H.-N.
TRUSCAIN ; TRUSCAN : qui a l'air de faire tout; qui se mêle de tout mal à propos. A.
TRUTÉ ( LAIT ) : caillé ; lait dont on a enlevé la crême. Voyez FRETELAIT, au
Supplément.
TRUTÉ, E, pris au figuré : fou, folle, parce qu'alors la cervelle est considérée comme tournée ou
truitée. A.
TRUTELER. Voyez TRUTER.
TRUTER (v. n.) : tourner en petits grumeaux. Il se dit d'une sauce ou de lait cuit. De
truite, parce que le lait truté offre, dans le mélange de son sérum et de son caillé, diverses nuances, comme le dos de la truite.
TRUTEU (s. m.) : brouillon; évaporé, dont la cervelle est
trutée. A.
T'S : tes.
T's éfans : tes enfants.
TUAT ; TUÊT : tuyau de roseau ou tige de fève, dont se servent les fileuses pour enrouler leur laine sur la canette.
TUE-TACHE (A) : à la boulevue. On dit, dans d'autres provinces, à
dépêche-compagnon. L.
TUÉ ; TUET : tuyau qui conduit l'eau de lessive de la cuve où est le linge au vase qui est sur le feu et dans lequel elle se réchauffe ; - extrémité extérieure d'une cheminée.
TUER (SE) , en parlant du cidre : noircir dans le verre
TUETTE (s. f.) : épée. De
tuer. S.-I.
TUILE (s. f.) : sorte de poêle à frire, forte et évasée ;
galetière pour cuire les galettes (crêpes) de sarrasin. En Bretagne, on dit téle. De tôle : fer battu. Voyez GALETOIRE ; HAITIER.
TUILÉE : ce que contient la
tuile pleine ou du moins couverte d'un mets qu'on y apprête.
TUIT : tous.
TUL : tu. S.-I.
TULMUTE (s. f.) : tumulte.
TUMBER : tomber.
TUNDRE (s. m.) : amadou.
Voyez TONDRE.
TURBENTINE : térébenthine. L.
TURELURE ! Exclamation ironique et négative.
TURELURER : fredonner. Du vieux refrain :
Turelure. Dans le patois de Grenoble, turlura signifie jouer de la flûte.
TURET : pilon pour battre le beurre. Voyez BARATTON.
TURLUETTE : cornemuse, musette.
TURLUTER : fredonner. En patois Lorrain, la serinette s'appelle une
turlutaine. Des vieux refrains : Lanturelu et Turlututu. L.
TURNE (s. f.) : mauvaise cabane. Voyez TEUNE.
TUTAYER : tutoyer.
TUTÉE : longue et abondante libation.
TUTER : boire à l'aide d'un fétu ; boire à longs trait.
TUTEUX ; TUTOUX : chalumeau avec lequel on
tûte ; - celui qui tûte.
TU ! TU ! appel aux vaches. C'est aussi le nom que leur donnent les enfants. L.
TYÈPE : dépareillé. Ne s'entend que des choses qui vont par paires. « J'ai un bas de
tyèpe ; les blanchisseuses m'ont perdu l'autre bas. » Corruption probable de type, parce que, lorsqu'il ne reste plus que l'un des deux objets qui forment la paire, celui qui reste peut servir de type. Feu La Marche.

 

U.

U remplace EU, dans la prononciation d'un grand nombre de mots : Ugéne, Urope, etc. , pour Eugène, Europe, etc.
U ; US : oeil , yeux. - UEUILLIE ; EUILLIE : oeillade.
URES (s. m. pl.) : yeux. (Valognes.)
URSÉLINE : ursuline, religieuse. L.
US : porte. De huis.
Guette-à-l'us : curieux qui est toujours à sa porte. Du latin ostium.
USAGÉ A : accoutumé à ; qui a l'habitude de. L.
USAI : usé.
USANCE : usage, habitude, coutume.
USIBLE : précoce. Voyez AORIBLE. O.
USTUCE ; USTUCE POT-A-L'EAU. Sorte de sobriquet dérisoire.
UVER (v. a.) : mouiller. Du qualificatif latin
uvidus, humide.

V.


VACA ; VACAT ; TERRAIN EN VACAT : terre vaine et vague, inculte. Du verbe latin vacare. B.
VAGABOND; VAGABONDAGE ; VAGABONDER. C'est le c pour le g.
VACHICOTER : barboter. On dit aussi bachicoter. VACHIER : salir; couvrir de fange.
 
360
VACHOT; VACHOTTE : génisse. Terme d'affection. VA DELER (SE) : se mouiller et se crotter. V. BADER. VADET : bâton des chantepleures de bois. Du latin vado.
VAIANCE : faïence. L.
VAICHE , 3•. per. sing. subjonctif prés. de voir.
VAIE : voie; sentier chemin. De via. Tire-te de ma vaie tire-toi de mon passage.
VAILLANT : qui travaille avec courage. H.-N. VAIN : loupe; enflure moue.
VAIN : mou, sans énergie. Dans le XIIIe. siècle, vains maigre, défait. L.
VAIROUILLER : labourer grossièrement. VAIS : voir. Tu vas vais : tu vas voir. L.
VAISCHE : aille. Veux-tu que j'y vaische, ou vatche veux-tu que j'y aille. NI.
VAISIN ; VÉSIN : voisin.-VAISINER : voisiner. VAISSÉ : vaisseau; plat; soupière; objet quelconque de la vaisselle.
VALANDIER : pivert. (Manche. )
VALENTIN : galantin, petit galant. En Angleterre, les amoureux fêtent la saint Valentin. B.
VA LETER : être toujours à courir. . VALIANCE : vouloir, volonté. S.-I. VALISSENCE (s. f. ) : prix, valeur. L. VALOT : gaule , long bâton.
VALOTER : gauler ; bâtonner; -lancer des valots à un coq, dans ce jeu barbare où la mort de cet animal est le but des concurrents.
VANNET : vanneau.
VANQUIERS BEN : volontiers bien; volontiers. A. VANTIERS : volontiers. A.
VA-NU-PIEDS : pauvre diable déguenillé et sans res-
 
- 361
sources , qui est forcé d'aller les pieds nus. En    1639, quelques révoltés, ruinés dès long-temps par les vexations du fisc, avaient; en Normandie, pris ou reçu le nom de Nupieds. A ce sujet, le Parlement de Rouen fut interdit pour n'avoir pas sévi assez cruellement contre ces malheureux. VANVOLE : futilité; objet sans valeur.
VA PAIL : pièce de bois, en forme de volée, à laquelle on attache les baculs ou les traciers des deux derniers chevaux d'un chariot. NI. l'abbé Decorde.
VAPIER : bourbier. L.
VA QU'C'EST ? VA QU'EST? où est-ce? Va qu'c'est qu'oc va chiboler ç'te chibâtrée d'é fants ? où va-t-elle rrriener mal à propos cette bande d'enfants ? L.
VAQUE: vache.- VAQUETTE : petite vache. V A QU ER : vacher.
VAQUER : agiter un liquide dans un vase. VAQUETTE (s. f. ) : le pied-de-veau (Arum vulgare ). B= VAQUETTES (FAIRE DES) : laisser de la boisson au fond de son verre. A. -N.
VAQU IE (s. f. ) : bouillie ou soupe trop claire. B.
VAR; VARRÉ : gris foncé, gris-blanc pommelé comme le vair du moyen-âge. On désigne ainsi, par leur couleur, les baeufs attelés, que l'on excite au travail par ces mots : D'gia ou dia, var.
VARAND : vaurien.
VARET : guéret. De warectum.
Voyez VORET. VARETAGE : action de vareter; l'opération elle-même. VA RETER : faire du varet.
VARIBOT : bourbier. Voyez VARVOT. VARI-VARA : en désordre. B.
VARLOPURE (s. f.) : ruban de bois que produit la varlope du menuisier. L.
VAROQUE : gros bâton qui sert à entourer la liache d'un 46
 
361
chariot ou d'une charrette autour du pouliot, afin de serrer les gerbes sur la voiture. M. l'abbé Decorde.
VAROQUER : serrer au moyen de la varoque.
VAROU : loup-garou. Garval, en ancien français. L. VAROUAGE (s. m. ) : course du loup-garou. An figuré., rut. En parlant des chats en rut, on dit qu'ils sont en varouage, en garouage. Voyez RAUT. B.
VAROUILLÉ : crotté et mouillé comme on suppose que doit l'être le loup-garou , le varou. L.
VAROUILLER (SE) : se crotter comme un vdmt. L. VARPOT ; VER POT : petit bourbier. H. -N.
VARVA ;    VERVA ( s. m. ) : boue claire; eau sale. Feu Lamarche rapporte que le savant Huet ayant dit qu'il composerait une phrase entière , sans qu'il y entrât un mot de français, et qui serait intelligible pour un paysan de Basse-Normandie, récita celle-ci, dans laquelle entre le mot verra : Cliaque ilo çu guerbé d'étrain por aupper çu verra : jette là cette gerbe de paille pour assécher cette boue. »
VARVASSIER : bourbier, endroit fangeux.
A.
VARVOT ; VARVOTER.
Voyez BARBOT. C'est le v pour le b.
VARVOTER : chercher dans le varva. VAS-JE (QU'IL) : qu'il aille. L.
VASPASIAN : mauvais sujet. Cette expression vient probablement de quelque vieux mystère du moyen-âge. dans lequel l'empereur Vespasien jouait un rôle fâcheux.
L.
VASSAU (s. m. ) : valet ; vassal.
Pour être ainsi à ses ordres, est-ce que je suis son vassau P De vassal. L. VASTIBOUSIÈRE : servante sale, gâtée par les bouses de ses vaches; fille débauchée.
VASTRIGUER : courir de côté et d'autre.
V A TO N : garrot , sorte de levier ou de gros bâton.
 
- 363 -
VATONNER : serrer une corde avec- un vaton.
VATRE ( s. f. ) : boue , fange. De l'anglais tuater eau. B.
VATRER ( SE) : se crotter à l'excès ; se rouler dans la vâtre. C'est de là qu'est venu notre verbe vautrer. B. VATRERIE : lieu où la vdire abogde.
VATROUILLER (SE) : se couvrir de votre, de boue. VA-T-Y-EN : vas-y.
V A U BOIRE (s. f. ) : varech ( Fucus). B.
VAU    (s. f. ) : crue subite d'un cours d'eau; eau débordée ; inondation.
VAUCRUER : faire cuire à demi des substances qui restent presque crues.
VAU-DE-VIRE. Ce titre de chacune des chansons d'Olivier Basselin , qui les composa dans le val de la rivière de Vire, a donné son nom au vaudeville.
VAUDOISE : trombe.
VAUDRÉE (s. f. ) : fourgon du four. Voyez NAS. VAULE (s. f. ) : gaule. Du Celtique-Breton gvvalen. B. VAULER (v. a.) : gauler. --VAULETTE : gaulette. VAULIARD : qui chancelle en marcljant. Parce qu'il est comme une vaule ou gaule. B.
VAULIER : chanceler. B.
-VAULOT : petite vaule. Aller au vauiot : recourir à la gaule contre les animaux qui font tort aux récoltes.
VA ULOTER : gauler légèrement, à petits coups. V AU P A S : balle des céréales. B.
VAUPILLER : inventorier; scruter; examiner. VAUQUIER. Voyez VANQUIERS.- Vauquier ou vautief; adverbe, signifie, d'après MM. Duméril, vraisemblablement, peut-être, dans l'arrondissement de Mortagne.
VAUSSIR : valoir.
VA-VITE (s. L ) : diarrhée. L'auteur ' du Testament de
 
- 364 -
Pathelin, p. 125, appelle cet accident la va-tost; il fait dire Pathelin o. fà
N'apportez point de vin nouveau; Car il fait avoir la va-tost.    L.
VÉ : gué. Du latin vadum. En patois Walon, wé. B. VECHI ; VECHIN : voici.
VÉCINER : rôder autour d'un objet. De vtcinu& B. VÉE : veau. Du vieux français véel. - VELLE : génisse. VEIGE (QUE JE) ; QU'ILS VEIGENT ; Qtf VOUS

VEIGIEZ ; etc. :que je voie; qu'ils voient; que vouvoyiez. L. VEILLATI F : qui veille avec soin; vigilant.
VEILLERI : étable où l'on se réunit le soir pour veiller et travailler. De veillée.
VEILLIE (s. L ) : liseron ( Convolvulus arvensis ). VEILLON (s. m. ) : poupée composée d'argile et de foin pour garantir l'aire des jeunes greffes. B.
VEILLOTTE (s. f.) : foin ramené en petits tas pour passçr la nuit, la veille.    .
VELA ou V'LA : voilà.
VELA DE : surtout, blouse. (Manche.)
VÉLIN : venin. De l'italien veleno. Froid comme velin. VÉLIN : point ou dentelle d'Alençon et d'Argentan. Faire du vélin. De vélin, peau de veau préparée en parchemin, sur laquelle on dessine le modèle de cette belle dentelle, et qui sert de guide à l'ouvrière. A.
VFLIMEUX : venimeux.
VÉLINEUSE : ouvrière qui fait la dentelle appelée vélin. A. VELOPER : battre. Voyez FLOPER. --VELOPÉE en est le substantif; on dit : donner une velopée. M. VELOUSSEUX : libertin, débauché. B.
VELOUSSER : s'accoupler pour la reproduction. VELOUX : velours.
 
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VENAILLES; VANAILLES : criblures du van; - herbes parasites, qui ne viennent que trop vite et trop abondammen t.
VENANTISES (s. f. pl.) : permission qu'obtient un aspirant à l'hymen , de venir à la maison de celle qu'il recherche en mariage. A.
VEN A SSE : mou ; sans force et sans énergie. M. VENDUE : vente publique à l'enchère. L. VÊNE : vesse. L.
V ÊNES »: vesser. L.    . VENETTE : diarrhée; grande peur qui la donne. VÊNEUX ; VÊNOUX : qui vesse.
VENTRE (ÊTRE SUR SON) : être gourmand. L. VENTRIÈRE : soubassement d'appui d'une fenêtre. VENTRILLONS (A) : sur le ventre. Se mettre à ventrillons.
VENUE (s. f.) : abondance.
VÊPE ; VÊPRE : guêpe. Du latin vespa. Le doux-aux-vêpes (et non pas doux-au-vêque ni doux-évêque) est une pomme que les vêpes ou guêpes attaquent à cause de sa douceur sucrée. B.
VÊPRE : soir. -- VÊPRÉE : soirée; veillée. De vesper. VÊQUIR : vivre. Je vêquis, tu vêquis, il vêquit, nous vêquissons, vous vêquissez,ils vêquissent. Je equissais... Je vêquirai... Vêquis, vêquissez, qu'ils vêquissent. Vêquissant. VER : voir. H. -N.
VÉRARD :verrat. H. -N. VERASSE (s. f. ) : mauvais lit.
VERCOUET : jeune porc châtré. Vercout , en patois de Grenoble. Au figuré, petit homme sans énergie.
VERDALLER : agiter bruyamment.
VERDANSÉE : bastonnade; fustigation où l'on fait danser avec du bois vert.
 
-- 366 -
VERDAUX : faiseur de mariages. Voyez BADO(:Bj&T. O. VERDÉS,, VREDÉE : correction avec les verges. VERDER ; VREDER : battre; frapper; fustiger. VERDOT : fausset.
VERDRIX : le bruant de plaine, oiseau. B. VÉRE : oui. De verum. Voyez VOIR. L.
VÉRETTE (s. L) : petite-vérole ; variole. Ces noms viennent des boutons de couleur rariée que produit cette éruption cutanée. Suivant Turnèbe, on appelait vari toutes aortes de pustules qui s'élèvent sur la peau et prmcip    ~r-at sur la figure. A.
VÉRETTE (VACHE) : vache noire et blanche. R.-N. VÉREU (s. m.) : sorte de broche de fer que l'oa fait rougir au feu pour percer quelque pièce de bois` Da latin neru , broche. A.
VÉREULE (s. f.) : variole, petite-vérole. L. VÉREULÉ : marqué de petite-vérole. L.
VERGA NDIER : fragon , ou houx-frelœ ( Euww a=VERGE (s. f.) : sorte de dé à coudre, qui n'a pas de fond.
VERGÉE; VERGE : mesure agraire d'environ 20 ares. VERGONDER; VERGONGNER; VERGOUGNER : grogner; gronder; disputer; faire honte; faire vergogne. De verecundia.
VER-GOUTTE (A) : à tâtons. H. =N. VERGUE : verge , branche. VERGUIE. Voyez VERGÉE. VERGUES : verges.
VERHAULE : le courant, le fil de l'eau. B. VÉRILE : reptile. B.
VERJUS- AU -DIABLE : la brione ( Bryonia alba ), et aussi la douce-amère (Solanum du1camara ~ B.
 
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VERMÉE : paquet de vers au Fout d'une ligne, pour-la pêche, surtout pour la pêche de l'anguille.
VERMEIL (s. m.) : vers et vermisseaux. Les -volailles recherchent le vermeil. L.
VERMINÉE : amas de vermine. VERMINER : produire de la vermine. VERMINEUX : miné par les vers; vermoulu. VERMINIER (s. m.) : vermine; souris, rats, etc. Il y a dans cette pièce beaucoup de verminier : les rats et les souris y abondent. L.
VERNAILLER (v. n.) : s'agiter; bondir comme les animaux au printemps (vernali tempore).
A.
VERNAT : verrat.
Du latin verres. L.
VERRINE (s. f.) : verre. de montre ; petite vitre d'horloge , de placard, de boîte , etc.
VÉROLE : variole.
VÉROT : ver de terre. H.-N. VÉROU : verrat.
VÉROUILLER : donner un léger labour; remuer la superficie de la terre comme avec un vérou qui fouille. NI. Decorde. VERROT : verrat. A.
VERSAINE : chacun des deux versants d'un sillon. VERT-DE-POMMIER : gui. Voyez VI. B. VERTE-BONNE : Reine-Claude, excellente prune. L. VERTEVELLES : chaînes en fer qui attachent les unes le joug ci coue à l'esseleau de la charrue, les autres l'esseleau lui-même à la haie. M. Lepingard.
VERTOT : bonde de futaille; cheville avec laquelle on bouche le trou où se met la chantepelure des tonneaux que l'on entame.
VERT-SUCRÉ : sucré-vert, sorte de poire excellente.. VERTUEUX : fort, vigoureux, vert. De virtus, dérivé de vis.
VERVARD : grondeur. L.
 
368 -
VERVE : gronderie. L. VERVER : gronder. L. VERVETTE (s. f.) : grondeur, grondeuse.
~. VERVETTE : petit espiègle. o. VERVOUSTER : tourner bout pour bout. VESCHE ; VEUCHE : vesce.
VÉSÉE : force. Tu n'as pas plus de vésée qu'une puce. VÉSILLANT : alerte, remuant.
VÉSINER; VESSINER : voisiner; rôder dans le minage. V ESON : femme débauchée.
VESONNER : s'agiter; se remuer sans faire beaucoup de besogne. Du latin vesanus. S. -I.
VESOUS : objet de raillerie; jouet. &:-L VESPASIEN. Voyez VASPASIAN.
VESSAI ; VESSIAU : futaille; - vase de cuisine. V ESSA RD :qui vesse. H. -N.
VESSE : tisserand.
VESSE DE COQ : baliverne. Vesse de coq, probablement pour vessie de coq, organe dont cet oiseau n'est point pourvu.
VESSIAX (s. m. pl. ) : vases, vaisseaux. VESSICATOIRE ( s. m. ) : vésicatoire.
VESSIÉ : couvert de pustules ou petites vessies. L. VÊTU-DE-SALE; VÊTU-DE-SOIE : cochon. VEUE : vue; lampe; lumière quelconque. Atteinds-mé la veue : donne-moi la lampe.
VEUVIER : veuf.
VESTÉE : abondance; quantité. Une Lestée de pluie, de grêle. Voyez G ESTÉE.
VESTON : corset. De veste. Du latin vestis. VESTONNER : courir çà et là. Voyez VROUSTER. VE TTE (s. f.) : le pénis. De veretrum. S.-I. VEULE : grêle ; ,frêle ; étiolé; sans consistance.
 
369
VEULER : mugir. De beugler.
VEUVE : veut C'est un homme veuve.
B.-N. VEY. Voyez VÉ.
. VEYOUX ; VOYOUX : cheval qu'on emploie pour reconnaître si une jument est en saison; -- l'homme qui espionne et cherche à connaître ce qui ne le regarde pas.
VIAGE : voyage, De viagium, mot de la basse latinité ' qu'on rencontre dans une charte de 1298, que Lobineau a recueillie dans son Histoire de Bretagne. Viageo, dans le patois de Grenoble. L.
VIAGE : fois. C'est une crase de voyage, disent Mai. Duméril, et, au lieu de: la première fois que j'irai, on a dit : à mon premier voyage.
VIAGER (v. n.) : faire de fréquents et inutiles voyages. VIAIS ; VIOLAS : vovez; voyons. H.-N.
VIAR : harle huppé. Voyez GIÉVRE. B. VIAU : veau. - VIAULER : vêler.
VIC ; VI : gui. Du latin viscum. V. VERT-DE-POMMIER. VICE : libertinage. U est du vice : c'est un libertin. VICOT : bécasse.
VIDANGES : déblais. (Avranchin. ) VIE (FAIRE LA) : faire du tapage. VIELLEUX : joueur de vielle.
VIEILLOTTE; VIEILLOTTE. Voyez VEILLOTTE. Ici nous emprunterons de précieux détails à .M. Lepingard : « Les vieillottes sont des amas de foin en forme conique. Ces tas de foin sont de diverses grosseurs selon leur état de siccité, et prennent différents noms : ondin, quand l'herbe qui vient d'être fauchée est restée par rangs, comme la faux l'a placée; cabot ou boisson, quand l'herbe a été étendue, qu'elle a été exposée une première fois à l'air; bastard ou bâtard, quand elle est bientôt sèche; vieillotte enfin, quand l'herbe est tout-à-fait sèche et en état d'être mise au fenil.
47
 
-- 370 -
VIENGE (QU'IL) : qu'il vienne. L.
VIENRA ; VIENRAIS; VIENREZ : viendra; viendrais; viendrez. S. -1.
VIENT (QUI) : prochain. U semaine qui vient; fan qxi vient : la semaine prochaine; l'an prochain. Patois Lorrain. L. VILS : vieux; vieil. On trouve viés pour vieux dans les Ckansons du roi de Navarre. L.
VIÉTOU ! VIÉTOU ! VIÉTOU ! pour appeler les vaches virus t&. M. l'abbé Decorde.
VIETTE (s. L ) : petit chemin pour les pif Diminutif de voie, via. B.
VIEUILLARD : v. '    -VIEUILLE: 'vaille.-VIEUILLESSE : vieillesse. L.
VIEUILLE : trombe de poussière. B.-N.
VIEUTURE (s. L) : vieilleries, en parlant de menh+les , d'habillements. A.
VIÉVE : Geneviève.
VIGNE (s. L) : jomarin (Ulez Europms~ B. VIGNET ; VIGNETTE : lien couvert de jomarins. B. VIGNOLEM ENT : action de vignoier.
VIGNOLER. Se dit d'un assemblage mal joint, dont les tenons jouent dans les mortaises. Voyez OINSIGNOLER. VIGNON ; VIGNOT : ajonc épineux à fleurs jaunes; jomarin. Voyez VIGN E. -- Vignot est aussi le nom d'une coquille du genre des sabots.
VIGNON : le siffleur. sorte de canard sauvage.
V IGU ETTE : petite cheville. Voyez PIGNETTE. VILANNER : faire souffrir. Mon soulier me vilanne. B.-N. VILLR : crier. Se dit du cri des porcs.
VILLAS; VILLAS : veillée.
VILLE. Ce nom (qui n'a pas de rapport avec ville, cité) vient de la basse latinité villa, et, comme en Écosse. signifie une maison, une habitation. Ainsi, Plainville est une maison
 
371 -
en plaine; Ouville, une habitation sur l'eau, etc. C'est de ce mot villa qu'est venu village : réunion d'habitations. VILLÉ (BŒUF) : baeuf gras que les bouchers promènent solennellement à l'époque du Carnaval. On disait autrefois à Paris le baeuf viellé, parce que, le jeudi-gras, il était conduit au son de la vielle; et c'est de là , et non pas de ville, qu'en Normandie on a , par une crâse , fait le mot viné pour viellé.
VILLONNER : mettre un veillon. Voyez VEILLON. VILLOTTE. Voyez VEILLOTTE.
VILVOQUER : ballotter. D'où bilboquet. VIINIBLET : vrille, tarière. Voyez GUIMBELET. VINETTE : oseille ( Rumex acetosa j.
VINT : venu.
VIOLE : violent, irritable, dont la colère sourde paraît dans l'altération de ses traits.
VIOLONNEUX ; VIOLONNOUX : joueur de violon. VIONDIR. Onomatopée du bruit du vent , d'une toupie, d'une balle lancée, etc.
VIOLE (s. f. ) : clématite des haies ( Clematis sepium ). VIONNÉE : châtiment violent, infligé d'abord avec des scions dont le bruit, en déchirant l'air, , a pu faire donner le nom à la correction.
VIONNER : donner une vionnée; - faire entendre le bruit sifflant d'une pierre lancée par une fronde.
VIPARD ; VIPEUX ; VIPOUX : qui vipe. VIPEMENT : substantif du verbe VIPER.
VIPER (v. n. ) : produire avec la voix, et même avec un instrument, un son très-aigu, qui siffle désagréablement aux oreilles, qui perce le tympan.
VIPILLON : goupillon. De vulpes : goupil ou renard, parce que, pour donner l'eau bénite, on se servait autrefois d'une queue de cet animal. L.
 
- 372 -
VIQUET : guichet; ouverture faite à l'un des bouts d'un tonneau et par laquelle on peut s'y introduire pour le préparer à recevoir le cidre. B.
VIRARD : petit brochet.
VIRET : jouet d'enfants, garni de plumes. B. VIRLI : Petite vive, poisson. B.
VIROLA : environ. Par aphérèse.
VIROUSSE : virée , jet d'eau ou de tout autre liquide , lancé avec force ; --diarrhée.
VIROUSSER : lancer de l'eau. Fréquentatif de viret. VIRVOUCHER : tournoyer désagréablement. De virer , tiré du latin rare. En Roman, bireboute signifie détour, volte-face. A.
VIRVOUSSER : aller de côté et d'autre. Voyez VIRVOUCHER.
VISI : louche. De voir, viser. L. VISQUES, prou. viques : mauvaises idées. MAILLE : victuaille.
VI-T-EN : viens-t-en.
VITOUARD : source d'eau. Suivant Huet ( Origines de Caen ), vitouard vient de l'anglais white water: eau blanche. VIVAGE : terrain pierreux. bi.
VIVATURE (s. f. ) : vivres. L.
VLA : voilà. On disait autrefois vela et veci. VLAUDÉE : volée de coups. 11. VLAUDER : donner une vlaudée.
V'LER : vouloir. V'lais; v'lait; v'lous : voulais; voulait; voulez-vous? Il ne s'agit que de v'ler : il ne s'agit que de fouloir. L.
VLO : voilà.
VOCHER : appeler. On a du prononcer voqum,-. De vocare. VOICH E (QUE JE) : subjonctif présent des verbes voir et aller.
 
373--
VOIDERIL : partie égrainée, grossière et pulvérulente de 1 â surface des carrières de pierre. B.
VOIR; VOIRE : vrai 1 On lit, dans les Poésies du roi de Navarre : pour voir, au lieu de : pour le vrai; et , dans Paihelin , p. 74
Par le corps bieu 1 a dire voir Vous y avez très-bien ouvré.
Wace dit, dans le homan de Rou
Ne sui c'est voir; mais ce dit-on.
VOIRAI (JE) : je verrai. C'était le futur régulier de voir , qui s'est conservé pendant une partie du XVIIe. siècle. VOIREMENT : vraiment.
VOIRRÉE : verrée. H. -N.
VOIS (JE M'EN) : je m'en vais. C'est par une sorte de compensation que l'on dit : vais-tu pour vois-tu. Malherbe, qui était Normand, écrit, dans ses lettres :je vois pour je vais.
VOIRE : aille. Il faut que je m'en voise : il faut que je m'en aille. Pathelin, p. 50
Dictes, afin que je m'en vose.
VOIT-D'UN : borgne; qui ne voit que d'un aeil.    A. VOITON : levier. Voyez VATON.
VOLET (s. m. ) :* nénuphar (Nymphaea alba ). VOLET : ruban.
VOLETTE : tirasse, filet.
VOLIER : partie de la tête du rouet à filer qui forme tes deux ailes tournantes. Voyez AILETTES.
VOLONTÉ (A ) : en grande abondance.
L. VORET : guéret. Voyez VARET.
VOS : vous. - VOT' : votre.
 
- 374 -
VOSTER ; VOUSTER : courir de cW et d'autre , sans motifs plausibles. Voyez VROUSTER. B.
VOTRER : vousoyer; le contraire de tutoyer. Votrez-vous? vous servez-vous de vous pour toi, dans vos relations?
VOU : où. Vou que c'est: où est-ce? Patois Bourguignon et Lorrain. L.
VOU DER : enrouler; mettre en peloton; manger avec avidité. H. -N.
VOUGE (s. L ) : serpe , croissant. VOUI : oui.
VOUIN ; VOIN : l    tn. Waien, en patois Walon. L. VOULENTÉ : volonté.
VOULEVARI (corruption de boulevari) : bouleversement, tumulte. De volvere, d'où est venu bouleverser. Voyez HOULEVARI. L.
VOUSOYER ; VOUSSETER : ne pas tutoyer. VRA ; VRAI: : varech. C'est une cràsse.
VRA ou VRAC (EN) : en masse; en monceau confus, comme le varech,que l'on entasse au moment de la récolte. B. VRAI ; VRÉ : varech.
VRAI (DE) : véritablement; en vérité. -vrai-dà : oui-dà. VRANIENN : vraiment. S. -I.
VRÉDINE : homme de peu de tête.
VRÉDINER : s'exalter trop facilement; ne pas être maître de soi.
VÊPRES : guêpes. VRONDE : fronde.
VRONDER : agiter une vronde ou fronde. Le bruit d'une pierre lancée'par la fronde fait dire que cette pierre vronde. VRONDRE ( v. n.    : bourdonner. M.
VRONNER : faire résonner une vronde; lui faire rendre un bruit répété de vron , vron. Vronde , vrondre , vrondrr, vronner sont des onomatopées.
 
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VROU (s. m.) : eau qui sourd d'un rocher. On lit dans Pluquet : « Les vrous de Port (Port-en-Bessin ) fournissent de l'eau douce aux habitants ». Par figure sans doute , disent MM. Duméril , on donne le même nom à la diarrhée. VROUSTE : course inutile. L.
VROUSTER : entreprendre des courses inutiles, pour aller flâner; -- marcher vite, d'un pas leste et délibéré.
VUER : enrouler. Vuer de la laine : l'enrouler sur un tuêt. Du latin volvere.
VUEUDIER ; VUEUGUIER : vider. Jadis on écrivait vvidier.
VUEUILLE : vieille. --VUEUILLBSSE : vieillesse. L'abstrait se prend parfois pour le concret. On dit : c'est une vueuillesae, pour une personne âgée.
VUEUILLIR : vieillir. - VUEUX : vieux.
VULGUER , ÈRE ou VULGAI, E : évident. Apocope de vulgaire. Du verbe divulguer. L.

 

X.


XALBI. Voyez HALBI.
XUEU ou SUEU : graisse pour faire de la soupe. De
xeu qui, en vieux français, signifiait suif, graisse de porc ou de mouton.

Y.


Y. C'est mal à propos qu'on prononce quelquefois comme
ï l'y entre deux voyelles ; il n'a rien de grec, et représente deux i (i-i) qui se partagent entre les deux syllables qu'ils divisent. Ainsi on doit prononcer : ai-fiant, citoi-ien, moi-ien (ayant, citoyen, moyen) et non pas a-ïant, cito-ïen, mo-ïen.
YAUSAUX ; YAUSOUX ; YOUSOUX : aqueux ; saturé d'eau ; ayant goût d'eau. Voyez IAULOUX.
YETTE. Voyez LIETTE.
YEUXTRÊME : extrême. H.-N.
YMAGIER : qui fait ou vend des images ; enlumineur; modeleur en plâtre ou en terre cuite.
YTEL ; INTEL : tel , pareil , semblable.
Ytal, dans le vieux français.
YU (s. m.) (arr. de Coutances) : vêtement raccommodé avec uu morceau de couleur différente. MM. Duméril.
YVRER : enivrer. Il s'est
yvré.

Z.


ZIGUER : faire jaillir de l'eau avec une seringue. Voyez JILER.
ZIGUET (s. m.) : diguet.
ZIGUEZONNER : faire des zigzags en marchant.
ZOZO : bouffon. De Joseph (
Joso).